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31/10/16 | 8 h 00 min

Un moine dans un état critique : la police chinoise de nouveau impliquée.

Tibet-Ngaba-Lobsang-Tsultrim-2016

Lobsang Tsultrim, un moine bouddhiste du monastère de Kirti dans la province de Nagba au nord-est du Tibet. Photo : TPI

Jeudi 20 octobre 2016-18h34 Yeshe Choesang pour le Tibet Post International

D’après une source parfaitement informée se confiant jeudi à TPI sous couvert de l’anonymat, Tsultrim criait des slogans tels que « Longue vie à sa sainteté le Dalai Lama » ou « Liberté pour le Tibet » lorsque la police chinoise, arrivée sur place, se mit immédiatement à le frapper.

La même source indiquait encore que lorsque Tsultrim est arrivé à hauteur du Collège en Langue Tibétaine il a été autoritairement interrompu par la police chinoise et qu’il se trouverait maintenant dans un « état critique ». Une photographie prise peu avant les faits dans les environs montre le moine manifestant seul, brandissant un portrait de sa sainteté le Dalai Lama et vêtu d’une écharpe traditionnelle.

Toujours d’après cette source, Tsultrim aurait été emmené en urgence à l’hôpital de Nagba le jour suivant, après avoir été sévèrement frappé et torturé lors de sa garde à vue. De nombreuses forces de sécurité ont été déployées dans les rues de la ville de Nagba et dans les environs à la suite de son acte de protestation. La source a ensuite précisé que les autorités chinoises locales avaient imposé un contrôle strict aux déplacements des tibétains, y compris à ceux des moines.

Les arrestations et détentions arbitraires se sont accrues en même temps que s’intensifiaient, de manière inhabituelle, les mesures de surveillance étatique sur la région. Des rapports affirment que Pékin tente d’isoler le Tibet du reste du monde et que d’interminables peines de prison ainsi que des actes de torture sont infligés aux tibétains pour avoir relayé des informations relatives à des actes de protestation, y compris des auto-immolations.

Des centaines de tibétains parmi lesquels des écrivains, des blogueurs, des chanteurs et des défenseurs de la cause environnementale ont été arbitrairement détenu ou sont encore emprisonnés depuis 2008, après avoir exprimé leur opinion ou partagé avec le reste du monde des informations sur la situation au Tibet, fournissant ainsi de nouvelles preuves d’une répression généralisée de la liberté d’expression au Tibet.

Des actions sporadiques défiant l’ordre répressif chinois et réclamant « la liberté au Tibet » et « le retour de sa sainteté le Dalai Lama au Tibet» ont continué à être menées après l’immense vague de protestation qui a balayé la région en 2008. Cent quarante-quatre cas d’auto-immolations destinées à contester la domination chinoise ont ainsi pu être établis avec certitude depuis 2009.

Qualifiée par Pékin de « libération pacifique », l’invasion du Tibet par la Chine communiste a débuté en 1949. Depuis lors, sur six millions de tibétains plus d’un million deux cent mille ont été tués et six mille monastères ont été détruits. Les viols, les meurtres, les actes de torture, les emprisonnements arbitraires, les traitements cruels, inhumains et dégradants ont été infligés aux tibétains sur leur terre. Pourtant, les autorités chinoises continuent d’affirmer que « la Chine a libéré pacifiquement le Tibet » et que les tibétains vivent dans « paradis socialiste maoïste ».
Dernière mise à jour (vendredi21 octobre 2016 à 19h31)

Traduit de l’anglais par Éric Pégorer pour France-Tibet