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04/03/19 | 14 h 39 min par Tenzin Sangmo / Traduction France Tibet

Un documentaire interdit sur le Tibet refait surface 60 ans plus tard

Un documentaire original tchèque sur le Tibet datant du début des années 50 a refait surface dans le monde du cinéma. Il a été projeté au cinéma Lucerna à Prague plus de soixante ans après sa création.

Intitulé Cesta vede do Tibetu ou La route mène au Tibet, le film tourné par le réalisateur Vladimír Sís et le caméraman Josef Vaniš en 1955 était commandité par l’armée tchécoslovaque en coopération avec leurs collègues chinois pour documenter la construction de la route Sichuan-Tibet reliant la Chine à Lhassa.
Projeté dans les cinémas tchécoslovaques jusqu’en 1956 avant d’être interdit par les autorités communistes, il a été primé aux festivals du film de Venise et de Karlovy Vary.

La Tchécoslovaquie est restée sous régime totalitaire pendant 41 ans, du coup d’État communiste de février 1948 à la révolution de velours de 1989 ( date aussi de la chute du mur de Berlin et du soulèvement de Lhassa tandis que le Dalaï Lama obtenait le Prix Nobel de la paix, NdT)

La copie numérique projetée hier est la seule des trois versions officielles du film à subsister. Viktor Kuna, le distributeur du film, et la personne qui l’a redécouvert après des décennies expliquent : « Nous n’avons pas réussi à retrouver la version chinoise. Les archives nationales du Cinéma pensent qu’elle a été détruite tout comme la version présentée aux festivals.
« Outre la construction de l’autoroute, ils ont filmé de nombreux monuments culturels et religieux ainsi que la vie quotidienne du peuple tibétain. Notamment leurs costumes, le tissage des textiles et des tapis, ainsi que des rituels et des danses traditionnels. Mais ce qui rend le film vraiment unique, c’est qu’il capture de nombreux endroits qui ont été détruits pendant la révolution culturelle chinoise. »

Le moment fort du reportage est la rencontre des reporters avec le Dalaï Lama, alors âgé de 19 ans, dans la cité interdite de Lhassa quelques années avant son exil.

Au moment où les Tibétains s’apprêtent à commémorer le 60ème anniversaire du soulèvement national tibétain du 10 mars 1959 contre l’invasion chinoise et dans l’atmosphère de répression sévère qui règne actuellement au Tibet, le film est l’unique souvenir de lieux détruits il y a longtemps par la révolution culturelle chinoise.