Le Drapeau du Tibet

Le Dalaï Lama

Etre en possession d'un drapeau tibétain au Tibet d'aujourd'hui
expose à une peine de prison de 7 ans.

L'origine du drapeau national tibétain remonte au 7ème siècle, durant le règne du grand empereur Song Tsèn Gam Po.
A cette époque le pays était divisé en districts de tailles inégales, chacun d'entre eux militairement protégé aux frontières.
Afin de marquer leur appartenance à un district particulier, les régiments en place arboraient des drapeaux quelque peu différents les uns des autres. Mais sur tous, l'on pouvait déjà y trouver certains des symboles, comme le lion des neiges, qui allaient figurer bien des siècles plus tard sur le drapeau tibétain tel qu'on le connait de nos jours.
C'est à Thubtèn Gyatso (1875-1933), le 13ème Dalaï Lama, que l'on doit la forme définitive de cet emblème du peuple tibétain. Bien au fait des usages de la diplomatie planétaire, ce grand monarque comprit rapidement la nécessité de modifier en profondeur les structures administratives de son pays. Il mit alors en route d'importantes réformes dont l'une consista à donner à la nation un drapeau unique, symbole de l'unité et de la souveraineté du peuple tibétain dans son pays, le Tibet.
( NdR : certains documents indiquent que le Grand 13ème avait prévu l'invasion du Tibet * ).

Les explications qui suivent quant à la symbolique du drapeau tibétain proviennent d'un ouvrage scolaire édité par le "Tibetan Cultural Printing Press" de Dharamsala en 1989.
En position centrale se trouve une somptueuse montagne recouverte par les neiges, symbole de la grande nation du Tibet universellement connu comme étant le "Pays aux Monts Enneigés".
Dans le ciel, les 6 raies rouges sont le symbole des "Six Tribus" qui sont traditionnellement considérées comme étant à l'origine du pays : les "Se", "Mu", "Dong", "Tong", "Dru", et "Ra".

Les 6 raies bleues foncées sont le symbole du ciel.

La combinaison de ces 12 raies, les 6 rouges pour les "ancêtres" et les 6 bleues foncées pour le "ciel", symbolise l'incessante activité déployée par les protecteurs "noirs et rouges" agissant au Tibet afin d'y préserver l'harmonie, tant spirituelle que séculière.
Au sommet de la montagne enneigée, il y a un soleil dont le rayonnement s'étend dans toutes les directions. Il est le symbole de la prospérité ainsi que de la liberté sociale et spirituelle équitablement partagées par tous les habitants du Tibet.
Sur les versants de la montagne se tiennent fièrement deux "lions des neiges" dont la crinière flamboyante est la marque qu'ils ignorent la peur. Ils sont le symbole de la réussite et de l'accomplissement du pays et de ses habitants, tant sur un plan social que sur un plan spirituel.
Les "trois joyaux" qu'ils maintiennent élevés devant eux sont le symbole de l'éternel respect et indestructible confiance que le peuple tibétain conserve à l'égard de ceux qui, dans le Bouddhisme, sont les "Trois Refuges Sublimes": "Le Bouddha, le Dharma et la Sangha".
Entre les deux lions, il y a un joyau coloré composé de deux parties inextricablement enchassées l'une dans l'autre. C'est le symbole de l'attention que porte le peuple tibétain tant à l'étique telle qu'elle est enseignée dans le bouddhisme par l'abandon des "10 actes non-vertueux", qu'à la morale sociale grâce au respect des "16 règles civiques" édictées à l'époque de l'empereur Song Tsèn Gam Po.
Enfin, la bordure jaune au pourtour du drapeau symbolise la diffusion, en toutes directions et à toutes les époques, de la parole du Bouddha dont l'éclat est en tous points semblable à celui de l'or le plus pur !

Thierry Lamouroux, (Traducteur).        

 

* Peu avant sa mort, le XIII° Dalaï Lama adressa un avertissement à son peuple. Prédisant que la puissance grandissante des communistes chinois constituerait une grave menace pour le Tibet, il exhorta les dignitaires tant laïcs que monastiques à "se consacrer inlassablement (...) à la tache de maintenir la structure civile et militaire telle qu'à l'heureuse époque actuelle où tout le pouvoir demeure entre nos mains." Si tous les Tibétains, sans distinction de classe sociale, travaillaient avec enthousiasme à assurer l'unité et le bien-être du pays, il n'y aurait rien à craindre, mais s'ils y manquaient, leur pays était condamné. " Quand viendra ce moment, ajoutait-il, les regrets seront inutiles." (page 121, Le Dernier Dalaï Lama ?, Goodman, Editions Claire Lumière)

Même au détour d'un poème, on peut trouver des métaphores politiques ayant trait au drapeau tibétain: le dalaï-lama est évoqué comme une "montagne sacrée" et le lion des neiges, présent sur le drapeau, symbolise l'indépendance du Tibet. Du coup, les autorités chinoises ont interdit, depuis plusieurs années, d'utiliser ou d'écrire le mot tibétain qui désigne cet animal légendaire. Un écrivain de Lhassa aurait été arrêté en 1997 : la police aurait retrouvé chez lui un texte où figurait ce mot. Il serait toujours emprisonné. (Source: RSF)

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