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26/10/16 | 8 h 00 min

LARUNG GAR : Une nuée d’officiels chinois pour sélectionner des résidents… en vue de leur expulsion

Sous les yeux de la police, une nonne quitte Larung Gar sur cette photo non datée. Image envoyée par un auditeur de RFA.

Des centaines d’officiels chinois sont descendus à l’ Institut bouddhique de Larung Gar, au Sichuan, ces derniers jours pour interroger les moines et les nonnes y résidant, à propos de leur statut de résidence. Ceci dans le but de les cibler pour une expulsion, disent les sources de la région.

Un résident de la région a informé le service tibétain de la RFA cette semaine que ces officiels, principalement venus des régions de population majoritairement tibétaine et extérieures au Sichuan, s’occupent de faire du porte-à-porte pour collecter des informations.

« Récemment, plus de 300 officiels du Gouvernement de différentes provinces et Préfectures sont arrivés à Larung Gar » selon une autre source parlant sous couvert de l’anonymat.

« Ils sont en train de collecter les noms et les informations relatifs aux villes d’origines et aux monastères des moines et des nonnes, et les enregistrent [pour sélectionner des individus pour les expulser] », informe encore notre source.

« À la demande des enseignants les plus anciens et des abbés de l’Institut, les moines et les nonnes coopèrent aux enquêtes sans signe de colère ou d’irritation », nous a-t-il dit.

Plusieurs centaines de Tibétains et de Chinois Han étudient à Larung Gar, Institut fondé en 1980 par le Maître Khenpo Jigme Phuntsok, décédé à ce jour. Il est l’un des plus grands et des plus importants centre pour l’étude du Bouddhisme tibétain.

Les ordres concernant Larung Gar sont de réduire de moitié le nombre de ses résidents pour qu’ils atteignent un nombre maximum de 5000, le 30 septembre prochain. Ils viennent « des plus hautes autorités » et le président Chinois Xi Jinping aurait porté un intérêt personnel à la question, ont indiqué nos sources dans les précédents rapports de RFA.

Des habitations détruites.

Pendant ce temps, des travailleurs chinois continuent de démolir les bâtiments dans le complexe religieux tentaculaire du comté de Serthar (en chinois, Seda) au Sichuan. Une source à Larung Gar possédant une bonne connaissance de la situation parle de 550 maisons détruites entre le 20 juillet et le 23 septembre.

Les autorités ont prévu de démolir un total de 1000 bâtiments du monastère avant la fin de l’année, disent les sources.

« La liste des moines et nonnes à expulser de Larung Gar cette année doit-être confiée aux supérieurs d’ici le 30 octobre », ont expliqué les sources de RFA.

Les groupes de défense des droits de l’homme ont dénoncé l’ordre du Gouvernement chinois concernant la destruction de Larung Gar. L’ONG Human Rights Watch (HRW) basée à New York rappelle que Pékin devait autoriser le peuple tibétain à décider de lui-même comment pratiquer sa religion.

« Si les autorités pensent que le complexe de Larung Gar est surpeuplé, la réponse est simple », a dit Sophie Richardson, la directrice de HRW dans un communiqué en juin, lorsque le plan pour détruire de larges parties des installations avait été annoncé.

« Il faut autoriser les Tibétains et les autres bouddhistes à construire plus de monastères. »

Signalé par Lhuboom pour le Service tibétain de RFA.

Traduit par Karma Dorjee. Rédigé en anglais par Richard Finney et traduit en français par François Gremaud pour France Tibet.