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06/05/15 | 11 h 18 min par France Tibet

Un journaliste du National Geographic à Thame chez Mingma

nepal-seisme

Le gel se pose sur les abris assemblés de bric et de broc dans l’urgence par les habitants de Thame pour se préparer aux prochaines gelées nocturnes.

A une altitude de 3820 mètre au-dessus du niveau de la mer, Thame est l’un des villages les plus reculés du Népal. Traditionnellement, il se fait ravitailler via les étroits sentiers himalayens par les convois de yaks ou de binômes de porteurs aux dos ployés. L’impressionnant tremblement de terre du 25 avril a balayé à travers tout le Népal les villages montagneux tel celui de Thame tandis que leur isolement naturel rend leur accès aux aides humaines et matérielles extrêmement difficile.

Devant l’absence d’une aide rapide du gouvernement népalais, un monastère local étant de coutume en lien avec l’étranger a pris les premières mesures pour que les plus fragiles aient le minimum nécessaire pour les semaines à venir.

Les maisons de thé étaient nombreuses à Thame, elles servaient les trekkers qui cherchaient à éviter le chemin de randonnée surpeuplé menant au camp de base de l’Everest. Nourriture, abri et douche chaude étaient toujours disponibles pour ceux qui entamaient ou quittaient le spectaculaire sentier des Trois Cols.

Le séisme d’une magnitude de 7.8 (sur l’échelle de Richter) et ses répliques ont réduit en ruine 80% du village, forçant tous les villageois à dormir dehors par crainte de chute des derniers murs encore debout.

Situé au dessus du village de Thamo, le monastère bouddhiste est vide, si ce n’est une Anali (sœur) de 83 ans. Toutes les 30 autres religieuses se sont dispersées dans la montagne pour aider les plus pauvres de la région. Beaucoup parcourent les 2 heures de marches jusqu’à Thame pour aider à nettoyer. Un travail sapant le dos d’autant plus dangereux que des répliques sismiques sont encore. Le dernier mur encore debout d’une maison a finalement chu à un cheveu de ses anciens habitants et des religieuses qui rassemblaient le peu d’objets récupérables.

Sauver ce qui peut l’être

James Grant, d’Adelaïde, était arrivé au monastère dans le cadre d’un programme d’apprentissage de l’anglais trois semaine avant la catastrophe. Face aux dramatiques nouvelles dans la région de l’Everest, lui et quelques trekkers ont lancé des appels au don sur les réseaux sociaux

Avec ces fonds, quatre religieuses se sont rendu à pier à Namche Bazaar ; en premier sur la liste : les bâches. Seconde priorité pour les nonnes, acheter de la nourriture qui peut se cuisiner sans cuisine, comme les oeufs ou les nouilles instantanées. En attendant une aide plus adéquate pour la mousson, ces achats de l’urgence procureront un minimum vital pour ceux obligés de s’abriter sous une tôle posée en oblique contre un pan de mur écroulé.

sœur Tenzin Sonam

Le jour même, Sœur Tenzin Sonam a été capable de prendre contact avec des marchands qui connaissent la situation du village de Thame. Dans l’incapacité de louer un yak, durant la nuit le groupe a placé en sûreté le plus de victuailles et de matériels qu’il pouvait à la force du dos de chacun.

D’après M. Grant,  » les sœurs connaissent les plus pauvres de la région. Elles savent qui a le plus besoin de ces aides. »

Karmi Bommbo

Karmi Bommbo, avec sa femme et sa fille, ont dormi à la belle étoile auprès des ruines de leur maison. Avec nulle part ailleurs où aller et dans la crainte de laisser ses animaux paître en liberté, les religieuses lui ont rendu visite ne premier dès leur retour. Leur aide était simple : œufs, sucre, quelques sachets de nouilles instantanées, des bâches et de la corde, mais cette aide essentielle a amené des larmes de gratitude.

Pour de telles familles, les risques sont encore grands. Dr Mingma Thsering a grandi à Thame. Il y avait aidé mais il a du se rendre à la clinique locale de Khunde, à 3 heures de marche, du fait de l’arrivée de plus de Sherpa blessés venant du camp de base. Sa mère dort avec ses cousins sous une tente.

Dr. Mingma Thsering

 » Il faudra 4 ou 5 mois pour reconstruire les maisons. Pendant ce temps, les enfants et les personnes âgées sont à risque du fait de la vie à l’extérieur. « 

Selon Dr. Thsering la nourriture, l’eau, les médicaments et les abris sont les principales priorités. Toutefois dans le moyen et long terme, l’aide financière sera cruciale.

 » Pour nous, c’est la seconde période touristique la plus importante mais il n’y a plus de touristes. Si nous avions l’argent du tourisme les charpentiers et les maçons seraient venus des vallées. « 

Environ 800 000 touristes ont visité le Népal en 2013, une contribution d’environ 2% du PIB.

Les villageois de Thame observent une évacuation sanitaire

A l’heure où l’auteur écrit ces mots, des rumeurs rapportent que l’armée pourraient apporter de la nourriture dès la semaine prochaine par la voie des airs.

Lakpa Tshering Sherpa, instituteur de l’école primaire de Thame, à l’extérieur en train de réparer des murs avec sa femme, Dapasang. Avec leur fille de 8 mois, Yangchen, et deux voisins ayant atteint un certain âge, ils dorment sous des bâches.

 » Pour le moment, nous avons de la nourriture, mais si nous ne faisons rien, les récoltes pourraient en pâtir et nous manquerions de nourriture. « 

Les yaks se sont déjà déplacés à travers les interstices dans les murs, menaçant les cultures de pommes de terre.

 » Nous n’avons pas les ressources humaines. Nous avons besoins de charpentiers et de personnes formées.  Je n’ai jamais travailler avec des pierres auparavant, mais j’essaie; « 

M. Tshering Sherpa s’inquiétait aussi du départ des touristes.

 » Nous avons besoin des touristes. Même maintenant. Sans eux, notre situation sera celle du temps de nos grand-parents où les gens n’avaient pas d’argent pour soutenir leur économie locale.

« Il y a toujours des lodges de disponibles. « 

En un lieu comme Machhermo dans la vallée de Gokyo vallée deux maisons d’hôtes, situées entre deux cols du chemin de randonnée de l’Everest, ont uni leurs forces. L’une a vu sa cuisine endommagée tandis que l’autre avait ses dortoirs de détruits, ensemble elles peuvent fournir un lieu de repos et d’acclimatation, et obtenir quelques revenus forts nécessaires.

 » Il y avait toujours des touristes quand il n’y avait pas de maison d’hôtes. Par dessus tout, nous avons besoin d’une Kathmandu normale pour que les touristes puissent arriver jusqu’à nous. « 

Pendant ce temps, les religieuses s’aventurent encore plus au nord au gré des rumeurs d’autres villages dévastés. Elles sont fatiguées mais déterminées. Et elles se préparent pour d’autres marches vers Namche Bazaar où les marchands voient leurs stocks de bâches vendus aussitôt arrivés.carte villages everest

Comment aider ?

Il y a de réelles craintes que les petits villages himalayens voient leurs aident gouvernementales perdues dans la bureaucratie népalaise. Pour cette raison et devant l’urgence de la situation, Dr Mingma et ses collègues ont créé une page de soutien sur GoFundMe (pour les gens qui ont des dollars ).

Pour les français : France Tibet a des contacts directs avec le Dr Mingma du fait de liens constants et durables avec sa personne et son frère depuis des années et aimerait concentrer les aides que vous lui envoyer plus spécifiquement vers Thameteng, un village de 20 familles dans ce haut pays Sherpa (lien pour vos dons ) . Marcelle Roux, avec un architecte et une équipe de jeunes infirmiers français, se rendra directement sur place.

James Grant a reçu toute l’aide qu’il jugeait nécessaire :)

Traduction France Tibet


 Message from Thame ( http://www.gofundme.com/helpnamche ) :