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02/10/16 | 22 h 30 min par rft

Récapitulatif des rencontres avec le Dalaï Lama, lors de sa visite en France en septembre 2016…

StDL

 

Plusieurs de nos lecteurs ont souhaité retrouver, soit des photos ou vidéos, soit des articles, relatifs aux différents moments de cette visite du Dalaï lama en France. En voici quelques-uns…. mais votre aide sera bienvenue pour apporter les compléments : média locaux  en particulier.

D’avance merci et Tashi Delek pour votre participation.

Le bureau de France Tibet

AU BARREAU DE PARIS  :

RETOUR SUR  LA CONFERENCE DU DALAÏ LAMA A l’INALCO. 

 

Notre envoyée spéciale Barbara Monteil, rédactrice sur le site de France Tibet et étudiante en langue tibétaine à l’INALCO était présente lors de la venue du Dalaï Lama à l’ Institut, retour sur cette conférence :

La conférence qui devait commencer à 13h, a débuté avec 30 minutes d’avance. Le Dalaï Lama donnait précédemment une conférence au Collège des Bernadins. Elle s’est terminée à 14h.

Lorsqu’il est arrivé dans l’auditorium, nous avons ressenti une présence très forte que j’ai du mal à définir mais qui après réflexion pourrait s’apparenter à une sorte d’autorité naturelle souriante.

En tant que langue enseignée à l’INALCO depuis 1842, le tibétain est l’une des premières langues à y avoir été proposée. Le Dalaï Lama a commencé par nous remercier pour notre engagement dans l’apprentissage du tibétain. Puis il a parlé de l’importance du tibétain en tant que véhicule du bouddhisme. Il a aussi insisté sur le terme de sunyata (en sanskrit : vacuité) en tant que terme clé pour comprendre (même s’il a reconnu que ce n’était pas facile à se figurer) comment déraciner les sentiments négatifs et rendre ainsi notre esprit et par conséquence le monde meilleur, plus positif.

En revanche comme il l’a souligné « Tourner un moulin à prière ou réciter des mantra si on ne comprend pas ce que l’on fait, cela ne sert à rien ». En effet, il a mis en avant l’importance capitale de la logique et du scepticisme, de ne pas faire, ni croire en des choses parce que le bouddhisme le dit ou l’encourage mais de toujours vérifier par soi-même ce qui est avancé. A titre d’exemple, il dit lui-même ne pas croire en l’existence du Mont Meru.

L’univers des sciences l’intéresse beaucoup et depuis 30 ans, il a tenté un rapprochement avec les neurosciences, la physique, la psychologie et la physique quantique. Un jour un scientifique lui a dit de faire attention car la science était capable de tuer la religion mais la logique et l’encouragement au scepticisme qu’on trouve dans le bouddhisme n’est pas du tout contraire aux approches scientifiques.

Barbara Monteil

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http://www.tibet.fr/actualites/retour-sur-la-conference-du-dalai-lama-a-linalco

Entretien avec le Dalai Lama :
« La foi aveugle, c’est de la stupidité » par Ursula Gautier 

Source L’Obs
Le maître spirituel tibétain a accordé à ‘l’Obs  une interview exclusive lors de son passage à Strasbourg Avec toujours la même obsession :  » comment faire pour ne pas sombrer dans la violence ? »

Pour une fois, les pressions du consul chinois n’ont eu aucun effet. A Strasbourg, le dalaï-lama a été reçu à bras ouverts tant par l’hôtel de ville que par les instances européennes. Point d’orgue de son séjour dans la capitale alsacienne, il a consacré le weekend à décrypter, devant un public de 8 000 passionnés rassemblés au Zénith, une oeuvre philosophique ardue datant du IIème siècle. C’est là qu’il nous a reçus, dans un petit salon sans fenêtre niché dans les étages du vaste bâtiment.

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Dès que l’on évoque la tragédie du Tibet, et spécialement la vague récente d’immolations, la lueur joyeuse qui danse habituellement dans les yeux du dalaï-lama s’évanouit d’un coup. Depuis 2009, 145 Tibétains se sont transformés en torches vivantes pour protester contre Pékin, persuadés que leur sacrifice respectait l’injonction de non-violence de leur leader spirituel.

« Cette question est extrêmement difficile pour moi, soupire-t-il. Le suicide, pour les bouddhistes, est un acte violent. Je ne peux l’accepter. Mais si j’exprimais mon désaccord, les familles déjà blessées par la perte d’un des leurs seraient profondément attristées … Que faire? Il n’y a pas d’issue. Je ne peux que me taire. » Même sur un plan purement politique, il ne voit qu’une impasse: « Quel est le bénéfice de ces actes? A part l’effet de publicité, est-ce que cela change ce que pensent les « durs » du pouvoir? J’en doute … »

L’impatience de la jeunesse, qui supporte de moins en moins le joug chinois, représente un autre dilemme: « Un responsable venu de Lhassa m’a jadis expliqué que les personnes âgées étaient assez contentes de leur sort, mais que les jeunes étaient très insatisfaits. Tant que je suis en vie, il n’y a pas de risque de violence. Mais après ? Ma réponse alors et maintenant est la même: le principe de non violence doit être respecté, que je sois en vie ou non. J’espère que les Tibétains se souviendront que ce principe fait partie de leur culture.»

Que faire alors face à un pouvoir, comme celui de Pékin, prêt à tout pour assurer sa perpétuation ? « Il faut d’abord se rappeler que la Chine appartient au peuple chinois, pas au Parti communiste. Le peuple sera toujours là. Peut-on en dire autant du Parti, d’ici à dix, vingt ou trente ans? Notre choix, c’est de maintenir des liens avec les Chinois qui soutiennent notre cause, et heureusement, il y en a de plus en plus.»

Il a beau être le guide spirituel de milliers de disciples, le prix Nobel de la paix n’hésite pas à déployer un humour et des pitreries dignes d’un écolier. Sa dernière facétie consiste à se couvrir la tête d’une serviette humide, histoire de rafraichir son crâne – et bien sûr de déclencher l’hilarité générale. Entre le danger de se prendre trop au sérieux et celui d’être pris pour un clown, il a clairement fait son choix. Mais ce goût du cocasse ne l’empêche pas d’affirmer avec force ses convictions. Il juge notre monde trop imprégné de valeurs « extérieures » – réussite sociale, pouvoir, confort, etc. – et au contraire dénué de valeurs « intérieures» – sens du dialogue, altruisme, optimisme et surtout compassion. C’est, dit-il, cette culture « matérialiste » qui génère les conflits de notre temps. Quant aux valeurs altruistes, il ne faut pas les prendre pour des voeux pieux:« La science a prouvé qu’elles correspondent à la nature profonde de l’espèce humaine», affirme-t-il. Une autre erreur serait de les cantonner au domaine de la foi. Il est convaincu qu’il s’agit en réalité d’une éthique universelle, transcendant les religions et les cultures. Pour éviter de répéter les tragédies du xx- siècle, il préconise que ces valeurs soient enseignées dans toutes les écoles du monde, et prises au sérieux jusqu’au sommet des Etats.

Le XIV dalaï-lama a décidé de montrer l’exemple. En 2011, il a renoncé à toutes ses fonctions politiques. Ce sont désormais des dirigeants élus qui président aux destinées des Tibétains exilés. « La démocratie est le meilleur système politique, le seul qui permette en réalité l’épanouissement de cette éthique universelle. Même si, en matière d’économie,je suis plutôt marxiste», ajoute-t-il en éclatant de rire.« Quant à l’institution des dalai-lamas née il y a quatre siècles, je /’ai abolie totalement et dans la joie, raconte-t-il non sans un brin de fierté. Ce système qui mélangeait le spirituel et le temporel, c’était du féodalisme. C’est fini. Mon successeur, s’il y en a un, n’aura aucun pouvoir politique.»

« Think, think, think » (« réfléchissez, réfléchissez, réfléchissez »), ne cesse de répéter, un doigt sur la tempe, le dalaï lama. « La prière, les rituels, la ferveur vis à- vis de votre maître spirituel, c’est bien, mais ce n’est pas cela qui va apporter le changement intime dont parle le bouddhisme, ni aider à changer le monde. La foi aveugle, y compris envers les textes les plus sacrés du bouddhisme, c’est de la stupidité.» Laissons donc cela, suggère-t-il, aux personnes qui n’ont pas eu la possibilité de développer leur intelligence. Ceux qui, au contraire, disposent de cet « instrument splendide», le cerveau humain, doivent s’en servir d’urgence pour avancer sur le chemin de la connaissance rationnelle. « Un milliard de prosternations ne valent pas une seule journée d’étude sérieuse.»

Volontiers iconoclaste vis-à-vis du bouddhisme, le dalaï-lama ne ménage pas non plus ses critiques de toute pratique religieuse qui s’est éloignée de ce qu’il appelle l’« essence», à savoir l’amour et la compassion.« Quand je vois comment certains leaders religieux, y compris bouddhistes, défendent leur foi, je me demande parfois si le monde n’irait pas mieux sans les religions», s’exclame-t-il avec ce célèbre rire qui résonne dans la petite pièce. Quant à l’islam, il refuse tout net d’en faire un cas particulier : « Les actes de musulmans dévoyés ne prouvent rien quant à la nature de l’islam. Sinon, il faudrait dire que le bouddhisme est une religion de haine à cause de quelques moines extrémistes en Birmanie. L’existence de versets autorisant la violence dans le Coran ne prouve rien non plus. On trouve le même type de phénomène dans toutes les doctrines. Nous, bouddhistes, nous avons bien les fameuses « divinités courroucées » qui tuent au nom du « dharma »! Tout ça, au fond, n’a rien à voir avec l’essence de la religion. C’est une question d’éducation, de compréhension intellectuelle, de dialogue.» Bref, d’ouverture d’esprit.« Think, think, think ! » •

UN PONT AVEC LA SCIENCE
Pour le moine bouddhiste Matthieu Ricard,, si le bouddhisme tibétain est précieux pour le dalaï-lama, c’est avant tout parce qu’il se trouve être l’héritier d’une véritable science de l’esprit développée dans l’Antiquité par une grande école philosophique indienne, l’école Nalanda •. Cette science qui décrit notre fonctionnement mental et émotionnel passionne aussi neurobiologistes et psychologues, qui ont entamé un dialogue insolite avec les érudits tibétains. A Strasbourg, le dalaï-lama a assisté à un symposium à l’université sur les recherches qui étudient l’effet de différentes techniques de méditation sur la santé physique et mentale.• le bouddhisme tibétain, résume le dalaï-lama. apparaît comme un pont entre la science et la spiritualité et permet d’imaginer des méthodes pour réformer les relations entre humains.,

Propos recueillis par Ursula Gauthier

Le Dalaï Lama en visite en France

Par Juliette Gheerbrant, Stéphane Lagarde Publié le 12-09-2016 Modifié le 12-09-2016 à 12:27
DLB
Le Dalaï Lama lors d’une conférence à Bruxelles, le 11 septembre 2016.
REUTERS/Eric Vidal
Après deux jours à Bruxelles, le chef spirituel des bouddhistes est cette semaine à France pour la première fois depuis cinq ans. A Paris tout d’abord puis à Strasbourg le week-end prochain. Son programme est chargé. Tenzin Gyatso parlera bien sûr religion et culture tibétaine, mais aussi « dialogue interreligieux » et « droit et environnement ». Il accordera une audience à près de 3.000 exilés tibétains. En revanche aucune rencontre politique au niveau gouvernemental n’est prévue.

Le Dalaï Lama reste avant tout le chef spirituel des bouddhistes, et cela depuis 66 ans. Mais il est devenu bien davantage : « Il n’est pas seulement la conscience des Tibétains, il est devenu une sorte de conscience universelle, rappelle le sénateur André Gattolin, membre du groupe d’information pour le Tibet. Prix Nobel de la paix, il est porteur d’un discours sur la non-violence. C’est aussi quelqu’un qui, face à un besoin de spiritualité, établit une connaissance qui se veut détachée des pouvoirs de l’Eglise. Dans ses derniers discours, il a par exemple une réflexion approfondie sur la laïcité. Son message dépasse largement le cadre d’une religion ou d’un territoire, c’est pour cela qu’il a autant de popularité et d’influence. »

Devenu chef du gouvernement tibétain en exil à Dharamsala en Inde, après l’échec du soulèvement du Tibet contre Pékin en 1959, il a -en 2011- renoncé à toute fonction gouvernementale, séparant le religieux du politique. Il n’empêche, le Dalaï Lama reste la bête noire du gouvernement chinois. « Il est toujours considéré comme un fractionniste, comme quelqu’un qui recherche l’indépendance de la Chine, alors que sa position a toujours été de trouver un compromis, une forme d’autonomie provinciale du Tibet en Chine. Aujourd’hui, face à la puissance grandissante de la Chine sur les plans économiques et diplomatiques, la plupart des pays occidentaux – dont les relations avec Pékin influent fortement sur la balance commerciale – hésitent à inviter et à recevoir le Dalaï Lama. »

En 2014, lorsque l’Afrique du Sud avait refusé de donner un visa au Dalaï Lama afin qu’il participe au sommet des Nobels de la paix, Desmond Tutu s’était dit honteux de voir son pays « courber l’échine devant Pékin ».

Autocensure

A Paris, ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault ne recevront Tenzin Gyatso. Officiellement ce n’était pas envisagé, ce que confirme le sénateur André Gattolin, du groupe Europe Ecologie Les Verts.

« Le Dalaï Lama n’a pas sollicité de rencontres politiques parce qu’il veut se cantonner à son rôle spirituel. Donc il n’a pas fait de demande officielle à être reçu par l’Elysée ; en d’autres temps, il l’aurait fait, mais il est à présent dans une situation différente. C’est aussi, concède André Gattolin, une façon de rendre sa visite possible, sans créer trop de problèmes avec les autorités françaises qui effectivement sont devenues extrêmement frileuses quand il s’agit de relations diplomatiques avec la Chine. »

Le Dalai Lama l’a dit lui-même dans les colonnes du Monde, « Je n’ai rien à dire aux officiels, je préfère parler du bonheur ». Il n’y a pas non plus été invité…

Ce qui ressemble fort à de l’autocensure ne frappe pas que les responsables politiques, si l’on en croit les spécialistes. « Je devais animer à Strasbourg une conférence avec la projection du documentaire Que reste-t-il de nous ?, explique la sinologue Marie Holzman, et tout a été annulé sans aucun commentaire. Une association prévoyait un lâcher de ballons aux couleurs du drapeau tibétain, l’événement n’aura pas lieu. Le problème, c’est que le gouvernement chinois avance masqué, et que l’on ne sait pas toujours qui signe ces interdictions… ».

A Paris, le prestigieux institut de Sciences Politiques a également annulé une conférence au motif qu’elle aurait été redondante avec celle prévue au Collège des Bernardins – annulation qualifiée de « suspecte » par l’Obs.
Desmond
Desmond Tutu et Dalai Lama, au Cap, le 21 août 1996.
REUTERS/Mike Hutchings

 

UNE VISITE AU SENAT

Le Dalaï Lama sera tout de même officiellement reçu au Sénat. Une poignée de main avec quelques députés et sénateurs ne déclenchera sans doute pas les mêmes foudres qu’une rencontre avec un président.

La dernière, celle de Nicolas Sarkozy fin 2008, avait eu lieu à Gdansk en Pologne, et la réaction de Pékin avait fait trembler les milieux économiques. Plus tôt dans l’année, à la veille des JO en Chine, le parcours de la flamme avait été perturbé à Paris par des manifestations pro-Tibet. L’Union européenne était en pleines négociations avec Pékin.

La journaliste de l’Obs Ursula Gauthier se souvient d’une crise « extraordinaire ». « Les autorités chinoises ont pensé que cette grande figure morale allait mettre leur triomphe en danger… Ils ont été extraordinairement en colère on le sait, puisqu’ils ont interrompu les discussions au motif de ce qui s’était passé avec la flamme olympique, explique la grande spécialiste du Tibet. Il y eut quelques contrats suspendus, des représentations auprès de l’ambassade, ils se sont plaints à Paris, etc. donc les hommes d’affaires ont eu extrêmement peur. Mais dès l’année suivante nous étions de nouveau très amis avec la Chine, en témoigne la visite de Nicolas Sarkozy. Donc en réalité l’intérêt économique reprend toujours le dessus ! » Ursula Gauthier expulsée fin 2015 de Chine, où elle était correspondante de l’Obs, en sait quelque chose.

L’un des rares chefs d’Etat à recevoir régulièrement le Dalaï Lama est le président américain, Barack Obama. La dernière fois c’était en juin dernier, sans que cela prête à conséquences. Pour la chanteuse américaine Lady Gaga, qui avait, elle aussi, rencontré Tenzin Gyatso avant l’été, il n’en a pas été de même : Pékin l’a interdite de séjour sur le sol chinois.
Le Dalaï Lama et Barack Obama, lors d’un entretien à la Maison Blanche en février 2014.
White House photo/Pete Souza/ Reuters
DLO
LE DALAÏ-LAMA EN VISITE AU PARLEMENT EUROPÉEN À STRASBOURG
Sa Sainteté le XIVème dalaï-lama s’est rendue au Parlement européen à Strasbourg ce jeudi 15 septembre afin de rencontrer le Président Martin Schulz et d’échanger avec les députés de la commission des affaires étrangères. À l’issue de la discussion, Martin Schulz a déclaré : « Nous avons longuement évoqué les affaires mondiales et la situation des droits de l’homme dans le monde. Je remercie profondément le dalaï-lama pour cet échange ouvert et spirituellement enrichissant ».
« Nous vous considérons comme un grand dirigeant religieux en ces temps de guerre et de violence. Nous voulons entendre un message de paix et de compassion, des valeurs auxquelles nous pouvons tous adhérer », a déclaré Elmar Brok, député démocrate-chrétien allemand et Président de la commission des affaires étrangères, en accueillant le dalaï-lama.
Au cours de sa cinquième visite au Parlement européen, le dalaï-lama a fait part de son admiration pour le projet européen car celui-ci vise l’intérêt commun des peuples. « Je pense que cet esprit d’Union européenne devrait se répandre en Afrique et ailleurs dans le monde », a-t-il expliqué.
« Nous sommes tous des êtres humains et nous devons travailler ensemble », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de promouvoir la tolérance, le pardon et la paix intérieure plutôt que de mettre l’accent sur les différences entre les personnes, qui mènent bien souvent aux conflits religieux ou nationalistes.
Pour en savoir plus sur cette visite, consultez le communiqué de presse en cliquant sur le lien à droite.
REF. : 20160909STO41741

Mis à jour le: (15-09-2016 – 17:24
http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/20160909STO41741/le-dala%C3%AF-lama-en-visite-au-parlement-europ%C3%A9en-%C3%A0-strasbourg

AUX CONFÉRENCES DU DALAÏ-LAMA À STRASBOURG : « JE SUIS LARGUÉE »
12h51, le 18 septembre 2016, modifié à 13h21, le 18 septembre 2016

DEPUIS QUATRE JOURS, LE CHEF SPIRITUEL TIBÉTAIN ASSURE DES CONFÉRENCES À STRASBOURG DEVANT DES SALLES BONDÉES. EUROPE 1 Y ÉTAIT.
REPORTAGE : Ils sont bouddhistes pratiquants ou simples curieux. Mains jointes devant le visage ou prêts à dégainer leur appareil photo, ils sont près de 8.500 au Zénith de Strasbourg à assister aux conférences que donnent le dalaï-lama, lors de sa visite officielle en France. Europe 1 y était.

« Un peu larguée ». Quand il apparaît sur scène, un silence impressionnant envahit la salle. S’ensuivent de longs discours en tibétain et parmi les spectateurs, certains sont un peu désemparés : « Les interventions sont très, très, très longues. Il y a des moments où il faut s’accrocher, on a besoin de plus de concret », avoue un curieux. « Je suis un peu larguée », s’amuse une visiteuse. Un sentiment d’autant plus présent que même ceux qui souhaitaient suivre les conférences traduites en plusieurs langues de chez eux ne peuvent plus le faire : Youtube a supprimé samedi la chaîne officielle des rencontres du dalaï-lama.

En mode étudiant. D’autres, plus avertis, sont concentrés, comme Océane, qui étudie dans un centre d’études bouddhistes. Assise près de la scène en tailleur sur son coussin, elle profite du temps où le dalaï-lama délivre ses enseignements en tibétain pour « méditer ». Papier et crayon en main, en mode étudiante, elle reste concentrée : « Quand la traduction en français arrive, ça s’assimile davantage à un cours », sourit-elle.

Sur scène, Matthieu Ricard, le célèbre moine bouddhiste français, lui aussi crayon et papier en main, assure les traductions. Dans un Zénith bondé, la chaleur se fait sentir et le dalaï-lama continue d’enseigner, avec sa désormais célèbre serviette qu’il pose sur la tête lorsqu’il a trop chaud.

http://www.europe1.fr/societe/aux-conferences-du-dalai-lama-a-strasbourg-je-suis-larguee-2849527
A STRASBOURG, LES CONFÉRENCES DU DALAÏ-LAMA CENSURÉES SUR YOUTUBE
16h21, le 17 septembre 2016, modifié à 16h23, le 17 septembre 2016

La chaîne Youtube de la visite du dalaï-lama a été supprimée.@ MANJUNATH KIRAN / AFP

LES CHAÎNES DE LA PLATEFORME AMÉRICAINE ONT ÉTÉ FERMÉES CE SAMEDI. RÉSULTAT : IMPOSSIBLE DE SUIVRE LES CONFÉRENCES DU CHEF SPIRITUEL TIBÉTAIN.
« Chers amis, Youtube a banni les chaînes de l’événement pour des raisons que nous ne connaissons pas ». Sur le site officiel dédié à la visite du dalaï-lama à Strasbourg, les organisateurs des conférences ne s’expliquent pas les raisons pour lesquelles le géant américain a censuré les vidéos du chef spirituel tibétain. Selon les Dernières Nouvelles d’Alsace, plusieurs vidéos, disponibles en plusieurs langues, des conférences du dalaï-lama étaient accessibles sur la plateforme de vidéos américaine, jusqu’à ce samedi après-midi.

Une pression des autorités chinoises ? Arrivé mercredi soir à Strasbourg, le chef spirituel tibétain a effectué plusieurs visites et rencontres officielles, avant de se rendre à des conférences au Zénith de Strasbourg. Il n’est pas rare que les visites en Europe ou aux Etats-Unis du dalaï-lama provoque la colère de Pékin. Déjà, la question se pose de savoir si Youtube, plateforme vidéo de l’américain Google aurait eu, ou non, des pressions de la part des autorités chinoises.

http://www.europe1.fr/international/a-strasbourg-les-conferences-du-dalai-lama-censurees-sur-youtube-2849272
Disponibles sur Dailymotion. Cette suppression des vidéos du dalaï-lama a fait réagir les internautes sur les réseaux sociaux, qui expriment leur incompréhension :

Voir l’image sur Twitter

Suivre Fernando LAGRAÑA @FLagrana
Estomaqué par la suppression de la diffusion des enseignements du Dalaï Lama par YouTube pour de telles raisons…

LE DALAÏ-LAMA, INVITÉ EXCEPTIONNEL DE YANN BARTHÈS DANS « QUOTIDIEN » SUR TMC
09h54, le 14 septembre 2016, modifié à 10h40, le 14 septembre 2016
The Dalai Lama delivers a speech during a group hearing at the Palais des Congres, on September 13, 2016 in Paris, during his first visit to France in five years. / AFP PHOTO / Eric FEFERBERG
L’entretien, qui sera diffusé mercredi soir sur TMC, sera la seule interview accordée à un talk-show par le leadeur religieux lors de son passage en France.@ AFP

POUR SON SEUL PASSAGE TÉLÉ EN FRANCE, LE LEADER SPIRITUEL TIBÉTAIN A CHOISI TMC ET LA NOUVELLE ÉMISSION DE YANN BARTHÈS : « QUOTIDIEN ».
Joli coup pour Yann Barthès et son équipe. L’émission Quotidien a annoncé lundi sur les réseaux sociaux que le Dalaï-lama serait l’invité exceptionnel de Quotidien, mercredi.

Dalaï 2 (2)

http://www.europe1.fr/medias-tele/le-dalai-lama-invite-exceptionnel-de-yann-barthes-dans-quotidien-sur-tmc-2846314

Merci aux lecteurs et internautes qui pourront nous aider à compléter ce récapitulatif …

Et les réactions ordinaires de Pékin … :

China says countering Dalai Lama is top ethnic priority in Tibet
Tibet’s exiled spiritual leader the Dalai Lama gestures as he arrives to give a public religious lecture to the faithful in Strasbourg, France, September 17, 2016. REUTERS/Vincent Kessler
China will make countering the Dalai Lama’s influence the « highest priority » in its work on ethnic affairs in Tibet, the region’s Communist Party boss has said, vowing to uproot the monk’s « separatist and subversive » activities.
Beijing says its Communist troops peacefully liberated Tibet in 1950 and regards the 80-year-old, Nobel Peace Prize-winning Buddhist monk as a separatist.

The self-exiled Dalai Lama says he merely seeks genuine autonomy for his Himalayan homeland.

China’s Foreign Ministry expressed anger and threatened countermeasures this month after the Tibetan spiritual leader spoke at the European Parliament in France.

« First, we must deepen the struggle against the Dalai Lama clique, make it the highest priority in carrying out our ethnic affairs, and the long-term mission of strengthening ethnic unity, » Tibet party secretary Wu Yingjie said in a speech published on Friday in the official Tibet Daily.

« (We must) thoroughly expose the reactionary nature of the fourteenth Dalai Lama, crack down on separatist and subversive activities, and strive to eliminate at their roots harmful elements that damage ethnic unity, » Wu said.

Public veneration of the Dalai Lama, who fled China in 1959 after an abortive uprising against Chinese rule, is prohibited in Tibet, though in private, many Tibetans revere the monk and display his picture.

Identifying the effort to crack down on his influence the top task in the region’s ethnic affairs suggests Wu will ratchet up the government’s already hardline approach in the devoutly Buddhist region, which is prone to anti-Chinese unrest.

Wu was appointed Tibet’s top official in late August, and has vowed stronger criticism of the Dalai Lama.

The government rejects criticism from rights groups and exiles who accuse it of trampling on the religious and cultural rights of the Tibetan people, saying instead that its rule has brought prosperity to a once-backward region.

Nonetheless, China faces no shortage of problems in the region, including those stemming from poverty, language barriers, and development that has at times clashed with a traditional herding lifestyle.
Tibetans, one of China’s 56 officially recognized minority groups, are guaranteed legal protection for their languages and cultures. But they are often marginalized and treated with suspicion by Beijing, which views them as potential separatists.

Officials see ethnic affairs work, such as improving Mandarin proficiency among minorities, as key to ensuring national cohesion and creating economic opportunity.

There has been resistance to greater Mandarin education in schools in Tibet, with people fearing the government wants to culturally assimilate them. The government denies that.

(Reporting by Michael Martina; Editing by Robert Birsel)