Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

03/08/15 | 18 h 30 min par Natalie Thomas, Reuters

Sédentarisation des nomades tibétains : opération séduction de la Chine

nomades

La Chine veut montrer au monde une image positive, un aspect du programme controversé de sédentarisation dans des maisons en dur des éleveurs tibétains qui nomadisent dans ces contrées depuis des siècles. Longsel Tsondre, 19 ans, ne voit rien de romantique dans la vie nomade que sa famille d’éleveurs a abandonné quand le gouvernement de son coin reculé du sud-ouest de la Chine a offert de les sédentariser, il y a quelques années. « C’était assez dur ici. Il n’y avait aucun développement et nous étions très pauvres » a-t-il dit à des journalistes lors d’un rare voyage organisé à Ngaba, une partie du Sichuan à forte population tibétaine traditionnellement fortement opposée à la domination chinoise. « Maintenant c’est mieux. Nous n’allons pas dans les montagnes pour garder les yaks et les chevaux.

Maintenant nous dansons tous les jours » a-t-il dit après avoir fait une danse tibétaine pour un bus plein de touristes chinois. C’est une image positive que la Chine veut montrer au monde, un aspect d’un programme controversé destiné à reloger dans des maisons en dur les éleveurs Tibétains qui nomadisent dans ces contrées depuis des siècles. La Chine gouverne le Tibet d’une main de fer depuis que les troupes ont envahi la région en 1950, et ces contrôles s’étendent souvent dans les autres parties de la Chine à population tibétaine.

Le gouvernement rejette la critique sur sa répression de la liberté religieuse et de la culture tibétaine, disant qu’elle a mis fin au servage et apporté le développement dans une région reculée. Selon le gouvernement, la sédentarisation donne aux bergers l’accès aux soins et à l’école, et les fait bénéficier du boom économique chinois en leur offrant de nouvelles opportunités de travail, comme travailler dans le tourisme.

Un mouvement de protestation par auto-immolations s’est déclenché en 2011 à Ngaba, connu sous le nom d’Aba en chinois, devenant l’un des plus grand défis pour la domination chinoise depuis des années. Bien que non officiellement interdit aux journalistes étrangers, contrairement à ce que la Chine appelle la Région autonome du Tibet où tous les voyages de presse nécessitent une autorisation du gouvernement, les visites y sont très difficiles car la région est très sécurisée.

La semaine dernière, le gouvernement a emmené un groupe de journalistes étrangers à Ngaba, arrangeant des interviews avec des officiels et des éleveurs sédentarisés, mais toujours en présence d’anges-gardiens du gouvernement. “De si belles maisons” Aucun des éleveurs ne s’est exprimé en défaveur du programme de sédentarisation au cours des entretiens avec les journalistes. Shuke Sonam, 27 ans, dont la famille gère à présent une maison d’hôtes, a dit que les Tibétains qui vivaient auparavant sous la tente étaient souvent trempés par la pluie. « Maintenant nous avons de si belles maisons, et parce que nous accueillons des personnes venant d’autres endroits, nous améliorons notre perception de la vie » a t’elle dit.

Bai Yingchun, adjoint au directeur du bureau de la propagande de la préfecture de Ngaba, a dit qu’ « absolument rien n’a été forcé » dans le programme de sédentarisation. « Les vies des éleveurs dans les régions tibétaines sont très libres. Ce n’est pas comme le dit le monde extérieur » a-t-il dit. « Ils n’ont aucune restriction du tout. » Des activistes ont exprimé leur préoccupation sur le fait que le but véritable de la Chine avec ce programme est de contrôler une population rebelle, et que les Tibétains ont eu peu de choix sinon coopérer.

« C’est beaucoup plus facile de mettre en application un contrôle administratif sur des populations sédentaires que sur des populations nomades dans les prairies ; les autorités chinoises ont aussi aligné la politique sur des objectifs spécifiques d’élimination du séparatisme et de l’expression du nationalisme tibétain » dit Kate Saunders, porte-parole d’International Campaign for Tibet.

Les officiels collent à la ligne du gouvernement en critiquant le chef bouddhiste tibétain en exil, le Dalai Lama, que la Chine considère comme un dangereux séparatiste. Le Dalai Lama réfute épouser la violence et dit qu’il veut seulement une véritable autonomie pour le Tibet. Chen Weide, adjoint au chef du bureau de la publicité externe du Sichuan, a dit que les Tibétains étaient autorisés à pratiquer librement leur religion. Mais questionné sur le Dalai Lama, il a dit qu’il veut la scission du Tibet de la Chine, ce qui n’est pas autorisé. « Vous pouvez avoir des croyances religieuses et c’est bien, mais le Dalai Lama ne représente pas la religion. » Pour Robbie Barnett, directeur des études contemporaines sur le Tibet à l’université de Columbia, interdire de rendre grâce au Dalai Lama est une politique erronée qui a nié tout soutien que le gouvernement pourrait obtenir en améliorant les services comme l’éducation pour les Tibétains. « Il semble qu’en général, le Parti (communiste) a mis en péril le soutien des Tibétains de toutes les couches sociales avec le nombre de politiques qui sont vues comme remarquablement insensibles sur le plan culturel. »

It’s a positive image China wants the world to see, one aspect of a controversial programme to resettle into permanent homes Tibetan herders who have wandered these parts for centuries.

Nineteen-year-old Longsel Tsondre sees nothing romantic about the itinerant life his Tibetan herder family left behind when the government in his remote corner of southwestern China offered to resettle them a few years ago.

“It was pretty tough out there. There was no development and we were quite poor,” he told reporters on a rare government-organised trip to Ngaba, a heavily Tibetan part of Sichuan province traditionally strongly defiant of Chinese rule. “Now it’s better. We don’t go to the mountains to herd the yaks and horses. Now we dance every day,” he said, after performing a Tibetan dance for a bus-load of Chinese tourists.

It’s a positive image China wants the world to see, one aspect of a controversial programme to resettle into permanent homes Tibetan herders who have wandered these parts for centuries. China has ruled Tibet with an iron fist since troops took over the region in 1950, and those controls often extend to ethnic Tibetan areas in other parts of China.

The government rejects criticism that it has repressed Tibetan religious freedom and culture, saying its rule has ended serfdom and brought development to a backward region. The government says resettlement gives herders access to health care and schooling and lets them benefit from China’s booming economy by offering new job opportunities, like working in tourism.

Ngaba, known as Aba in Chinese, erupted in a wave of anti-China self-immolation protests in 2011, becoming one of the most serious challenges against Chinese rule in years. While not officially off limits to foreign reporters, unlike what China calls the Tibet Autonomous Region, where all reporting trips need government permission, visits are very difficult due to tight security.

Late last week, the government took a small group of foreign journalists to Ngaba, arranging interviews with officials and resettled herders, though all in the presence of government minders.

“SUCH NICE HOUSES”

None of the herders spoke out against the resettlement programme during interviews with reporters. Shuke Sonam, 27, whose family now runs a guest house, said Tibetans living in tents previously would often be soaked by rain. “Now we have such nice houses, and because we’re taking in guests from other places, it’s improved our awareness about life,” she said.

Bai Yingchun, deputy head of the Ngaba prefecture’s propaganda office, said “absolutely nothing was forced” in the resettlement programme. “The lives of the herders in the Tibetan areas are very free. It’s not like what the outside world says,” he said. “They don’t have any restrictions at all.”

Activists have expressed concern that China’s main aim with such programmes is to control a restive population, and that Tibetans have been given little option but to cooperate.

“It’s much easier to enforce administrative control over settled communities than over nomads in the grasslands, and also the Chinese authorities have aligned the policy with specific political objectives of eliminating separatism and eliminating expressions of Tibetan nationalism,” said Kate Saunders, spokeswoman for the International Campaign for Tibet.

Officials stuck to the government line in criticising the exiled Tibetan Buddhist leader, the Dalai Lama, whom China regards as a dangerous separatist. The Dalai Lama denies espousing violence and says he only wants genuine autonomy for Tibet.

Chen Weide, deputy head of the Sichuan external publicity office, said Tibetans were allowed to freely practise their religion. But when asked about the Dalai Lama, he said: “He wants to split up China, that’s not allowed. “You can have religious beliefs and that’s fine but the Dalai Lama does not represent religion.”

Robbie Barnett, director of modern Tibet studies at Columbia University, said it was misguided policies like banning worship of the Dalai Lama which negated any support the government may get from improving services like education for Tibetans. “It does seem in a general way that the (Communist) Party has put support of Tibetans from all social areas in jeopardy with the number of policies that have been seen as remarkably culturally insensitive.”