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03/06/18 | 10 h 27 min par Eleanor Ainge Roy

D’après le Canada, les interférences chinoises en Nouvelle-Zélande sont à un « niveau critique »

Le Ministre des Affaires étrangères Wang YI salue son homologue néo-zélandais Winston Peters Pékin, mai 2018. Photograph: THOMAS PETER / POOL/EPA

Le rapport, issu de l’agence d’espionnage du Canada, prévient que la Nouvelle-Zélande, l’un de ses plus proches alliés, a été et est sous influence du Gouvernement chinois dans tous les niveaux de la société et que la situation a atteint un « niveau critique ».

Le rapport stipule que la Nouvelle-Zélande est perçue comme le « maillon faible » parmi les alliés occidentaux.

« Pour agrandir la domination chinoise, le Président Xi Jinping conduit une stratégie globale », rapporte le document, et la Nouvelle-Zélande est un pion clé de cette stratégie dans laquelle le gouvernement voyait sa relation avec l’île comme « un exemple » pour la direction de ses futures relations avec d’autres pays.

Le rapport a été publié par le Service de Renseignements et de Sécurité du Canada (CSIS) mais ne reflète pas la vision officielle de l’agence. Le document se basait sur les rapports du CSIS lors d’un atelier académique.

Il avance que les élites intellectuelles, politiques et affairistes de la Nouvelle-Zélande ont toutes été des cibles du Parti Communiste chinois et que les relations avec les entreprises, les universités et les laboratoires ont été utilisées pour « influencer les activités et permettre un accès aux technologies militaires, aux secrets commerciaux et autres informations stratégiques. »

Des « efforts massifs » ont été produits pour placer le média de langue chinoise et les communautés chinoises sous contrôle du Parti, et des dons aux politiques ont eu lieu.

Un rapport canadien stipule que le monde des affaires et des élites politiques néo-zélandaises ont été des cibles du Parti communiste chinois. Photo : POOL New/Reuters

« La Nouvelle-Zélande fournit une remarquable étude de cas sur la volonté de la Chine d’utiliser les relations économiques pour interférer dans la vie politique de son partenaire », rapporte le document, prévenant que les petits Etats sont « particulièrement vulnérables » à l’influence chinoise. La Nouvelle-Zélande représente 4,7 millions d’habitants.

« Une stratégie agressive a cherché à influencer le pouvoir décisionnaire politique, à acquérir des avantages douteux dans le milieux des affaires, à supprimer la critique envers la Chine, à faciliter son activité d’espionnage et à influencer la diaspora chinoise. »

La stratégie chinoise d’alliance avec la Nouvelle-Zélande est motivée par de nombreuses raisons. La Nouvelle-Zélande administre la Défense et les Affaires étrangères des territoires insulaires pacifiques de Niue, Tokelau et des Cooks islands, ce qui induit « quatre votes potentiels pour la Chine dans les forums internationaux. »

Les changements législatifs de 2011 ont aussi fait de la Nouvelle-Zélande « une plaque tournante mondiale du blanchiment d’argent », une réputation que partagent ces territoires. Le pays est aussi à la fois partie prenante en Antarctique et l’une des nations les plus géographiquement proches du continent.

La Nouvelle-Zélande possède  « une terre cultivable abordable et une population clairsemée », un secteur laitier en forte croissance dans lequel la Chine est le premier investisseur étranger, un programme spatial naissant permettant le lancement de fusée depuis la péninsule de Mahia, des réserves inexplorées de pétrole ainsi qu’une expertise en négociation commerciale multilatérale, dans les dossiers du Pacifique, de la science en Antarctique, et de l’agronomie, « utile » pour la Chine, souligne le rapport.

Le pays est membre des « Five Eyes » (un réseau de partage du renseignement entre l’Australie, les Etats-Unis, le Royaume-Unie et la Nouvelle-Zélande ) ainsi que des Nations-Unis, et un nouveau partenariat militaire est attractif.

«  La relation économique, politique et économique entre la République Populaire de Chine et la Nouvelle-Zélande est vue par Pékin comme un modèle pour ses relations avec la Australie, les petites Nations insulaires et, de manière plus vaste, avec les Etats occidentaux. »

CIA World Factbook Antarctic Region (PDF). Archive faite à partir de l’original le 18 mai 2012, Domaine public

« Certaines de ces activités mettent directement en danger la sécurité intérieure de la Nouvelle-Zélande, tandis que d’autres ont des effets corrosifs à long terme. »

Jacinda Ardern, Premier Ministre néo-zélandaise  a déclaré que les relations entre la Nouvelle-Zélande et le Canada étaient « très fortes », particulièrement avec le Premier Ministre Justin Trudeau. « Je n’ai pas d’information [corroborant] la remise en question de notre appartenance aux « Five Eyes », de par le Canada ni des autres partenaires, et je n’ai pas non plus entendu que le sujet avait été soulevé avec mes collègues. »

« La Nouvelle-Zélande est vigilante face à toute interférence qui ciblerait nos valeurs, nos institutions et notre économie. »

La semaine dernière, le Ministre des Affaires étrangères de la Nouvelle-Zélande s’est rendu en Chine trois jours durant. Il a rencontré de haut-fonctionnaires dont son homologue, M. Wang Yi, le membre du Politburo et ancien homologue, Yang Jiechi, et Président du département international du Parti communiste, Song Tao.

Selon les déclarations de M. Peters :« Nos discussions ont couvert de vastes sujets sur tous les aspects de nos relations bilatérales », dont le renforcement des relations commerciales, les futures renégociations des accords de libre échange – au sein de l’ASEAN, NdT -, la paix et la sécurité dans la région Asie-Pacifique.

@EleanorAingeRoy

Traduction France Tibet

Pour continuer sur le sujet :

La Chine classée menace « extrême » par l’agence de sécurité australienne, traduction France Tibet

L’Australie et la Nouvelle-Zélande sous influence chinoise, Le Temps

L’Antarctique, prochaine zone de conflit ? Partie 2, GeoLinks

et comme la France connaît les mêmes vicissitudes, sans parler, entre autre, de M. Raffarin :

Révélations sur Henri M., ex-espion français accusé de trahison au profit de la Chine, le nouvelobs