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20/12/16 | 8 h 00 min par PIERRE GUERRINI

Le Dalai-Lama en Mongolie, le Tournoi des Ombres

Ce 19 novembre 2016 dernier, Sa Sainteté, Le XIV éme Dalaï-Lama est arrivé à Oulan-Bator, Ulaanbaatar,  pour une visite de cinq jours qualifiée d’événement religieux majeur par le gouvernement de la Mongolie.

Sous bien des angles et à bien des aspects, le voyage et la visite de Sa Sainteté en Mongolie peuvent être considérés comme le dernier coup joué sur un échiquier géopolitique dans une partie d’échecs géostratégique d’ampleur engagée depuis le 16ème siècle.

Le titre et le nom de Dalai-Lama furent portés pour la première fois en 1578 par Sonam Gyatso, troisième réincarnation de sa lignée.  Comme son prédécesseur, il était devenu l’abbé des monastères de Drepung et de Sera, respectivement, en 1552 et 1558. Un an après la mort de Gendun Gyatso (Dalaï Lama II), Sonam Gyatso vit le jour à Tolung, près de Lhassa en 1543.

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Sonam Gyatso

En 1574, Sonam Gyatso a fondé un grand nombre de monastère dont le Collège, devenu haut lieu du bouddhisme, Namgyal. Sonam Gyatso a répandu les enseignements bouddhistes tantriques tibétains au-delà des frontières du Tibet, en Mongolie et en Chine.

Le terme de Dalaï contient l’idée de rassemblement de grandes quantités de masses d’eau collectées.

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On ne manquera pas de faire le lien avec le combat de l’actuel Dalaï-lama pour la sauvegarde de la planète et notamment au centre de son action, la protection des eaux, fleuves et glaciers du toit du monde, troisième pole, dont il développe l’idée sous tous ses aspects, dans son livre co-écrit avec Sofia-Stril Rever, Nouvelle Réalité.

 

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Dalaï  –  du titre mongol, Dalaiin Khan, du vieux mongol, dalai-yin-qan,  » Ocean Qan  »  –est un terme, donc, mongol, océan, mer, ou, en tibétain, Gyatso,  rgya mtsho. Voir le ( très intéressant ) The story of tibet : Conversations with the Dalaï-lama.

Lama  (bla ma), est un mot tibétain utilisé de façon honorifique pour désigner notamment les maîtres réincarnés du bouddhisme.

En toile de fond et avec des visées, des perspectives à la fois lointaine et symétriques quoique opposée, Sonam Gyatso et Altan khan convinrent d’entrer dans une relation « patron-prêtre », yon mchod,  inspirée de celle de Pakpa Lodro Gyeltsen  (phags pa blo gros rgyal mtshan, 1235-1280)  et du grand Khubilai Khan, au treizième siècle. Le mongol et le tibétain.

C’est sous le patronage du grand mongol, Altan Khan, que Sonam Gyatso va fonder une multitude de monastères, dont les plus célèbres, les plus vastes.

Pour Altan, favoriser la tradition croissante de l’école Geluk  – Gelugpa, les bonnets jaunes, au sein desquels, et, en quelque sorte, depuis lesquels, étaient, seront retrouvés les grands réincarnés à venir – faire que s’étendre sur toute la surface immense de ces territoires cette tradition et l’en parsemer méthodiquement d’un nombre impressionnant de ses monastères, dont certains aux proportions, dimensions et aux populations de moines comparables à celles de villes, était une manière de retrouver et de recréer l’influence de ses ancêtres mongols au Tibet.;

Pour Sonam Gyatso, l’occasion rêvée, par ce soutien mongol dans son travail et sa mission de propagateur du Bouddhisme tantrique tibétain, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Tibet, de le voir s’étendre.

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Dalai Lama III, Sonam Gyatso

Il avait précédemment passé du temps à beaucoup œuvrer tout le long des frontières de l’Amdo à répandre les enseignements Geluk. Un tel soutien, politique, pareille alliance de cœur et d’intérêts réciproques et croisés, étaient pour Sonam Gyatso, sûrement extrêmement attrayants.

C’est à cette époque que Altan Khan a donné à Sonam Gyatso le titre, en mongol, de ghaikhamsigh, signifiant   » merveilleux Vajradhara, océan bienfaiteur, lumineux, louable  »  devenu  Dalaï-Lama.

Celui qui a porté pour la première fois le titre de Dalaï-lama, a passé la plupart de ses dernières années en Mongolie jusqu’à sa mort, en 1588, avec le chef et souverain mongol,  Altan Khan qu’il avait converti, ainsi que la quasi totalité de la Mongolie, à la tradition Gelugpa du bouddhisme tantrique tibétain – école des bonnets jaunes, l’une des quatre écoles principales du bouddhisme du toit du monde, qui en comprend bon nombres aux vues souvent divergentes et même fort divergentes que l’actuel Dalaï-lama, Tenzin Gyatso, a réunies dans une appréhension commune des choses du Dharma, et dont il a pacifié les rapports parfois inamicaux qu’elles entretenaient entre elles – .

 

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Ce très haut lieu du Bouddhisme et du Chamanisme ancien, la Mongolie, réserve au Dalaï Lama l’accueil dû à son rang avec cette particularité supplémentaire que l’immense visiteur qui va fouler le sol du pays quatre jours durant, a quelque chose de l’enfant du pays.

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Il suffit de regarder les photos pour s’en réjouir. Il est chez les siens, pas sur ses terres, pourtant proches, presque très proches, mais néanmoins en famille.

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Lors de son quatrième jour à Ulaanbaatar, Ulaγanbaγatur, littéralement  » le héro rouge « , en l’honneur d’un dirigeant communiste, capitale ultra-moderne de quelques quinze cent mille âmes, 1,5 millions d’habitants le XIV eme Dalaï-Lama,Tenzin Gyatso Lhamo Dhondup a tenu, par plus de moins 40 degrés, une conférence de presse où il s’est dit convaincu de la récente renaissance, en Mongolie même, de la récente réincarnation du Jebtsundampa Khatagt.

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Jebtsundamba Khutughtu.  Lignée de réincarnations bouddhistes du moine Jonangha, dont le 8e et dernier sera proclamé roi de Mongolie entre 1911 et 1924. Le 8 éme Jebtsundamba Khutughtu portait le titre de Bogdo gegen.

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Zaluu Bogd Khaan, 8e Jebtsundamba Khutuktu, jeune.

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Portrait de Bogdo Khan par Marzan Sharav, le 8e Jebtsundamba Khutuktu.

Le Jebtsundampa Khatagt, qui signifie le « Révérend Noble Lama incarné », est le titre traditionnel accordé aux patriarches du Bouddhisme mongol qui, en tant qu’institution, suit les enseignements de l’école des « bonnets jaunes », Gelugpa, placée historiquement sous la direction du Dalaï-lama.

Le dixième patriarche nouvellement né, cette réincarnation d’un très grand maitre, est censé être une réincarnation d’un lama de très haut rang du Bouddhisme mongol, tulku de très haut rang d’une lignée qui s’était presque quasiment éteinte au début du 20e siècle.

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L’annonce de première importance, convoque tout un aréopage de puissances aux intérêts géopolitiques croisés, et parfois, au vu des pays concernés, divergents, voir très divergents, et met en jeu, place en lice et peut opposer des dynamiques nationales où, toutes et tous sont, à des degrés divers, concernés.

Concernés, le dirigeant tibétain en exil, ainsi que les gouvernements de la Mongolie, de la Chine et de l’Inde, tous ont en vue les conséquences, résultats et retombées politiques de la survenue pour le moins soudaine et intempestive de ce réincarné de haut vol.

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Située au centre-nord de la Mongolie, la ville, capitale hyper-dynamique du pays  – pays aux ramifications historiquement multiples et aux liens solides avec le peuple du toit du monde, le Tibet-occupé, ce cousinage de corps et d’esprit avec ses populations, voir l’accueil inouï fait au Dalaï-lama, une sorte d’en quelque sorte enfant du pays –Ulaanbaatar,  situé à une altitude d’environ 1 310 mètres, dans la vallée de la rivière Tuul est le cœur culturel, industriel et financier du pays, le centre intense d’un réseau routier et ferré très fourni de la Mongolie, et relié par chemin de fer à la fois au chemin de fer transsibérien  Russe et au système ferroviaire chinois.

 

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Peinture du 19ème siècle d’Urga (Ulaanbaatar) par l’artiste mongol Balgan. Pigments minéraux sur coton.

Détail du complexe central du temple Zuun Khuree à Urga. Circonvolutions et salutations des pèlerins. Ils se promenaient, décrivaient des cercles, priant tout le long en s’allongeant sur le sol. Ici, nous pouvons voir le long temple Bat Tsagaan, construit par Zanabazar en 1654, un temple carré mobile construit dans le style architectural mongol, le temple Maidar (1834) à trois étages avec un étage en forme de Ger, le temple mobile Dechingalba (1739) et le temple allemand d’Abtai Khan (1585).

Les temples centraux sont entourés par les résidences et les temples des 30 écoles monastiques. Tous ces temples ont été complètement détruits en 1937. Un seul temple ger-shaped de 1778 survit comme le monastère de Daschoilon. Un temple ger-shaped plus récent datant de 1903 a été converti en un cirque d’état.

Ulaanbaatar fondée en 1639 était initialement, à sa fondation,  un centre nomade bouddhiste monastique. Un monastère. Chaque implantation nouvelle d’une entité monastique requiert des cérémonies complexes. 28 fois – il sera reconstruit, changera 16 fois d’emplacement entre 1719 et 1778 –  et, à chaque fois, un emplacement nouveau fut choisi cérémonieusement.

C’est en 1778, que l’installation de la ville se fit, tout aussi cérémonieusement, et cette fois, définitivement, à son emplacement actuel, à la jonction des rivières Tuul et Selbe,au nord du Bogd Uul, la « Montagne sacrée ». Résidence permanente des Jebtsundamba Khutuktu, Ainsi naquit Urga, qui deviendra … plus tard … Ulaanbaatar.

C’est ainsi que ce qui est devenue la résidence permanente des Jebtundamba Khutuktu est devenu le noyau fécond de la future capitale de la Mongolie.

 

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Panorama de Urga peint par le peintre mongol Jugder en 1913.

Le grand complexe circulaire au milieu est le complexe de temple-palais de Zuun Khuree. Le complexe circulaire à l’extrême gauche est le complexe de Gandan.

Au sud de la rivière on voit les palais du Bogd. Le complexe du temple dans la clôture en forme de croix est le monastère Choijin Lama. Au nord est le monastère de Dambadarjaalin. Le monastère de Manjusri peut être vu sur le mont Bogd Khan Uul, au bas de la peinture. En bas à droite de la peinture est le district de Maimaicheng. A gauche se trouvent les bâtiments blancs de la zone consulaire russe. Le fleuve Tuul peut être vu coulant au fond de la peinture. Cette peinture est bien connue en Mongolie et est célèbre pour son attention aux détails. Les noms étaient écrits en mongol par Jugder.

La ville est un monastère, la Mongolie est un mandala géant truffé de monastères et la conscience des mongols est immergée et baigne  dans la lumière du Bouddhisme.

La théocratie sera abolie, la Mongolie deviendra une république populaire et il fut interdit de rechercher la réincarnation du grand maitres passé.

La 9e réincarnation du Bogdo Gegen fut cependant découverte à Lhassa, et, lors de l’invasion du Tibet par la Chine,  le 9e Bogdo Gegen s’exilera en Inde, à Dharamsala, où le 14 eme Dalai lama l’a nommé chef de l’école Jonangpa.

Et voilà que, retentissant coup de gong, annoncé par Le 14 éme Dalai-Lama,  apparait la 10 éme réincarnation de ce très grand maitre aux vies passées consubstantiellement liées à l’histoire politique pour le moins complexe de toute cette région du monde.

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Mais que l’on en juge plutôt :

Des patriarches pour mémoire

Les Patriarches bouddhistes de Mongolie, politique et bouddhisme, des liens inextricables.

Le bouddhisme tibétain de l’école Gelugpa, «  bonnets jaune » est arrivé au nord de la Mongolie en 1586 lorsque le troisième dalaï-lama a initié l’Abatai Khan, le souverain d’une province centrale, à un rituel ésotérique et à une philosophie appelée Kalachakra.

C’est à partir de ces  temps que le bouddhisme s’est solidement enraciné dans cette région qui est aujourd’hui l’État souverain de la Mongolie.

Cinquante ans plus tard, le petit-fils de l’Abatai Khan poussa l’un de ses fils à être intronisé moine de l’école Gelug et prit le nom (Sanskrit)  Zanabazar. En 1639, Zanabazar a été reconnu comme la réincarnation de Taranatha, un érudit tibétain vénéré et fondateur de l’école philosophique Jonangpa du bouddhisme tibétain.

En 1647, le clan de Zanabazar l’emmena à Pékin en tant que Jebtsundampa Khatagt pour rendre hommage à l’empereur Manchu récemment installé de Chine.

Zanabazar fut le premier des huit patriarches officiellement reconnus par la Cour Qing comme les chefs ecclésiastiques du nord de la Mongolie.

Dans leur patrie, en Mongolie, les patriarches étaient les troisièmes lamas les plus importants après le Dalaï Lama et le Panchen Lama.

L’actuel Panchen Lama est aux mains des chinois.

Zanabazar est demeuré dans la mémoire collective et l’histoire du pays comme, à la fois, un remarquable très distingué esprit universel, remarqué et remarquable pour ses œuvres d’art en bronze, pour ses textes religieux et ses expériences scientifiques, ainsi qu’un stratège politique perspicace qui alliait les intérêts de son clan à l’Empire Qing.

Un tissu d’intrications

Après la mort de Zanabazar en 1723, le deuxième patriarche fut trouvé dans le nord de la Mongolie en la personne de l’un des arrière-petits-enfants du frère de Zanabazar et fut dûment intronisé avec le soutien du trône Manchu et du clergé Gelug à Lhassa.

Vers le milieu du XVIIIe siècle, des tensions s’étaient manifestées entre la cour manchoue et les élites dirigeantes du nord de la Mongolie. En 1756, un cousin du Second Patriarche mena une rébellion infructueuse contre la domination manchoue, une perturbation qui convainquit l’Empereur Qianlong de la nécessité de briser la relation potentiellement séditieuse entre les élites mongoles et le chef de leur clergé bouddhiste.

En 1758, l’empereur déclara qu’à la mort du second patriarche, toutes les réincarnations ultérieures devaient être trouvées au Tibet et nées de parents tibétains dans un processus étroitement surveillé par la cour manchoue.

L’empereur Qianlong était capable et habilité à mettre en place et commander ces changements, puisqu’il était, dans la perception qu’avait de lui vue le clergé bouddhiste, bien davantage qu’un simple dirigeant séculier, qu’un simple bras séculier du pouvoir.

En effet, le Dalaï Lamas avait déclaré les empereurs Qing comme les réincarnations de Manjusri, Le Bodhisattva de la Sagesse. Cela a eu pour conséquences d’entraîner une irruption et une extension involontaire du pouvoir séculier dans le domaine du spirituel, une situation qui continue à provoquer des troubles au Tibet à ce jour.

Les candidats tibétains à la position et au statut de patriarche mongol ont dû être approuvés par la cour de l’empereur à Pékin, puis par le Dalaï-Lama et le Panchen Lama, et enfin le nom du candidat devait être tiré d’une urne d’or dans le Temple Yonghegong à Pékin.

La réalisation finale de ce rituel impérial s’est produite dans les années 1870 pour le huitième Patriarche, le dernier Jebtsundampa Khatagt reconnu par l’Empire Qing.

Le huitième Patriarche a été conduit au nord de la Mongolie à une époque de décroissance de la cour manchou et devant les aspirations impérialistes croissantes des voisins de la Mongolie. Malgré sa naissance étrangère et les violations persistantes et répétées de ses vœux monastiques, le huitième Patriarche s’est identifié avec le nationalisme mongol, et, est devenu un point de ralliement pour les Mongols qui recherchaient l’indépendance.

Changements post-manchu dans un temps tumultueux et la fin de la lignée

En décembre 1911, le nord de la Mongolie a déclaré son indépendance et fait sécession de l’empire Manchu défaillant et a établi une théocratie avec, comme son souverain, le huitième patriarche.

L’État théocratique nouveau fut bientôt prisonnier des intrigues entre un gouvernement de seigneur de guerre chinois à Pékin et le gouvernement tsariste à Saint-Pétersbourg ainsi que des ambitions impériales japonaises.

En 1919, le gouvernement de la seigneurie de Beijing

En 1919, le gouvernement des seigneurs de guerre de Beijing réoccupa Oulan-Bator, et força le huitième patriarche à renoncer à l’indépendance de la Mongolie.

Prisonnier virtuel de l’armée des seigneurs de la guerre, le patriarche a recherché activement un puissant bienfaiteur et a invité l’armée d’un aventurier russe blanc, le baron Ungern von Sternberg, à lui venir en aide et à refouler par la force l’armée des seigneurs de guerre de la Mongolie.

Ungern von Sternberg a défait les envahisseurs chinois mais s’est presque immédiatement livré à une campagne psychotique de meurtre à grande échelle dans la capitale mongole.

Le huitième patriarche fut contraint d’appeler à l’aide et à la rescousse une fois de plus en envoyant un groupe de proto-révolutionnaires mongols à Irkoutsk pour discuter de la crise avec les bolcheviks.

En juillet 1921, les partisans mongols reprennent la capitale avec le soutien de l’Armée rouge soviétique. Le nouveau gouvernement a lentement éloigné le huitième patriarche de toute participation aux affaires politiques.

En mai 1924, il décède, le Jebtsundampa Khatagt meurt, mais en raison de la forte popularité du bouddhisme, le gouvernement nouvellement établi de la République Populaire de Mongolie a dû avancer précautionneusement et à pas comptés avant de déclarer, en 1929, la fin de la lignée et d’interdire, peu-après, toute tentative de localiser le neuvième patriarche.

La communauté monastique bouddhiste a été entièrement détruite au cours d’une purge stalinienne au cours des années 1937-1938, mais a réussi à renaitre de ses cendres et être relancée par une petite poignée de moines surmotivés dans les années 1940, et ce au monastère de Gandan Tegchenling à Ulaanbaatar, qui avait été maintenu  par le gouvernement communiste qui n’y voyait que le symbole d’une sorte de Potemkine mou, sans fond ni consistance réelle, témoignage de sa propre tolérance religieuse.

On fera le lien avec l’actuelle destruction de la ville-monastére de presque quarante-mille âmes et consciences de moines de Larung Gar au Tibet-occupé, crée à partir de presque rien, par un lama très volontaire et inspiré, le trés charismatique Khenpo Jigme Phuntsok, et que les chinois mettent une hâte frénétique à vouloir absolument détruire avant que ça n’empire encore, que la chose ne se répande encore, que le feu ne prenne, dans la panique qu’ils sont de voir se répandre partout et à toute vitesse et d’ampleur inégalée le féérique enseignement du Bouddha de la Compassion, le 14 éme Dalai-lama, et que cet enseignement ne s’en vienne, parole ailée, chuchoter auprès des oreilles et de la conscience des plus de quatre cents millions de bouddhistes chinois.

 

Un renouveau secret de la lignée

Malgré la politique de la ligne officielle des autorités communistes, la lignée n’a pas disparu. En 1936, le Reting Rinpoché, régent régnant au Tibet pendant l’inter-règne entre le treizième et le quatorzième Dalaï-lama, reconnut un garçon nommé Jambal Namdo Choiji à Lhassa comme la réincarnation du huitième patriarche.

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Reting Rinpoche, le Régent, Thubten Jamphel Yeshe Gyaltsen, assis dans une chaise et tenant un chiot.
La photo est prise dans le jardin de Dekyi Lingka. La chaise sur laquelle il est assis a été placée sur un tapis sur l’herbe. coll. Université d’Oxford.

L’identité du garçon réincarné découvert par le Régent sera soigneusement gardée secrète en raison d’éventuelles tentatives d’assassinat par des agents communistes mongols.

Étrange personnage.Très avisé, fort perspicace et brillantissime Reting Rinpoché. 

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Lhasa, Regent Rinpoche, Photo: Schäfer Ernst, 1938-1939

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Le 28 août 1936, Regent Rinpoche, le très étrange régent du Tibet devant l’objectif, dans son palais d’été, Shide Drokhang, attaché au monastère de Shide. Meubles sculptés et peints.

Reting Rinpoché, car c’est lui qui trouvera, qui découvrira, qui identifiera et localisera le prochain Dalai-lama, incarné en ce petit enfant de l’Amdo, promu à un destin planétaire, en la personne de Lhamo Dhondup, le futur 14 eme Dalai-lama.

Jambal Namdo a été intronisé tout à fait incognito dans le clergé de Lhasa sans le soutien financier fourni habituellement aux tulkus importants.

Dans les années 1940, il quitte le clergé, fonde une famille et gagne sa vie en tant qu’agriculteur.

Toutefois, à la suite de l’insurrection tibétaine en 1959, il s’est enfui en Inde avec le Dalaï-lama de peur d’être découvert et utilisé – comme le sera plus tard et de façon quelque peu différente, le 10 eme Panchen-lama, enlevé par Pékin, mis sous séquestre et qui n’est plus jamais réapparu depuis, c’était il y a plus de 60 ans – comme un outil de propagande par les communistes chinois.

Dans les années 1980, Jambal Namdo Choiji, réincarnation du huitième patriarche a repris ses vœux monastiques et s’établit dans une vie tranquille dans le Karnataka.

En septembre 1991, le Dalaï Lama annonça publiquement que le neuvième patriarche était vivant et membre de la communauté monastique en Inde. L’annonce aurait été faite à la demande du grand clergé du monastère de Gandan Tegchenling.

La scène avait été fixée pour ce développement inattendu grâce aux efforts du représentant diplomatique du gouvernement de l’Inde à Ulaanbaatar.

Le rôle de l’Inde dans le renouveau du bouddhisme mongol

Suite à une politique établie pour la première fois par le Pandit Nehru, le gouvernement de l’Inde a toujours soutenu la communauté tibétaine à l’intérieur de ses frontières depuis le départ du Dalaï-lama du Tibet.

Un politicien indien talentueux a joué un rôle important en tant qu’intermédiaire du Dalaï-lama dans les affaires étrangères.

Ce politicien était le dix-neuvième Kushok Bakula Rinpoché, tulku de haut rang, pratiquant de la province de Jammu-Cachemire, né dans une famille noble de Ladkhaki.

Les Bakula Rinpoché étaient entrés au service du gouvernement dans le Lok Sabha ou la Chambre basse et plus tard dans le Parlement national de la République de l’Inde. En 1979, il a aidé le Dalaï-lama en organisant sa première visite officielle à Oulan-Bator et a ensuite aidé à y organiser de nouvelles visites ainsi qu’à la très active et très ancienne communauté bouddhiste bouriate en Union soviétique.

En 1990, le gouvernement de l’Inde a nommé Bakula Rinpoché comme ambassadeur à la République Populaire de Mongolie. Au cours de son mandat de dix ans, il a joué un rôle important en soutenant le renouveau du bouddhisme Gelupa dans la Mongolie post-communiste et en organisant la venue du Dalaï-lama en Mongolie pour consacrer les écoles monastiques ainsi revivifiées.

En 1999, Bakula Rinpoché a aidé le Neuvième Saint à venir pour sa première visite en Mongolie, un événement qui a déclenché un bref ouragan politique en permettant à une figure politique potentielle de naissance étrangère de prendre pied dans le pays.

Après deux mois de la controverse, le neuvième patriarche est retourné en Inde. Le Bakula Rinpoché se retira comme ambassadeur l’année suivante.

Les Derniers Jours du Neuvième Patriarche

Vers la fin de sa vie, le neuvième patriarche a fait part au Dalaï-lama de son désir de retourner en Mongolie pour son décès. En Novembre 2011, le neuvième patriarche, en mauvaise santé, a pris résidence au monastère de Gandan Tegchenling. Il s’y est éteint en mars 2012.

Selon la tradition bouddhiste, le désir du neuvième patriarche de mourir en Mongolie était une indication significative que sa prochaine renaissance serait en Mongolie.

En passant ses derniers jours au monastère de Gandan Tegchenling, le neuvième patriarche a contribué à préparer le terrain pour la découverte du premier patriarche né en Mongolie en près de 300 ans.

Pour couper court à toute objection potentielle consécutive à ce plan, le gouvernement de la Mongolie a accordé la citoyenneté mongole au Neuvième Patriarche juste avant sa mort.

Façon astucieuse d’en finir en douceur avec cette anxiété lancinante que pose la présence d’un chef ecclésiastique étranger de haut rang vivant dans le plus important monastère bouddhiste de Mongolie.

En outre, il a, ce faisant, également détourné les critiques des Mongols hyper-nationalistes à propos d’un patriarche non mongol du Bouddhisme mongol.

Peu de discussions ont eu lieu dans les médias sur la possible réincarnation du dixième patriarche en Mongolie jusqu’à ce que l’équipe de presse du Dalaï-lama et le gouvernement de la Mongolie n’annoncent sa neuvième visite pastorale à Ulaanbaatar juste avant son départ du Japon le 19 novembre 2016.

Contestations et Intérêts divergents dans le bouddhisme mongol

Alors que la Mongolie a adopté un système de gouvernement démocratique en 1992, les élites du pays ont pris le contrôle de la politique et de l’économie via des factions qui nourrissent parfois entre eux d’amères rivalités

L’existence de la réalité de telles batailles est généralement camouflée de la vue des observateurs étrangers.

En outre, la presse locale en Mongolie est redevable et acquise aux vues de leurs propriétaires d’entreprise. La discussion publique et l’évocation médiatique des sombre rivalités privées sombres est découragée.

Alors que la spéculation sur les clivages dans la structure de pouvoir abonde, il est difficile d’obtenir confirmation, d’autant plus que les alliances de factions évoluent continuellement.

Le Bouddhisme est devenu l’un des nombreux forums de rivalités, qui sont souvent motivés par les relations d’affaires entre les factions de l’élite du pouvoir mongol.

Une faction peut organiser ses activités commerciales et politiques au sein du gouvernement pour obtenir le soutien des intérêts politico-commerciaux en Russie ou en Chine, ou « tiers voisins », terme générique utilisé pour décrire les autres nations qui ont les ressources pour jouer un rôle dans l’économie mongole. Il semble que l’utilisation du bouddhisme par les factions soit souvent sans rapport avec un véritable engagement envers le message spirituel sous-jacent de la foi. Il peut plutôt s’agir d’un outil d’intérêt personnel.

Par exemple, alors que le dalaï-lama était encore à Oulan-Bator, certains médias locaux ont demandé si le Dixième Patriarche était né dans une famille riche, ce qui impliquait une motivation monétaire ou une autre motivation indigne quant à l’annonce du Dalaï-lama.

Le Dalaï Lama a résisté aux pressions qui s’exerçaient pour lui faire divulguer l’identité du Dixième Patriarche, expliquant, à juste titre, que l’enfant doit subir plusieurs années de préparation avant son « élévation ». Cette explication n’a cependant pas atténué les soupçons de quelques Mongols.

La controverse Dorje Shugden

Un autre exemple est comment la controverse de Dorje Shugden a joué en Mongolie.

À partir de 1976, cette controverse théologique a tourné à la dispute pour le moins acrimonieuse entre les disciples du Dalaï-lama et les adeptes d’une divinité tibétaine du 17ème siècle, Dorje Shugden.

Le centre du différend réside en des vues contrastées sur le sectarisme et le chemin correct pour le Bouddhisme Gelupa.

Les disciples de Shugden insistent sur la nécessité d’une purge agressive des formes hétérodoxes du bouddhisme tibétain alors que le dalaï-lama a appelé à une coopération non-sectaire entre toutes les branches des religions tibétaines.

S’en sont ensuivies de graves accusations, des troubles, et un vent peu amène s’est levé. Les accusations d’assassinats, de déni de libertés civiles et de collusion avec le gouvernement chinois ont fait que le conflit dégénère en jeté de vitriol au cours des deux dernières décennies.

Bien qu’elle soit fermement démentie, la secte semble recevoir le soutien du gouvernement chinois comme contre-mesure contre le Dalaï-lama.

Le Dalai Lama pense que le sectarisme agressif menace l’unité tibétaine. Sa Sainteté a décrété que tandis que les disciples de Dorje Shugden peuvent continuer à adorer la divinité, ses propres disciples ne devraient pas permettre aux dévots de Shugden d’être initiés au Kalachakra.

En Mongolie, tous les temples, à l’exception d’un seul, ont tenu compte de son appel. Néanmoins, en 2014, le moine de Trijang Rinpoché, un religieux de 32 ans et un chef de la secte de Shugden, ont visité Oulan-Bator pour effectuer des rites à Dorje Shugden dans un musée d’État qui était autrefois un temple associé à la divinité honnie.

Les partisans mongols du Dalaï-lama avancent parfois que la secte Shugden est un front pour les intérêts politico-commerciaux chinois qui constituent une menace pour la souveraineté mongole.

Les dévots de la secte de Shugden en Mongolie affirment que les partisans du Dalaï Lama cherchent à faire échouer la coopération économique entre Oulan-Bator et Pékin en faveur des intérêts des alliés en Russie.

Ces opinions sont surtout promues au moyen de campagnes de chuchotements et murmures plutôt que d’une discussion complète et ouverte sur la question.

 

L’annonce par Sa Sainteté de la naissance du dixième patriarche survient à un moment d’incertitude considérable pour les Mongols. En dépit d’une hausse impressionnante de la croissance du PIB et de l’investissement étranger direct à la fin des années 2000, le gouvernement de la Mongolie a mis en œuvre des politiques économiques désastreuses à la suite des élections générales de 2012.

L’effondrement de la monnaie locale, la diminution du volume des investissements directs étrangers a contribué à une économie fortement en déclin. L’année prochaine, la Mongolie devra faire face à un remboursement en vertu d’un emprunt souverain en dollars américains alors que d’autres projets d’infrastructures nécessaires sont menacés ou peinent à trouver un financement.

Avant la visite du Dalaï Lama, la Chine et la Mongolie avaient négocié un prêt de 4,2 milliards de dollars pour aider la Mongolie à respecter ces obligations de remboursement. Sans surprise, le ministère chinois des Affaires étrangères a condamné la visite de Sa Sainteté, a annulé les négociations sur le prêt et a annulé les réunions entre Etats pour l’année à venir. Pour les Mongols qui cherchent à établir des liens plus étroits avec la Chine, la réaction de Pékin a représenté un recul considérable.

La Chine bloque en ce moment une de ses entrées à la frontière avec la Mongolie pour protester contre la visite du Dalaï Lama à à Oulan-Bator en novembre dernier.

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Des centaines de conducteurs de camions travaillant pour le groupe minier anglo-australien Rio Tinto sont bloqués à la traversée Gants Mod dans le sud-est de la Mongolie. A cet endroit, les températures nocturnes peuvent chuter à moins 20°C et rendent la situation préoccupante sur le plan humanitaire pour les personnes bloquées à la frontière. Rio Tinto exploite, entre autres, des mines de cuivre en Mongolie et a décidé, en retour, d’en suspendre l’exportation vers la Chine.

Les chinois ont, par ailleurs, imposé de nouveaux droits sur les expéditions de produits de base entre la Chine et la Mongolie pour augmenter la pression sur le gouvernement mongol, déjà confronté à des problèmes financiers cauchemardesques. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a confirmé que les sanctions économiques et diplomatiques chinoises allaient frapper durement la Mongolie.

Mais Pékin a-t-il vraiment été aveuglé par la visite du Dalaï-Lama ?

Étant donné l’état de la cybersécurité de la Mongolie, il est peu probable que Pékin n’ait pas été prévenu. En outre, au début de novembre, une délégation de fonctionnaires gouvernementaux de la Région Autonome du Tibet s’est rendue à Oulan-Bator pour des entretiens de haut niveau.

Où l’on retrouve l’un des aspects récurrent des inquiétudes chinoises quant à la possibilité de voir surgir des réincarnés de haut-rang.

Bien qu’aucune information explicite n’ait été fournie sur les détails des réunions, elle a peut-être bien eu lieu en raison des préoccupations de Pékin concernant le voyage du Dalai-Lama et la perspective de sa reconnaissance du Dixième Patriarche.

La Chine soupçonnait-elle qu’elle avait été coupée et tenue éloignée d’un processus qui, sans doute, affecte-t-il ses intérêts nationaux, et met en jeu et scène un groupe religieux qu’elle considère comme séditieux?

En outre, les négociateurs chinois et tous leurs alliés en Mongolie peuvent se féliciter secrètement de la désorganisation des négociations afin d’obtenir des concessions plus onéreuses pour tout accord de prêt avec le gouvernement de la Mongolie.

La Chine a un autre intérêt national déclenché par la découverte du dixième patriarche, celui qui se rapporte à un aspect obscur de l’histoire tibétaine du 17ème siècle.

On croyait que les patriarches mongols étaient des réincarnations successives de Taranatha, un chef monastique du XVIIe siècle du Tibet dont l’ordre, le Jonongpa, fut agressivement absorbé par le Cinquième Dalaï-lama et intégré au bouddhisme Gelugpa.

On avait supposé que les Jonangpa avaient disparu, mais dans les années 1990, des chercheurs tibétains ont découvert plusieurs communautés de moines Jonangpa dans des régions éloignées du Qinghai et de la province occidentale du Sichuan.

Le Dalaï lama a nommé le Neuvième Patriarche, en Inde, le chef de file de la lignée, une décision conforme à la théorie de la réincarnation, mais en conflit direct avec les lois chinoises exigeant un strict contrôle administratif de la nomination de tulkus sur son territoire.

Cette « affaire interne » pour la Chine a fort bien pu faire l’objet d’un débat entre la délégation TAR et le gouvernement de la Mongolie.

Les objectifs de la politique étrangère de l’Inde à cet égard sont plus opaques, mais son soutien au bouddhisme Gelugpa peut être appréhendé  comme une partie au cours de laquelle une  « carte Tibet » sera jouée par New Delhi contre la Chine.

La Chine considère l’Arunachal Pradesh comme faisant partie du sud du Tibet chinois et s’oppose systématiquement aux visites du Dalaï Lama comme des dirigeants indiens ainsi que des dignitaires étrangers dans cet état. Pékin s’est donc également particuliérement indigné de la visite de l’ambassadeur américain Richard Verma dans cet état du nord-est, affirmant que l’empire américain ne doit pas s’impliquer dans un conflit territorial local entre l’Inde et la Chine.

De plus, l’ambassadeur indien en Mongolie a signalé l’intérêt de son pays pour cette visite en rencontrant Sa Sainteté à l’aéroport international d’Oulan-Bator et en l’accompagnant.

C’est une erreur d’interpréter la visite du Dalaï-lama en Mongolie sous un aspect purement politique.

En ce qui concerne les objectifs du Dalaï Lama, il s’agissait d’une visite pastorale importante pour la promotion d’un bouddhisme moderne, réformé et plus participatif, contrairement aux pratiques rituelles et superstitieuses qui ont fait de la foi une relique de l’âge des ténèbres au début du XXe siècle pour des visiteurs en Mongolie.

Sa Sainteté a exhorté les Mongols à cultiver une compréhension personnelle des principes de la religion plutôt que de simplement chercher une guérison ou une bénédiction « rapide » d’un lama en période de troubles.

Son message bouddhiste moderne est peut-être en contradiction avec les pratiques de certains moines mongols qui sont venus à considérer le bouddhisme comme un véhicule expéditif pour recueillir des fonds dans le marché libre de la Mongolie post-communiste.

Enfin, bien qu’aucune information n’ait été divulguée sur le processus d’identification du Dixième Patriarche, il est possible que le rituel soit en réalité « un galop d’essai »  pour la découverte d’un Quinzième Dalai-Lama en dehors des limites territoriales de la Chine.

« un galop d’essai »  pour la découverte d’un Quinzième Dalai-Lama

Cela peut être d’une importance cruciale pour la mission du Bouddhisme de tradition Vajrayana de l’école Gelug, de l’école des coiffes jaunes ( Gelug, tradition fondée par le maître tibéto-mongol, Tsongkhapa, est l’abréviation de « Ganden Lug », signifiant tradition de Ganden, du nom de l’université monastique) étant donné le conflit qui a surgi lors de l’intronisation du Panchen Lama en 1995.

Les stratèges russes du XIXe siècle qualifiaient les manœuvres diplomatiques parmi les puissances hégémoniques en Asie centrale de  « Tournoi des ombres ».

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« Tournoi des ombres » C’est un nom qui revêt une importance renouvelée pour la version du 21e siècle de ce jeu d’échecs géopolitique.

 

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Lune exceptionnelle du 14 Novembre 2016, au dessus du Potala, Palais des Dalai-lama à Lhasa.

 

Inspiré d’un texte de M.A. Aldrich, avocat, auteur et résident depuis près de 30 ans en Asie centrale et orientale. Son livre  » Ulaanbaatar: Au-delà de l’eau et de l’herbe  » devrait être publié par l’Université de Hong Kong l’année prochaine.