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16/12/15 | 16 h 48 min

Le Bouddhisme … à la sauce pékinoise …!

Jokhang-85350

Création d’une base de données des « vrais Bouddhas vivants »

La Chine indique qu’elle va mettre en place une base de données de ce qu’elle appelle « les Bouddhas légitimes vivant en Chine » afin de dénoncer les « faux« . Et l’information sera publiée en ligne pour permettre aux adeptes du bouddhisme tibétain de distinguer entre les vrais « Bouddhas vivants » [1] et les faux, a rapporté chinadaily.com.cn le 8 décembre 2105, citant Zhu Weiqun, président de l’ethnique et Comité pour les affaires religieuses et ethniques de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois.

Les véritables et légitimes « Bouddhas vivants » correspondent aux réincarnations de maîtres bouddhistes tibétains dont les reconnaissances ont été effectuées sous la supervision du gouvernement chinois athée et approuvées par lui.

En septembre 2007, l’Administration d’État pour les Affaires religieuses avait publié des règlements précisant que toutes les réincarnations de « Bouddhas vivants » du bouddhisme tibétain devaient obtenir l’approbation du gouvernement chinois [2]. En septembre 2015, un livre blanc sur le Tibet publié par le Bureau pour l’information du Conseil d’État, Conseil des ministres de la Chine, déclarait qu’il y avait actuellement 358 « Bouddhas vivants » dans la « Région Autonome du Tibet« .

Dernièrement, Zhu Weiqun, parlant à la Télévision centrale chinoise, a affirmé que certains faux « Bouddhas vivants » constituent une menace pour la sécurité nationale, car ils utilisent l’argent qu’ils recueillent à parrainer des activités illégales, et même séparatistes, au Tibet. Il n’a cité aucun exemple.
Il a également dit qu’il y avait eu des informations sur de faux « Bouddhas vivants » qui bernent les gens sur leurs économies ou les attirent dans des activités sexuelles en utilisant la pratique religieuse comme excuse.

Les commentaires de Zhu Weiqun ont fait suite à des images vidéo de Baima Aose, 39 ans, décrit comme un bouddha vivant autoproclamé, ordonnant l’acteur Zhang Tielin comme Bouddha vivant lors d’une cérémonie à Hong Kong en octobre. La vidéo est devenue virale sur Internet.
Un commentaire de chinadaily.com.cn cite Baima Aose disant qu’il est devenu Bouddha vivant après qu’un Bouddha vivant du monastère de Katuo, préfecture de Kardzé [3], l’a ordonné à Hong Kong en 2012.
Le commentaire dit que Baima Aose est originaire de Quanzhou, province du Fujian ; que son nom original est Wu Darong. Il a déménagé à Hong Kong à l’âge de 8 ans. Il est maintenant président de la World Trade United Foundation, enregistrée à Hong Kong, et Zhang Tielin, l’acteur, en est le premier vice-président.

Source : Tibetan Review, 9 décembre 2015.

mardi 15 décembre 2015 par Rédaction , Monique Dorizon

La Chine demande à son “Panchen Lama” de bannir le Dalaï Lama

lundi 14 décembre 2015 par Rédaction , Monique Dorizon

Le 8 décembre 2015, Chen Quanguo [1] a appelé Gyaltsen Norbu à l’occasion du 20ème anniversaire de son intronisation à établir une frontière claire avec le chef spirituel du Tibet en exil, le Dalaï Lama.
La Chine a intronisé Gyaltsen Norbu comme réincarnation du 10ème Panchen Lama dans un affront délibéré au Dalaï Lama qui avait reconnu quelques mois plus tôt Gedhun Choekyi Nima, 6 ans, comme étant le 11ème Panchen Lama, seconde plus importante figure religieuse du Tibet [2]. Le gouvernement chinois a fait disparaitre Gedhun Choekyi Nima et sa famille quelques jours plus tard, ils n’ont plus jamais été vus ou entendus depuis.

Chen Quanguo, le secrétaire du parti de la « Région Autonome du Tibet« , a appelé Gyaltsen Norbu à « résolument marquer une frontière claire avec le 14e Dalaï Lama et à rejeter fermement toutes les activités séparatistes subversives« . Il lui a demandé de « marcher inébranlablement avec le parti et de sauvegarder l’unité nationale.
Chen Quanguo était au monastère de Tashi Lhunpo, siège traditionnel du Panchen Lama, en relation avec les célébrations du 20ème anniversaire de l’intronisation de Gyaltsen Norbu.

La plupart des Tibétains ne le reconnaissent pas comme le véritable 11ème Panchen Lama. La Chine le garde et l’éduque à Pékin et il vient dans les régions tibétaines seulement pour des visites occasionnelles.

Dans les articles sur la cérémonie d’anniversaire d’intronisation, l’agence officielle de presse, Xinhua, a noté que le Panchen Lama est le plus haut lama après le « dalaï » dans l’école Gelug du bouddhisme tibétain, la plus influente des quatre principales écoles.
Gyaltsen Norbu, le 11ème Panchen Lama du gouvernement chinois, est actuellement l’un des vice-présidents de l’Association des bouddhistes de Chine et membre du Comité Permanent de la Conférence Consultative (CCPPC) du Comité national politique du peuple chinois, organe consultatif politique suprême du pays.
Plus récemment, le 28 novembre 2015, il a été « élu » président du Fonds de développement du Tibet, décrit comme « une organisation non gouvernementale, à but non lucratif« .

Source : Tibetan Review, 10 décembre 2015.

Le Barkhor, un des lieux les plus « sûrs » de Chine

mercredi 9 décembre 2015 par Rédaction , Monique Dorizon

Les autorités chinoises décrivent le circuit du Bharkor autour du temple du Jokhang, à Lhassa, comme l’un des endroits les plus sûrs de la République Populaire de Chine, se référant à des mesures de sécurité importantes, mises en place pour contrôler et surveiller les mouvements des Tibétains, a rapporté l’agence de presse Reuters le 30 novembre 2015.

Barkhor. Place du Jokhang, 2006.
Photo © Mireille Brousset.

Le Bharkor est le circuit de pèlerinage le plus sacré pour les bouddhistes tibétains et a également été le lieu de manifestations tibétaines contre la domination chinoise dans le passé [1].

Outre un réseau de surveillance, des postes de garde ont été érigés entre les magasins et dans les cours autour du temple du Jokhang, afin de voir sur place les allées et venues des habitants. Les postes sont tenus par des habitants choisis par les autorités. La nuit, les portes des cours sont verrouillées, disent les habitants.
Le système de sécurité fait partie d’un système de « gestion du réseau de surveillance » visant à gérer la société « sans lacunes, sans taches aveugles, sans blancs« , officiellement mis en place dans la région en novembre 2014. « Ceci est une spécificité chinoise, où les masses participent à la gestion et au contrôle de la société et elles profitent aussi des résultats de la gestion de leur société« , affirme Qi Zhala, haut fonctionnaire du Parti communiste à Lhassa.

Les mesures de sécurité sont populaires auprès des immigrants chinois ayant déménagé dans la capitale du Tibet en si grand nombre qu’ils dominent la composition ethnique de la ville [2].

Le Tibet est généralement inaccessible pour les journalistes et les diplomates étrangers [3] tandis que les touristes étrangers sont autorisés uniquement dans des groupes contrôlés. En de rares occasions, la Chine organise des visites strictement contrôlées pour les journalistes étrangers, veillant à ce qu’ils ne voient que ce que l’on veut qu’ils rapportent.
En novembre 2015, les journalistes de Reuters, avec un petit groupe de journalistes, ont bénéficié d’une rare visite dans la région pour un déplacement officiel très « chorégraphié« .
Les autorités chinoises limitent l’accès des journalistes étrangers au Tibet, rendant difficile des évaluations indépendantes de la situation, note l’article de Reuters.

Source : The Tibetan Review, 3 décembre 2015.

 

Traductions  Rédaction, Monique Dorizon :http://www.tibet-info.net/www/