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10/12/15 | 13 h 24 min par Yves Fossey

Pourquoi les Tibétains cherchent-ils à fuir le Tibet puisqu’officiellement… ce n’est pas une guerre ?

Lobsang

« J’ai traversé les montagnes d’Himalaya pour venir en France »

Lobsang, 27 ans, a quitté le Tibet en octobre 2014 pour rejoindre l’Europe

Lobsang a obtenu des faux papiers par un«guide» à Katmandou (Népal) pour pouvoir prendre un avion vers la France. (LP/Yves Fossey.)

« Au Tibet, on est privé de notre liberté et on subit des discriminations, j’ai donc choisi de quitter mon pays, raconte Lobsang, un jeune tibétain de 27 ans. Mes parents, mon frère et ma femme sont restés. Aujourd’hui, je n’ai plus de nouvelles d’eux. »

Un soir d’octobre 2014, le jeune fermier a décidé de partir avec un ami, direction l’Europe.

Il ne parle pas de passeur mais d’un « guide ». Encore moins d’argent : il précise avoir donné « des bijoux ». « D’une manière générale, les Tibétains restent très discrets, ils ont peur de représailles, explique Christian Souchon, de l’association la Pierre Blanche, qui leur vient en aide. Ils s’engagent à verser une somme qui oscille de 2 500 à 8 000 € à des passeurs, S’ils ne payent pas, ils pensent que des gens peuvent s’en prendre à leurs proches restés au Tibet. »

Lobsang n’a rien oublié. « Nous avons pris la direction du Népal en traversant les montagnes et les forêts de l’Himalaya, raconte-t-il. C’était un parcours du combattant d’une durée de 8 à 10 jours. Il y a l’altitude, des paysages très accidentés mais aussi la peur. Nous marchions uniquement la nuit. Le jour, il y avait le risque d’être arrêtés par les gardes chinois ». Sans bagages et sans papiers, son objectif était d’atteindre Katmandou, la capitale du Népal. « Afin de se reposer, on se cachait la journée dans des grottes pour y dormir et en guise de repas, nous mangions du tsampa, de la farine d’orge grillée, et du beurre », poursuit-il. La frontière passée, il prend un bus qui mettra une nuit pour atteindre la capitale du Népal.

Une fois sur place, Lobsang se réfugie dans un monastère. « J’y suis resté cinq mois, confie le jeune migrant. On m’a donné un travail en cuisine et j’ai pu apprendre l’anglais, la langue pour pouvoir communiquer en Europe. » Pendant ce temps-là, un passeur se charge d’obtenir des faux papiers afin de franchir la douane à l’aéroport. « J’ai pris un avion à destination de la France, tout était réglé par mon guide, précise le jeune homme. Deux jours plus tard et après deux escales je suis arrivé à Paris, mon lieu de rendez-vous était la place Stalingrad. J’ai choisi la France parce que c’est le pays des droits de l’homme et de la liberté. »

Y.F. | | MAJ :

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Film de Andy Maistre. 

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