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30/04/19 | 22 h 49 min par Le Figaro avec AFP

XINJIANG : La Chine rejette les «ingérences» après des propos de l’ONU

La Chine a rejeté mardi toute «ingérence» dans ses affaires intérieures, après que le Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres eut évoqué la situation des musulmans ouïghours dans la région chinoise du Xinjiang (nord-ouest).

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« Nous nous opposons fermement à toute ingérence dans les affaires intérieures de la Chine sous le prétexte des droits de l’homme », a déclaré devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, en réponse à une question sur l’intervention de Guterres.

S’il n’a pas évoqué publiquement la question du Xinjiang, le patron de l’ONU l’a fait lors de ses discussions avec des responsables chinois lors de sa visite à Pékin la semaine dernière à l’occasion du sommet des Nouvelles routes de la soie, initiative personnelle du président chinois Xi Jinping, a rapporté lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric. « Les droits de l’homme doivent être entièrement respectés dans le cadre du combat contre le terrorisme et dans la prévention de l’extrémisme violent », a déclaré M. Dujarric devant la presse. « Chaque communauté doit ressentir que son identité est respectée », a-t-il ajouté.

Au nom de la lutte contre le terrorisme islamique et le séparatisme, Pékin a mis en place une politique de fermeté au Xinjiang, région où les Ouïghours, une ethnie musulmane apparentée aux Turcs, est majoritaire. Des attentats et des violences ethniques ont endeuillé cette région de plus de 20 millions d’habitants ces dernières années. Pékin est accusé d’avoir interné jusqu’à un million de Ouïghours dans des camps de rééducation politique. Le régime communiste dément ce chiffre et parle de « Centres de formation professionnelle » destinés à lutter contre la radicalisation islamiste.

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Ouïghours du Xinjiang : la Chine dénonce l’ingérence de l’ONU

 image : Des policiers chinois surveillent la sortie de la mosquée de Kashgar, dans la région de Xianjing où vit la minorité musulmane ouïghoure.
(Image d’illustration) Johannes EISELE / AFP

La Chine a rejeté ce mardi 30 avril ce qu’elle qualifie d’ingérence dans ses affaires intérieures. Cette réaction de la diplomatie chinoise fait suite aux dernières déclarations du secrétaire général de l’ONU sur la situation des Ouïghours au Xinjiang.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Le bras de fer entre Pékin et l’ONU continue. Pour le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, les droits de l’homme ne seraient qu’un « prétexte » à une ingérence dans les affaires intérieures de la Chine.

L’argument revient régulièrement chez les responsables chinois lorsqu’il s’agit d’évoquer la situation de près d’un million de Ouïghours musulmans détenus, selon l’ONU, dans des camps de rééducation, et qualifiés par les autorités de la région autonome ouïghoure, de centres de formation professionnelle destinée à lutter contre la radicalisation et le terrorisme.

Présent à Pékin en fin de semaine dernière à l’occasion du forum des « routes de la soie », le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est bien gardé d’évoquer la question publiquement.

Selon son porte-parole, c’est en privé qu’il aurait abordé le sujet avec les dirigeants chinois. « Les droits de l’homme doivent être entièrement respectés dans le cadre du combat contre le terrorisme et dans la prévention de l’extrémisme violent » a déclaré Stéphane Dujarric a l’occasion du débriefing de cette visite. Et d’ajouter : « Chaque communauté doit ressentir que son identité est respectée. »

Des propos qui visiblement ont déplu à Pékin. La Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet attend toujours de pouvoir se rendre dans le grand ouest chinois. Des visites avec des diplomates de pays musulmans, puis des diplomates des Balkans ont déjà eu lieu au Xinjiang.

Les ambassadeurs de l’Union européenne ont été approchés mais attendent toujours une invitation, les chancelleries européennes ayant demandé à aller au Xinjiang à 28, y compris la Suède qui a proposé de faciliter l’obtention du permis de séjour aux Ouïghours chinois.