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Le 09 mai 2017 à TOULOUSE / MUSEE DUPUY

L’actrice tibétaine Lhakpa Tsamchoe, invitée par l’association « Les Amis du Khangtsène de Nagari » dans le cadre de l’exposition « De Foudre et de Diamant »

Lhakpa Tsamchoe : «Je pourrai revenir au cinéma si le rôle le mérite»

Cinéma – Rencontre

Le 09/05/2017
L'actrice a été la partenaire de Brad Pitt ./Photo DR

L’actrice a été la partenaire de Brad Pitt ./Photo DR

Seule artiste tibétaine internationale, Toulouse dans le cadre deLhakpa Tsamchoe, en partenariat avec l’association Les Amis du Khangtsène de Nagari est de passage à  l’exposition De Foudre et de Diamant au musée Dupuy. Ce mardi, elle rencontre le public à 20 h 30 au cinéma ABC pour la projection du film Himalaya. En compagnie des moines du Khangtsène, elle est aussi demain mercredi 10 mai, salle Barcelone pour présenter les Trois contes de Ngari*. Entretien avec une actrice atypique et attachante.

Comment avez-vous fait du cinéma ?

Je suis native de l’Inde du sud où mes parents se sont installés à la suite de l’invasion du Tibet en 1959. J’avais 25 ans quand j’ai démarré le cinéma avec mon premier film Sept ans au Tibet, après avoir suivi des études informatiques. Rien ne me prédestinait au 7e art. Le destin a voulu que la directrice du casting passe une soirée à la même fête que moi. Elle m’a abordée et m’a expliqué de quoi il s’agissait. Je l’ai écoutée sans trop y croire. Et puis elle m’a proposé pour le lendemain un entretien. Durant quatre heures j’ai discuté avec le réalisateur Jean-Jacques Annaud qui m’a sélectionnée. Deux mois après je partais à Londres pour des essais. Et malgré une rude concurrence j’ai été choisie.

Vous n’aviez aucune expérience d’actrice Aucune. Ce fut une véritable surprise. Je n’avais jamais rêvé à ce métier très loin de ma vie et de mes valeurs.

Quel souvenir en gardez-vous ?

Excellent. J’ai découvert les hôtels cinq étoiles. Brad Pitt, mon partenaire, dont je n’avais jamais entendu parler, s’est révélé charmant et pas spécialement dragueur. Il est vrai qu’à l’époque il était l’époux de Gwyneth Paltrow. C’est Richard Gere, ardent soutien de la cause tibétaine, qui, plus tard, a essayé de me séduire.

Vous tournez ensuite Himalaya- l’enfance d’un chef.

Oui, en 1998. J’avais un peu plus d’expérience. Mais le tournage s’est révélé très dur. Nous étions entre 4 000 et 5 000 mètres d’altitude et j’en souffrais. Je devais prendre des somnifères. Le froid était intense. C’était si dur que l’équipe française de tournage fut contrainte de faire une pause à Paris. Elle n’est pas revenue. D’autres techniciens ont été embauchés. Ce film fut, malgré tout, une magnifique expérience humaine.

Après le film Milarepa en 2006, vous stoppez tout Pourquoi ? Je me suis beaucoup occupé de ma famille. Je suis aussi allée aux Etats-Unis pour un séjour dans un centre bouddhiste. J’avais besoin de faire une pause, de prendre du recul.

Aujourd’hui à 46 ans, pourriez-vous revenir au cinéma ? Pourquoi pas, tout dépend du rôle proposé. C’est un métier très éloigné de ma vie mais que j’ai appris à aimer.

Que pensez-vous de la situation du Tibet ?

C’est très dur. L’un des plus grands monastères du pays a été détruit et les moines chassés par les autorités chinoises. Il n’y a aucun droit fondamental au Tibet. Des soutiens internationaux, que je remercie, nous aident et grâce à eux on veut garder l’espoir d’un changement.

C’est la première fois que vous venez à Toulouse ?

Je suis venue quatre fois en France mais jamais à Toulouse. J’aime beaucoup cette ville, sa culture, les gens. Je suis arrivée il y a trois semaines et j’ai visité Albi, c’est très beau. Si différent de chez moi.

À 15 heures, 22 allée de Barcelone à Toulouse. Infos : www.amis-du-khangtsene-de-ngari.fr/