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09/06/15 | 22 h 18 min

Le caricaturiste Rebel Pepper vous appelle à l’aide

Chinese cartoonist Wang Liming uses his computer inside his apartment before an interview with Reuters in Beijing, Ocotober 22, 2013. Political cartoonist Wang has spent three years publishing caricatures skewering China's leaders and is no stranger to the country's police. But it was a microblog post that got him into trouble last week. Picture taken October 22, 2013. To match interview CHINA-CARTOONIST/  REUTERS/Petar Kujundzic (CHINA - Tags: CRIME LAW SOCIETY) - RTX14KNL

Wang Liming, photographié en 2013, confiait sa peur d’être arrêté s’il retournait en Chine. Le caricaturiste vit au Japon mais ses économies s’épuisent. (Reuters/Petar Kujundzic)

 

 

Comme des appels à l’arrestation de Wang Liming apparaissaient l’année dernière dans un forum hébergé par un média officiel chinois, le caricaturiste satirique envers les leaders du Parti Communiste décida qu’il serait plus sûr de rester au Japon, où il se trouvait en voyage. Pourtant, tandis qu’il échappe à une probable arrestation, le dessinateur en exil, connu sous son nom de plume Rebel Pepper, confie qu’il a du mal à joindre les deux bouts.

« Peut-être que le Parti [ Communiste ] veut réprimander les citoyens un par un pour en faire des exemples, » écrit Wang dans un appel public à l’aide paru ce mois-ci alors qu’il arrive au bout de ses économies. « S’ils ne vous jettent pas en prison, ils font en sorte qu’il vous soit impossible pour vous de vivre. »

L’expérience de Wang devenant la cible des autorités pour son travail satirique rentre en résonance avec les autres caricaturistes du monde entier. En début de mois, le CPJ (Comité de protection des journalistes avait publié un rapport, « Drawing the Line: Cartoonists Under Threat, » qui mettait en lumière le fait que les caricaturistes étaient emprisonnés, forcés à se cacher, menacés par la « justice », ou tués.

Comme son pseudonyme suggère, Piment Rebel produit des dessins relevés et satiriques indigestes pour certains y compris le Parti Communiste chinois. Le caricaturiste avait l’habitude de caricaturer les leaders communistes et leur autoritarisme, par exemple pour dénoncer un événement tel le rally pro-Pékin de Hong-Kong, organisé par un groupe sympathisant de Pékin.

 

Wang Liming avec l’un de ses carnets de croquis. Le caricaturiste Rebel Pepper révèle qu’il a reçu des menaces à la suite d’appels à son arrestation. (Reuters/Petar Kujundzic)

 

Alors qu’il visitait le Japon l’an passé, dans cet appel à son arrestation Wang fut estampillé « traître pro-japonais » pour ses dessins. Si ce message apparaissait initialement dans un forum Internet du journal officiel People’s Daily, il a été repris par plusieurs sites web d’informations officielles.

« Je me demande pourquoi [je dois être traité] de traître pour avoir partager sur le moment mes pensées sur le Japon, » déclara Wang lors d’une interview. « Nous ne sommes pas même autorisés à faire une blague sur le gouvernement ou les bureaucrates. Je suis pessimiste quant au futur de la Chine. »

Wang confia qu’il avait aussi commencé à recevoir des menaces par emails.

Craignant qu’il ait à faire face à son arrestation s’il revenait chez lui, Wang décida de rester sur place. Sa peur n’est pas sans fondement. En octobre 2013, le caricaturiste a déjà connu la détention pour avoir fait suivre un « twit » que les autorités avaient qualifiés de « rumeur » ( la photo d’une grand-mère tenant son petit-fils dans les bras, mort de faim, suite à des inondations, NdT). Et en 2011, il avait été interrogé par la police pour sa caricature « One person, one vote to change China. » Ajoutons à cela le fait que la répression chinoise de ses critiques s’est encore intensifiée. Le pays est le plus grand geôlier du monde des journalistes, avec, selon CPJ, 44 professionnels de l’information dans les prisons officielles. Taobao, un magasin en ligne appartenant à Alibaba (la plus grosse entreprise chinoie d’e-commerce ) a fermé le petit magasin de Rebel Pepper, qui participait grandement à son gagne pain. Alibaba n’a donné aucune raison sur cette clôture.

Wang déclarait au Christian Science Monitor que la vente de quelques dessins pour des publications japonaises et sa position de membre d’honneur d’une université japonaise, ne suffisaient pas. De plus, lui et sa femme, n’avait pas pu demander l’asile politique alors que leur visa « échange culturel » seront valides jusque la fin de cette année.

Voici l’appel à l’aide de Rebel Pepper :

Un ami Internet devint au courant de ma situation et m’incita à faire un appel au don. Je me suis toujours senti embarrassé par ce genre de démarche, mais je dois désormais me sortir de cette situation délicate. J’espère que des personnes continueront à voir mon travail et m’aideront, même de loin, c’est urgent. J’ai aussi des projets de romans graphiques sur l’histoire chinoise, moderne et contemporaine, à commencer par les évènements du 4 juin (le caricaturiste désigne ainsi Tiananmen, un ancien moyen de détourner la censure, NdT). J’espère que des personnes pourront poursuivre leur support à mon égard.

Je n’en dirai pas plus. Merci !

Alipay: remon_wang@126.com

Paypal: remonwangxt@gmail.com

Mon compte en banque japonais :

  1. Bank Name: Japan Post Bank
  2. Bank Address: 3-2, Kasumigaseki 1- chome, Chiyoda-Ku, Tokyo 100-8798, Japan
  3. Account Number: 10340-29377191

 

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un autre « méfait » de Rebel Pepper :

carrefour chine