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11/07/16 | 13 h 46 min

Un Tibétain tué par la police chinoise et une jeune nonne tibétaine présumée mort à Kardze

Yudruk_Nyima

Un Tibétain, vivant dans la province du Sichuan au sud-ouest de la Chine, a été battu à mort par la police le mois dernier, et des craintes persistent au sujet de  la vie d’une nonne qui serait également morte en détention ; elle est signalée disparue depuis huit ans, après avoir pris part à des manifestations contestant la domination chinoise, selon les sources tibétaines.

Yudruk Nyima, âgé d’environ 40 ans, résident de Dzakhok canton de Kardze -en chinois, Ganzi – à Dege dans le Comté de la préfecture autonome tibétaine, a été arrêté par la police après son retour d’un voyage pour recueillir des cordyceps, un précieux champignon utilisé en médecine tibétaine ; informations fournies par un Tibétain résidant en Inde qui a répondu au service tibétain de RFA.

« Il a été arrêté sur des soupçons de possession d’une arme à feu à son domicile à Dzakhok, » selon la source RFA, parlant sous condition d’anonymat et citant des contacts à Dege d’où il est natif.

Après avoir été arrêté dans un village voisin, Nyima a été sévèrement battu par la police qui a ensuite essayé de le déplacer vers le siège du comté Edge, a indiqué la source.

« Cependant, il est mort sur le chemin tout en  étant maintenu en garde à vue, ».

La nouvelle de la mort de Nyima a mis du temps à nous parvenir en raison de la répression imposée sur les moyens de communication par les autorités chinoises dans la région.

Ses parents ont rejeté les allégations selon lesquelles Nyima aurait possédé une arme à feu et ont déposé une plainte auprès des autorités locales pour éclaircir les raisons de sa mort, ajoutant que le cas « est devenu une cause de tensions dans la région. »

Perdre espoir

Les membres de la famille d’une jeune nonne tibétaine, détenue en 2008, ont quant à eux perdu espoir qu’elle puisse être encore en vien’ayant jamais reçu aucune information à son sujet, depuis qu’elle avait  été placée en détention, selon les dernières déclarations d’ un groupe de défense des droits des Tibétains basé en Inde.

 » Yeshe Lhakdron, une religieuse de 25 ans de Drakkar, du Comté de Kardze préfecture, avait été arrêtée en même temps de deux autres compagnes, il y a de cela huit ans, après que le groupe ait lancé  publiquement un appel pour la liberté du Tibet, allant ainsi à l’encontre  des réglèments  de Pékin » déclarait, ce jeudi 7 juillet 2016, le Centre tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie (TCHRD .

« A la suite de leur interrogatoire en garde à vue au cours duquel elles aveint été  été soumises à des coups et àla torture, les religieuses avaient été envoyées dans un hôpital gouvernemental du Comté de  Kardze», selon le TCHRD, ajoutant que les membres des familles ne sont pas autorisés à rendre visite aux religieuses pendant leur traitement dans un l’hôpital.

Les infirmières de l’hôpital ont déclaré que l’une des religieuses était morte, et l’ une des deux autres nommée Sangye Lhamo avait finalement été libérée après avoir purgé deux ans en prison,  toujours selon  TCHRD.

« Mais [Yeshe] Lhadron n’est jamais rentrée chez elle selon l’ ONG.

Faute de preuves solides au sujet de la mort de Lhakdron, les membres de la famille « ont encore du mal » pour arriver à tirer une conclusion au sujet de son destin, mais ont cependant conduit des rites funéraires pour elle dans divers monastères, ajoute le TCHRD.

Contrôles gouvernementaux

Les Tibétains vivant dans la préfecture de Kardze sont connus pour leur fort sentiment d’identité nationale tibétaine et le montrent fréquemment lors de manifestations isolées ou en groupes.

Monastères et couvents dans le Comté Kardzefonctionnent maintenant sous contrôle gouvernemental strict et ont été menacés de fermeture si les moines et nonnes qui y vivent se permettaient de se livrer à des activités politiques, y compris la promotion non autorisée de l’étude de la langue tibétaine, selon un résident tibétain de la région a dit RFA.

« [En outre], le cas échéant, moines ou nonnes venaient d’autres endroits pour protester, ils ne seraient plus autorisés à retourner dans leurs propres institutions, et ces monastères ne doivent plus accepter leur retour », a déclaré la source.

« Ces règles peuvent être destinées à contenir toute expression de solidarité et de soutien  que pourraient vouloir apporter les moines et les nonnes des monastères de différentes parties du Tibet »

Rapporté par Pema Ngodup et Sonam Wangdu pour RFA service tibétain.

Traduit par Karma Dorjee. Rédigé en anglais par Richard Finney.

Traduction France Tibet