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13/10/16 | 13 h 45 min par LUO SILING

LA REVOLUTION CULTURELLE AU TIBET, RÉCIT EN PHOTOS.

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Le père de Tsering Woeser était officier dans l’Armée populaire de Libération à Lhassa quand la Révolution culturelle a éclaté en 1966. Il a pris de nombreuses photos d’attaques publiques contre la classe dirigeante tibétaine et les chefs spirituels. On voit ici une moniale portant une pancarte la qualifiant de contre-révolutionnaire.

En 1999, L’auteure tibétaine Tsering Woeser trouva par hasard le livre de Wang Lixiong « Funérailles célestes : le destin du Tibet » (« Sky burial: the fate of Tibet). Après l’avoir lu, elle envoya à M. Wang des photos prises par son père. Ce dernier appartenait à l’Armée populaire de Libération lorsqu’elle pénétra au Tibet dans les années 50, et il documenta les premières années de la Révolution culturelle à Lhassa dans les années 60. M. Wang lui répondit en disant « Ce n’est pas à moi, qui ne suis pas tibétain, d’utiliser ces photos pour révéler l’histoire. C’est à vous que cette tâche incombe. »

Tsering Woeser se mit alors à la recherche de celles et ceux qui figuraient sur les photos et les interviewa. En résultèrent deux livres publiés par Locus à Taïwan, en 2006 : « Mémoire interdite : Témoignages sur la Révolution culturelle au Tibet » (« Forbidden memory: Tibet during the cultural revolution »), basé sur les photos de son père, et « Souvenirs du Tibet » (« Tibet remembered »), histoire orale racontée par 23 des personnes que l’on voit sur ces photos. Dans le même temps, Tsering Woeser avait, elle aussi, commencé à prendre, avec l’appareil de son père, des photos des lieux qu’il avait lui-même photographié. Beaucoup d’entre elles ont été incluses dans une nouvelle édition de « Mémoire interdite », publiée cette année à l’occasion du 50ème anniversaire du lancement de la Révolution culturelle.

 

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Tsering Dorje devant le palais du Potala en 1969, photo fournie par sa fille, Tsering Woeser.

Tsering Woeser est née en 1966 à Lhassa d’une mère tibétaine et d’un père, Tsering Dorje, mi-Tibétain mi- Han, l’ethnie dominante en Chine. Mais en 1970, son père, qui avait servi comme commandant en second de la région militaire de Lhassa, fut transféré dans la province de Sichuan. Ce n’est qu’en 1990 que Tsering Woeser retourna à Lhassa où elle devint rédactrice du Journal « Littérature tibétaine ». En 2003, elle publia « Notes sur le Tibet » (« Notes on Tibet »), une collection d’essais et de nouvelles qui furent très vite interdits par le gouvernement chinois. Basée à Pékin avec son mari, M. Wang, qu’elle a épousé en 2004, elle publie articles et poèmes. Au cours de notre entretien, elle s’est exprimée sur ce qu’elle avait appris, à travers les photos de son père, de la manière dont le Tibet avait vécu la Révolution culturelle.

Comment votre père a-t-il réussi à prendre ces photos ?

En 1950, Mao Zedong a donné l’ordre à l’Armée populaire de Libération de pénétrer au Tibet, et en route, ils ont traversé la ville où habitait mon père, Derge,  située dans l’actuelle préfecture autonome du Tibet de Garze, au Sichuan. A l’époque, mon père, âgé de 13 ans seulement, avait été envoyé par son propre père Han pour s’engager dans l’APL. Sa mère, elle, était tibétaine. Pendant la Révolution culturelle, mon père a servi comme officier au département politique  du district militaire du Tibet. Je suppose qu’il a pu prendre des photos grâce à  ses privilèges en tant qu’officier dans l ‘APL.

C’est curieux, pourtant, que mon père ait pu conserver toutes les photos qu’il avait prises, ainsi que les négatifs. Ça n’aurait certainement pas été le cas s’il avait été chargé de prendre ces photos par l’armée. Cela indique que l’activité de mon père n’était pas sur ordre des militaires.

 

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Le 24 août 1966, à Lhassa, des textes  sacrés bouddhistes furent brûlés dans le cadre de la campagne contre les « Quatre vieilleries » – les vieilles coutumes, la vieille culture, les vieilles traditions, les vieilles idées. Tsering Dorje

Très peu de gens possédaient un appareil photo à l’époque, et ils étaient encore moins nombreux à avoir l’occasion de prendre des photos d’évènements publics. Il existait plusieurs agences de presse au Tibet. Elles produisaient quantité de documentaires, photos et reportages. Et pourtant dans les journaux de l’époque, ou sur les affiches, on ne trouve aucune photo de temples en ruine ou de « séances de lutte » contre « les monstres et démons contre-révolutionnaires ». J’ai parcouru tous les numéros du Tibet Daily de 1966 à 1970 mais je n’en ai pas trouvé trace.

Que montrent les photos de votre père ?

Pour la plupart, des rassemblements de masse et des « incidents ». Par rassemblement de masse, j’entends des rassemblements à grande échelle comme la célébration par des dizaines de milliers de personnes du lancement de la Révolution culturelle par le président Mao. Les incidents incluent les destructions de temples et les séances contre « les monstres et démons ». De nombreuses personnes sont reconnaissables sur ces photos, y compris les dirigeants communistes du Tibet, le fondateur des Gardes rouges tibétains, les Gardes rouges individuels ainsi que les nobles, le clergé, et les représentants de la société tibétaine traditionnelle qui étaient la cible des « séances de lutte ». Au cours de mes investigations, je me suis concentrée sur ces personnes dans la mesure où ce sont elles qui donnent toute sa valeur aux photos. Sur une période de six ans, j’en ai interviewé 70.

En quoi vos photos et celles de votre père, prises dans les mêmes lieux, diffèrent-elles ?

En 1966 et 1967, mon père a pris des photos de rassemblements de masse, ainsi que des rassemblements de Gardes rouges  et de l’APL devant le Palais du Potala. En 2012, quand je suis retournée au même endroit pour prendre des photos, deux Tibétains se sont immolés à Lhassa, en mai. De ce fait, le gouvernement a durci sa politique de ségrégation ethnique et a renforcé les mesures de sécurité contre les Tibétains, particulièrement ceux qui n’étaient pas de Lhassa. Ces mesures ont commencé à être appliquées en 2008, quand les mouvements de protestation ont éclaté à travers la région tibétaine, et ont été renforcées en 2012. En prenant mes photos, j’ai remarqué un phénomène étrange : la place du palais était remplie d’hommes en noir. Ils portaient des parapluies sur le dos et les utilisaient pour  faire écran et empêcher les gens de prendre des photos si un incident éclatait. Ils étaient alignés, en rangs, et surveillaient les gens qui passaient. Ils interdisaient à quiconque de s’asseoir sur la place.

 

Tsering Woeser, avec l'appareil photo de son père, à Lhassa en 2013.

Tsering Woeser, avec l’appareil photo de son père, à Lhassa en 2013.

Autre exemple : en 2014, je me tenais là où mon père avait pris des photos devant le temple de Jokhang. Que voyait-il à l’époque ? Des Gardes rouges essayant d’accrocher un portrait de Mao sur le toit du temple où le drapeau chinois avait aussi été planté. Même si, moi, je ne voyais plus aucun portrait de Mao, le drapeau flottait toujours à la même place. Il y avait aussi quelques fidèles priant à genoux,  et une foule de touristes qui les regardaient, fascinés. Sur le toit d’une maison en diagonale du temple il y avait des tireurs d’élite de la police. Depuis 2008, des tireurs d’élite ont été déployés sur les toits des bâtiments autour du temple.

Si l’on compare aujourd’hui à la Révolution culturelle, il n’y avait aucun fidèle agenouillé à cette époque, et le temple était en ruine alors que de nos jours, il offre un spectacle animé, et les fidèles peuvent prier librement. Mais ce ne sont là que des différences superficielles. La pratique religieuse est toujours strictement contrôlée. De plus on a maintenant affaire à un tourisme commercial, avec des touristes éberlués qui traitent les Tibétains comme des décorations exotiques et Lhassa comme un parc de loisirs.

Qui a fondé les Gardes rouges de Lhassa ?

Tao Changsong, né à Yangzhou, dans la province de Jiangsu. En 1960, il obtint son diplôme de l’École normale supérieure de la Chine de l’Est, et se porta volontaire pour venir s’installer au Tibet où il devint professeur de chinois au collège de Lhassa. Pendant la Révolution culturelle, il fut le principal artisan de la création des Gardes rouges de Lhassa, tout en étant Commandant du Quartier général des rebelles révolutionnaires. Après la formation du Comité révolutionnaire de la Région autonome du Tibet, il en devint le directeur adjoint, poste équivalent aujourd’hui à celui de vice-président de la Région autonome du Tibet. Il se rendit également de nombreuses fois à Pékin où il rencontra Zhou Enlai, Jiang Qing et d’autres membres clés du Comité central révolutionnaire. En 2001, je l’ai interviewé à deux reprises. Je ne lui ai pas montré les photos prises par mon père me disant qu’il ne me raconterait peut-être rien s’il les voyait, dans la mesure où il apparaissait sur l’une d’entre elles. Elle le montre à Norbulingka, résidence d’été du Dalaï Lama, à la tête d’une équipe de Gardes rouges accrochant une affiche sur laquelle est écrit « Parc du peuple ».

 

Rassemblement populaire à Lhassa pour obliger les "monstres et démons" à confesser leurs erreurs. Tsering Dorje

Rassemblement populaire à Lhassa pour obliger les « monstres et démons » à confesser leurs erreurs. Tsering Dorje

Il y avait deux « factions rebelles » à Lhassa pendant la Révolution culturelle. L’une d’entre elles était le Quartier général des rebelles révolutionnaires, l’autre,  le Commandement de la grande alliance des prolétaires révolutionnaires, ou en abrégé Commandement de la grande alliance. Les deux se disputaient le pouvoir. Plus tard au cours de la Révolution culturelle, la faction du Quartier Général perdit du terrain tandis que l’autre faction prit l’entier contrôle, et le conserva même après la Révolution culturelle [qui prit fin en 1976]. Les membres du Quartier général furent exclus du Parti. Tao Changsong fit l’objet d’une enquête, suspecté d’appartenir au « trois types d’individus » – » les individus qui suivaient la faction contre-révolutionnaire Lin Biao-Jiang Qing », « les individus à forte tendance fractionniste », et « les individus se livrant à des pillages et à des vols ». Après le milieu des années 80, il travailla à l’Académie tibétaine des sciences sociales. Il occupa les fonctions de rédacteur en chef adjoint à la revue « Études tibétaines », et celles de directeur adjoint au Modern Tibetan Research Institute. Il est dorénavant à la retraite et partage sa vie entre Chengdu et Lhassa où il est estimé du gouvernement.

M. Tao est plein d’entrain, il s’exprime volontiers et a une excellente mémoire. Il a aussi su se montrer prudent quand il s’est trouvé en difficulté face à mes questions concernant la campagne des Gardes rouges contre les « quatre vieilleries » au temple de Jokhang. La déclaration qui m’a le plus marquée dans son récit concernait la répression des  » seconds rebelles » [les Tibétains qui se sont révoltés en 1969] par l’APL. Selon ses propres mots,  » Les tibétains sont un peu simples d’esprit. Si vous les exécutez, ils vous disent ‘Merci’.  Si vous leur donnez  200 renminbi, ils vous disent aussi ‘Merci’ « .

Le Tibet a été une exception dans la pratique généralisée des purges contre « les trois types d’individus » après la Révolution culturelle. Il y a eu peu de ces purges au Tibet. Quand Hu Yaobang est venu au Tibet en 1980, il y a mis un terme. Pourquoi ? Parce qu’il y avait de nombreux Tibétains parmi eux. Hu s’est dit que si on les éliminait,  le parti ne serait plus en mesure de trouver des agents fiables parmi les Tibétains. Ainsi donc,  le parti n’a pas pu les éliminer.  Non seulement certains d’entre eux se sont trouvés à l’abri des purges, mais ils ont même reçu des promotions. En conséquence, ceux qui ont accédé au pouvoir pendant la Révolution culturelle sont toujours ceux qui dominent le Tibet actuellement, qu’ils soient tibétains ou han.

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Deux Gardes rouges à Lhassa en 1966. Tsering Dorje

 

Parlez-nous de celles et ceux, sur les photos, qui ont subi des séances de lutte.

Il y en avait à peu près 40. Ils appartenaient à diverses professions traditionnelles de l’ancien Tibet : moines, fonctionnaires, marchands, médecins, propriétaires terriens, etc. Les séances de lutte se déroulaient lors d’assemblées de masse, dans les rues et dans les comités de quartiers, qui menaient ces séances méthodiquement, à tour de rôle. Elles ont eu lieu sur une période allant d’août à septembre 1966. Après cette date, les divisions entre les factions les ont menées à avoir des séances de luttes séparées.  Ceux auxquels on s’attaquait au cours de ces séances intégraient l’unité des « monstres et démons », où ils étaient forcés de participer à de de longues périodes de travail manuel, et à des séances d’étude au comité local qui leur était assigné.

Le plus intéressant concernant ces victimes, c’est que la plupart appartenaient à la classe supérieure, et avaient été désignées comme « cibles à conquérir » par le parti communiste entre les années 50 et l’aube de la Révolution culturelle. Et, comme ils n’avaient pas suivi le Dalaï Lama dans sa fuite, au cours du soulèvement de 1959, le parti les avaient récompensés en leur octroyant de nombreux privilèges. En d’autres termes, ils collaboraient avec parti. L’un d’entre eux, un moine, a même servi d’informateur auprès des militaires.

Mais quand la révolution culturelle a commencé, il s ont été qualifiés de « monstres et  démons », et ont été l’objet d’attaques humiliantes. A la fin, la folie, la maladie et la mort ont eu raison d’eux. Certains sont morts pendant la révolution culturelle, d’autres après. Parmi les rares qui ont survécu, certains sont partis à l’étranger. D’autres, cependant, sont restés au Tibet. Ils ont accepté l’offre du parti et rejoint le système pour retrouver un statut élevé. On les trouve désormais à la Conférence consultative politique du peuple chinois, au Congrès national du peuple, et à l’Association bouddhiste, où ils remplissent les fonctions cérémonielles dont le parti a besoin.

 

Célébration de la fête nationale, le 1er octobre 1966 à Lhassa marquant l'anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Tsering Dorje

Célébration de la fête nationale, le 1er octobre 1966 à Lhassa marquant l’anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Tsering Dorje

Étant donné le destin subi par la majorité des victimes, les personnes que j’ai interviewées étaient essentiellement des membres de leur famille, ou dans certains cas, les disciples des moines persécutés. Ils ont partagé avec moi tellement de leurs histoires.

Comme par exemple ?

Celle de Sampho Tsewang Rinzin, un noble de Lhassa, issu d’une des familles les plus illustres du Tibet. Sampho commença à travailler pour le parti dans les années 50, et en bénéficia. Mais on s’est cruellement acharné contre lui pendant la révolution culturelle, comme vous pouvez le voir sur les photos. Les Gardes rouges qui le frappaient l’ont obligé à porter la tenue d’un ministre de haut rang du gouvernement tibétain. Tenue qui, tout en lui conférant une certaine splendeur, le couvrit de honte et lui ôta toute dignité, à tel point qu’il finit par éclater en sanglot devant tout le monde. Il mourut peu de temps après.

Il y a aussi l’histoire de cette femme, Samding Dorje Phagmo Dechen Chodron, un « Bouddha vivant » –terme erroné, nous les appelons Rinpoché. Historiquement il y a eu très peu de femmes Bouddha vivant au Tibet. C’était la plus célèbre.  En 1959, elle a suivi le Dalaï Lama et s’est enfuie en Inde. Mais les cadres du parti l’ont persuadée de rentrer au Tibet. On parlait d’elle comme d’une vraie patriote qui avait « choisi de fuir les ténèbres pour s’ouvrir à la lumière ». Elle avait même rencontré Mao. Avec l’arrivée de la Révolution culturelle on la catalogua comme « monstre et démon », et elle fut humiliée au cours de séances de lutte.

 

Ngawang Gelek, membre des Petits gardes rouges, qui remplacèrent l'organisation des Jeunes pionniers pendant la Révolution culturelle, lors d'un rassemblement à Lhassa. Il devint par la suite commandant de la milice puis fervent bouddhiste. Tsering Dorje

Ngawang Gelek, membre des Petits gardes rouges, qui remplacèrent l’organisation des Jeunes pionniers pendant la Révolution culturelle, lors d’un rassemblement à Lhassa. Il devint par la suite commandant de la milice puis fervent bouddhiste. Tsering Dorje

Sur la photo où on la voit en train d’être frappée, elle n’avait que 24 ans. Elle était affaiblie parce qu’elle venait de donner naissance à son troisième enfant. Son mari était le fils du grand noble de Lhassa, Kashopa. Le couple finit par divorcer. C’est son ex-mari qui, après avoir vu les photos, m’a raconté ce qu’elle et ses parents avaient enduré.

A l’heure actuelle, Dorje Phagmo est vice-présidente de la Région autonome du Tibet, et membre de la Conférence politique consultative du peuple chinois. Elle  apparaît souvent à la télévision lors des diverses conférences auxquelles elle participe.

Avez-vous interviewé les Gardes rouges que l’on voit sur les photos ?

Sur l’une des photos de mon père il y a une militante qui a été très cruelle pendant la Révolution culturelle. Une fois, à la tête d’une équipe, elle a mis à sac une maison. Non seulement elle a saisi les biens du propriétaire, mais elle a mis le feu à des manuscrits qui lui avaient été légués par un grand érudit tibétain, Gendun Choephel. Un autre érudit tibétain a qualifié cet acte de crime majeur contre l’histoire et la culture tibétaines. Par la suite, cette femme est devenue secrétaire du parti au comité de voisinage de Wabaling. Quand je l’y ai retrouvée, elle m’a semblée tout à fait insignifiante. Dès que j’ai abordé le sujet de la Révolution culturelle, son visage a immédiatement changé. Elle a refusé de m’accorder un entretien ou de me laisser la prendre en photo.

Il y a aussi cet ancien moine que j’ai interviewé. Il avait détruit des stupas bouddhistes et brûlé des textes sacrés au cours de la Révolution culturelle. Par la suite, il a travaillé bénévolement comme gardien au temple de Jokhang pendant 17 ans. « S’il n’y avait pas eu la Révolution culturelle, je crois que j’aurais vécu toute ma vie comme un bon moine. J’aurais porté l es habits des moines. Les temples existeraient toujours. Je me serais consacré à la lecture des textes sacrés. Mais la Révolution culturelle est passée par là. Je ne pouvais plus porter ces habits. Je n’ai jamais cherché de femme ni abandonné la vie monastique, mais je ne suis plus digne de ces habits. C’est la chose la plus douloureuse de ma vie. »

Luo Siling

Traduction France Tibet