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15/02/16 | 13 h 10 min

Un organe de vigilance des médias appelle une fois de plus l’UE à sanctionner CCTV et Xinhua

La censure en République Populaire de Chine est mise en place et organisée par le Parti Communiste Chinois

Paris – France: L’organisation internationale Reporters Sans Frontières, oeuvrant pour la liberté des médias et basée à Paris, appelle l’Union Européenne à des sanctions contre CCTV, la chaîne de Télévision centrale d’Etat en Chine, et l’agence d’information officielle Xinhua, pour avoir diffusé et publié des « autocritiques », vraisemblablement forcées.

RSF est consterné par l’augmentation de cette pratique des médias d’Etat en Chine qui représente une menace alarmante envers les reportages et l’information libres.

Les dernières victimes concernent Gui Minhai, le propriétaire de Mighty Curent (la Puissance de l’Actualité), une maison d’édition de Hong-Kong qui publie des livres critiquant le Parti Communiste Chinois. Après sa disparition en Octobre dernier en Thailande, dans des circonstances qui font penser au kidnapping, Gui a fait une « autocritique » éplorée sur CCTV le 17 Janvier dernier, en expliquant sa volonté d’être jugé en Chine, malgré sa citoyenneté suédoise.

Hier ce fut le tour de Peter Dahlin, un collaborateur de l’organisation non gouvernementale chinoise Groupe d’Action Urgente, de faire « une autocritique » sur CCTV, relayée par un article de Xinhua qui a publié ses « aveux » et a justifié son arrestation pour avoir « poussé les masses à s’opposer au gouvernement ».

« Nous sommes outrés par la diffusion de ces « autocritiques » forcées, sans aucune valeur d’information », réagissait Benjamin Ismaïl, le directeur de la branche Asie-Pacifique de RSF.

« Par des mensonges et des déclarations, obtenus délibérément par la contrainte puis colportés, CCTV et Xinhua sont en train de devenir des armes de propagande massive, et cessent de facto d’être des médias d’information ».

Ismaïl ajoutait : »Avec un rôle croissant dans le monde – d’après le nombre de plus en plus important de partenariats entre CCTV et les médias internationaux qui utilisent les services de Xinhua- ces 2 organes menacent l’information libre au service du public.
Nous appelons l’Union Européenne à adopter en urgence des sanctions vis-à-vis de ces pratiques, constitutives de l’appareil répressif du gouvernement chinois. »

RSF avait déjà demandé au Conseil de l’Europe de telles sanctions à l’encontre de CCTV et ses responsables en Août 2014.
Ces sanctions s’inscrivaient en droite ligne de mesures prises par le Conseil de l’Europe auparavant. Ce dernier avait jugé en Mars 2013, certains officiels Iraniens -dont la chaîne de d’information CEO et son directeur- d’avoir violé le droit à un procès équitable et l’utilisation d’aveux forcés, avec le recours à la violence sur des détenus pour les obtenir.

Récemment, parmi d’autres victimes en Chine, la journaliste Gao Yu, qui avait disparu le 23 Avril 2014, fut exhibée sur CCTV deux semaines plus tard, où elle avouait avoir commis « une grosse erreur » et « révélé des secrets d’Etat à des sources extérieures à la Chine »
Au cours de son procès en Novembre 2014, elle expliqua avoir fait ces aveux suite à des menaces faites sur son fils.

Xiang Nanfu, un collaborateur régulier du site d’information Boxun, basé à New-York, a été montré sur CCTV le 13 Mai 2014 où il reconnaissait avoir « calomnié le Parti et le gouvernement ». La police justifia sa libération, le 19 Août 2014, par « sa santé déclinante et, surtout, pour avoir plaidé coupable ».

Utilisée pour discréditer les médias indépendants, cette pratique visa également Chen Yongzhou, un reporter du journal Xin Kuai Bao, en Novembre 2013.

Le producteur de la chaîne CCTV, Wang Qinglai, a été licencié le même mois, suite à ses critiques envers sa propre chaîne, qui avait diffusé des aveux forcés de Chales Xue, un autre commentateur de CCTV.
« Les autocritiques télévisées servent des intérêts politiques » avait alors expliqué Wang, dans une lettre ouverte sur internet, qui fut aussitôt effacée.

La Chine se situe au 176ème rang sur 180 pays dans le rapport 2015 de RSF sur la liberté de la presse.

Traduction France Tibet