Combattre pour la
décolonisation du Tibet

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Tseten Norbu en juin 1999 (Photo France-Tibet)

 

Le Tibet d'avant 1949 était un état souverain, tampon entre l'Inde et la Chine. Avant l'occupation du Tibet par la Chine communiste en 1949, il a toutes les qualités d'une nation indépendante et souveraine. Le Tibet a son propre gouvernement, appelé Gaden Podrang, une population et un territoire sous sa juridiction, une devise, un système postal, une armée, une administration et un cabinet qui entre régulièrement en relation avec les pays voisins, signant des traités, y compris avec la Chine.

 

LE TIBET ET SES VOISINS

Pendant ses plus de 2000 ans d'histoire souveraine, le Tibet a été en guerre avec ses voisins immédiats, avec des conséquences positives ou négatives. Pendant ses jours glorieux, il a conquis une grande partie de l'Asie centrale. La puissante armée tibétaine a conquis la capitale chinoise de l'époque, Cha'ang an (Xian) en l'an 763. Un traité a été conclu en 821 et 822 avec la Chine, et le texte du traité existe en trois endroits: l'un à l'extérieur de la porte du palais de l'Empereur chinois à Cha'ang an, un autre devant la porte principale du temple Jokhang à Lhassa, la capitale du Tibet, et le troisième à la frontière Tibéto-Chinoise au Mont Guru Meru.

Même ces derniers siècles, les Mandchous qui contrôlaient la Chine ont interféré dans les affaires tibétaines par l'envoi de troupes pour escorter vers Lhassa le jeune septième Dalaï Lama, né au Tibet oriental. Lorsque les troupes Mandchoues ont quitté Lhassa, elles y laissèrent un résident ou "Amban" apparemment mis au service du Dalaï Lama, mais en réalité, pour veiller à leurs propres intérêts. C'était le début de l'interférence des Mandchous dans les affaires tibétaines. Les Mandchous ont gagné le contrôle du Tibet oriental pendant cette période. Ils ont été repoussés en 1865 où les Tibétains ont repris les territoires perdus. Les Mandchous sont également intervenus au Tibet en 1790 lorsque le représentant de l'empereur Mandchou a pris résidence à Lhassa et a tenté de s'engager dans des intrigues abominables et de s'immiscer dans les affaires tibétaines. Cependant, le Tibet n'a jamais perdu sa souveraineté. L'interférence des Mandchous au Tibet a cessé en 1912. Les Tibétains ont expulsé toutes les troupes chinoises et mandchoues de Lhassa et du reste du Tibet, vers la Chine. Le grand Treizième Dalaï Lama a réaffirmé l'indépendance du Tibet lors d'une déclaration en 1913.

Les Tibétains ont également subit une telle interférence de la main des Gorkhas et des Britanniques, mais à chaque occasion le Tibet a maintenu sa souveraineté. Ceci a été confirmé par la signature du Tibet d'un traité en 1856 avec le Népal, et d'un autre traité avec la Mongolie à Urga (actuellement Ulan Bator) en 1913. Pendant la période entre 1911 et 1949, il n'y avait aucune interférence étrangère dans les affaires tibétaines. L'indépendance du Tibet a été confirmée par la signature du Traité de Simla (le 3 Juillet 1914) conclu entre le Tibet et l'Inde Britannique. Le représentant du Gouvernement Tibétain a participé à la Conférence des Relations Asiatiques tenue à New Delhi le 23 Mars 1947, tandis que le Népal a participé en tant qu'observateur.


Un billet de banque tibétain d'avant l'occupation chinoise.

Le Roi Songtsen Gampo du Tibet, a épousé la Princesse Brikuti du Népal en l'an 641. A cette époque, le Roi Népalais Udaya Deve et son fils Narendra Dev se sont exilés au Tibet pendant presque 20 ans. Les armées Tibétaines et Népalaises se sont jointes à ce moment là pour combattre les Arunaswas venus d'Inde. Le Népal et le Tibet sont entrés en rapport par traité en 1856. Ceci a été appliqué jusqu'en 1954. Après l'occupation du Tibet les gouvernements Chinois et Népalais ont émis un rapport commun l'année suivante, et cela les a mené à un accord en 1956. L'article trois de l'accord déclarait que tous les traités précédents devaient être abrogés. Cependant le Népal a présenté son traité avec le Tibet comme preuve d'une nation souveraine, lorsqu'il a fait sa demande d'adhésion à l'ONU. Le comité pour l'admission des nouveaux membres, document de travail confidentiel N° 15 daté du 19 mai 1949 (sur le Népal) énonce :

"L'invasion du Tibet par le Népal a finalement mis celui-ci face à face avec la Chine. En 1792 les troupes de l'Empereur Chinois ont reconduit les Népalais hors du Tibet et les ont suivi au Népal. Pour excuse, le Népal a offert de reconnaître la suzeraineté chinoise. L'Empereur Chinois a accepté l'offre et a déclaré que tous les cinq ans, une mission Népalaise dans la capitale Chinoise réaffirmerait cette suzeraineté. La Chine, cependant, a cessé d'affirmer sa suzeraineté sur le Népal après 1912, lorsque la Dynastie des Mandchous a été renversée.
Comme indiqué dans les paragraphes 15 et 16, les relations étrangères du Népal jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ont été maintenues uniquement avec les Gouvernements Chinois et Britannique et les autorités Tibétaines.

Depuis 1912, quand la Chine a permis au Népal de quitter sa suzeraineté, seules des relations avec les autorités Tibétaines et des relations de nature informelle avec le gouvernement Chinois avaient été maintenues.

Le Népal a cessé de rendre hommage tous les 5 ans à la Chine, en 1908. La même année, le résidant Chinois à Lhassa affirmait toujours que le Népal relevait de la suzeraineté Chinoise et suggérait le mélange de cinq couleurs représentant la Chine, le Tibet, le Népal, le Bhoutan et le Sikkim, pour s'opposer aux prétentions des Anglais dans la zone. Le Népal a décliné cette offre, tout comme les demandes des indigènes Népalo-Tibétains de s'inscrire dans l'armée Chinoise. En 1939, Mao Zedong avait énuméré le Népal comme l'une des dépendances de la Chine en déclarant " En battant la Chine, les états impérialistes ont emporté beaucoup d'Etats dépendant de la Chine..... L'Angleterre s'est emparée de la Birmanie, du Bhoutan, du Népal, et de Hongkong ... "

 

LES CONTRADICTIONS DANS LES PRETENTIONS CHINOISES SUR LE TIBET

Entre 1247 et 1350, une succession de Lamas Sakya a régné sur le Tibet. Pendant leur règne les Mongols, qui ont conquis beaucoup de pays en Europe et en Asie, ont envahi le Tibet en 1207, puis la Chine en 1280. C'était une période où le Tibet et la Chine étaient soumis tous deux au gouvernement Mongol. Les Tibétains ont pu se libérer de la domination Mongole en 1358 quand Phagmo Drupa succéda aux Sakya au Tibet. Les Chinois suivirent dix ans après, lorsqu'en 1368 ils purent chasser les Mongols et établir la Dynastie Ming. La prétention Chinoise que le Tibet a toujours été une partie de la Chine provient de cette période. C'est une prétention ridicule. En utilisant des arguments similaires, l'Inde pourrait maintenant prétendre posséder la Birmanie pour la raison que tous deux faisaient par le passé partie de l'Empire Britannique. Le frère aîné de Kublai, Hula-u, a fondé la dynastie d'Ilkhan (1258-1335) en Iran. La Chine peut-elle proclamer sa suzeraineté sur l'Iran avec un tel argument ?

Les prétentions de la Chine sur le Tibet sont habituellement maladroites, vagues et non basées sur des faits historiques. Par exemple, l'agence Chinoise Internationale de Presse déclare que " La Chine est un pays unifié composé de beaucoup de groupes ethniques. Le Tibet a été une partie inséparable de la Chine depuis des temps immémoriaux ". Cependant, les mêmes déclarations sont contredites ensuite : " Le grand Leader Tibétain Songtsen Gompo a rassemblé plus de dix tribus, un événement généralement vu comme marquant l'établissement du Royaume du Tibet, prenant comme capitale Lhassa ". Il est ensuite déclaré que " Pendant le règne de Songtsen Gombo, les relations politiques, économiques et culturelles entre les deux nations étaient amicales ". Il est ensuite déclaré que le Roi Ralpachen, en 821, a diligenté trois envoyés à Chang-an pour discuter de la formation d'une alliance avec l'Empire Tang. L'empereur Muzong a ordonné à son Premier Ministre d'effectuer l'alliance dans une grande cérémonie tenue dans la banlieue ouest de la capitale.

 

L'INVASION DU TIBET

La Chine, en 1949, sans aucune provocation préalable, a envahi le Tibet et l'a colonisé entièrement en 1950. Ceci s'est produit après la formation des Nations Unies. Il s'agit là d'un défi direct à la conscience du monde libre, aux documents politiques et juridiques de l'ONU et à ses principes. Le 11 novembre 1950, le gouvernement Tibétain a protesté devant les Nations Unies contre l'agression Chinoise. Bien que le Salvador ait soulevé la question, la discussion sur la question en Assemblée Générale a été remise à plus tard à l'insistance de la Grande-Bretagne et de l'Inde. Le 23 mai 1951, une délégation Tibétaine allée à Pékin tenir des pourparlers avec les autorités chinoises, a été obligée de signer sous la contrainte, le prétendu " Accord en 17 points ". Sa Sainteté le Dalaï Lama a été contraint de s'échapper en Inde.

 

L'EXPERIENCE DE LA PLACE TIANANMEN

La brutalité des forces coloniales Chinoises peut facilement être mesurée au vu des évènements de la Place TiananMen. Alors que les leaders Chinois ne peuvent pas même entendre la voix de leurs propres citoyens, on peut facilement comprendre ce qui peut être arrivé aux Tibétains. Le Tibet a été sous domination de la Chine communiste depuis 1949. Si la Chine est aussi sincère dans sa bienveillance envers les Tibétains qu'elle le prétend, pourquoi les Tibétains, après 40 ans sous la loi Chinoise, sont-ils toujours des citoyens de seconde classe dans leur propre pays? Pourquoi y a-t-il un flot continu de réfugiés tibétains à travers l'Himalaya, s' ils sont aussi prospères que le prétendent les Chinois?

 

EN CONCLUSION

Toutes ces expériences montrent qu'il n'y a pas d'alternative pour le peuple du Tibet. L'indépendance est la seule option laissée aux Tibétains. Seul un Tibet indépendant peut nous permettre de coexister pacifiquement, de prospérer et de prendre soin de notre propre population. Lorsqu'on regarde l'histoire, la Chine a toujours essayé d'abuser de sa relation avec le Tibet. Elle se distingue en étant probablement coupable de la mort prématurée de plusieurs Dalaï Lamas. Toutes les fois que le Tibet a été sous Régence ou tourmenté politiquement, elle a joué le rôle de Machiavel et a tenté d'en soutirer un avantage politique.

Y compris dans les années 50, Sa Sainteté le Dalaï Lama avait tenté de promouvoir une coexistence pacifique entre les deux nations, et avait essayé différentes formules. Il a même risqué sa vie et est allé en Chine. Les aménagements limités offerts par les Chinois dans " l'accord en 17 points " n'ont pas été honorés par les Chinois eux-mêmes.

Dans les 20 dernières années, réagissant à la doctrine de Deng, une politique d'engagement avec la Chine a été poursuivie par le Gouvernement Tibétain en Exil mené par Sa Sainteté le Dalaï Lama. Sa Sainteté a alors proposé un Plan de Paix en Cinq Points suivi de la Proposition de Strasbourg pour aller dans le sens de la vision Chinoise. Après 20 ans de mission exploratoire et de dialogue, l'accomplissement final est un grand Zéro.

Dans ce scénario, l'Association de la Jeunesse Tibétaine (Tibetan Youth Congress) est vigoureusement engagée à continuer dans plusieurs directions le programme visant à libérer le Tibet de l'emprise coloniale Chinoise. Le soutien international grandissant en faveur du combat Tibétain devrait être en harmonie, dans un engagement tout aussi puissant, avec le peuple Chinois de l'intérieur et de l'extérieur, comprenant les dissidents, les militants des Droits de l'Homme, les érudits, les politiciens, et par-dessus tout, la population Chinoise. Ils doivent être conscients de notre identité culturelle, religieuse et historique bien distincte. Ceci devrait s'accompagner de programmes correspondants à l'intérieur du Tibet occupé.

Ces dernières années nous avons organisé plusieurs dialogues Sino-Tibétains avec nos amis Chinois. L'opportunité d'aujourd'hui est une occasion importante en direction de l'établissement d'une société plus démocratique en Chine. La transformation de la Chine en une société plus démocratique et plus transparente ne résoudra pas automatiquement la question Tibétaine. Mais avec un pouvoir plus humain et plus ouvert, une solution humaine au problème Tibétain pourrait être trouvée, si la responsabilité est endossée par des autorités concernées.

 

TSETEN NORBU, Conférence-Débat "Tian'anmen 10 ans après", Juin 1999. (Traduction : France-Tibet)

 

(L'auteur a été élu Président de l'Association de la Jeunesse Tibétaine (Tibetan Youth Congress), la plus grande Organisation Non Gouvernementale de Tibétains en exil, en 1995, et réélu en 1998. Auparavant il a édité un magazine indépendant publié à Katmandou, au Népal. Il a été le responsable de la Délégation de l'Union Internationale de la Jeunesse Socialiste (IUSY) à la 55ème session de la Commission de l'ONU sur les Droits de l'Homme à Genève en 1999).
En 2001 Kalsang Phuntsok a remplacé Tseten Norbu à la Présidence du TYC.

 

D'après des informations rassemblées par l'administration tibétaine en exil, plus de 1.2 Million de Tibétains sont morts entre 1949 et 1979.

 

Causes de la mort U-Tsang Kham Amdo

Total

Tortures en prison
et camps de travail

Exécutions

Combats, soulèvements

Morts de faim

Suicides

Battus à mort, épuisement

Total


93,560

28,267

143,253

131,072

3,375

27,951

427,478


64,877

32,266

240,410

89,916

3,952

48,840

480,261


14,784

96,225

49,042

121,982

1,675

15,940

299,648


173.221

156,758

432.705

342.970

9,002

92.731

1.207.387

Au total un sixième de la population du Tibet est décédée. On dénombre aujourd'hui plus de Chinois que de Tibétains au Tibet : 7,5 millions contre 5,8 millions.

Tortures et mauvais traitements

La torture est courante dans les prisons du Tibet. Elle accompagne la plupart des interrogatoires. L'objectif est de briser le moral des prisonniers, de les déshumaniser et d'anéantir leur volonté de poursuivre toute activité politique.

Les méthodes de torture comprennent entre autres :
- Décharges de matraques électriques
;
- Chiens féroces lancés contre les prisonniers ;
- Privation de sommeil, de nourriture et d'eau ;
- Menaces d'exécution ;
- Application sur le corps de pelles brûlantes ;
- Exposition à des températures extrêmes ;
- Violences sexuelles...

 

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