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Le 23 janvier 2017 à PARIS / Collège de France - Institut des Civilisations

Collège de France – Institut des Civilisations
Chaire « Philologie de la civilisation japonaise »
Journée « Hiéroglossie » du lundi 23 janvier 2017
14h – 17h30
11, place Marcelin Berthelot, salle 2
La Parole efficace
En marge des colloques « Hiéroglossie » qui se déroulent chaque année ou presque désormais
au mois de juin au Collège de France, il a été décidé d’instituer des « journées
hiéroglossiques », si possible deux fois par an, qui permettent à deux spécialistes (ou plus) de
domaines différents de traiter de thèmes similaires à partir de leur point de vue respectif. Cette
première journée sera consacrée à l’efficacité de la parole sacralisée ainsi qu’aux
développements doctrinaux qui viennent en étayer la pratique.
Chacun des conférenciers parlera environ cinquante minutes et leurs présentations seront
suivies d’une discussion générale.
– Irène Rosier-Catach (CNRS, Paris Diderot / Ecole Pratique des Hautes Etudes, Section des
sciences religieuses)
La parole efficace dans le Moyen âge chrétien
« Id efficit quod figurat » La définition du sacrement qui s’impose au Moyen âge chrétien le
pose dans sa double fonction, « cognitive » et « opérative » : il est signe, et il effectue ce qu’il
signifie. Les théologiens vont théoriser les conditions de l’efficacité du signe sacramentel, en
proposant des analyses, parfois contradictoires, des différents éléments intervenant dans cet
acte, qui à la fois relève de Dieu comme cause première, et d’intervenants humains comme
causes secondes : l’institution première, l’institution ecclésiale, le prêtre (sa fonction, son
intention, son acte), le récipiendaire, la formule (sa forme linguistique, son énonciation), le
rituel, etc. Ces conditions serviront de référence, explicitement ou tacitement, pour penser
d’autres actes de parole, qu’ils soient autorisés ou interdits (exorcismes, bénédictions,
serments, voeux, prières, invocations, malédictions, incantations, paroles magiques).
– Vincent Eltschinger (Ecole Pratique des Hautes Etudes, Section des sciences religieuses)
La formule, le rite et leur efficacité – de la vertu des mantra en Inde ancienne
Le mantra occupe une place prépondérante dans les représentations indiennes, exotériques
aussi bien qu’ésotériques, de la parole. Du verset védique rythmant les séquences
sacrificielles en « running narrative of the rite », aux exploitations proprement magiques de la
parole révélée, le mantra joue un rôle de choix dans le dispositif rituel brahmanique. Les
mantra ne sont toutefois pas étrangers au bouddhisme, qui prête au Bouddha la révélation de
charmes et d’incantations à double vocation mondaine et supramondaine. C’est en particulier
au philosophe bouddhiste Dharmakīrti (550-650 ?) que l’on doit l’une des rares tentatives
d’examiner en raison l’efficacité des mantra. Ce faisant, Dharmakīrti se situe à la croisée des
chemins entre un bouddhisme traditionnel qu’il bouscule et un bouddhisme tantrique qui
l’offense, et qu’il attaque à mots couverts.