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23/12/19 | 15 h 31 min par RFI

Travail forcé en Chine: appel à l’aide sur une carte de Noël, Pékin dément

Une Britannique de 6 ans a retrouvé dans une carte de Noël fabriquée en Chine l’appel à l’aide de détenus d’une prison à Shanghai, a rapporté ce dimanche le Sunday Times. Les détenus affirment être assujettis au travail forcé. Le gouvernement chinois a démenti ce lundi 23 décembre.

La Chine a démenti ce lundi toutes les affirmations découvertes dans le message d’une carte de Noël chez une petite Britannique de six ans, du sud de Londres. Pékin nie en bloc ces informations « inventées » selon lesquelles la prison de Quinqpu à Shanghai pratiquerait le travail forcé.

« Nous sommes des prisonniers étrangers dans la prison Qingpu Shanghai en Chine. Forcés de travailler contre notre volonté. S’il vous plaît, aidez-nous et prévenez une organisation de droits de l’homme », disait le message des détenus découvert par la petite Florence Widdicombe.

« Je peux vous dire qu’après des recherches effectuées pour clarifier cette histoire, la prison de Qinqpu à Shanghai ne pratique pas le travail forcé pour les prisonniers étrangers », a affirmé Geng Shuang, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, .

Arrêt de la production

C’es la chaîne britannique de supermarchés Tesco qui distribue les cartes de Noël mises en cause. Elle les a immédiatement retirées de la vente et a annoncé en suspendre la production dans l’usine de son fournisseur chinois.

La carte a été produite dans l’usine Zheijiang Yunguang Printing, qui a fait l’objet d’un « contrôle indépendant » en novembre. « Aucun élément n’a été trouvé tendant à suggérer qu’ils avaient enfreint notre règle interdisant le travail pénitentiaire », a souligné une porte-parole de Tesco.

Cette histoire colle mal avec l’image que tente de véhiculer la prison de Qinqpu, ouverte en 1994. L’établissement qui compte 40 détenus étrangers se présente comme « une plateforme juridique pour les échanges culturels » où les détenus reçoivent « des cours de droit, de morale, de culture et de travaux manuels », peut-on lire sur une brochure de la prison en ligne.

« Contacter M. Peter Humphrey »

Selon le Sunday Times, le message retrouvé dans la carte demandait également à la personne qui le trouverait de « contacter M. Peter Humphrey », un ancien journaliste britannique arrêté en Chine à l’été 2013. Peter Humphrey avait été condamné, par la suite, en août 2014 à deux ans et demi de prison pour violations des lois chinoises sur la vie privée, alors qu’il travaillait pour une multinationale britannique.

Il avait purgé une partie de sa peine dans la prison de Qingpu, avant d’être libéré en 2015. Il dit avoir transmis l’information de ce message mystérieux à l’hebdomadaire britannique. Selon lui, les auteurs de ce message sont certainement des prisonniers de Qingpu qui l’ont connu avant sa libération.

Peter Humphrey a déclaré au journal avoir pris contact avec d’autres ex-prisonniers, dont un lui a affirmé que pendant au moins deux ans des détenus avaient confectionné et emballé des cartes de voeux pour Tesco.