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02/04/15 | 21 h 14 min par France Tibet

Un peu d’histoire : « Le 2 avril 1959 : le dalaï-lama, qui a fui Lhassa, serait en sécurité »

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Le 2 avril 1959: le dalaï-lama, qui a fui Lhassa, serait en sécurité
Dans la «Feuille d’Avis de Lausanne» On était sans nouvelle du chef spirituel tibétain, disparu lors de la révolte antichinoise de mars 1959.

Tenzin Gyatso peu après son arrivée en Inde.
Image: RAYMOND DAROLLE/CORBIS
Par Gilles Simond
02.04.2015

Depuis une dizaine de jours déjà, les médias occidentaux se faisaient l’écho de la révolte des Tibétains contre les Chinois. Le 2 avril 1959, la Feuille d’Avis de Lausanne rassure les partisans du dalaï-lama Tenzin Gyatso, alors âgé de 24 ans. Le chef spirituel serait en sûreté, croit-elle savoir: «L’agence officielle de la Chine nationaliste (ndlr: Taïwan) a déclaré que le dalaï-lama avait atteint un repaire sûr au Tibet d’où il dirigerait personnellement la révolte contre les communistes chinois. (…) Les troupes et les avions communistes sont toujours à la recherche du dalaï-lama. Tous les monastères sont fouillés.»

Quelques jours plus tôt, dans les rues de Lhassa, ancienne capitale du royaume du Tibet devenue chef-lieu de la région autonome chinoise, la nouvelle selon laquelle les représentants de Pékin avaient décidé d’arrêter le dalaï-lama avait mis le feu aux poudres. Des Tibétains prirent les armes, prêts à défendre leur «dieu-roi». Des manifestants réclamaient le départ des Chinois et l’indépendance du Tibet. Le 19 mars, les troupes chinoises écrasèrent la révolte dans le sang, faisant des milliers de morts. A la fin du mois, on était toujours sans nouvelles précises du dalaï-lama. Certains le croyaient prisonnier dans son palais. D’autres le pensaient réfugié parmi les résistants et les tribus khampas. On saura plus tard qu’en réalité le dalaï-lama s’était enfui de Lhassa avec son entourage le 17 mars, et qu’après deux semaines d’une marche forcée harassante, il a atteint l’Inde, où l’asile lui fut accordé.

Une répression féroce
Dans cette même édition du 2 avril 1959, la Feuille cite les agences Reuter et AFP: «Selon une source tibétaine, les Chinois auraient fusillé ou pendu, après jugement sommaire, des centaines de Tibétains, à Lhassa. Les corps des suppliciés, pendus à des arbres, auraient été laissés exposés plusieurs jours. (…) On apprend (…) que les communistes chinois ont arrêté des milliers de Tibétains et les ont emmenés en camions, probablement dans des camps de concentration.»

Le quotidien vaudois évoque «le frère aîné du dalaï-lama, Thubten Norbu, âgé de 37 ans, qui s’est enfui du Tibet en 1950, et poursuit ses études depuis trois ans aux Etats-Unis. (…) Il a fait appel au monde libre pour qu’on aide autant que possible les milliers de réfugiés qui ont dû quitter leur patrie. (…) Thubten Norbu a en outre révélé qu’il avait vu son frère pour la dernière fois en Inde en 1956 (…). II ne sait pas non plus si son frère s’est volontairement joint aux rebelles, qui doivent tenter de le protéger des communistes: «Il n’était ni pour les communistes ni pour les rebelles. Il était pour le peuple tibétain.» (24 heures)

(Créé: 02.04.2015, 09h38)