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16/02/18 | 15 h 11 min par colonel à la retraite Vinayak Bhat / Traduction France Tibet

Les forces aériennes chinoises voient leurs activités s’intensifier au Tibet

 Paru en anglais 14 Février, 2018

New Delhi :  Au Tibet, depuis le face à face entre les troupes indiennes et chinoises au Doklam, une intensification significative des activités des forces aériennes chinoises est observée. Le trafic aérien des aéroports militaro-civils a augmenté et dans le même temps, l’armée de l’air chinoise a déployé dans la région des infrastructures permanentes de combat.

Cela fait partie d’une stratégie de l’armée chinoise renforçant sa présence militaire dans la zone de la tri-jonction [ frontalière] à la suite de son amère opposition avec l’Inde. Le mois dernier The Print (relayé par France Tibet en France) avait dévoilé la quasi prise de contrôle totale de la partie septentrionale du plateau du Doklam, avec le déploiement de véhicules blindés et la construction de 7 héliports.

Les données d’un « radar aérien » montrent une soudaine augmentation du trafic aérien au Tibet de décembre à janvier. Depuis la plupart des aéroports du Tibet, les vols ont été multipliés par deux, depuis le face à face au Doklam.

L’analyse des données de l’année dernière montre trois grands changements. Premier point : d’octobre 2017 à janvier 2018, le trafic aérien a soudainement augmenté. Deuxième point : un nouveau vol a été programmé en janvier sur la liaison Lhassa – Ngari (Shinquanhe). Enfin, troisième point : les vols à la périphérie du Tibet ont été prolongés sur Lhassa en octobre et en décembre 2017.

Une raison pourrait être un nouveau souffle du tourisme au Tibet et l’ajout de vols civils quotidiens. Toutefois, étant donné la modernisation et l’amélioration des aéroports militaro-civils, aussi bien que la création par l’Armée Populaire de Libération (APL) de nouveaux héliports, il existe de fortes présomptions pour ce qui pourrait être une préparation militaire, ce  qui ne peut-être considérée comme une affaire bénigne.

La Chine, qui a développé cinq aéroports opérationnels au Tibet, a amélioré quatre d’entre eux l’année dernière.

L’aéroport de Lhassa-Gonggar

Après le conflit du Doklam, au moins deux avions de commandement KJ-500 AEW ont été déployés de façon permamente sur ce site. Des images-satellite d’octobre 2017 montraient vingt avions d’interception Shenyang J-11s, huit hélicoptères Mi-171V et deux KJ-500 AEW, faisant plutôt de cet aéroport une base militaire.

L’aéroport de Gonggar, à la périphérie de Lhassa, est le plus grand aéroport du Tibet. Il a été rénové et amélioré continuellement sur la décennie. Les récentes améliorations suggèrent qu’elles ont principalement pour but de renforcer les capacités de combat de l’armée de l’air chinoise.

Au cours des deux dernières années, seuls 4 avions tels les J-10s et J-11s ont été vus dans cet aéroport lors d’exercices d’entraînement. Ils étaient déployés par rotation sur différentes bases aériennes pour soutenir des opérations au Tibet. Mais après novembre 2016, l’avion de combat a été plus ou moins déployé de façon permamente.

Des véhicules de communication-satellite avec des paraboles et des véhicules équipés de systèmes de contrôle ont été observés, suggérant que des connexions avec des drones aériens (UAV) sont gérées depuis cet aéroport et qu’il a la capacité de contrôler ces drones.

Des activités récentes dans cet aéroport suggèrent que la construction d’une piste d’atterrissage militaire à grande capacité est en cours . Elles suggèrent également une infrastructure souterraine en construction à 1,75 km au sud de l’aéroport, dans le but probable de stocker des munitions.

Vinayak Bhat/ThePrint

La base aérienne de Shigatse

En août 2017, un UAV, probablement un Winglong 1 a été repéré. Plus tard, seuls des Soar Dragons étaient observés sur cette base. Ce qui suggère que l’ UAV mâle à longue portée et altitude moyenne n’était pas adapté aux hautes-altitudes ni à l’atmosphère locale comme le sont les HALE UAV, (Haute Altitude, Longue Endurance).

L’aéroport de Shigatse a récemment été converti en base aérienne, le rendant inaccessible aux vols civils. La construction d’une piste d’atterrissage supplémentaire est en cours à l’ouest de la piste principales, certainement à l’usage des UAV.

Des images satellite suggèrent neuf nouvelles aires de trafic* et huit nouveaux héliports de construction récente. Les bâtiments adjacents servent de logement pour le personnel.

L’aéroport Qamdo de Bamda

L’aéroport de Bamda a été amélioré avec une plus longue piste d’atterrissage depuis l’année dernière. Touefois, suite au conflit au Doklam, une nouvelle piste a été ajoutée. Cet ajout permettrai des envols et des atterrissages en tandem.

L’aéroport de Nyingchi (frontière avec l’Arunachal Pradesh )

Les aires de trafic et d’ accueil de l’aéroport de Nyingchi ont été agrandies avec quatre ponts pour des jets, ce qui suggère un trafic aérien plus important d’ ici à quelques jours. Un nouveau point de ravitaillement a été construit ainsi que deux grands réservoirs de kérosène.

De nouveaux héliports

Le Tibet a vu récemment la construction de trois nouveaux héliports, dont un à Lhassa et un autre à Ngari(Shiquanhe) l’année dernière. Des activités de génie civil ont été observées dans la ville de Cona. Il est toutefois difficile d’affirmer la taille et la forme de ces projets, du fait d’un manque d’images en haute-résolution.

Ces héliports peuvent aisémentaccueillir un régiment d’hélicoptères de combat. Deux des héliports, à Nyingchi et Cona, ont été construits sur  des bases de l’ère de l’empire britannique.

Vinayak Bhat/ThePrint

* aire de traffic : c’est une aire définie destinée aux aéronefs pendant l’embarquement ou le débarquement des passagers, le chargement ou le déchargement de la poste ou du fret, le ravitaillement, le stationnement ou l’entretien.

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