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23/09/16 | 13 h 25 min

Un défenseur de la langue tibétaine emprisonné après son entrevue avec le New York Times

New York – Après un entretien avec le New York Times, un homme tibétain a été emprisonné sur de fausses accusations, selon son avocat.

Tashi Wangchuk, 31 ans, a été arrêté par la police dans sa région natale de Jyegudo (chinois: Yushu) dans le Qinghai depuis Janvier 2016, après une entrevue avec le New York Times sur la culture et la langue tibétaine, publié comme un article avec une vidéo en Novembre, 2015. Il fait face à des accusations de « séparatisme », bien qu’il n’ait pas préconisé l’indépendance du Tibet, selon son avocat.

Son avocat, Liang Xiaojun, a déclaré : « Tout ce qu’il souhaite, c’est préserver la culture tibétaine. » Son arrestation fait suite à une vidéo par le New York Times qui a documenté son voyage à Pékin en 2015 où il tentait de déposer une plainte contre les fonctionnaires de Yushu soutenant mal la langue tibétaine.

Cette langue est le fondement de la culture tibétaine, de la religion et de l’identité, a été régulièrement miné sous la domination chinoise au cours des six dernières décennies. Les autorités chinoises ont marginalisé la langue tibétaine en la retirant du programme scolaire pour se concentrer plutôt sur la prédominance de la langue chinoise.

La dépendance primaire sur la langue tibétaine crée de sérieux obstacles pour les Tibétains en termes de formation continue, des emplois et des revenus dans le système chinois. La recherche montre que les enfants réussissent mieux quand la langue acquise dès la naissance est le moyen d’enseignement. Alors que les classes de niveau primaire sont toujours enseignées en tibétain dans de nombreuses régions tibétaines, l’instruction des niveaux plus élevés est en chinois dans toutes les autres matières, ce qui signifie que les Tibétains se retrouvent désavantagés dans leurs études. Les Tibétains veulent apprendre le chinois, d’autant plus que les examens d’entrée au collège ne sont que dans la langue chinoise, mais il est venu au détriment de leur langue maternelle, qui disparaît d’année en année

Tashi Wangchuk a dit au New York Times que l’une des raisons pour lesquelles il a cherché à mettre en évidence l’importance de la langue était parce qu’il ne pouvait pas trouver un endroit où ses deux nièces adolescentes puissent poursuivre leurs études tibétaines, après que les autorités ont forcé une école informelle dirigé par des moines dans sa région, à cesser d’offrir des cours de langue pour les laïcs. Les autorités avaient également ordonné d’autres monastères et une école privée dans la région, de ne pas enseigner la langue aux laïcs. Et les écoles publiques avaient abandonné une véritable éducation bilingue en chinois et en tibétain, l’enseignement du tibétain était dispensé que dans une seule classe, comme une langue étrangère.

En 2010, lorsque les propositions ont été introduites pour augmenter les moyens d’apprentissage et l’enseignement de la langue chinoise, au détriment des études tibétaines, des centaines d’étudiants et écoliers ont rejoint les protestations dans le Qinghai. Il y avait d’autres manifestations en 2012, lorsque les propositions ont été adoptées sous la forme d’un système d’enseignement qui éliminait la quasi-totalité de la langue tibétaine comme langue d’enseignement dans les écoles primaires et secondaires.

Avant son arrestation, Tashi Wangchuk a vendu des marchandises dans un magasin et en ligne à Yushu. Selon les informations de son avocat cité par le New York Times, la police a conclu une enquête supplémentaire à la demande des procureurs le 25 Août, et les procureurs ont maintenant 90 jours pour décider si l’affaire doit aller au tribunal.

Traduction : Laetitia Fromenteau pour France Tibet