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08/05/15 | 9 h 26 min

Le séisme au Népal met en lumière le danger des barrages de l’Himalaya

barrage népal

Liu Qin,

6 Mai 15

Le développement de l’énergie hydro-électrique au Tibet s’accompagne de risques énormes à cause des importants risques de tremblements de terre. De plus, ces projets ne sont peut-être pas nécessaires, disent les experts.

Bien que le bilan précis des dégâts au Népal soit encore incomplet, il est probable que le puissant tremblement de terre du mois dernier ait endommagé gravement une douzaine de projets hydro-électriques.

Cela devrait servir d’avertissement pour les projets de l’autre côté de la frontière avec le Tibet, une zone elle aussi traversée de failles sismiques très actives.

En novembre dernier, le premier barrage important du Tibet, à Dram ( Zangmu en chinois ) a commencé à produire de l’électricité à large échelle.

En dehors de risques associés aux barrages existants et à venir du Tibet, surtout concentrés sur le Yarlung Tsampo (qui devient le Brahmapoutre une fois en Inde) il y a peu d’indications que ces barrages soient réellement utiles, remarque Fan Xiao, géologiste et ingénieur en chef du Bureau des Mines au Sichuan *. La région, dit-il à thethirdpole.net, n’a ni la population, ni l’économie, ni la demande pour cette électricité ; on pourrait la vendre au reste de la Chine, ou aux pays voisins, l’Inde et le Népal, mais la viabilité économique de ces projets est compromise par les coûts importants de transport de cette énergie, dont une grande partie serait gaspillée en raison des distances en question.

Ajoutez-y les dégâts pour le Tibet sur les plans géologique, environnemental et social, et les inconvénients dépassent les avantages, conclut M. Fan

Au Népal pendant de temps on ne connaît toujours pas l’étendue des dégâts causés aux barrages par ce tremblement de terre de 7,9 d’intensité. M. Lu Chun, président de la Société des Trois Défilés, a indiqué que la priorité était aux secours, pas à l’évaluation immédiate des dégâts. Cette

Liu Qin,

6 Mai 15

Le développement de l’énergie hydro-électrique au Tibet s’accompagne de risques énormes à cause des importants risques de tremblements de terre. De plus, ces projets ne sont peut-être pas nécessaires, disent les experts.

Bien que le bilan précis des dégâts au Népal soit encore incomplet, il est probable que le puissant tremblement de terre du mois dernier ait endommagé gravement une douzaine de projets hydro-électriques.

Cela devrait servir d’avertissement pour les projets de l’autre côté de la frontière avec le Tibet, une zone elle aussi traversée de failles sismiques très actives.

En novembre dernier, le premier barrage important du Tibet, à Dram ( Zangmu en chinois ) a commencé à produire de l’électricité à large échelle.

En dehors de risques associés aux barrages existants et à venir du Tibet, surtout concentrés sur le Yarlung Tsampo (qui devient le Brahmapoutre une fois en Inde) il y a peu d’indications que ces barrages soient réellement utiles, remarque Fan Xiao, géologiste et ingénieur en chef du Bureau des Mines au Sichuan *. La région, dit-il à thethirdpole.net, n’a ni la population, ni l’économie, ni la demande pour cette électricité ; on pourrait la vendre au reste de la Chine, ou aux pays voisins l’Inde et le Népal, mais la viabilité économique de ces projets est compromise par les coûts importants de transport de cette énergie, dont une grande partie serait gaspillée en raison des distances en question.

Ajoutez-y les dégâts pour le Tibet sur les plans géologique, environnemental et social, et les inconvénients dépassent les avantages, conclut M. Fan

Au Népal pendant de temps on ne connait toujours pas l’étendue des dégâts causés aux barrages par ce tremblement de terre de 7,9 d’intensité. M. Lu Chun, président de la Société des Trois Défilés, a indiqué que la priorité était aux secours, pas à l’évaluation immédiate des dégâts. Cette Société des Trois Défilés a reçu l’autorisation de construire un barrage au Népal pour un coût de 1,6 milliard de dollars, à peine quelques semaines avant le tremblement de terre. En dépit de son énorme potentiel, le Népal ne produit que 800 MW grâce à l‘hydro-électricité, à comparer à des besoins de l’ordre de 1400 MW. L’Inde jouit actuellement d’une situation de monopole pour la construction de barrages au Népal, mais l’arrivée des sociétés chinoises pourrait changer la donne.

M. Yang Yong, géologue et directeur de l’Institut Hengduan de Recherches sur la Montagne a expliqué à thethirdpole.net que dans la région du Yarlung Tsampo les tremblements de terre et les éboulements étaient choses courantes.

Cela pourrait aggraver les répercussions d’un tremblement de terre et augmenter les risques liés aux catastrophes naturelles. M. Yang Yong rappelle qu’en 2000 il a été le témoin d’un éboulement qui a entrainé la formation d’un lac de 4 milliards de mètres cube (pour plus de détails lire http://www.thethirdpole.net/worlds-largest-hydropower-project-planned-for-tibetan-plateau/)

Deux mois plus tard, ce barrage naturel a cédé, ce qui a paralysé les transports et touché un million de personnes. Le gouvernement chinois affirme qu’il y a besoin de nouveaux barrages pour doper l’économie et fournir de l’électricité, au moment où les fumées des centrales à charbon étouffent les grandes villes du pays. Dans le 13ème plan (2016 à 2020), des barrages importants sont prévus sur le Yarlung Tsampo, le Jingsha (ou Haut-Yangtse), le Lantsang (Mékong) et la Nu (Salouen).

Le site de cette Société des Trois Défilés annonce que la prochaine Conférence Mondiale sur les Centrales Hydro-électriques aura lieu cette année en Chine, en raison du développement incroyable de ce secteur dans le pays. D’après les statistiques du Conseil Chinois de l’électricité pour Mars, la Chine dispose aujourd’hui d’une capacité de production hydro-électrique de plus de 300 Gigawatts, bien plus qu’aucun autre pays.

Traduction Ranjung Dorje

* un autre scientifique chinois alerte aussi de l’influence des projets chinois sur l’environnement

Nepal earthquake highlights dangers of dam building in Tibet

Hydropower development in Tibet is fraught with huge risks because of the danger of major earthquakes. What’s more, the projects might not be needed, say experts

 

Although the precise picture is still unclear, it’s likely that Nepal’s huge earthquake last month has wreaked major damage to a dozen hydroelectric projects in Nepal.

This should sound a shrill warning for projects across the border in Tibet, an area also traversed by highly active seismic faults.

Last November Tibet’s first major dam, at Zangmu, started generating power, marking the start of large-scale hydropower in Tibet.

Besides the risks to existing and future hydroprojects in Tibet, centred mainly along the Yarlung Tsangpo river (known as the Brahmaputra once it reaches India), there is little evidence that the dams are actually needed, says Fan Xiao, geologist and chief engineer of the Regional Geological Survey Team of the Sichuan Geology and Mineral Bureau.

Fan told thethirdpole.net that the region doesn’t have the population, the economy, or necessary demand for electricity. Although the power generated could be sold to the rest of China, or to neighbouring India and Nepal, the economics of the projects are compromised by the high cost of transmitting the power, much of which would be wasted, given the distances involved.

Add to that the damage to Tibet’s geology, environment and social structures, and the cons outweigh the pros, Fan adds.

Meanwhile, in Nepal, there are no hard facts on how badly the dams there have been hit by the 7.9 magnitude earthquake. Lu Chun, chairman of the Three Gorges Corporation, said that relief efforts were taking priority over an immediate evaluation of the damage.
Three Gorges Corporation got permission to build a US$1.6 billion hydropower dam in Nepal just weeks before the 7.9 magnitude quake. Despite huge potential, Nepal currently generates only 800MW from hydropower compared with overall power demand of 1,400MW. India currently enjoys a monopoly in dam-building in Nepal, but the arrival of Chinese firms may change that.
Yang Yong, a geologist and director of the Hengduan Mountain Research Institute, told thethirdpole.net that in the Yarlung Tsangpo region, earthquakes and rockslides are common.
This could exacerbate the impact of earthquakes, and increases the risks of natural disasters. Yang Yong says that in April 2000 he witnessed a rockslide that created a 4 billion cubic metre lake. (His observations can be read in greater detail in a thethirdpole.net article linked here).
Two months later that lake burst, affecting one million people and paralysing transportation.
China’s government says new dams are needed to boost the economy and provide electricity at a time that coal-fired generation has contributed to choking smog in the country’s major cities. In the upcoming 13th Five Year Plan (2016-2020) large dams are planned for the Yarlung Tsangpo, Jinsha (Upper Yangtze), Lancang (Mekong) and Nu (Salween) rivers.

The Three Gorges Corporation website said on May 5 that the hydroelectric industry’s most important conference – the World Hydropower Congress – would be held in China this year, due to the incredible growth of the sector in the country.

According to statistics published by the China Electricity Council in March, China now has more than 300 gigawatts (GW) of hydropower generating capacity – far more than any other nation.

Société des Trois Défilés a reçu l’autorisation de construire un barrage au Népal pour un coût de 1,6 milliard de dollars, à peine quelques semaines avant le tremblement de terre. En dépit de son énorme potentiel, le Népal ne produit que 800 MW grâce à l‘hydro-électricité, à comparer à des besoins de l’ordre de 1400 MW. L’Inde jouit actuellement d’une situation de monopole pour la construction de barrages au Népal, mais l’arrivée des sociétés chinoises pourrait changer la donne.

M. Yang Yong, géologue et directeur de l’Institut Hengduan de Recherches sur la Montagne a expliqué à thethirdpole.net que dans la région du Yarlung Tsampo les tremblements de terre et les éboulements étaient choses courantes.

Cela pourrait aggraver les répercussions d’un tremblement de terre et augmenter les risques liés aux catastrophes naturelles. M. Yang Yong rappelle qu’en 2000 il a été le témoin d’un éboulement qui a entrainé la formation d’un lac de 4 milliards de mètres cube (pour plus de détails lire http://www.thethirdpole.net/worlds-largest-hydropower-project-planned-for-tibetan-plateau/)

Deux mois plus tard, ce barrage naturel a cédé, ce qui a paralysé les transports et touché un million de personnes. Le gouvernement chinois affirme qu’il y a besoin de nouveaux barrages pour doper l’économie et fournir de l’électricité, au moment où les fumées des centrales à charbon étouffent les grandes villes du pays. Dans le 13ème plan (2016 à 2020), des barrages importants sont prévus sur le Yarlung Tsampo, le Jingsha (ou Haut-Yangtse), le Lantsang (Mékong) et la Nu (Salouen).

Le site de cette Société des Trois Défilés annonce que la prochaine Conférence Mondiale sur les Centrales Hydro-électriques aura lieu cette année en Chine, en raison du développement incroyable de ce secteur dans le pays. D’après les statistiques du Conseil Chinois de l’électricité pour Mars, la Chine dispose aujourd’hui d’une capacité de production hydro-électrique de plus de 300 Gigawatts, bien plus qu’aucun autre pays.

Traduction Ranjung Dorje

* un autre scientifique chinois alerte aussi de l’influence des projets chinois sur l’environnement

Nepal earthquake highlights dangers of dam building in Tibet

Hydropower development in Tibet is fraught with huge risks because of the danger of major earthquakes. What’s more, the projects might not be needed, say experts

 

Although the precise picture is still unclear, it’s likely that Nepal’s huge earthquake last month has wreaked major damage to a dozen hydroelectric projects in Nepal.

This should sound a shrill warning for projects across the border in Tibet, an area also traversed by highly active seismic faults.

Last November Tibet’s first major dam, at Zangmu, started generating power, marking the start of large-scale hydropower in Tibet.

Besides the risks to existing and future hydroprojects in Tibet, centred mainly along the Yarlung Tsangpo river (known as the Brahmaputra once it reaches India), there is little evidence that the dams are actually needed, says Fan Xiao, geologist and chief engineer of the Regional Geological Survey Team of the Sichuan Geology and Mineral Bureau.

Fan told thethirdpole.net that the region doesn’t have the population, the economy, or necessary demand for electricity. Although the power generated could be sold to the rest of China, or to neighbouring India and Nepal, the economics of the projects are compromised by the high cost of transmitting the power, much of which would be wasted, given the distances involved.

Add to that the damage to Tibet’s geology, environment and social structures, and the cons outweigh the pros, Fan adds.

Meanwhile, in Nepal, there are no hard facts on how badly the dams there have been hit by the 7.9 magnitude earthquake. Lu Chun, chairman of the Three Gorges Corporation, said that relief efforts were taking priority over an immediate evaluation of the damage.
Three Gorges Corporation got permission to build a US$1.6 billion hydropower dam in Nepal just weeks before the 7.9 magnitude quake. Despite huge potential, Nepal currently generates only 800MW from hydropower compared with overall power demand of 1,400MW. India currently enjoys a monopoly in dam-building in Nepal, but the arrival of Chinese firms may change that.
Yang Yong, a geologist and director of the Hengduan Mountain Research Institute, told thethirdpole.net that in the Yarlung Tsangpo region, earthquakes and rockslides are common.
This could exacerbate the impact of earthquakes, and increases the risks of natural disasters. Yang Yong says that in April 2000 he witnessed a rockslide that created a 4 billion cubic metre lake. (His observations can be read in greater detail in a thethirdpole.net article linked here).
Two months later that lake burst, affecting one million people and paralysing transportation.
China’s government says new dams are needed to boost the economy and provide electricity at a time that coal-fired generation has contributed to choking smog in the country’s major cities. In the upcoming 13th Five Year Plan (2016-2020) large dams are planned for the Yarlung Tsangpo, Jinsha (Upper Yangtze), Lancang (Mekong) and Nu (Salween) rivers.

The Three Gorges Corporation website said on May 5 that the hydroelectric industry’s most important conference – the World Hydropower Congress – would be held in China this year, due to the incredible growth of the sector in the country.

According to statistics published by the China Electricity Council in March, China now has more than 300 gigawatts (GW) of hydropower generating capacity – far more than any other nation.