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02/02/16 | 13 h 09 min

Crise de confiance en Chine

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Publié dans l’édition papier de The Economist, 16 janvier 2016. Reproduit sur le site de l’Administration Centrale Tibétaine tibet.net

Les réponses de la Chine face à l’instabilité des marchés trahissent l’inquiétude de ses dirigeants.

Voir le chef solidement installé derrière son bureau à expédier les affaires courantes, devrait être un spectacle réconfortant en période d’incertitude. Et c’est exactement l’image que les médias d’État officiels chinois ont donné de Xi Jinping lors de la diffusion de son message de vœux au peuple chinois le 31 décembre –reconnaissons cependant que, si cette impressionnante surface de bois est réellement le bureau présidentiel, M. Xi doit éprouver quelques difficultés à atteindre ses téléphones, d’un rouge impressionnant, mais ridiculement loin de lui.

De cette position, censée inspirer confiance,  M. Xi a expliqué à son public que 2016 allait marquer « le début d’une phase décisive » dans les efforts du pays pour construire  « une société raisonnablement prospère », but que le Parti Communiste dit espérer atteindre à la fin de la décennie. Oubliant de mentionner que le taux de croissance de l’économie était au plus bas depuis un quart de siècle, il a maintenu que les perspectives d’avenir du pays étaient « encourageantes ».

Au vu des récents évènements, il semblerait cependant que la foi de M. Xi en ses compétences managériales  ne soit pas partagée par tous. La nervosité des marchés financiers et monétaires en Chine a révélé une crainte généralisée, laissant penser que le chemin serait semé d’embûches – et que M. Xi et ses collègues étaient mal armés pour y faire face. Si l’on en juge par la manière dont ils ont réglé toute une gamme de dossiers politiques et économiques, cela pourrait donner raison au clan des inquiets.

Quatre jours après la retransmission du discours de M. Xi, la bourse de Shanghai rouvrait après l’interruption du nouvel an. Alors qu’il restait encore 90 minutes avant la clôture de la séance, les transactions ont été suspendues pour le reste de la journée ; l’indice était en baisse de 7%, et un nouveau « disjoncteur »  avait été mis en place.

Les ventes massives se sont encore accentuées depuis : en 2016, l’indice a chuté, jusqu’à présent, de 15%, le pire début d’année jamais enregistré. Dans le même temps la monnaie chinoise, autrefois très stable, subit une forte déstabilisation. La banque centrale a pensé pouvoir contribuer à la baisse du yuan, et offrir ainsi un petit coup de pouce aux exportateurs inquiets, sans répercussions sérieuses. Au lieu de cela, elle a déclenché une fuite de capitaux et inquiété les exportateurs partout dans le monde. Exportateurs qui se sont préparés à des baisses encore plus conséquentes du marché boursier. Tandis que l’onde de choc de la crainte d’un effondrement de la Chine se propageait  sur les marchés mondiaux, le gouvernement a renoncé à ce disjoncteur mal conçu en faveur  d’une tentative de consolidation du yuan et des marchés en ordonnant à ses banques et à ses courtiers d’acheter.

Le mouvement de panique lié à la capacité de la Chine à maintenir une croissance régulière est infondé. C’est vrai, sa dette est préoccupante : la dette publique et privée approchait 160% du PIB il y a huit ans et s’élève maintenant à plus de 240% (environ $25 trillions). Mais le gouvernement compte toujours sur un accroissement de l’économie de 6,5% par an, en moyenne, pour le reste de la décennie. Cela s’avèrera peut-être difficile, et pourrait entraîner beaucoup plus d’investissements coûteux. Mais cela reste jouable.

Le problème n’est donc pas en soi d’ordre économique. Il est plutôt qu’un gouvernement largement considéré autrefois comme tout-puissant –même sur les marchés- est en train de perdre son emprise.  Le récent chaos n’est après tout pas le premier de son espèce ; les marchés ont été très nerveux en août dernier. Les dirigeants chinois sont actuellement aux prises avec des réformes extrêmement complexes de leur système financier, de leur politique monétaire, et de leurs entreprises d’État. Ils donnent l’impression de ne pas trop savoir comment s’y prendre, ils s’agitent dans tous les sens et commettent des erreurs. En Chine comme à l’étranger, les gens risquent de perdre confiance, avec des conséquences allant bien au-delà des marchés.

Mr Xi et ses collègues semblent avoir peur de perdre le contrôle sur les leviers économiques dont ils ont joué pour asseoir l’autorité du parti. Ses dirigeants aiment les banques d’État : on peut leur faire confiance pour orienter les prêts vers les entreprises privilégiées et les projets des fonctionnaires loyaux. Ils s’inquiètent de devoir relâcher la domination du parti sur les industries d’État qui ont la mainmise sur les secteurs vitaux de l’économie comme l’énergie, les transports et les télécommunications –à qui donc en confier la direction sinon aux fidèles du parti?

Si le parti traîne des pieds pour les réformes,  la Chine aura recours à des mesures de relance non viables, et finira par tomber en stagnation, comme le Japon dans les années 90.  Ce qui comporterait des risques de turbulences sociales et politiques.  Une véritable crise économique n’est pas non plus à exclure. Autrefois admiré par d’autres gouvernements autoritaires, sans oublier certains commentateurs occidentaux, pour sa manière habile de maintenir l’équilibre entre les marchés libres et le contrôle du parti, le style de gouvernance de la Chine est peut-être bien sur le point de perdre son éclat.

M. Xi a sans doute du mal à saisir toute la complexité de certains aspects pointus  du fonctionnement de la bourse, mais il a très vite compris les dangers auxquels la Chine était exposée lorsqu’il a pris le pouvoir en 2012. Certains commentateurs étrangers étaient toujours, même à l’époque, fascinés par ce qu’ils considéraient comme la combinaison gagnante entre, d’une part, un gouvernement technocratique possédant une bonne connaissance des besoins du pays et de la manière de les satisfaire, et, d’autre part, un mépris pour les débats interminables qui peuvent nuire à une bonne politique dans les démocraties. Mais M. Xi et ses collègues se sont rendu compte que les fondations du modèle que Deng Xiaoping avait entrepris de développer à la fin des années 70, et qui s’étaient imposé dans les années 90, avaient besoin d’être revues.

Des ennuis au sommet

Le succès du modèle a été nourri par deux forces : le développement rapide de la prospérité et, depuis la répression sanglante des manifestations de la place Tienanmen en 1989, une trêve anormalement longue parmi les élites du parti souvent indisciplinées. Toutes deux sous-tendues par une croissance régulière procurant des dividendes inouïs à l’élite en même temps que la prospérité à des centaines de millions d’individus. Mais en 2012 le PIB de la Chine a progressé à son rythme le plus lent en 13 ans. Pire encore, M. Xi a pris ses fonctions au milieu de la lutte de pouvoir la plus féroce au sein de la direction du parti que la Chine ait connu depuis Tienanmen. Non content d’enrichir sa famille dans des proportions phénoménales, Bo Xilai, chef du parti de Chongqing, région du sud-ouest, a soumis sa candidature pour un poste au plus haut niveau. M. Xi n’a pas apprécié, et d’autres hommes politiques l’ont soutenu. M. Bo purge actuellement une peine de prison à vie pour corruption et abus de pouvoir.

La croissance économique et la paix au sommet du parti ont, certes, contribué à la stabilité du pays, mais ne l’ont pas maintenu statique. Sous Hu Jintao, avant M. Xi, la classe moyenne s’est développée de manière colossale. Et son désir d’un environnement stable dans lequel s’enrichir encore plus a constitué un rempart essentiel de l’autorité du parti. Mais certains de ses membres étaient de plus en plus fatigués des caprices du parti et de sa corruption manifeste. Qui plus est, cette classe moyenne disposait d’une nouvelle arme très puissante : l’information.

Le développement rapide d’internet a ouvert une tribune nationale pour l’expression de la dissidence. Sina Weibo –l’équivalent chinois de Twitter- a été créé exactement trois ans avant l’arrivée au pouvoir de M. Xi ; à cette époque il comptait 46 millions d’utilisateurs quotidiens. Les médias sociaux ont permis au parti de surveiller l’opinion publique et d’identifier les problèmes avant qu’ils ne deviennent susceptibles de menacer sa mainmise sur le pouvoir. Mais ils ont aussi stimulé le développement d’une société civile : ONG,  églises de maisons,  et cabinets d’avocats indépendants prêts à défendre la cause des personnes opprimées et spoliées dans leur combat contre la bureaucratie. Tous ont largement utilisé les médias sociaux. Des groupes échappant au contrôle du parti  -bien que peu importants et éparpillés- ont surgi de partout.

Les évènements à l’étranger ont semblé souligner l’instabilité des états autoritaires. Le printemps arabe a commencé à voir le jour en 2011, un an avant que M. Xi ne prenne le pouvoir, et bien que l’on puisse difficilement parler d’avancée démocratique –loin s’en faut-  il a été la preuve que les régimes autoritaires pouvaient, contre toute attente, s’avérer très fragiles. La police chinoise a travaillé dur pour empêcher tout copier-coller de ces troubles. Au même moment, le plateau tibétain et le Xinjiang, qui couvrent environ 40% du territoire chinois, ont été en proie à un sentiment antiparti suite à sa réaction impitoyable aux émeutes de 2008 et 2009.

Une crise démographique s’est également profilée à l’horizon. La chute du taux de natalité a privé la Chine du surplus de sa population active qui avait constitué son « dividende démographique » : elle vieillissait très vite. Les jeunes ont commencé  à s’inquiéter  pour leur avenir. Avenir hypothéqué par le poids  d’avoir à prendre en charge les personnes âgées –sans oublier la flambée des prix de l’immobilier et, pour les diplômés, l’augmentation du chômage. Pour couronner le tout, s’est dessinée la menace d’une catastrophe environnementale : les villes étouffaient sous le brouillard  causé par des industries qui avaient apporté la croissance ; l’eau d’un-cinquième des rivières était trop toxique pour tout contact humain, sans parler d’être bue. Même les dirigeants du parti se sont mis à décrire le modèle économique chinois  comme « instable, déséquilibré, mal organisé et non viable à terme ».

Confronté à la nécessité de remanier, voire de restructurer en profondeur le modèle politique et économique chinois, M. Xi  a tenté de se présenter comme un réformateur à la Deng Xiaoping. Il a acquis plus de pouvoir que n’importe quel dirigeant depuis Deng, se confiant la responsabilité de tous les portefeuilles les plus importants, et abandonnant le système de « direction collective » instituée par Deng. Effectivement, de bien des manières, l’emprise de M. Xi sur tous les mécanismes de contrôle du pays semble plus forte que celle de Deng, et juste derrière celle de Mao Zedong.

Ayant ainsi les coudées franches, M. Xi parle de réformes qui vont encore plus loin que celles de Deng – comme, par exemple, lorsqu’il a demandé aux 370 membres du Comité Central, lors d’une réunion du parti en 2013, d’appuyer son appel pour qu’on reconnaisse aux forces du marché un rôle « déterminant » dans l’économie. (Ce qui a été le cas). M. Xi demande maintenant une « réforme de l’offre » et laisse ainsi entendre que ce sont désormais des changements structuraux à l’économie, plutôt que des investissements massifs initiés par l’État,  qui sont à l’ordre du jour. Le principal organe du parti, le Quotidien du Peuple, qualifie ces réformes d’ « Édition 2.0 du modèle chinois ».

L’un des buts cruciaux de cette approche est de garder l’appui de la classe moyenne, même lorsque s’installe ce que M. Xi se plaît à appeler la « nouvelle normalité » du ralentissement économique. D’où ses exhortations répétées à construire le « rêve chinois ». Il s’agit là d’un terme ambigu, désigné en partie pour évoquer la prospérité de la classe moyenne américaine, et une vie affranchie de l’intervention du gouvernement.  Mais le slogan a aussi été choisi pour entretenir une fierté patriotique, avec le « rêve d’une armée puissante ».  Le coup de jeune ainsi donné par M. Xi au modèle chinois repose sur le nationalisme plus encore que les précédents.

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Absurde d’un point de vue constitutionnel

Le style de gouvernement de M. Xi s’est pourtant avéré un frein à ses ambitions. Sa campagne anti-corruption –la plus longue et la plus radicale du genre depuis la prise de contrôle du parti en 1949- a été bien accueillie non seulement par la classe moyenne mais également  par les moins riches qui ont le sentiment que le miracle économique chinois a injustement récompensé les puissants.  Mais, alliée à des injonctions claires de ne pas remettre en question la politique du parti, l’offensive anti-corruption n’a fait que rendre les fonctionnaires encore plus hésitants à prendre les risques nécessaires à la mise en œuvre des réformes.

Dans le domaine politique, M. Xi parle de rendre le système judiciaire plus juste et plus efficace. Un mois tout juste après sa prise de fonction, il s’est engagé dans une cause longtemps chère aux intellectuels libéraux, celle de donner plus de pouvoir à la constitution. « Aucune organisation, aucun individu n’a le privilège de pouvoir sortir du cadre de la constitution et de la loi, » selon ses propres termes. Il a tenté d’instiller une certaine discipline dans le modèle autoritaire, mettant un frein aux  abus de pouvoir et aux privilèges au sein du parti  qui avaient mis en rage la classe moyenne et les personnes qui aspiraient à la rejoindre.

Ceux qui ont vu cela comme une invitation à faire avancer le processus des réformes ont pourtant été vite détrompés. Quand un journal de la province de Guangdong contrôlé par le parti, le Southern Weekend, a essayé d’argumenter en faveur d’un gouvernement constitutionnel dans un éditorial intitulé « Le rêve chinois : un rêve de constitutionalisme », les censeurs ont ordonné sa fermeture. Les journalistes  se sont mis en grève ; des dissidents se sont réunis devant ses bureaux à Guangzhou. Toléré quelques jours, le spectacle de foules dans les rues d’une grande ville écoutant des discours appelant à la liberté de la presse et même à un système multipartite, s’est vite révélé insupportable. La police a arrêté les orateurs dissidents. A la fin de l’année dernière, trois d’entre eux ont été condamnés à des peines de prison allant de deux ans et demi à six ans. Cet épisode fut l’annonce d’une répression sur la société civile d’une durée et d’une intensité sans précédent depuis les jours sombres qui ont suivi les manifestations de Tienanmen.

M. Xi continue à vanter la constitution. Lors d’une rencontre en 2014, le Comité Central du parti a décidé de faire prêter allégeance aux fonctionnaires, et a ordonné aux écoles de l’enseigner aux élèves. Il a en même temps décrété que le 4 novembre serait dorénavant fêté comme le Jour de la Constitution. Mais le discours de M. Xi sur le constitutionalisme sonne creux aux oreilles des libéraux, tout comme son discours sur les réformes ne parvient pas à calmer les marchés. Et l’impact au sein du parti reste incertain.

Un des moyens par lesquels M. Xi espère prolonger la vie du parti est de prouver que celui-ci peut gouverner efficacement.  Le chef anti-corruption, Wang Qishan, a levé les sourcils en entendant au mois de septembre que « la légitimité du parti au pouvoir » reposait en partie sur « le mandat du peuple ». C’était la première fois qu’un dirigeant chinois utilisait en public le terme de légitimité en lien avec les règles du parti, et cela semblait laisser supposer l’acceptation que le parti ne pouvait pas la tenir pour acquise.

M. Xi s’est appuyé sur un système, construit par ses prédécesseurs de l’après-Deng, consistant à noter les fonctionnaires au regard de la réalisation « d’objectifs de responsabilité ».  Par le passé, les objectifs qui importaient le plus étaient ceux vus comme le maintien de la stabilité sociale, et la promotion de la croissance économique.  Désormais, l’environnement est beaucoup mieux récompensé. En 2012, le gouvernement avait fait de la réduction des particules en suspension PM2.5, les pires, un « objectif premier » à Pékin et dans d’autres villes très polluées. Les médias d’État avaient rapporté qu’on avait ordonné – métaphoriquement – au maire de Pékin, Wang Anshun, de « remettre sa tête » s’il échouer à atteindre cet objectif.

Sentant que le développement de la Chine entre en territoire inconnu, les dirigeants chinois se tournent vers des gourous étrangers. En novembre, M. Xi a rencontré Francis Fukuyama, politologue américain dont le principal titre de gloire est une thèse qui semblerait aller à l’encontre de tout ce que M. Xi souhaite protéger, à savoir qu’on ne peut pas arrêter la marche vers une démocratie libérale. M. Fukuyama a quelque peu ajusté cette ligne « fin de l’histoire » depuis, tout d’abord en la soutenant,  soulignant que, même en l’absence de démocratie, la capacité d’un état à faire respecter les lois et à assurer les services de base comme l’éducation, la santé et les infrastructures pouvait être d’une grande importance.

Des tâches plus ardues

Le modèle de M. Xi peut-il –avec toutes les failles dans sa mise en place- continuer à repousser la fin de l’histoire du parti ? David Shambaugh de l’Université George Washington, qui a passé sa carrière comme observateur de la Chine, a très tôt défendu l’idée que le parti avait tiré les leçons de la chute de l’Union Soviétique, et changé ses méthodes de gouvernement en conséquence. Il avait, par exemple autorisé le développement d’ONG qui auraient pu colmater les fissures d’un système d’aide sociale débordé. Il avait recruté d’avantage de gens d’affaires dans ses rangs, et testé à petite échelle l’instauration d’élection pour certains postes du parti.

Mais, dans un livre à sortir, M. Shambaugh explique qu’il a changé d’avis ; il pense que les réformes dont il avait parlé ont fait leur temps, et qu’on assiste à l’avènement d’une nouvelle ère « d’autoritarisme dur ». Et il rappelle qu’il n’y a aucun exemple de pays autoritaire ayant fait la transition vers un pays à hauts revenus comme le voudrait M. XI sans au moins une démocratisation partielle.

On célèbrera le centième anniversaire de la création du parti en 2021, juste avant la fin du mandat de M. Xi, s’il suit l’exemple de ses prédécesseurs. Si les réformes continuent à décevoir au cours des quelques prochaines années, on imagine mal que ce soit la joyeuse fête sans doute espérée par M. Xi. Le triomphalisme nationaliste aidera peut-être à rallier des suffrages pour le parti. Mais cela comporte des risques –l’histoire de la Chine depuis le 19ème siècle est jalonnée d’exemples de ferveur nationaliste à s’être retournée contre le gouvernement en raison des manquements perçus chez les dirigeants.

M. Xi peut être tenté d’accentuer la pression économique sur Taiwan, qui élira très certainement un président tenté par l’indépendance le 16 janvier après huit ans au pouvoir de celui qui privilégiait des rapports plus étroits avec la Chine. Mais on ne sent pas dans l’opinion publique cette soif d’un retour aux tensions militaires du milieu des années 90, quand la Chine avait lancé des missiles non armés à proximité de l’ile.

M. Xi a donc toutes les raisons d’être inquiet. Les pertes d’emploi dans le secteur manufacturier aggraveront les tensions chez les cols bleus, raison pour laquelle le parti a commencé à arrêter les militants ouvriers. La loyauté de la classe moyenne, accoutumée depuis longtemps à une croissance ininterrompue, sera de plus en plus difficile à obtenir à mesure que celle-ci va ralentir. La classe moyenne et les cohortes de migrants ruraux rêvant de la rejoindre sont vitales pour le succès économique du pays, et sont pareillement capable de mobiliser une opposition qui constituerait une menace pour le régime. M. Xi tient de beaux discours sur les réformes, mais il lui reste encore à les mener à bien. Il a démontré que sa méthode préférée pour faire face aux menaces est de recourir aux bonnes vieilles méthodes qui consistent à réprimer toujours d’avantage. L’autoritarisme chinois a parfois été étonnamment habile. A l’heure actuelle, ce n’est pas l’impression qu’il donne.

Traduction France Tibet