Les nouvelles de Mars 2001 |
Genève : Appel des Tibétains à J. Chirac
Des Tibétains se sont rassemblés le 30 mars à Genève devant le siège
européen des Nations-unies, pour demander aux dirigeants, en particulier au président Jacques Chirac, de faire condamner la Chine
devant la 57ème session de la Commission des droits de l'homme.
Une centaine de Tibétains, certains enveloppés dans leurs drapeaux, ont manifesté pour les prisonniers politiques et pour leur peuple
soumis à l'occupation chinoise depuis 1959, au moment où le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, s'adressait à la Commission.
451 pancartes ont été plantées portant chacune un numéro et le visage d'un prisonnier politique derrière les barreaux. On ne connaît
pas le nombre exact des prisonniers politiques tibétains, mais les ONG avaient répertorié en décembre dernier 451 noms. Ceux-ci sont
inscrits sur chaque pancarte.
"Les organisations tibétaines de Suisse en appellent aujourd'hui devant les Nations-unies au président de la République française
Jacques Chirac à renoncer à s'opposer à une résolution contre les violations des droits de l'Homme au Tibet", selon un communiqué de
Tibet Media Info, organe de ces organisations.
"Ces dernières années, par peur de porter préjudice aux relations économiques avec la Chine, la France et par la suite les Etats de la
Communauté européenne ont exercé de manière décevante une critique très réservée à l'encontre de la Chine, et ont misé sur une
diplomatie inefficace derrière les portes closes", selon le texte.
L'Union européenne a indiqué que, comme les dernières années, elle ne co-parrainerait pas une résolution que vont présenter les
Etats-Unis devant la Commission, mais qu'elle serait prête à la voter si elle devait être soumise à adoption.
Source : AFP 30 mars 01
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Photos Tenzin Sewo, Genève 30.3.2001, sur la place des Nations devant l'ONU, avec la chaise de Handicap International.
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Tibet Libre : Hommage à 50 Ans de Résistance Non-Violente
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Genre: rock, ska, reggae, electro, hip hop / Label/Distr.: Solidarité Tibet/Yelen
Origines: «Plus nous dépendons des autres - que ce soit en tant que nation, groupe ou individu - plus nous avons intérêt à assurer leur bien être.» (Tenzin Gyatso, XIV éme Dalaï Lama). Depuis l’invasion chinoise de 1949, le Tibet lutte pour son indépendance. Les artistes (écrivains, illustrateurs, musiciens) ralliés à la lutte pacifique du peuple tibétain, font ici une démarche aussi humaniste qu’artistique. A part 2 titres (Raoul Petite et Zenzile), les 15 autres sont des inédits et/ou des remixes au parfum tibétain. Ici des voix, (celle de Kunchok Lama est très belle), là des extraits de rituels. Un ensemble qui rend un hommage léger et non caricatural à l'esprit du Toit du Monde.
Ingrédients: pour le rock et le reggae, Blankass, Silmarils, Burning Heads, Sergent Garcia, Matmatah ou Tryo nous gâtent. Les morceaux électro et/ou dub de Ezekiel, Benjamin Henocq et Pierre de Berthmann ou Kaly Live Dub n’en font pas moins. Harmonieuse, la cohabitation entre dessein humaniste et amour des arts fait qu’au delà de son caractère de BA, cette compile possède ses propres qualités: richesse et diversité. S’aérer la tête, retrouver les groupes qu’on aime, s’offrir des coups de cœur: Dead Pop Club, Orange Blossom, Tip Top Taylor, Trigger… Franchement, foncez, tous les bénéfices iront à Solidarité Tibet. (Acmé)
Dans le même bac: L'Alternative, Les Voix de la Liberté, Solidays
Extraits 30s (RealAudio): Values Revolution, Fantastic Planet, Ouache Away Your Mix
Site officiel: www.tibet-libre.com / http://www.solidaritetibet.org
Source : http://www.mcm.net 30/03/01
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Chine : Les droits de la personne humaine ne s'appliquent pas aux syndicalistes
L'Info-Flash de l'International des services publics (ISP) nous rapporte que malgré la ratification récente par la Chine du Pacte international sur les Droits économiques, sociaux et culturels, ce pays ne reconnaît toujours pas le droit de grève ni la liberté syndicale. La Chine a accepté de ratifier ce Pacte à condition de ne pas être liée par ces libertés fondamentales énoncées à l'article huit du Pacte. La ratification constitue pour la Chine une étape majeure dans son processus d'adhésion à
l'OMC. Au moins, la Chine admet désormais vis-à-vis du monde entier qu'elle ne reconnaît pas les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses. Une délégation de l'ISP se rendra en Chine dans le courant de l'année. Les perspectives d'amélioration de la situation seront au programme de cette visite.
L'Itinérant électronique - La chronique - Vol. 4, no 9, le 29 mars 2001
Le cybermagazine des travailleurs et des travailleuses vous propose une revue hebdomadaire des actualités nationales et internationales du monde du travail et du syndicalisme.
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1 milliard 265 millions de Chinois
Les auteurs du recensement admettent une marge d'erreur de 1,81%.
Libération, par PIERRE HASKI -
Le jeudi 29 mars 2001
Pékin de notre correspondant -
C'est le chiffre qui obsède les Chinois: combien sont-ils? Hier, le verdict du recensement de novembre est enfin tombé: la
République populaire de Chine (hors Hong-kong et Macao) compte officiellement 1,265 milliard d'habitants et reste de loin le pays
le plus peuplé du monde. Un chiffre qui conforte le gouvernement de Pékin dans sa politique controversée de l'enfant unique et permet
d'entrevoir le jour, encore lointain, où la Chine sera détrônée par l'Inde pour ce titre peu envié.
«Population flottante». En présentant ces premiers résultats, Zhu
Zhixin, le directeur adjoint du comité d'organisation du recensement, a admis une marge d'erreur de 1,81 %, c'est-à-dire plus ou moins la
bagatelle de 23 millions de personnes. D'autres experts redoutent qu'elle ne soit plus grande encore, notamment en raison de certains
cafouillages lors des opérations titanesques du recensement - 6 millions de personnes mobilisées -, qui ont vu par exemple 10 millions
d'habitants de la province du Hunan «disparaître» lors d'un premier décompte. Mais aussi en raison de la difficulté de compter avec
précision les dizaines de millions de Chinois de la «population flottante», c'est-à-dire les migrants de la campagne présents sans
permis dans les villes, ou encore les familles qui cachent un deuxième enfant illégal. Malgré ces incertitudes, le résultat est conforme aux
espoirs des autorités, qui imposent depuis deux décennies un seul enfant par famille. Ainsi, selon Zhu Zhixin, le taux de fécondité des
Chinoises est tombé à 1,8 enfant par femme en âge de procréer, contre 4 en 1970. Le ralentissement se poursuit: au cours de la
décennie 90, la population a augmenté en moyenne annuelle de 1,07 %, soit 0,4 % de moins qu'au cours des années 80. Une des
conséquences est le vieillissement de la population: les plus de 65 ans représentent 6,96 % du total, contre 5,57 % dix ans plus tôt.
Principal effet pervers de cette politique, mal vécue par de
nombreuses familles: la proportion de garçons ne cesse d'augmenter, en raison d'avortements provoqués lorsque les échographies -
pourtant sévèrement contrôlées - révèlent que la mère attend une fille. Les nouveau-nés de 1999 comptent 117 garçons pour 100 filles,
contre 111 garçons dix ans plus tôt.
Niveau de vie. Néanmoins, le gouvernement n'entend pas changer de cap. Un livre blanc sur la population, publié en décembre, relevait
«les contradictions entre la population et le développement», et attribuait en partie à la baisse de natalité la forte progression du niveau
de vie des Chinois. Sans politique de contrôle des naissances, «la Chine resterait éternellement pauvre», avait déclaré le
gouvernement.
Dans son match avec l'Inde, qui a passé le cap du milliard d'habitants, Pékin garde donc l'avantage: avec 40 % de femmes en âge de
procréer de plus que l'Inde, la Chine compte avoir 22 % de naissances en moins d'ici à 2018. Et elle espère voir sa population
plafonner à 1,6 milliard d'habitants d'ici quarante ans, laissant alors l'Inde, où le contrôle des naissances est moins strict, la dépasser.
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JO (1). Les associations France-Tibet, Etudiants pour un Tibet libre, Aide à l'enfance tibétaine, etc., lancent cette semaine une pétition pour demander que la candidature de la Chine pour les jeux Olympiques de 2008 ne soit pas retenue, tant que la Chine occupe le Tibet: 50000 cartes seront éditées, à remplir pour les envoyer au Comité international olympique. Rens.: <http://www.tibet.fr/JO.htm>, ou au 06 12 25 95 54.
JO (2). Pas envie de voir débarquer l'artillerie lourde des sponsors et les hordes de supporters dans 7 ans? "Contre l'idéalisme sportif, contre les valeurs réactionnaires de l'olympisme, pour le démantèlement du consensus", le Mouvement critique du sport lance une pétition "Non Paris 2008". Rens.: Mouvement critique du sport, 58, rue de la Bretonnerie, 45000 Orléans.
29/03/01 - Rouge (Journal de la LCR) n° 1916 - Trente-deuxième année
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La Chine s’oppose fermement aux tentatives de sénateurs américains entravant la candidature de Beijing aux J.O de 2008
La Chine s’oppose fermement aux tentatives de certains sénateurs américains empêchant la candidature de Beijing pour les Jeux Olympiques de 2008, a déclaré à Beijing le 23 mars, Sun Yuxi, porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères.
Sun a décrit les intentions du sénateur américain Jesse Helms et d’autres, qui sont obnubilés par la mentalité de la guerre froide et ont des arrière-pensées sous prétexte des droits de l’Homme, comme ‘‘un défi ouvert et un challenger aux principes olympiques.’’
‘‘Une telle comédie fera vomir le peuple du monde entier et les personnalités des milieux sportifs qui sont pour la justice,’’ a-t-il poursuivi.
Le but de la candidature de Beijing à l’organisation des Jeux Olympiques de 2008 est de développer le mouvement et l’esprit olympiques ainsi que de promouvoir la paix, l’amitié et le progrès de l’humanité, selon le porte-parole.
Sun a souligné que toute discrimination contre un pays ou un individu est en contradiction avec l’esprit olympique.
CIIC 2001/03/26 08:56 GMT - China news
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France-Chine : Croissance des échanges économiques et technologiques
La France est l'un des principaux partenaires de la Chine dans les échanges commerciaux et dans l'introduction des technologies pour la Chine.
Ces dernières années, les échanges commerciaux entre la Chine et la France
ont connu une croissance régulière.
Selon les chiffres fournis par les Douanes chinoises, en l'an 2000, le volume du
commerce a créé un record de 7 660 millions de dollars, en augmentation de 14,2%
sur l'année 1999.
Les exportations chinoises ont enregistré 3 710 millions de dollars, en hausse de
26,8%, et les importations, 3 950 millions de dollars, en hausse de 4,4%, avec une
balance en déficit de 240 millions de dollars.
En janvier de cette année, les échanges commerciaux entre les deux pays ont réalisé une valeur de 670 millions de dollars, un accroissement de 33,9% en
base annuelle. la Chine a exporté pour 330 millions de dollars, soit une
augmentation de 24,4%, elle a importé pour 340 millions de dollars, soit une augmentation de
44,8%.
En ce qui concerne les technologies, fin 2000, les deux parties ont signé 1 460
contrats sur l'introduction de technologies pour un montant de 9 040 millions de
dollars. La même année, la Chine a introduit de France 265 projets
techniques pour 660 millions de dollars.
Dans la coopération financière, selon le département d'Europe relevant du Ministère chinois du Commerce extérieur et de la Coopération économique, les
gouvernements chinois et français avaient signé en avril 1985 un premier accord en
vertu duquel le gouvernement français fournira des crédits de développement
au gouvernement chinois, afin de soutenir les entreprises françaises dans leurs
exportations des technologies et équipements vers la Chine.
Jusqu'à la fin de l'an 2000, nos deux gouvernements ont conclu 19 protocoles
financiers et 2 accords sur le don de fonds pour un crédit total de 2,542
milliards
de dollars et avec les contrats valables de 2,448 milliards de dollars.
La France a financé en tout 130 projets chinois dont 115 sont entrés en
vigueur dans l'énergie, les télécommunications, les transports, les matières
premières, les engrais chimiques, le secteur mécanique, le service médical, l'urbanisme et la
protection de l'environnement.
Depuis 1980 à la fin de l'an 2000, les projets à capitaux directement placés
en Chine par la France ont atteint 1 719 pour un fonds contractuel de 5,75
milliards de
dollars, avec un investissement réellement placé de 4,48 milliards de dollars.
En 2000, 136 projets ont absorbé des investissements directs de la France, soit
+20% en base annuelle, pour un fonds contractuel de 636 millions de dollars, en
hausse de 33%, et le capital réellement engagé a atteint 895 millions de dollars,
en hausse de 0,72%.
China news 28/04/01
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Pékin: Verdoiement des tribunes de la porte Tian An Men
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Le
25 mars courant, à partir de 20 h, 4 633 m² d'espace vert sur les tribunes de
la porte de la Paix céleste (Tian An Men) subissent une transformation généralisée.
Les vieux arbrisseaux à fleurs et pelouse sont remplacés par des arbres et
fleurs exubérants et longuement verdoyants, et la pelouse supportant le froid. CIIC 2001/03/27 08:14 GMT - China news |
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Trafic de faux Pokémon en Italie
ROME,
27 mars (Reuters) - La police italienne a annoncé mardi la saisie de 15.000
faux personnages Pokémon, Digimon et autres Dragonball en plastique.
Les contrefaçons, qui apparemment provenaient de Chine, ont été découvertes
dans un camion près de l'aéroport Fiumicino de Rome.
"Les jouets étaient très dangereux pour les enfants," a déclaré un
porte-parole de la police. "Les exportateurs chinois, de connivence avec
les importateurs italiens, avaient fixé des autocollants "Fabriqué dans
l'Union européenne".
Un homme âgé de 41 ans a été arrêté.
Les Pokémon, comme les Digimon et les Dragonball, sont d'abord un jeu de cartes
illustrées par différents monstres que les enfants doivent collectionner. Ils
sont ensuite devenus un dessin animé et un jeu vidéo.
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Spot de pub sur le Toit du monde
Alors que tous les reportages tournés au Tibet le sont d'une manière clandestine, celui qui a eu pour objet une école de guides d'alpinisme à Lhassa ("Envoyé spécial" du 8 mars, France 2) semble avoir bénéficié de toutes les autorisations, peut-être même de toutes bénédictions... de la part de l'occupant chinois. Alors que les personnages semblent faire preuve d'une grande décontraction (...), dans la foule, le champ de la caméra révèle, peut-être à l'insu du réalisateur, d'autres visages, d'autres regards, davantage dubitatifs et gênés : ceux des Tibétains qui subissent au quotidien l'oppression et la censure chinoises. L'auteur du reportage, par sa réputation, son expérience du terrain, semble-t-il, nous invite à lui faire confiance sur le sujet traité, assurément très épineux. Malgré une volonté évidente de prudence et un exposé de la situation qui voudrait être impartial, de nombreux détails laissent à penser que l'auteur ne maîtrise pas son sujet. La preuve de son incompétence est administrée lorsque, interrogé sur son reportage, il en vient à parler de ce Tibet qu'il connaît de toute évidence moins bien que la Chine, en faisant part de sa réflexion sur le retour du Dalaï Lama. Le réalisateur nous apprend que l'homme s'est déjà réincarné, avant même d'être mort, puisque les Chinois, apprend-on, s'occupent actuellement de son éducation patriotique. Peut-être fait-il référence à un autre cas, distinct, celui du Panchen Lama. Cette confusion semble trahir une méconnaissance flagrante de l'histoire et de la culture tibétaines ainsi que des enjeux du sujet. Ce n'est donc pas un reportage impartial qu'il nous a été donné de voir mais un trop long spot publicitaire pour une opération commerciale sur le Toit du monde, dont rien ne sera finalement dévoilé. Il donne cette impression hâtivement rassurante et plus certainement trompeuse que les Tibétains sont libres de décider de leur avenir, et que cette école de guides est là pour leur apporter une aide humanitaire. Pendant ce temps, alors que la répression s'accentue, le tourisme de haute montagne, très prometteur, se développe pour le seul profit des colons chinois et de leurs nouveaux partenaires étrangers. Et, d'ores et déjà, sous couvert et complaisance médiatique (...)
Mathieu Vernerey, président de l'association La Marche du tigre, coordinateur de la Transalpine tibétaine Grenoble (Isère) par courrier électronique
Le Monde Télévision (courrier des lecteurs du Monde) 24 Mars 2001
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Ouverture du 7ème colloque économique franco-chinois à Pékin
Cette rencontre a pour thème les perspectives de développement de nouvelles technologies et de l'industrie de l'information et la possibilité de coopération entre les deux pays dans ces domaines.
Mme Wuyi, conseillère d'Etat de Chine, a déclaré dans son allocution que la Chine et la France, deux grands pays, occupent une importante place sur la scène internationale et leur coopération économique permettraient non seulement promouvoir leur prospérité commune, mais aussi favoriser le progrès et la prospérité dans le monde.
L'ancien président français, Valéry Giscard d'Estaing, a indiqué de son côté que la Chine était devenue non seulement un pôle de stabilité de l'économie d'Asie, mais aussi une composante importante de l'économie mondiale avec son économie de plus en plus forte et sa position internationale nettement rehaussée.
L'Union Européenne, y compris la France, a-t-il ajouté, souhaite développer la coopération économique avec la Chine afin de travailler en commun au progrès mondial.
Yu Xiaosong, président du Conseil chinois pour le Développement du Commerce international, a espéré dans son allocution que le présent colloque pourra servir d'un forum pour l'application de la technologie informatique dans les domaines financier et commercial, ainsi que pour les échanges et la coopération entre les deux pays.
Edouard de Royère, président du Comité France-Chine, a estimé que le thème des nouvelles technologies était d'"une grande actualité" car elles "ont révolutionné nos modes de vie et de communication".
"Il nous faut nous interroger plus en profondeur sur les nouvelles technologies et aussi sur leur utilisation", a-t-il affirmé.
(Plus de 280 représentants d'entreprises chinoises et françaises
ont participé au colloque)
Quotidien du Peuple 2001/03/23
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Chine: le Net dans un drôle de filet
Les artères du réseau sont victimes de la "pêche à l'ancre"
Par EDOUARD LAUNET,
le vendredi 23 mars 2001
La grande saison de la pêche vient de commencer en Chine, et, du coup, les autorités s'inquiètent quant au débit de l'Internet. Le rapport? Ces deux derniers mois, les câbles sous-marins reliant la cyber-Chine au cyber-reste du monde ont été rompus trois fois par des pêcheurs. Et des millions d'internautes se sont retrouvés en rade. Responsable: un nouveau type de filet, lesté par de lourdes ancres. Lors des fortes marées, les filets dérivent, et les ancres se mettent parfois à "chaluter" les câbles sous-marins!
C'est du moins l'explication que vient de donner le Shanghai Daily, selon lequel les autorités chinoises ont décidé de réagir. Non pas en interdisant ces filets (ils ne seront proscrits qu'en 2006), mais en dépêchant des gardes-côtes dans les zones surplombant les câbles, afin d'en écarter les pêcheurs. Cette opération SOS Internet devrait durer trois longs mois. Et nul ne pense qu'elle sera d'une efficacité absolue. La Chine s'attend donc à de nouvelles pannes. Espérons qu'au moins la pêche sera bonne.
A la rame. La dernière coupure en date, le 9 mars, avait été provoquée par la rupture d'une artère numérique reliant Taiwan et Shanghai. Quatre millions d'internautes plantés et dix jours de réparation pour un coût de près de 10 millions de francs (1,5 million d'euros)! Un mois auparavant, c'était le lien entre la Chine et les Etats-Unis qui claquait. 22 millions d'internautes s'étaient retrouvés avec des connexions escargots. La Chine n'est pas la seule touchée. Le 20 novembre, l'un des plus longs câbles du monde (le Sea-Me-We 3, reliant le Sud-Est asiatique à l'Europe de l'Ouest) était cassé au large de Singapour, et les internautes australiens se retrouvaient à ramer.
Près de 1 million de kilomètres de câbles en fibre optique ont été posés dans le fond des mers. La moitié du trafic qu'ils relaient provient du Net.
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Le Falungong à Genève ou la quête tranquille de "manifestants modèles"
Les disciples de Li Hongzhi ont dénoncé pendant trois jours, sur la place des Nations, la répression dont ils estiment être victimes en Chine.
Loin des méthodes des militants anti-OMC, ces manifestants ont suivi à la lettre les directives de la police. Secte ou pas secte, ce mouvement suscite des questions.
Eléonore Sulser Jeudi 22 mars 2001
Assise en tailleur sur la banquette d'un arrêt d'autobus, place des Nations, Yuan Feng ferme les yeux, les bras tendus de chaque côté de son corps. Cette jeune informaticienne chinoise, sortie de Harvard, vit et travaille aux Etats-Unis. Elle est venue à Genève pour manifester contre la répression que subissent en Chine les adeptes du Falungong: "C'est une vraie question de droits de l'homme." Yuan Feng est née dans les faubourgs de Pékin. C'est aux Etats-Unis qu'elle a découvert le Falungong avant d'initier sa famille en Chine. Aujourd'hui, sa mère est en camp de travail, dit-elle, pour avoir pratiqué les exercices de qigong préconisés par Li Hongzhi, l'inventeur de la méthode: "J'ai beaucoup de respect pour les gens qui sont ici", affirme-t-elle, en montrant ses camarades en train de faire leurs exercices à l'unisson, assis dans la boue sous la pluie. "Certains ont sacrifié leurs vacances pour venir ici."
Zhang Erping, porte-parole new-yorkais du mouvement, estime que 1500 adhérents du Falungong ont fait le voyage de Genève pour l'ouverture de la Session des droits de l'homme. Et d'énumérer les pays d'où viennent les participants: Australie, Canada, Etats-Unis, Allemagne, France, Taïwan, Suède, Royaume-Uni et Suisse, évidemment: "Beaucoup des adhérents américains occupent des postes de cadres dans des entreprises ou des universités. Ils ont les moyens de se libérer et de financer leur voyage."
Ils étaient un millier à manifester lundi matin devant les bâtiments de l'ONU, quelque 200 mardi et environ 300 mercredi selon la police cantonale. Des manifestants modèles: "Ils ont toujours suivi nos indications, affirme Eric Grandjean, porte-parole de la police. Ce genre d'action pacifique ne pose aucun problème." André Hediger, conseiller administratif de la Ville de Genève, tire un bilan "tout à fait positif" de ces trois jours de protestation tranquille, malgré la présence d'une délégation chinoise venue dérouler devant l'ONU une grande pétition contre le "culte diabolique". La Chine pare, en effet, le Falungong de tous les vices et mène une lutte féroce contre l'organisation depuis que plus de dix mille de ses adeptes se sont silencieusement rassemblés devant Zhongnanhai, le siège du pouvoir chinois à Pékin, le 25 avril 1999. "Cette étonnante capacité de mobilisation a certainement fait très peur au pouvoir chinois", relève Antoine Kernen, chercheur sur la Chine contemporaine à l'Université de Lausanne. A Genève également, la manière dont le mouvement a mis sur pied ces manifestations a impressionné les autorités. André Hediger s'avoue surpris. "C'est une organisation avec des relations internationales, mondiales!" qui diffuse largement ses informations: "Nous recevons une avalanche de fax du Falungong presque tous les jours." Trop tôt pour se prononcer
Capacité à mobiliser, puissance d'information, des caractéristiques du Falungong que souligne également Me François Béranger, expert pour la question des dérives sectaires au Département de justice et police. "Le public se pose beaucoup de questions sur la nature de ce mouvement. Ce qui est certain, c'est que les adeptes en Suisse tiennent un discours très posé, très calme. On peut également constater qu'en Chine la répression menée par les autorités est très forte. Savoir ensuite s'il s'agit ou pas d'un mouvement sectaire comme l'affirme le gouvernement chinois, la plupart des observateurs estiment qu'il est trop tôt pour se prononcer." Pour Zhang Erping, la capacité de mobilisation des adeptes n'a rien de mystérieux. "Nous utilisons Internet pour tenir nos membres au courant. Ils décident eux-mêmes de venir." Richard Legrand, un Français des Antilles, parti de Guadeloupe pour venir à Genève, confirme: "Personne ne m'a dit de venir de telle date à telle date. On ne m'a pas dit non plus comment faire. J'ai pris un vol pour Paris. Et de là un bus, affrété par les gens du Falungong jusqu'ici. Nous avons partagé les frais. Nous dormons à l'Auberge de jeunesse. Je repars jeudi." Pour Richard Legrand, le voyage se termine, mais d'autres adeptes vont se retrouver à Stockholm. Il s'y tient dès vendredi un grand Sommet de l'Union européenne, le Falungong fait partie des organisations qui ont demandé à pouvoir manifester en marge de la réunion.
LeTemps: GENEVE
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Chine: les privilégiés dans la mire du PC
Epouses et enfants de cadres désormais interdits de certaines professions.
Par PIERRE HASKI, Libération, le jeudi 22 mars 2001
Un économiste chinois a chiffré l'ampleur des détournements en Chine à quelque 8% du PIB. Pékin de notre correspondant
a semaine dernière, devant les députés chinois, Li Peng, le numéro deux du régime communiste, avait lancé un avertissement: "Si nous ne parvenons pas à combattre la corruption et à construire un gouvernement propre, nous risquons la destruction du parti et de l'Etat." Hier, le Quotidien du peuple, l'organe du Parti communiste, a publié une directive visant à montrer à l'opinion que le pouvoir est sérieux dans sa volonté de faire le ménage: elle interdit un certain nombre de professions et de secteurs d'activité aux épouses et aux enfants des responsables provinciaux.
Remise au pas. Le décret de la Commission de discipline du parti les exclut désormais du secteur immobilier, des lieux de plaisir comme les boîtes de nuit, les bars karaoké ou les saunas, ou encore d'exercer les professions d'avocat ou de consultant dans des domaines liés à l'activité du responsable. "Ceux qui sont déjà engagés dans de telles activités devront les quitter ou leurs parents devront démissionner de leurs fonctions officielles. En cas contraire, ils seront punis par le département concerné", précise le décret. Cette mesure vise à remettre au pas les dirigeants des régions, dont de nombreuses affaires récentes ont montré qu'ils avaient usé de leur pouvoir et de leur éloignement de la capitale pour faire fructifier leur affaires privées. Ce fut en particulier le cas dans la province du Fujian, dans le sud-est, ou du Liaoning, dans le nord, théâtres de scandales retentissants. Un économiste chinois a chiffré l'ampleur des détournements en Chine à quelque 8 % du PIB!
Dès hier, toutefois, cette mesure s'est heurtée au scepticisme ambiant. Sur l'Internet chinois, les forums de discussion ont d'abord laissé filtrer le doute, avant d'être rapidement "nettoyés" de toute observation critique. Pendant quelques heures, on a ainsi pu lire: "C'est le centième règlement de ce genre depuis 1949, ça ne sert à rien", "il faut inclure les frères et sœurs, et les petits-enfants", "il faut que le peuple surveille", "les familles des cadres n'ont pas besoin d'afficher leur rôle dans les sociétés, elles peuvent rester dans l'ombre"...
Enquête. Un internaute interrogeait même: "Huaneng Power, c'est à qui?", une allusion à une société dirigée par le propre fils de Li Peng, autour de laquelle flotte depuis quelques semaines le parfum du scandale. Une enquête vise en effet le secteur énergétique, fief du président de l'Assemblée. Une question qui vise aussi à mettre en évidence une faiblesse du décret: les dirigeants nationaux sont épargnés, à commencer par le président Jiang Zemin dont le fils, Jiang Mianheng, est très actif dans le secteur de la haute technologie, ou celui du Premier ministre Zhu Rongji, dans la finance. Le rôle de la "clique des princes" est controversé depuis le début des réformes économiques en Chine, la plupart des fils des dirigeants communistes s'étant reconvertis, avec une impunité absolue, dans le business. Nombre d'entre eux mènent un train de vie extravagant, et leurs affaires ne sont pas toujours transparentes.
Abstentions. La semaine dernière, les députés chinois, plutôt dociles, ont critiqué indirectement la manière dont la lutte contre la corruption était menée, lors du vote des rapports d'activité de la Cour suprême et du procureur de la République, largement consacrés à ce sujet. On a ainsi compté des votes négatifs ou des abstentions de l'ordre de 30 %, alors que le principal document politique et le Xe plan quinquennal recevaient près de 100 % d'approbation.
Depuis le début février, Jiang Zemin et le parti font campagne sur le thème du "gouvernement par la loi et par la vertu": un concept confucéen visant à rétablir l'image d'un personnel politique dévalorisé par les "affaires". Malgré leurs efforts, ils se heurtent, pour l'instant, à une opinion qui n'y croit pas.
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C'est ce qu'a déclaré M. Zhu Bangzao, porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse tenue mardi après-midi 20 mars.
Selon M. Zhu, la décision prise le 19 mars par les ministres des Affaires étrangères de l'UE est favorable au dialogue et aux échanges entre la Chine et l'UE sur les droits de l'Homme.
IL a aussi appelé l'UE à adopter objectivement et équitablement la situation des droits de l'Homme en Chine et à jouer un r?le positif et constructif au cours de la session annuelle de la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU.
"Gouverner le pays en vertu de la loi" figure dans la Constitution chinoise. La Chine a adopté un bon nombre de mesures visant à promouvoir la démocratie et l'édification de la légalité. Elle protège toujours les droits de l'Homme, respecte les principes généraux s'y rapportant et fait des efforts pour améliorer la situation des droits de l'Homme et le bien-être du peuple chinois, a fait remarquer le porte-parole.
Quotidien du Peuple 2001/03/22
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Chine : Un journaliste d'investigation du Shaanxi retrouvé la gorge tranchée
La police conclut à un suicide
Dans une lettre adressée au gouverneur de la province du Shaanxi (sud-ouest de Pékin), Cheng Andong, Reporters sans frontières (RSF) a exprimé sa vive préoccupation après l'assassinat de Feng Zhaoxia, journaliste d'investigation au quotidien Gejie Daobao publié à Xi'an. RSF a demandé au gouverneur de faire en sorte que l¹enquête de police soit réouverte afin d'établir les motifs exacts de cet acte, d'identifier et de juger les responsables. "La thèse du suicide est vivement contestée par la famille du journaliste et sa rédaction. Ce doute doit conduire les autorités à rouvrir l'enquête et ne pas couvrir le crime d'un journaliste courageux", a expliqué Robert Ménard, le secrétaire général de l¹organisation.
Selon des enquêtes publiées par le quotidien de Canton, Yangcheng Wanbao, et par le journal de Hong Kong, Ming Pao, Feng Zhaoxia, journaliste du quotidien Gejie Daobao, publié dans la ville de Xi'an, a été retrouvé mort, le 15 janvier 2001, dans le district de Sanqiao, la gorge profondément tranchée. Une semaine après la découverte du corps, la police a conclu à un suicide malgré les affirmations de sa famille, de ses collègues et d'associations de journalistes locaux qui affirment qu'il s'agit d'un assassinat lié aux articles publiés par le journaliste. En effet, Feng Zhaoxia avait enquêté sur les activités de groupes mafieux locaux et avaient dénoncé les connivences entre ces groupes et certaines autorités. Selon son épouse, Feng
Zhaoxia, âgé de 48 ans et père de deux enfants, n'avait aucune raison de se suicider. La veille de sa disparition, le journaliste a reçu un appel téléphonique. Il est sorti de chez lui et n'est jamais rentré. Par ailleurs, le corps portait de profondes entailles à la gorge et il semble peu probable que la victime ait pu se taillader de la sorte.
La famille et les collègues du journaliste, indignés par les conclusions hâtives de la police, ont déjà demandé que le dossier soit réouvert et qu'une enquête sérieuse soit menée. Par ailleurs, le département public de l'information de la province a interdit quelques jours après le crime que de nouveaux articles soient publiés sur ce cas.
RSF le 22 mars 2001
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Un enfant américain de cinq ans détenu un mois
PEKIN, 21 mars (AFP) - Un enfant américain âgé de cinq ans a été détenu au
secret et séparé de ses parents pendant près d'un mois par la police chinoise qui continue à interroger sa mère, soupçonnée "d'atteinte à la
sécurité de l'Etat", a-t-on appris mercredi à Pékin de source officielle.
Andrew Xue, 5 ans, a été arrêté en compagnie de ses parents à l'aéroport de
Pékin le 11 février alors qu'il s'apprêtait à regagner les Etats-Unis après
un séjour de trois semaines en Chine, a annoncé depuis New York l'organisation Human Rights in China
(HRIC).
Dans un communiqué, HRIC a expliqué que l'enfant, né aux Etats-Unis, est citoyen américain, tandis que ses parents, citoyens chinois, sont en attente
de la nationalité américaine. Tous trois ont été détenus séparément avant
que l'enfant soit finalement relâché et remis à son père le 8 mars. Ils ont depuis regagné les
Etats-Unis.
Mais la mère, Gao Zhan, une sociologue de l'American University de Washington, reste en détention. Elle est soupçonnée "d'activité menaçant la
sécurité de l'Etat", a indiqué une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, sans plus de précision.
HRIC a précisé que l'enfant et son père "ont été séparés et détenus pendant
26 jours dans un endroit inconnu. Andrew n'a pas été autorisé à entrer en contact avec ses parents ni ses grands-parents pendant cette période".
L'organisation a ajouté que les Etats-Unis n'ont pas non plus été alertés de
la détention d'un ressortissant américain, un élément confirmé par l'ambassade des Etats-Unis à Pékin.
(...)
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Création du fonds de recherche sur les droits de l'homme
L'état des droits de l'homme et son amélioration constituent, à l'heure actuelle, l'un des problèmes cruciaux de notre époque. Après la fondation de la Chine nouvelle et surtout depuis la réforme et l'ouverture, l'état des droits de l'homme en Chine a connu un changement qualitatif et s'est beaucoup amélioré. De plus en plus nombreux sont ceux qui y prêtent attention, voire se sont lancés dans la cause des droits de l'homme.
Par conséquent, la Fondation pour le développement des droits de l'homme a entamé dès le début de l'année les préparatifs pour la création du fonds de recherche sur les droits de l'homme et collecté une centaine de sujets de recherche auprès des instituts de recherche chinois et des groupements concernés, qui ont été soumis à la sélection du Comité scientifique.
Le Comité scientifique est composé de chercheurs de plusieurs universités telles que de l'Université de Qinghua et de l'Université de Beijing, d'experts de la Fondation ainsi que de responsables du département compétent. A part la collecte de sujets de recherche et la détermination des crédits à accorder, le Comité a pour tâche d'expertiser le niveau de recherche et de décerner un prix aux chercheurs les plus méritants.
Quotidien du Peuple 2001/03/21
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Plus de 1.200 personnes exécutées en Chine en 1999
PEKIN, 21 mars (Reuters) - La Chine a exécuté plus de 1.200 personnes en 1999, un record en la matière, rapporte l'association de défense des droits de l'homme Amnesty International dans son étude annuelle rendue publique mercredi.
Amnesty, dont le siège se trouve à Londres, précise que les 1.263 exécutions et 2.088 condamnations à morts qu'elle a pu confirmées ne représentent qu'une fraction du chiffre réel, puisque ce sont celles annoncées officiellement. "Ces chiffres minimaux pour 1999 révèlent un Etat qui condamne à mort, en moyenne, plus de 40 personnes par semaine et - sur l'ensemble des années 1990 - a exécuté plus que le reste du monde dans son ensemble", déclare l'association.
Amnesty indique avoir confirmé 27.599 condamnations à mort et 18.194 exécutions entre 1990 et fin 1999, soit une moyenne annuelle de 2.759 condamnations à la peine capitale et de 1.802 exécutions confirmées.
Dans ce rapport, l'association dénonce également les procès inéquitables et les les confessions obtenues sous la torture, les exécutions sommaires au cours d'opérations policières et les exécutions de prisonniers politiques dans la région de Xinjiang, où existe un fort mouvement séparatiste musulman.
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La session de la Commission des droits de l'homme de l'ONU s'ouvre dans un climat tendu
LE MONDE,
19.03.01
Les autorités helvétiques ont cédé aux pressions de la Chine pour éviter que l'ouverture de la session annuelle de la Commission des droits de l'homme des Nations unies, à Genève, lundi 19 mars, soit l'occasion d'une manifestation en faveur de la secte interdite à Pékin, Fa Lun Gong. La nervosité de plusieurs autres pays, dont l'Iran et la Tunisie, sur d'éventuelles critiques à leur endroit va alourdir l'atmosphère des travaux.
GENÈVE de notre correspondant
Echaudées par le souvenir d'un esclandre suscité par des sympathisants pro-tibétains lors d'une visite officielle du président chinois, Jiang Zemin, à Berne en mars 1999, les autorités genevoises ont cédé aux injonctions de Pékin. L'autorisation accordée aux membres suisses de la secte chinoise interdite Fa Lun Gong de manifester en silence, lundi 19 mars, devant le Palais des nations a été révoquée en hâte en fin de semaine. Juste à temps pour éviter ce " comité d'accueil " pour l'ouverture, ce même jour, de la 57e session de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, qui se prolongera jusqu'au 27 avril.
En multipliant les " visites de courtoisie " auprès des fonctionnaires locaux, notamment afin de leur remettre une pétition signée " bénévolement par un million de personnes " à l'appui de la répression gouvernementale, les émissaires chinois ont obtenu gain de cause. " La ville de Genève se déculotte devant la Chine ", titre explicitement l'hebdomadaire Dimanche. ch. " Les Chinois, confie un diplomate suisse, savent très bien mettre les points sur les "i"en invoquant les conséquences possibles sur les relations entre nos pays. "
Ces préliminaires controversés augurent mal d'éventuels progrès lors des débats. Déjà l'ambiance est tendue en raison de l'entrée parmi les 53 membres de la Commission de nouveaux venus comme l'Algérie, la Syrie, la République démocratique du Congo, le Vietnam et l'Arabie saoudite, eux-mêmes peu soucieux du respect des droits de l'homme. Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) s'en inquiètent. D'avance, l'Iran a rejeté le rapport du représentant spécial en le qualifiant de " propagande contre la République islamique ". La Tunisie s'est élevée contre Amnesty International qui lui reproche " une escalade sans précédent du harcèlement " des défenseurs des droits de l'homme.
Mary Robinson, haut-commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, devait ouvrir les feux sur les multiples dossiers brûlants qui figurent à l'ordre du jour : Afghanistan, Tchétchénie, Iran, Irak, plus traditionnellement Israël et les Palestiniens, Kosovo et ex-Yougoslavie, Soudan, l'Afrique des Grands Lacs, Sierra Leone, mais également Cuba, Birmanie, Indonésie et Chine. Dans les couloirs du palais, observateurs et fonctionnaires s'accordent à constater que le gouvernement de Pékin a battu le rappel du ban et de l'arrière-ban de ses fidèles pour se prémunir contre toute tentative des pays occidentaux de le mettre sur la sellette.
VISITE DE M. CHIRAC
Face à cette machine bien huilée, les autres membres de la Commission ne font guère le poids et même l'Union européenne (UE) reste divisée. Prévue le 30 mars, le même jour que celles de Joseph Kabila et de Kofi Annan, la visite de Jacques Chirac permettra peut-être de dissiper le malaise. Pour l'instant, seul le ministre danois des affaires étrangères s'est enhardi à déclarer publiquement que son pays ferait " ce que fera l'UE, qui ne compte pas critiquer le régime de Pékin " à la commission. Pourtant, bon nombre de parlementaires de la Communauté considèrent qu'il est grand temps de demander des explications à Pékin pour les atteintes continues aux droits de l'homme en Chine et au Tibet. Le président américain George Bush avait récemment fait savoir que son administration serait favorable à une résolution rappelant Pékin à l'ordre, mais nombreux sont ceux qui doutent de sa détermination.
Le Conseil œcuménique des Eglises, dont le siège est à Genève et qui regroupe 342 églises protestantes, anglicanes et orthodoxes, estime que " la liberté religieuse est l'un des thèmes les plus sensibles " de la session de la commission. D'ailleurs, le 26 mars, la journée entière sera consacrée à un débat sur la tolérance et le respect, d'autant plus nécessaires que de sérieux tiraillements apparus lors des travaux préparatoires pourraient hypothéquer la tenue même de la Conférence mondiale contre le racisme, convoquée début septembre à Durban en Afrique du Sud.
Jean-Claude Buhrer
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Mary Robinson ne sollicitera pas de nouveau mandat
LE
MONDE, 19.03.01
La Haut Commissaire aux droits de l'homme dénonce le peu de moyens qui lui ont été accordés.
La Haut Commissaire aux droits de l'homme, Mary Robinson, a annoncé lundi 19 mars, à l'ouverture de la session annuelle de la Commission des droits de l'homme, ne pas vouloir renouveler son mandat en septembre 2001. Elle a évoqué comme principale raison les "contraintes" et les "difficultés" de son action résultant principalement du manque de ressources de ses services. La nouvelle a fait l'effet d'un coup de tonnerre.
A la fin de son discours officiel, Mme Robinson, nommée par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, en septembre 1997, a indiqué qu'elle ne briguerait pas un second mandat, sans donner de raisons précises. "Ma tâche a été extrêmement difficile et lourde de défis, mais aussi incroyablement gratifiante", a-t-elle déclaré en préambule de cette annonce. Auparavant, elle avait évoqué les problèmes d'effectifs de ses services, graves et structurels. Leur charge de travail augmente considérablement, sans commune mesure avec l'augmentation du budget. Conséquence, une pression injuste sur beaucoup de ses collaborateurs, aggravée par la précarité de leurs conditions de travail en raison de contrats de courte durée et pas de perspective d'avenir. "Cela m'ennuie profondément", avait-elle commenté.
Au cours d'une conférence de presse, Mme Robinson est revenue sur les conditions de son départ : "Les principales contraintes que nous rencontrons au sein du Haut Commissariat résultent du fait que nous avons un mandat très vaste et très ambitieux, la promotion et la protection des droits de l'homme, et pourtant nous recevons moins de 2% du budget global de l'ONU", a-t-elle déclaré. En 2000, le Haut Commissariat a reçu 44 millions de dollars de contributions volontaires, deux fois la somme qui lui est allouée sur le budget de l'ONU.
"J'ai l'impression qu'il existe un grand fossé entre les belles paroles servies par tant de représentants des gouvernements parlant des droits de l'homme et le fait d'allouer moins de 2% du budget principal de l'ONU à l'action en faveur des droits de l'homme", a-t-elle dit. "Cela m'a gênée énormément et cela continue de me gêner", a-t-elle dit. Il faut, selon elle, davantage de moyens pour les rapporteurs spéciaux et les experts, désignés par la Commission des droits de l'homme, et qui parcourent inlassablement le monde pour vérifier les innombrables allégations d'exactions.
Quelque chose doit changer dans ce domaine et Mme Robinson compte s'y employer, estimant dorénavant être plus utile à l'extérieur du système, qu'à l'intérieur. "Je ne serai pas loin des droits de l'homme", a-t-elle ajouté en soulignant que sa décision de partir avait été "très difficile" à prendre.
L'ancienne présidente irlandaise a rendu hommage à l'actuel secrétaire général de l'ONU pour son action en faveur des droits de l'homme. "Celle-ci a porté ses fruits, cela est aisé à voir", a ajouté la Haut Commissaire qui a toujours mis l'accent, pour sa part, sur la nécessité de s'"opposer aux tyrans" et d'avoir son franc-parler.
En attendant cette fin de mandat, Mme Robinson et son équipe du Haut Commissariat vont consacrer tous leurs efforts à la préparation de la Conférence mondiale contre le racisme de Durban (Afrique du sud), du 31 août au 7 septembre prochains, à laquelle elle compte donner la priorité pendant les cinq prochains mois.
Avec AFP
La femme du jour : Mary Robinson
Etre Irlandaise, catholique et avoir un époux protestant c'est déjà un programme politique et une éthique de la tolérance. Mary Robinson, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a annoncé hier à Genève qu'elle ne renouvellerait pas son mandat, ce qui a surpris et déçu, tant elle était parvenue à imposer sa personnalité dans l'un des secteurs sensibles de la politique des Nations unies. Avocate, diplômée à la fois d'Oxford et de Harvard, cette militante des droits de l'homme de toujours avait été élue en 1990 à la fonction de présidente de la République d'Irlande. Le poste est honorifique mais elle lui donnera un véritable poids en serrant publiquement en 1993 la main de Gerry Adams, le leader du Sinn Fein. Famine en Somalie, massacres au Rwanda. Elle y va, tente d'agir, y parvient parfois mais elle échoue devant les Russes vis-à-vis de la Tchétchénie, devant Pékin pour le Tibet, au Proche-Orient pour Israël et la Palestine tout en s'essayant à manier les langages de la diplomatie. C'est peut-être pour cette même raison qu'elle part avec la volonté de retrouver une liberté d'action et d'expression entravées. Au fait, de quelle religion sont ses trois enfants ?
M. U. : L'Humanité, 20 Mars 2001 - INTERNATIONAL
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Chine : Shijiazhuang, entre rage et deuil
Un ex-ouvrier licencié soupçonné des attentats qui ont fait 108
morts
Par PIERRE HASKI, le lundi 19 mars 2001
Ville interdite aux journalistes
La police chinoise a tenté, depuis vendredi, d'interdire l'accès à la capitale du Hebei aux journalistes autres que ceux de la presse officielle. Des barrages ont été installés aux principaux accès de la ville, refoulant systématiquement les envoyés spéciaux étrangers venus de Pékin, selon un scénario bien rodé en vigueur à chaque catastrophe. Ce fut ainsi le cas lors de l'explosion d'une école primaire, dans le sud de la Chine il y a dix jours (lire Libération du 14 mars). L'envoyé spécial de Libération, parvenu malgré tout sur les lieux mêmes de l'attentat de Shijiazhuang, a été interpellé par les policiers qui l'ont ensuite refoulé vers Pékin. Non sans avoir détruit les photos qu'il avait prises sur place. P.H.
Shijiazhuang envoyé spécial
L'homme, tout de blanc vêtu comme le veut la tradition chinoise du deuil, arbore deux banderoles verticales, une dans chaque main, et marche d'un pas décidé: direction la mairie. Sur des bouts de tissus, il a simplement écrit: "Une explosion, plus de cent morts, une famille a perdu six personnes." Cette famille c'est la sienne: parti en voyage, il est le seul rescapé de l'attentat qui a visé vendredi un immeuble de logements ouvriers à Shijiazhuang, la capitale de la province du Hebei, à quelque 250 km au sud-ouest de Pékin (lire Libération du 17 mars). De sa grand-mère de 92 ans à son fils de 9 ans, il sont tous morts, ensevelis sous les décombres de l'immeuble de cinq étages qui s'est aplati comme un château de cartes. Une foule de vélos et de piétons emboîte le pas à cet homme en colère, formant une manifestation spontanée à travers les rues de Shijiazhuang. Sa revendication est simple, digne: il réclame une salle pour honorer selon la tradition les corps de sa famille avant de les incinérer comme l'exige la loi chinoise.
"Les corps de mes parents sont encore par terre, je n'ai pas d'endroit où les mettre. Je veux une chambre de deuil", dit-il. Toujours sans réponse des autorité trente-six heures après l'explosion, il a décidé de hurler sa rage. Arrivé devant la mairie du district, il reste quelques minutes devant la grille close, et crie en direction des bureaux vides: "Vous dites à la télévision que vous vous occupez de notre réconfort. Vous mentez. Personne ne me répond." Un des manifestants venu le soutenir commente: "Il s'est passé quelque chose de grave, mais les cadres sont en week-end..."
Récompense. Shijiazhuang est véritablement sous le choc après la quadruple explosion de vendredi à l'aube, qui a fait, selon le dernier bilan officiel, 108 morts et 38 blessés, le plus grave attentat de l'histoire de la Chine populaire. La police a désigné samedi un suspect numéro un: Jin Runan, un ancien ouvrier de l'usine textile numéro 3 où travaillaient la plupart des victimes, déjà accusé du meurtre de sa fiancée début mars. Cet homme de 41 ans, qui souffre de surdité, a été limogé de l'entreprise en 1983 pour "vandalisme", mais il disposait toujours d'un logement dans l'immeuble numéro 16, détruit vendredi. Sa photo a été affichée et une récompense de 50000 yuans (45000 francs) a été promise pour toute information conduisant à sa capture. Les autorités n'ont toutefois pas donné la moindre indication sur les raisons pour lesquelles elles le soupçonnent, ni même comment un homme seul aurait pu mener à bien une opération aussi ambitieuse: quatre explosions simultanées en quatre lieux différents, dont l'une suffisamment professionnelle pour détruire un immeuble entier. L'hypothèse d'un gang mafieux ou d'un règlement politique local semblait plus approprié à l'ampleur du geste, mais ce n'est visiblement pas la piste privilégiée par la police.
La population de Shijiazhuang défile en silence depuis vendredi dans la cité ouvrière où se trouve le principal immeuble détruit. L'ampleur du drame les dépasse. Ici, on travaille de père en fils dans cette vieille industrie d'Etat en perte de vitesse, et on habite toujours ensemble, une survivance de l'époque maoïste. Ce sont donc des familles entières qui ont été fauchées, comme en témoignent ces seize couronnes de fleurs du clan He, devant un immeuble voisin: un hommage d'une autre partie de la famille vivant de l'autre côté de la ruelle. "Il y avait également des joueurs de mah-jong venus du voisinage, et qui sont morts comme ils se trouvaient au moment de l'explosion: autour d'une table, la main sous le menton", témoigne un homme. Les voisins ont tous cru à un tremblement de terre, et les déflagrations ont été entendues à l'autre bout de cette capitale provinciale de 1,3 million d'habitants.
Acte "antisociété". Dans les groupes de discussion informels qui se forment à quelques mètres des décombres gardés par la police, l'incompréhension domine: "Il n'y avait pas de cadre important dans cet immeuble, simplement des ouvriers. Pourquoi se venger contre le petit peuple, même si on est vraiment mécontent?", dit un retraité. Ignorant encore l'identité du "suspect numéro un", les passants parlent d'un acte "antisociété": "Il y a une telle corruption, même les plus hauts dirigeants de la province sont corrompus", lance un ouvrier. Le maire de la ville, Zhang Erchen, a été limogé il y a quelques mois seulement, accusé de "crime économique". La population vit d'autant plus mal cette corruption rampante que Shijiazhuang, une ville industrielle et polluée, subit de plein fouet les restructurations des entreprises d'Etat, et donc la montée du chômage.
Terrorisme. Ce contexte économique et social difficile ne suffit sans doute pas à lui seul à expliquer cet attentat. Les actes de terrorisme enregistrés par le passé ont surtout été l'œuvre de militants ouïgours de la province du Xinjiang. Mais la Chine a connu d'autres gestes désespérés, comme cet attentat-suicide d'un militaire dans la gare de Pékin en 1980, faisant dix morts, ou, plus récemment, en juin 2000, cette attaque à la bombe dans une mairie perpétrée par un employé accusé de corruption. Les habitants de Shijiazhuang se demandent aujourd'hui à quelle motivation a obéi le ou les auteurs de leur tragédie, et surtout s'il y en aura d'autres.
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Les droits de l'homme dans l'impasse
La présence de certains pays à la Commission de l'ONU la rend inefficace
Par PIERRE HAZAN
; Libération le lundi 19 mars 2001
"Beaucoup de résolutions étant adoptées par consensus, cela revient de facto à donner un droit de veto aux gouvernements qui devraient être mis en accusation!" Reed Brody, de Human Rights Watch
Genève de notre correspondant
a Commission des Nations unies pour les droits de l'homme, réunie en session annuelle à partir d'aujourd'hui, aura encore du mal à être "la conscience morale de la communauté internationale" qu'elle prétend être. Car, renouvellement oblige, des pays guère connus pour leur respect des droits de l'homme - Libye, Syrie, Arabie Saoudite, Algérie, Viêt-nam... - font partie cette année des 53 Etats membres de la Commission. De quoi s'inquiéter, comme le relève Reed Brody, de Human Rights Watch: "Ces gouvernements ont tout fait pour siéger à la Commission. Ils savent que c'est encore le meilleur moyen de prévenir toute mise en accusation de leurs pratiques. Beaucoup de résolutions étant adoptées par consensus, cela revient de facto à donner un droit de veto aux gouvernements qui devraient être mis en accusation! Comment imaginer, par exemple, que la Syrie accepterait de s'autoaccuser?"
Dans ce climat, le dossier de la Palestine sera explosif. Le débat sur le conflit israélo-palestinien risque non seulement de cristalliser la tension sur d'autres sujets "chauds" ayant trait au Moyen-Orient, comme la situation en Irak et en Iran, mais aussi menace de "pourrir" l'atmosphère générale des discussions. "Il n'y a aucune négociation en cours, aucun espoir en vue d'un règlement. Du coup, la Commission des droits de l'homme va devenir l'exutoire de la frustration du monde arabo-islamique", s'inquiète-t-on. Quelques émissaires ont contacté des ambassadeurs des pays arabes modérés pour qu'ils tentent de freiner les plus radicaux. Mais cette tentative n'a guère donné de résultats.
Positions minimalistes. Pour noircir encore le tableau, les Européens, traditionnels moteurs de la Commission, ont mis beaucoup d'eau dans leur vin. Antoine Bernard de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) relève: "Au nom de la défense de leurs intérêts politico-économiques, ils ont tendance à s'aligner sur les positions les plus minimalistes parmi les Quinze." Exemples flagrants: la guerre de Tchétchénie et la situation en Chine. Toutes les grandes organisations non gouvernementales dénoncent "l'humiliation et le camouflet" infligé par Moscou à la Commission des droits de l'homme, "les Russes avaient promis une enquête nationale sur les exactions, d'identifier les responsables des crimes, de permettre l'accès de la Tchétchénie à des observateurs... rien n'a été fait", explique Antoine Bernard. Reed Brody ajoute: "Il n'y a pas si longtemps, les forces russes semaient la terreur par les bombardements. Aujourd'hui, la seule chose qui a changé, c'est le fait que désormais, ce sont des hommes cagoulés qui terrorisent la population civile et qui continuent de se livrer à des crimes. La Commission des droits de l'homme de l'ONU a une obligation morale d'agir", plaide-t-il.
Quant à la Chine, les Européens s'étaient retranchés ces dernières années sur "le dialogue constructif" avec Pékin pour éviter toute confrontation. Mais de l'aveu général, les résultats sont décevants. Quant à la nouvelle administration Bush, elle a déjà déclaré qu'elle soumettrait un projet de résolution pour condamner les violations des droits de l'homme commises en Chine. Mais beaucoup d'observateurs se demandent si Washington va véritablement faire un travail de lobbying pour que cette résolution passe, ou s'il ne s'agit pas plutôt "d'un show destiné à la galerie, histoire de satisfaire l'opinion publique américaine".
Libertés brimées. De son côté, Amnesty International entend mettre les projecteurs sur l'Arabie Saoudite qui n'a jamais été épinglée, en dépit d'une discrimination sexuelle institutionnalisée et d'une liberté religieuse et d'expression brimées. Mais les intérêts économiques en jeu sont tels que Riyad, membre éminent de la Commission, devrait échapper à toute condamnation....
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La cuvée 2001 de la Commission des droits de l'homme s'annonce particulièrement mal
ONU. Certains des Etats les plus liberticides du monde vont avoir le droit de siéger cette année, avec un droit de veto, tandis que les Occidentaux sont donnés aussi frileux que d'habitude.
Pierre Hazan, LeTemps.ch : Lundi 19 mars 2001
«Ça sera dur, très dur», confie un diplomate européen. La Commission des Nations
unies pour les droits de l'homme qui débute ses travaux ce lundi risque d'être celle
de tous les dangers. Loin d'être «la conscience morale de la communauté internationale», sa cuvée 2001 pourrait n'être «ni très productive, ni très objective»,
met en garde Antoine Bernard, de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH). Car, renouvellement oblige, des pays connus pour leurs atteintes
aux libertés – la Libye, la Syrie, l'Arabie saoudite, l'Algérie, le Vietnam... – font
partie cette année des 53 Etats-membres de la Commission. De quoi s'inquiéter,
comme le relève Reed Brody, de Human Rights Watch: «Ces gouvernements ont tout fait pour siéger à la Commission. Ils savent que c'est encore le meilleur moyen
de prévenir toute mise en accusation de leurs pratiques. D'autant que beaucoup de
résolutions qui épinglent les Etats sont adoptées par consensus, ce qui revient de
facto à donner un droit de veto aux gouvernements qui devraient être mis en accusation!»
Dans ce climat peu serein, le dossier de la Palestine sera explosif. Les cercles
diplomatiques occidentaux appréhendent «le pire»: «Il n'y a aucune négociation en
cours, aucun espoir en vue d'un règlement. Du coup, la Commission des droits de
l'homme va devenir l'exutoire de la frustration du monde arabo-islamique», s'inquiète-t-on. Quelques émissaires ont contacté des ambassadeurs des pays
arabes modérés pour qu'ils tentent de freiner les plus radicaux. Mais cette tentative
n'a guère donné de résultats. Certains redoutent que «des groupes palestiniens se
livrent à une escalade de la violence dans les territoires, en vue de profiter de la
tribune que constitue la Commission des droits de l'homme à Genève». Le débat
sur le conflit israélo-palestinien risque non seulement de cristalliser la tension sur
d'autres sujets «chauds» ayant trait au Moyen-Orient, comme la situation en Irak et
en Iran, mais aussi menace de «pourrir» l'atmosphère générale des discussions.
«Camouflet russe»
Pour noircir encore le tableau, les Européens, traditionnels moteurs de la Commission, se sont montrés d'une grande prudence face aux deux pays
puissants que sont la Russie et la Chine. Toutes les grandes organisations non gouvernementales dénoncent avec force «l'humiliation et le camouflet» que Moscou
a infligé à la Commission des droits de l'homme en ne tenant pas «un seul de ses
engagements» (enquête nationale sur les exactions, identification des responsables de crimes, ouverture de la Tchétchénie à des observateurs). «Il n'y a
pas si longtemps, commente Reed Brody, les forces russes semaient la terreur par
les bombardements. Aujourd'hui, la seule chose qui a changé, c'est que désormais
ce sont des hommes cagoulés qui terrorisent la population civile.»
Face à la Chine, les Quinze s'étaient retranchés ces dernières années sur «le
dialogue constructif» avec Pékin pour éviter toute confrontation. Mais de l'aveu
général, les résultats sont décevants. Quant à la nouvelle administration Bush, elle
a déjà déclaré qu'elle soumettrait un projet de résolution pour condamner les
violations des droits de l'homme commises par Pékin. Mais beaucoup d'observateurs se demandent si Washington va véritablement faire un travail de
lobbying pour que cette résolution passe, ou s'il ne s'agit pas plutôt «d'un show
destiné à la galerie, histoire de satisfaire l'opinion publique américaine».
Enfin, Amnesty international entend mettre les projecteurs sur l'Arabie saoudite qui
n'a jamais été épinglée, en dépit d'une discrimination sexuelle institutionnalisée et
de très graves atteintes aux libertés. Mais les intérêts économiques en jeu sont
tels que les chances d'une condamnation de Riyad sont particulièrement minces.
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Une exécution en Chine : un frère raconte
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Shanghai,
10 mars - Quand le corps de Qiu Xuanning est arrivé au crématorium après son exécution en juin dernier, son frère le reconnu à ses vêtements. La tête de M. Qiu, qui avait été abattu à bout portant, n'était plus qu'une petite boule, enveloppée de gaze blanche, mais ses vêtements étaient les mêmes que ceux qu'il portait à la dernière audition de son procès, à peine une heure plus tôt.
"Son pantalon était déboutonné, sa chemise rayée ouverte et son polo relevé," nous raconte son frère, lors d'une longue et pénible entrevue dans un bar anonyme à Shanghai.
"Il y avait du sang sur sa chemise, quand j'ai vu le sang, j'ai compris ce qui s'était passé et je l'ai ouverte. Son ventre était béant et ses intestins se répandaient", "Je n'avais jamais rien vu de pareil" ajoute
t-il, le regard horrifié.
"C'était une entaille de 35 cm, j'avais du sang sur les mains. Quand je l'ai vu, j'ai crié, 'Vous l'avez mutilé!'"
Mr Qiu, exécuté pour fraude fiscale, est un parmi des centaines, voire des milliers de condamnés chinois dont les organes ont été "récoltés" quelques minutes seulement après avoir été abattu à bout portant, d'une balle derrière la tête.
La Chine exécute chaque année plus de prisonniers que le reste du monde réuni, bien que le nombre exact soit un secret d'état bien gardé. Amnesty International fait état de 18.194 exécutions rapportées dans la presse durant les années 90, dont 1263 en 1999.
Robin Munro, un spécialiste et un ardent défenseur des droits de l'homme vivant à Londres, dit que le total réel est beaucoup plus élevé, car de nombreuses exécutions ne sont jamais rapportées. Des journaux officiels ont quelquefois annoncé des chiffres approchant les 1000 exécutions par an pour certaines villes, ajoute t il.
De nombreux condamnés à mort deviennent des donneurs d'organes. Cette pratique est autorisée selon la loi de 1994, mais seulement avec le consentement écrit du prisonnier ou de celui de ses proches. Comme il est impératif de prélever les organes immédiatement après le décès, les cadavres sont disséqués sur le site même de l'exécution.
Bien que peu de gens en parlent, cette pratique d'utilisation des organes est courante et bien connue des médecins chinois.
Que les prisonniers fassent don de leurs organes est matière à discussion ! Selon les religions bouddhistes et confucéennes, le corps devrait être conservé intact après la mort, ce qui veut dire que les dons volontaires sont rares.
Il est peu probable que Mr Qiu avait volontairement fait don de ses organes. Et les raisons pour lesquelles il a été condamné à mort sont particulièrement effrayantes. La presse fait état, à l'époque, d'une fraude de 2 millions de dollars, dont 1.2 millions n'ont jamais été recouvrés. La part de Mr Qiu se monterait à la moitié du total et tout aurait pu être remboursé par la liquidation de ses biens. Son frère soutient aussi que Mr Qiu était la victime involontaire d'un projet, plus vaste, dans lequel les fonctionnaires locaux promettaient aux hommes d'affaires des remises d'impôts qu'ils n'étaient pas en droit de donner. La Chine mit fin à cette pratique, courante dans les années 90, par une vague d'exécutions. La Chine est de nouveau en campagne contre le détournement fiscal, laquelle a déjà entraîné la condamnation à mort de 7 personnes dans la province de Guangdong. C'est pourquoi l'histoire de M.Qiu nous donne un aperçu de ce qui attend ces gens et leurs proches. Le frère de Mr Qiu, un industriel, se souvient de l'avoir vu pour la dernière fois, lors d'une visite a la maison, pendant le festival de printemps en 1996. Il déclare vouloir raconter cette histoire parce qu'il est très insatisfait du manque de réaction du système de justice chinois et de l'isolement dans lequel vivent les proches du condamné après la disparition de leur parent.
Le festival de printemps, aussi connu comme le Nouvel An lunaire, est à la mi-février cette année et c'est la plus importante fête chinoise. Mr Qiu était venu avec sa femme et son fils nouveau-né. La famille ne savait rien des ennuis de Mr Qiu. On l'arrêta 3 mois plus tard et personne depuis ne pouvait lui parler.
La communication entre Mr Qiu et sa famille se limitait à des messages donnés par son avocat ou à des cartes postales censurées par la Cour. Sa famille ne pouvait le voir que durant ses transferts entre la prison et le Palais de Justice ou il rencontrait son avocat. Ils ne pouvaient l'apercevoir qu'a travers une porte entrouverte quand il passait devant eux.
"En 4 ans je n'ai pu le voir qu'à 2 reprises, pendant une demi-heure durant son deuxième procès et pendant dix minutes le jour de l'audition de sa sentence, avant son exécution" dit le frère de Mr Qiu. Il essaya de le faire libérer, mais ne réussit qu'à dépenser 50.000 dollars en frais d'avocat, en déplacements et en distractions pour les représentants légaux et les policiers." La plupart de l'argent a été dépensé à essayer d'acheter des contacts pour modifier le jugement," dit-il avec un sourire embarrassé. Dans certains cas, il payait des intermédiaires pour faire des recommandations au Tribunal. Il envoyait 70 dollars par mois à Mr Qiu afin de rendre son séjour en prison plus supportable et aussi pour monter un réseau d'informateurs qui pourraient, pensait-il, atténuer sa peine.
En Chine, on offre souvent les circonstances atténuantes aux prisonniers qui fournissent des informations pouvant apporter la condamnation d'autres criminels. Mr Qiu monta alors un épais dossier sur bon nombre de cas, qu'il présenta à la Cour. Son frère paya même le voyage à un avocat et à deux policiers pour aller enquêter dans la province de Yunnan. L'enquête se révéla peu concluante.
Les autorités locales condamnèrent Mr Qiu à la peine de mort en 1997 et, bien que la Cour provinciale exigea un deuxième procès en 1999, celui ci se solda aussi par une condamnation à mort. La Cour provinciale retint la sentence en août de cette année et référa le dossier a la Cour Suprême Populaire, qui doit approuver les condamnations à mort des prévenus civils et politiques.
"Ils ont dit que c'est parce qu'il s'agit d'une grosse somme d'argent, il fallait que quelqu'un soit condamné à mort", dit le frère de Mr Qiu. Il ignore tout des conditions de vie de Mr Qiu dans la cellule des condamnés à mort : "Nous sommes sans nouvelles de lui depuis la fin mai. Il nous dit avoir le sentiment de son exécution prochaine." En mai, la Cour Suprême Populaire avisa la Cour Provinciale, qui avisa la Cour locale que la sentence avait été approuvée. On annonça alors à Mr Qiu qu'il serait exécuté le lendemain.
D'habitude, les familles ne sont au courant de l'exécution qu'au moment ou le crématorium leur demande de venir chercher les cendres du mort. Mais les individus qui avaient bénéficié des largesses du frère de M.Qiu, racontèrent qu'il y avait eu un fait nouveau. Le frère alla au Tribunal et lu un avis disant que Mr Qiu et un de ses complices allaient être exécutés le lendemain. La famille se rassembla au Tribunal vers 8 H le matin, pour la lecture de la sentence. "Nous pouvions le voir, mais nous ne pouvions pas lui parler", dit le frère de Mr Qiu. "Il me regardait. Nous communiquions par le regard. Dans ses yeux je lis la tristesse et la haine, il se sentait injustement condamné", se souvient son frère, puis, parlant plus lentement et employant parfois le présent :
"Je voyais qu'il avait envie de pleurer dans la salle d'audience, mais il est très fort. Il a levé la tête et je voyais qu'il fermait les yeux pour réprimer ses larmes". Toute la famille pleurait. Après la lecture du verdict, alors qu'on le faisait sortir, il tourna la tête et nous cria : "Je pars! Prenez soin du garçon! Bon courage!"
Le frère de M.Qiu déclare avoir donné de l'argent supplémentaire aux employés du Tribunal pour desserrer les liens qui entravaient les mains de M.Qiu. "J'ai aussi demandé à ce que l'exécution soit aussi peu douloureuse que possible", ajoute-t-il d'une voix cassée et les yeux rouges.
Après l'audition de la sentence, le frère de Mr Qiu et son cousin montèrent dans un taxi, espérant le suivre jusqu'au lieu d'exécution. "En quittant le Tribunal, il m'a vu et m'a fait un signe de tête", dit le frère. "La colère se lisait sur son visage et je lui ai rendu son salut". Plus tard, il a appris que les liens entravant ses bras avaient effectivement été desserrés et que quand le camion est arrivé à destination, il n'y a pas eu d'attente. "Il n'a pas eu à marcher loin, quelques pas, il s'est agenouillé et a été abattu immédiatement", dit son frère.
Quand ils arrivèrent au crématorium du comté, on leur dit que les autres condamnés avaient déjà été incinérés. Le corps de Mr Qiu n'était pas encore arrivé.
"Peu de temps après, une camionnette arriva" dit le frère de Mr Qiu. Il a remarqué que les plaques d'immatriculation étaient cachées par du papier blanc, deux hommes sont sortis avec une civière.
"J'ai d'abord reconnu les chaussures" dit-il; il lui avait acheté ces chaussures de toile noire pendant qu'il était en détention. Il a reconnu le pantalon beige, le premier vêtement qu'il lui avait envoyé en prison, et la chemise rayée verte et le polo qu'il portait dessous. C'est alors qu'il a vu ce qu'on avait fait du corps et qu'il se mit à crier. "Ils se sont dépêchés d'emmener le corps au crématorium et un des employés nous empêchait d'entrer", dit-il très agité. "Quand les hommes qui conduisaient le camion sont revenus j'ai recommencé à crier : Vous avez fait quelque chose au corps!" Il se mit à courir vers la camionnette, à arracher le papier et à relever le numéro d'immatriculation. Certains caractères chinois indiquaient qu'il s'agissait d'un véhicule militaire.
"Quand j'ai vu la plaque d'immatriculation, je savais qu'il venait probablement d'un hôpital militaire". Son cousin et lui-même retournèrent au Tribunal pour demander des explications. La famille n'avait pas reçu de demande d'autorisation pour prélever les organes, et il ne pensait pas que son frère aurait accepté. Le fonctionnaire du Tribunal dit simplement que l'ablation des organes avait été faite selon le règlement. Plus tard, un employé dit au frère que Mr Qiu avait accepté de donner ses organes. "Nous avons demandé une preuve, mais ils ont refusé de nous en donner, ils dirent qu'il s'agissait d'un consentement verbal". Le frère a rapporté avoir entendu au Tribunal, un témoin déclarer que Mr Qiu s'était étonné de devoir subir une autre prise de sang alors qu'il en avait déjà eu une le matin de l'audition. Il lui a aussi été dit que Mr Qiu avait eu une injection d'anticoagulant. Le frère de Mr Qiu dit qu'on lui avait d'abord demandé de payer les frais de transport du corps entre le lieu d'exécution et le crématorium, mais que cette requête avait été annulée quand il s'objecta au prélèvement des organes de son frère. Il n'a pas été non plus demandé à la famille de payer la balle qui acheva Mr Qiu, comme c'est souvent le cas en Chine.
Il court de grands risques en racontant cette histoire. Après avoir porté plainte auprès des
autorités centrales à Pékin, le frère de M.Qiu a été averti de se taire sous peine de châtiment. Il dit vivre désormais dans la peur.
Craig S. Smith, New-York Times, 11 Mars 2001.
Traduction France-Tibet
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Chine - Au moins 108 morts dans les attentats de Shijiazhuang
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SHIJIAZHUANG,
(Chine), 17 mars (Reuters) - par Paul
Eckert - La série d'explosions d'origine sans doute
criminelle qui a frappé vendredi la ville de Shijiazhuang, dans le nord de la
Chine, a fait 108 morts et 38 blessés, rapporte samedi la télévision
nationale.
Selon les conclusions d'une enquête préliminaire de la police, des "éléments
criminels" seraient à l'origine des explosions qui ont ravagé presque
simultanément quatre ensembles d'habitations peu avant l'aube vendredi, a ajouté
la télévision.
Les immeubles visés étaient situés dans différents quartiers de la ville de
Shijiazhuang, un important centre textile qui compte 1,3 million d'habitants.
L'une des déflagrations a entièrement détruit un immeuble de cinq étages
où logeaient des employés de la filature de coton "numéro trois".
On estime qu'une trentaine de familles résidaient dans l'immeuble, situé à
proximité du siège du Parti communiste.
Le bilan des explosions pourrait encore s'alourdir. On estime que les habitants
de l'immeuble étaient pratiquement tous chez eux au moment de l'explosion. Le
Centre d'information pour les droits de l'homme, un organisme basé à Hong
Kong, a estimé pour sa part que le bilan des quatre explosions pourrait
atteindre 200 morts.
Avis de recherche
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La police soupçonne apparemment un homme sourd de 41 ans recherché pour le
meurtre de sa compagne. Un avis de recherche le visant est publié dans la
presse locale et une récompense de 6.000 dollars est offerte pour sa capture.
Jin Ruchao avait été licencié de la filature "numéro trois" en
1983 pour vandalisme mais avait conservé une chambre dans une résidence de
l'usine. La motivation de l'auteur des attentats reste inconnue. Certains
habitants les attribuent à des employés licenciés, d'autres estiment qu'ils
visent un gouvernement jugé trop corrompu.
Chef-lieu de la province de Hebei, située à 250 km au sud-ouest de Pékin, la
ville de Shijiazhuang est touchée de plein fouet par le déclin de l'industrie
textile et les licenciements massifs dans les entreprises d'Etat rongées par la
corruption.
C'est la deuxième fois en six mois que la ville est le théâtre
d'explosions criminelles. En septembre, 28 personnes avaient été blessées par
l'explosion de plusieurs bombes de faible puissance dans des bus et des
magasins.
La presse avait attribué les attentats aux milieux de la pègre. Un homme avait
été arrêté et exécuté.
(D'apres Euronews, Shijiazhuang est l'un des bastions du mouvement Falungong, mouvement interdit depuis juillet 99.)
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60 ARTISTES MOBILISES POUR UNE CAUSE UNIVERSELLE
Un drame se déroule au Tibet depuis cinquante ans : 1.200.000 morts, torture généralisée, arrestations arbitraires, stérilisations forcées, destruction de 6.000 monastères, de l'écosystème... Et chaque jour nous parviennent des nouvelles plus alarmantes. Une nouvelle étude effectuée sur plus de 2000 enfants par des médecins américains et tibétains, montre que la malnutrition frappe aujourd'hui la moitié des enfants du Tibet occupé. Ceux-ci sont atteints de retards de croissance, développement intellectuel ralenti, maladies, abdomen ballonné… Le Tibet reste un des pays les plus pauvres au monde. Voilà qui remet en question les déclarations de grand progrès économique et social du gouvernement chinois ! Bouddhisme Actualités, Mars 2001, La chronique du Tibet, http://www.tibet.fr
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Le fantôme des toilettes sévit au South China Morning Post
HONG
KONG, 17 mars (Reuters) - Le South China Morning Post s'est résolu à faire
appel à deux moines bouddhistes pour tenter de mettre un terme à des rumeurs
persistantes selon lesquelles les nouveaux locaux de ce journal hongkongais
seraient hantés.
Depuis le déménagement, il y a une quinzaine de jours, dans un immeuble de
Quarry Bay, de mystérieuses histoires circulent parmi les salariés au sujet du
16e étage, explique le journal dans son édition de samedi.
Certains salariés ont même fait état d'événements inexplicables survenus
dans les toilettes pour dames afin d'expliquer leurs retards, poursuit-il.
"J'ai entendu quelqu'un prononcer mon nom alors que je me lavais les
mains", a ainsi déclaré une journaliste. "Mais il n'y avait personne
lorsque je me suis retournée."
Aucune des enquêtes diligentées par la direction n'a permis d'éclaircir ces
étranges événements et les rumeurs de plus en plus folles au sujet du bâtiment
ont continué à circuler.
L'esprit des toilettes ne devrait pas résister au rituel bouddhiste que lui
infligeront prochainement les deux moines.
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Jeux Olympiques : selon "Le Quotidien du peuple", Paris est livré aux "chiens enragés"
A CINQ MOIS de
l'attribution, par le Comité international olympique (CIO), des Jeux d'été de
2008, la tension monte petit à petit entre les deux grands favoris du concours
que sont Paris et Pékin. Jeudi 15 mars, le patron de la candidature française,
Claude Bébéar, a envoyé une lettre de protestation à son homologue chinois,
Liu Qi, avec copie au président du CIO, l'Espagnol Juan Antonio Samaranch. Le
motif : un article publié dans la presse officielle de Pékin donnant une
vision moyenâgeuse de la capitale française, livrée aux " chiens
errants " et autres " chiens enragés " et
devenue dangereuse en raison de " l'augmentation de la délinquance ".
C'est sur Internet que les responsables du Groupement d'intérêt public
(GIP) qui organise la candidature de Paris aux Jeux 2008 ont découvert l'" infamie ".
Dans la version électronique du Quotidien du peuple, un court article
donne un certain éclairage sur Paris. Il est daté du 22 février, soit au
lendemain de l'arrivée de la commission d'évaluation du CIO à Pékin, première
étape de son tour du monde des villes candidates (Pékin, Osaka, Toronto,
Istanbul et Paris).
Après avoir informé ses lecteurs qu'un sondage fixait à 89 % la
proportion de Français favorables à l'organisation des Jeux olympiques à
Paris, le journaliste se lance alors dans une description de la capitale.
" Depuis l'année dernière, écrit-il, les cas de délinquance
ne cessent d'augmenter et certaines ceintures urbaines laissent à désirer en
ce qui concerne la propreté. En outre, les chiens errants et les chiens enragés
sont de plus en plus nombreux, et, si ce fléau n'était pas maîtrisé, il
pourrait nuire à l'organisation des Jeux olympiques de 2008. " Le
rédacteur apporte ensuite une touche un peu personnelle à cette carte postale
parisienne : " Un ami français me disait en plaisantant que
les crottes de chien encombrent les rues de Paris et qu'il est difficile
d'accueillir les Jeux olympiques de 2008 dans ces conditions. "
Dans la lettre qu'il vient d'envoyer à son homologue chinois, Claude Bébéar
fait part de sa " mauvaise surprise " devant cette " présentation
apocalyptique " de Paris : " C'est à se
demander comment un tel enfer peut attirer plus de vingt millions de visiteurs
par an, ce qui fait de la capitale française la ville la plus visitée au
monde. " Et le président de Paris-2008 de regretter " cette
caricature grotesque qui ne devrait susciter que sourires si elle était à
mettre au compte d'un article de presse n'engageant que son auteur. Mais compte
tenu de ce qu'est Le Quotidien du peuple, elle exprime une volonté délibérée
de nuire à notre candidature en utilisant des procédés totalement contraires
aux valeurs de l'olympisme. "
En raison des nouvelles règles d'attribution des Jeux qui interdisent désormais
d'inviter et de rencontrer les membres du CIO, ce genre de campagne de dénigrement
est appelé à se développer. Les promoteurs de Paris-2008 ne s'attendaient
toutefois pas à découvrir dans la presse chinoise la présence de " chiens
enragés "... Dans l'entourage de M. Bébéar, où l'on prépare
la contre-attaque, on espère la signature du Prix Nobel de littérature, Gao
Xingjiang, Chinois exilé en France et naturalisé français. Les animateurs de
Paris-2008 ont déjà obtenu celle du peintre Wang Yue Fei, qui vit et travaille
à Shen Zen.
Frédéric Potet
LE MONDE 16.03.01
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Les dirigeants chinois s'inquiètent de perdre le contrôle de l'information
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Clôturant la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP), jeudi 15 mars à Pékin, le premier ministre, Zhu Rongji, a réitéré le refus de la direction communiste de copier le modèle occidental en matière d'alternance des partis au pouvoir. Il a présenté ses excuses pour n'avoir pas empêché l'explosion dans une école, le 6 mars, dans le village de Fanglin, qui a causé la mort de plus de quarante personnes.
Le Monde - PÉKIN, de notre correspondant
C'est une école de village qui a sans doute été l'événement central de la session de l'Assemblée nationale populaire (ANP). Ou plutôt, une étrange coalition de villageois endeuillés et en colère, de journalistes chinois et étrangers faisant leur travail, et d'Internet, ce grand panneau électronique où s'affichent des dazibao auxquels les maîtres du régime de Pékin sont très attentifs. Cette coalition a fait flancher le pouvoir sur un terrain éminemment stratégique dans sa lutte pour la survie: la maîtrise de l'information.
Située dans une zone montagneuse de la province du Jiangxi (Sud-Est), dans le village de Fanglin, l'école avait été le théâtre d'une explosion ayant causé la mort de plus de quarante personnes, dont une écrasante majorité d'élèves âgés de moins de dix ans (Le Monde du 8 mars). Les premiers témoignages, obtenus notamment par téléphone de source villageoise, révélaient l'existence, au rez-de-chaussée de l'établissement, d'un atelier de fabrication de pétards ou de feux d'artifice. Les enfants étaient contraints de sacrifier à cette corvée extra-scolaire.
Or dès l'ouverture des travaux de l'ANP, le premier ministre, Zhu Rongji, récusait cette version – largement reprise dans la presse étrangère – en incriminant l'acte suicidaire d'un villageois malade mental qui s'était transformé en bombe humaine dans l'école.
Au même moment, le village était bouclé par la police, les habitants sommés de cesser de répandre des "rumeurs" par téléphone et la presse chinoise instruite de broder sur l'histoire du "fou". Que des cadres locaux inventent des scénarios échevelés pour se défausser, la pratique est courante. Mais que Zhu Rongji endosse publiquement pareille fable, lui qui avait inauguré son mandat en 1998 en s'affichant comme le contempteur inflexible de toutes les dérives, a été très mal compris en Chine.
Les forums de discussion sur Internet s'en sont vivement ressentis. L'image de M.Zhu, le dirigeant chinois le moins impopulaire, s'entachait au point que la version officielle n'était plus tenable.
UN DISCOURS NÉOCONFUCÉEN
Dans sa conférence de presse de clôture de la session de l'ANP, M. Zhu a donc fait partiellement machine arrière. Le visage noué par l'émotion, il a présenté ses "excuses" à la nation pour n'avoir pas su prévenir la tragédie. Il a dû admettre que l'école abritait un atelier de pétards "jusqu'en 1999". Il a certes répété qu'en l'état actuel de l'enquête rien ne permettait d'affirmer que l'explosion avait été provoquée par des pétards. Mais ses excuses publiques marquent un net retrait par rapport à l'arrogante certitude des premiers jours.
Il serait hasardeux d'assimiler cet épisode à un exercice normal de la démocratie. Durant sa conférence, M. Zhu a réitéré le refus de la direction communiste chinoise de "copier le modèle occidental" dans sa tâche de "réforme politique". "Nous ne copierons pas l'expérience de l'alternance de deux partis au pouvoir ou d'un système parlementaire bicaméral" a-t-il déclaré.
Mais la position de M. Zhu sur le drame de l'école indique que le Parti unique a perdu une bonne partie de son contrôle sur l'information et peut maintenant se trouver sur la défensive face aux humeurs de l'opinion. Celle-ci réclame de plus en plus des comptes sur l'irresponsabilité des cadres locaux corrompus.
C'est précisément ce message qu'ont voulu délivrer les députés lors du vote du rapport annuel sur la Cour suprême et le parquet général, un vote qui est en général un bon baromètre du ras-le-bol contre la corruption des cadres. Cette année, 29 % (votes négatifs et abstentions confondus) des députés ont refusé d'avaliser ce rapport, un vote de défiance en progression par rapport aux 22 % de l'an passé. La prise de conscience de la gravité de la corruption des officiels est aujourd'hui telle qu'un conservateur comme Li Peng, ancien premier ministre et actuel président de l'ANP, n'hésite plus à établir un lien entre ce fléau et l'exercice du monopole politique. "L'expérience historique prouve qu'un pouvoir sans contrôles ni supervision conduit inévitablement à la corruption", a déclaré celui-ci, dont l'entourage est souvent mis en cause pour affairisme.
Mais personne au sein de la direction suprême n'en conclut qu'une telle amorce de réflexion doit conduire "inévitablement" à remettre en cause le monopole du Parti communiste. Pour l'heure, c'est un discours néoconfucéen sur la "vertu", récemment théorisé par les conseillers du président Jiang Zemin, qui tient lieu de réforme politique.
L'autre événement de la session de l'ANP aura été la confirmation que la Chine entend adopter un profil bas sur ses relations avec les Etats-Unis, en attendant d'y voir un peu plus clair sur le projet américain de bouclier antimissiles (NMD). M. Zhu a insisté sur la nécessité pour les deux parties d'"apprendre à mieux se connaître". Le ton est donc à la conciliation, en tout cas pour l'instant. Plutôt que de se cabrer dans une attitude de défi, Pékin entend visiblement user de toutes les ressources de la diplomatie dans l'espoir de convaincre Washington de réviser à la baisse son projet
NMD.
Frédéric Bobin - LE MONDE 16.03.01
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EN MARCHE POUR LE TIBET : EN ITALIE
Tous ensemble de Bologne à Florence pour stopper le génocide du peuple tibétain !
Du 30 juin au 6 juillet nous marcherons aux côtés des exilés et des réfugiés tibétains pour revendiquer liberté et justice pour un peuple opprimé par une dictature sans frein, pour affirmer son droit à l'autodétermination.
Avec
nous, seront présents de nombreuses personnalités du monde de la culture et du
spectacle, des hommes politiques et des administrateurs locaux, laïcs et
religieux unis par le désir d'exprimer solidarité à la non-violence des tibétains
et déterminés à demander aux Institutions d'intervenir auprès du
gouvernement de Pékin afin que celui-ci entame immédiatement les négociations
avec le Dalai Lama et son Gouvernement en exil pour mettre fin au drame du
peuple tibétain.
A chaque étape, un évènement rappellera le sacrifice de tous ceux qui, aussi
bien au Tibet qu'en Chine, se sont battus pour l'affirmation des droits de
l'homme.
Chaque soir, nous offrirons une occasion de rencontre avec une culture et une
spiritualité aujourd'hui niée par un régime qui occupe le pays, de façon illégale,
depuis 50 ans.
A l'arrivée à Florence, un congrès international , dirigé par Fosco Mariani,
terminera une semaine que nous souhaitons d'une grande mobilisation.
Nous demandons donc, à tous ceux qui luttent pour la liberté du Tibet, d'adhérer
à l'initiative et de soutenir par tous les moyens, la marche, apportant aussi
leur propre témoignage.
Mettez vous en relation avec le site de la marche pour obtenir toutes les
informations sur l'organisation et la logistique: www.inmarciaperiltibet.it
Envoyez tout de suite vos adhésions par E-mail: inmarciaperiltibet@libero.it
ou bien au N° de Télécopie: 051/255896
Vous pouvez verser votre contribution sur le compte postal n° 24313207 au nom
de l'Association Italie - Tibet, en spécifiant clairement le motif "En
Marche pour le Tibet".
Le Comité Organisateur Bologne, janvier 2001
AaZ, Brescia; Action Dolpo, Florence; CGIL, CISL e UIL, Bologne; Eurasia, Imola; Association Italie - Tibet; Revue Re Nudo (Roi Nu)
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Commission des droits de l'homme de l'ONU - Manifestation à Bruxelles
COMMUNIQUE DE PRESSE - 15 mars 2001
Manifestation
des militants de la cause tibétaine, réunis au sein de l'International Tibet
Support Network, lors de la réunion du Conseil des Ministres des Affaires générales
de l'Union européenne, le lundi 19 mars de 11 à 15 heures.
Les sympathisants de la cause tibétaine manifesteront le lundi 19 mars 2001, au
Rond Point Schuman, pendant le réunion des ministres des affaires étrangères
de l'Union, qui doit décider de soutenir ou non une résolution condamnant les
atteintes chinoises aux droits fondamentaux au cours de la toute prochaine
session de la Commission des droits de l'homme de l'ONU.
L'International Tibet Support Network, et ses plus de cent associations membres
à travers le monde, on pressé les nations représentées à Genève de
soutenir une résolution critiquant la Chine, pour le motif que toutes les
autres politiques ont échoué à mieux protéger les droits humains en Chine et
au Tibet. Ceux-ci se sont au contraire détériorés au cours des trois dernières
années, qui correspondent aux années de mise en ouvre du dialogue Europe-Chine
sur les droits de l'homme.
Les activistes pro-tibétains sont inquiets d'observer les manoeuvres politiques
qui bloquent le consensus requis pour obtenir le soutien de l'Union européenne
à une résolution durant la 57ème session de la Commission de Genève, qui
s'ouvrira dès lundi. Ils sont pourtant soutenus par nombre de parlementaires à
travers l'Europe, qu'il s'agisse du Parlement européen, des membres de
l'Intergroupe Tibet du Parlement belge (une résolution vient d'ailleurs d'être
déposée à la Chambre par le député Daniel Bacquelaine), ou encore des 270
parlementaires qui ont adopté l'appel du Groupe Tibet de l'Assemblée nationale
française.
En dépit du fait que la Commission de Genève soit le forum le plus approprié
pour débattre des préoccupations en matière de droits humains, l'intégrité
de la Commission est sabotée par les manoeuvres fructueuses de la Chine afin
d'utiliser ce forum en termes de rapports de force. Sanctions ou menaces de
sanctions commerciales, suppression de dialogues bilatéraux, refus de coopérer
dans d'autres mécanismes onusiens, sont seulement quelques-unes des tactiques
que la Chine utilise pour dissuader certains pays de voter ou soutenir une résolution
critique sur ses violations des droits fondamentaux.
Les militants pro-tibétains estiment dès lors que la meilleure manière de répondre
et couper court au jeu chinois consiste en une action multilatérale forte
d'affirmation des standards en matière de droits fondamentaux. Sans cela, la
Chine n'a aucune raison ni de s'inquiéter, ni de modifier ses positions.
Le temps presse. Les rapports en provenance du Tibet et de partout en Chine
signale une détérioration nette et rapide de la situation sur le front des
droits humains. En ordonnant à ses membres de ne pas voter en faveur d'une résolution
à Genève au cours de ces trois dernières années, au profit d'un dialogue aux
résultats inconsistants, l'Union a perdu trois ans. Elle doit le regagner.
Pour plus d'informations, contacter: Thomas Nagant 02. 217 02 83 - 0495. 57 02 83
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Lettre ouverte à Messieurs les Ministres
des Affaires étrangères de l'Union Européenne réunis en Conseil des Affaires générales
Bruxelles - 19 mars 2001
270 députés et sénateurs français de toutes tendances politiques confondues qui soutiennent la cause tibétaine estiment avoir leur mot à dire sur le Tibet dont la situation dramatique des droits de l'homme les préoccupe vivement.
Ils rappellent aux Ministres des Affaires étrangères réunis en Conseil des Affaires générales le 19 Mars 2001:
1- que les millions de Français représentés par 270 députés et sénateurs souhaitent une sanction à l'égard de la Chine quant à son attitude en matière des droits de l'Homme,
2- ils prennent note de la ratification par la Chine du Pacte des Nations-Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels et mettent en garde l'Union européenne contre une décision qui pourrait avoir été uniquement prise pour influencer les membres de la Commission des Nations-Unies pour les droits de l'Homme et du Comité International
Olympique et qui reste à appliquer,
3- ils dénoncent la perspective dans laquelle la France et d'autres pays de l'Union européenne considéreraient qu'il n'est pas utile pour l'Europe de soutenir ou de déposer un projet de résolution contre la Chine à la 57ème session de la Commission des Nations-Unies pour les droits de l'Homme.
Une fois encore ils demandent qu'un signal fort et clair soit donné par l'Europe.
Au nom des 270 parlementaires français:
| Claude HURIET Sénateur de Meurthe et Moselle Président du Groupe d'Information sur le Tibet du Sénat |
Richard CAZENAVE Député de l'Isère Président du Groupe d'Etude sur les problèmes du Tibet de l'Assemblée Nationale |
Louis de BROISSIA Sénateur de la Côte-d'Or Président délégué du Groupe d'Information sur le Tibet du Sénat |
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Des députés des minorités à l'APN parlent de la politique du développement et de stabilité
(Quotidien du Peuple)
Ces régions doivent saisir l'opportunité de profiter de la stratégie de
l'exploitation de l'Ouest du pays pour y promouvoir la stabilité et le développement, ont
indiqué des députés de la Région autonome du Tibet, en Chine du Sud-Ouest, et de la
Région autonome Ouïgoure du Xinjiang, en Chine du Nord-Ouest.
Les autorités du Tibet et du Xinjiang ont la responsabilité de lutter contre le
séparatisme, de sauvegarder l'unité de la patrie, de développer l'économie locale et de
sauvegarder la stabilité, ont-t-il indiqué.
Legqog, président du gouvernement régional du Tibet, a dit qu'avec le Dalai
lama et des forces hostiles de l'Ouest, le Tibet avait perdu deux occasions de développement
économique dans les années 50 et 80. Entre 1987 et 1989, ont eu lieu des troubles et
des défilés dans la ville de Lhasa, capitale du Tibet. Il en est résulté un retard dans le
développement, élargissant un peu le fossé existant entre le Tibet et les régions
économiquement plus développées du pays.
Depuis les années 90, a-t-il ajouté, le Tibet a concentré ses efforts dans le
développement et la stabilité, la lutte contre le séparatisme et l'amélioration de la vie
des habitants. C'est la meilleure période dans l'histoire du Tibet et le taux de croissance
économique a été de 12,9% par an, niveau supérieur à celui de la moyenne du
pays.
Raidi, secrétaire adjoint permanent du Comité du Parti communiste pour la Région
autonome du Tibet, a attribué le développement économique et le progrès à la
stabilité sociale. Les expériences du Tibet montrent que la stabilité est le prélude
du développement, a-t-il indiqué.
Les populations des ethnies minoritaires ont subi l'influence de groupes religieux et ont
mené une lutte contre les activités séparatistes, ont dit des députés de la
Région autonome Ouigoure du Xinjiang. La stabilité sociale a créé un bon environnement au
développement économique de cette région.
Le problème des compétences reste un des importants problèmes pour la région
de l'Ouest du pays, ont-ils souligné. Mais l'actuelle stabilité sociale du Xinjiang a attiré des
personnes qualifiées et des capitaux qui ont injecté une nouvelle vitalité dans cette
région.
"La stabilité répond aux intérêts fondamentaux des populations", a dit Abdul'ahat
Abdulrixit, président du gouvernement régional du Xinjiang.
Durant le 9ème plan quinquennal (1996-2000), a-t-il ajouté, le produit intérieur brut du
Xinjiang a augmenté de huit fois par rapport à 1980 et le taux de croissance économique a été de 8%
par an.
Des députés du Xinjiang ont fait remarquer qu'il fallait réduire l'écart entre leur région et
les autres parties du pays d'ici 10 ans et qu'il fallait y construire la plus grande base de
coton, de fibres et de cotonnades de meilleure qualité ainsi qu'une importante base de
céréales, d'élevage, de fruits et de plantes sucrières.
Quotidien du Peuple 2001/03/15 08:34 GMT (China news)
Aucun progrès n'a été fait dans les contacts entre le gouvernement chinois et le Dalai Lama
Il a fait ces remarques lors d'une conférence de presse tenue en marge de la
4ème session de la 9ème Assemblée populaire nationale (APN-parlement chinois).
En réalité, a-t-il indiqué, toutes les actions du Dalai Lama ont été tramées
par les forces anti-chinoises de l'Occident, et l'entourage du Dalai Lama devenu un
instrument fidèle des forces anti-chinoises.
Le Dalai Lama s'est exilé à l'étranger depuis plusieurs années. Il n'a jamais renoncé à
sa position de l'"indépendance du Tibet", a dit Raidi.
Le gouvernement central a pris plusieurs contacts avec la partie du Dalai Lama, mais,
aucun progrès n'a été fait dans ces contacts, a fait remarquer Raidi.
Quotidien du Peuple 2001/03/15 08:33 GMT (China news)
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En Chine, l'idéogramme se fait mobile
Compact, il favorise l'échange des minimessages via les téléphones portables.
«Le gouvernement ne s'en est pas encore inquiété, or on sait que les messages courts ont contribué à faire tomber le président Estrada aux Philippines.» Duncan Clark, chez BDA.
Pékin de notre correspondant
La révolution du «message court» est sur le point de déferler sur la Chine, et la simplicité d'usage des idéogrammes chinois sur
les petits écrans des téléphones portables en garantit le succès.
La seule raison pour laquelle elle n'a pas encore été véritablement lancée est technique: le réseau n'est pas assez puissant,
et les opérateurs de télécoms seraient submergés si des millions de messages étaient aujourd'hui transmis de portable à portable. Seuls
quelques initiés les utilisent actuellement, en l'absence de toute publicité pour les services de messagerie déjà en service. «Ils
n'avaient pas prévu un tel trafic. Mais d'ici trois à six mois, les opérateurs auront installé les équipements nécessaires, et nous
lancerons des campagnes de promotion de notre système», indique Madgoe, le directeur du laboratoire de communication mobile
à Sina.com, le premier serveur Internet chinois.
Idéogrammes. La raison de ce succès garanti est simple à démontrer. Le jeune ingénieur le prouve, portable en main. Sur un
ordinateur, avec un clavier classique, il faut taper un mot en pinyin, le langage phonétique chinois romanisé, puis choisir le caractère chinois
correspondant parmi ceux que propose le logiciel. Un autre système oblige à mémoriser des combinaisons de touches à l'infini qui
correspondent à un idéogramme. Une démarche fastidieuse qui a freiné l'informatisation des pays comme la Chine ou le Japon qui
utilisent cette forme d'écriture. A l'inverse, la Corée du Sud, qui dispose depuis le XVe siècle d'un alphabet coréen, est le pays le plus
informatisé d'Asie.
Avec le téléphone portable, cet avantage comparatif disparaît, et s'inverse. L'idéogramme paraît plus adapté à un minuscule écran, car
il exprime plus de choses qu'un mot, qu'il n'y a pas d'articles ou de prépositions, ni nécessité de couper les mots. Le chinois est aussi plus
compact: un texte chinois traduit en français devient trois fois plus long... Pour cette raison, les pagers ont connu un grand succès en
Chine.
Madgoe tape deux ou trois lettres en pinyin pour le caractère désiré, et choisit avec le pouce celui qu'il désire parmi ceux qui s'inscrivent en
bas de son écran. depuis l'an dernier, la plupart des modèles de téléphones portables vendus en Chine, pays qui compte déjà 70
millions d'abonnés, contiennent en mémoire quelque 40 000 à 50 000 idéogrammes, et de nombreuses formules toutes faites faciles à
activer. Plus qu'il n'en faut pour le type de messages courts envoyés de portable à portable.
Sina.com s'est mise la première sur ce créneau, après avoir mis au point un système d'envoi d'informations sur les portables lors des Jeux
olympiques de Sydney l'an dernier. Depuis, la messagerie a été pérennisée, et un accord de partage des revenus a été conclu avec un
opérateur de télécoms, qui laisse la part belle au serveur. D'autres sociétés Internet comme Sohu.com ont suivi et mis en place leurs
services. L'avantage pour eux est considérable : alors que la consultation de leurs sites Internet est gratuite, les messages, eux, sont
payants, un revenu certes très modeste de quelques centimes l'unité, mais qui, vu les trafics prévus, peut représenter des sommes
considérables. China Mobile, le premier opérateur chinois, estime à un milliard le nombre de messages courts qui seront envoyés cette
année.
Créneau. Pour BDA, un cabinet de consultants à Pékin, l'avenir de l'Internet chinois se trouve dans les téléphones portables. Duncan
Clark, le patron de BDA, prévoit que la Chine comptera 236 millions d'abonnés au téléphone portable - premier marché au monde - et 120
millions d'internautes d'ici à 2004, dont 69 millions accéderont à l'Internet via leur portable. La révolution du message court est inscrite
dans ces chiffres vertigineux. Reste une inconnue: la sécurité. L'émergence de tout nouveau mode de communication est vécue avec
méfiance par un gouvernement au prisme sécuritaire très fort, surtout alors qu'il est engagé dans une lutte à mort avec la secte Falungong
entrée en clandestinité. «Le gouvernement ne s'en est pas encore inquiété, commente Duncan Clark. Or, on sait que les messages
courts ont contribué à faire tomber le président Estrada aux Philippines. Cela pourrait représenter un immense défi en Chine
aussi.» Les opérateurs confirment que les messages courts ne sont pas filtrés pour l'instant. Même si tout envoi laisse une trace
électronique qui peut être retrouvée en cas de besoin.
Libération, par PIERRE HASKI - Le jeudi 15 mars 2001
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Le Dalaï-lama fustige le "durcissement" de Pékin au sujet du Tibet
PEKIN, 10 mars (Reuters) - Le dalaï-lama a fustigé samedi ce qu'il a qualifié de répression croissante au Tibet et a déclaré que Pékin n'avait pas répondu à son offre d'envoyer une délégation pour entamer des discussions.
Le dirigeant spirituel tibétain a rétabli des contacts avec la Chine l'an dernier, via la visite de son frère à Pékin. Cependant il attend toujours une réponse à sa proposition d'envoyer en Chine une délégation du gouvernement tibétain en exil porteuse d'un texte résumant ses réflexions.
"(...)
maintenant ils font attendre l'acceptation d'une délégation tibétaine",
déclare le dalaï-lama dans un communiqué publié à Dharamsala, en Inde, à
l'occasion du 42e anniversaire du soulèvement tibétain.
"C'est une indication claire d'un durcissement de Pékin et d'un manque de
volonté politique pour résoudre le problème tibétain", ajoute-t-il.
Le dalaï-lama vit en exil dans le nord de l'Inde depuis 1959, lorsqu'il a dû
fuir sa patrie avec des milliers de disciples après l'échec d'un soulèvement
contre le pouvoir chinois.
Bien que son gouvernement en exil n'ait pas de reconnaissance internationale, le
dirigeant tibétain a reçu en 1989 le Prix Nobel de la Paix.
Ces dernières années, il a assoupli ses revendications originelles en faveur
de l'indépendance du Tibet, déclarant qu'il était prêt à accepter
l'autonomie, si cela contribuait à préserver la culture tibétaine.
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Le gouvernement tibétain se prononce sur la candidature de Pékin aux Jeux Olympiques
Opposition Tibétaine aux Jeux Olympiques à Pékin
Déclaration de Kalon T.C. Tethong, Ministre du gouvernement tibétain en exil
La Chine continue à ignorer les appels internationaux condamnant les violations des droits de la personne humaine dont sont victimes autant les Chinois que les peuples du Tibet, du Turkestan Oriental, et de la Mongolie Intérieure.
Si le Comité International Olympique acceptait le déroulement des Jeux de 2008 à
Pékin, cela relèverait d'un manque total de sensibilité et de respect pour les souffrances de millions de Chinois, Tibétains, Ouighours et Mongols.
En posant sa candidature pour que les Jeux Olympiques se déroulent à Pékin, la Chine tente de marquer un point politique, afin de montrer à la communauté internationale qu'elle est moralement et socialement qualifiée pour les accueillir, ceux-ci étant source de prestige pour la nation qui les organise. Comment le CIO entend-il justifier sa décision en accordant à
Pékin ce privilège ?
La Chine pratique actuellement "la rééducation par le travail", le peuple chinois ne dispose pas ni du droit d'association, ni de la liberté de religion. Il n'y a pas non plus de liberté d'information. La Chine détient le record mondial en matière d'exécutions capitales et les syndicats y sont interdits.
En bref, la Chine est le plus grand survivant des états totalitaires dirigés par un parti unique. Enfin, en sus des violations des droits les plus fondamentaux, des centaines de prisonniers tibétains croupissent dans les prisons chinoises.
Pour ces raisons, nous nous opposons fermement à l'acceptation par le CIO de la candidature de
Pékin pour le déroulement des Jeux Olympiques de 2008. Les violations des droits de la personne humaine continuent en Chine, comme le prouvent le sort réservé aux sympathisants du mouvement Falun Gong, ainsi que les arrestations et l'emprisonnement de ceux qui élèvent la voix au nom du peuple chinois, en réclamant les droits démocratiques pour tous.
Les dissidents Chinois ont également aussi exprimé leur souhait que les Jeux ne se déroulent pas à
Pékin, tant que la Chine continuera à violer les droits du peuple chinois.
Dharamsala, le 1er Mars 2001
Département de l'Information et des Relations Internationales,
Administration Centrale Tibétaine, Dharamsala, Inde.
Traduction du Bureau du Tibet.
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Série de manifestations à Blois en faveur du Tibet
Le ministre Jack Lang "engagé quel que soit sa fonction"
Le ministre de l'Education nationale Jack Lang a regretté le 9 mars 2001 l'attitude des "autorités établies en Europe" pour leur manque de "vigilance" sur la question tibétaine en organisant dans sa ville de Blois (Loir et Cher) une série de manifestations sur le
Tibet.
"Les autorités établies en Europe devraient être plus vigilantes (...) la +realpolitik+ n'est pas nécessairement la plus réaliste des politiques" a déclaré à l'AFP M. Lang, qui précise avoir été le premier dans sa ville il y a huit ans à faire hisser au fronton de sa mairie le drapeau tibétain.
"Je salue le peuple martyr du Tibet et j'appelle à la raison pour que les autorités chinoises reconnaissent enfin les droits du Tibet", a-t-il dit, rappelant que le Tibet ne demande plus l'indépendance mais l'autonomie et le respect de sa culture.
Tout en reconnaissant que cette commémoration très appuyée de la journée internationale en faveur du Tibet -- qui à Blois commence dès vendredi -- pouvait apparaître comme "inhabituelle de la part d'un ministre du gouvernement français",
M. Lang a poursuivi : "je me sens engagé quelle que soit ma fonction pour cette cause qui est pour moi une raison de militer".
La ville de Blois organise notamment pour la journée internationale une grande exposition photographique sur le thème "Tibet, un peuple en sursis", la projection d'un film-documentaire, deux concerts du musicien et chanteur tibétain Tenzin Gönpo et le lancement officiel d'un
livre-CD "Tibet libre" dont la sortie est prévue le 27 mars chez Sony.
Blois, 9 Mars (AFP)
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Chine : Les autorités empêchent la presse étrangère de couvrir l'explosion d'une école
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Dans une lettre adressée au Premier ministre, Zhu Rongji, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre l'interdiction faite aux journalistes de médias étrangers de se rendre dans le village de Fanglin où l'explosion d'une école a provoqué la mort d'au moins trente-huit enfants. RSF considère que l'interpellation de plusieurs journalistes et photographes qui ont tenté de couvrir ce drame est une atteinte à la libre circulation de l'information et au droit à informer. Robert Ménard, le secrétaire général de RSF, a souligné que l'attitude du gouvernement chinois témoigne de "la volonté d'occulter les responsabilités des autorités communistes dans cet accident." Robert Ménard s'est indigné de l'attitude du Premier ministre qui a "imposé aux médias publics une version officielle sur les circonstances de l'accident, en complète contradiction avec les dizaines de témoignages des familles des victimes."
Selon les informations recueillies par RSF, des dizaines de journalistes, photographes et membres d'équipes de télévision de la presse étrangère et certains journalistes chinois ont été empêchés de se rendre dans le village de Fanglin, province septentrionale du Jiangxi, où l'explosion d'une fabrique de feux d'artifice clandestine située dans une école a provoqué la mort d'au moins trente-huit enfants et quatre professeurs. Les services de sécurité et les membres du bureau des affaires étrangères de cette province ont installé des barrages autour du village et ont interdit la zone à la presse. Au moins trois journalistes, notamment le journaliste de l'AFP Phil Chetwynd, ont été interpellés pendant plusieurs heures et raccompagné manu militari vers la ville la plus proche.
Ces mesures interviennent alors que le Premier ministre Zhu Rongji a présenté à la presse une version officielle de cette explosion, reprise immédiatement par l'agence publique Xinhua et les principaux médias chinois. Le Premier ministre a affirmé que l'explosion est l'acte d'un "déséquilibré suicidaire", identifié par la police, qui serait entré dans l'école avec un sac rempli d'explosifs. Cette version est contredite par les dizaines de témoignages des familles et habitants du village, recueillis au téléphone par la presse internationale. Selon le père d'une des victimes, "le gouvernement cherche à couvrir ce qui s'est passé. Ne les croyez pas." Il affirme que "les enfants étaient obligés d'assembler des feux d'artifice pendant leur pause déjeuner". Cette fabrique clandestine aurait été organisée par l'un des professeurs dont le fils est le secrétaire du parti communiste du village.
Cette atteinte grave à la liberté d'informer intervient quelques semaines seulement après des menaces à l'encontre des médias étrangers qui ont enquêté sur l'immolation, le 23 janvier 2000, d'adeptes supposés de Falun Gong sur la place Tiananmen. Au moins six journalistes étrangers, de la chaîne américaine CNN et des agences Associated Press et Agence France-Presse, avaient été interrogés par la police qui les accusait d'être complices de Falun Gong. Des journaux officiels avaient accusé ces trois médias d'avoir encouragé l'immolation et les avaient menacé de poursuites judiciaires pour "homicide". Un responsable de CNN a confirmé qu'une de ses équipes avait été interpellée, ce jour-là, aux abords de la place Tiananmen et que leurs cassettes vidéo avaient été confisquées par la police.
RSF 09/03/01
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Chine : Des feux d'artifice font exploser une école
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Des villageois rejettent l'explication officielle.
PEKIN, 9 mars (Reuters) - Les habitants de la commune de l'est de la Chine où l'explosion d'une école a fait 42 morts mardi ont jugé ridicules vendredi les explications officielles attribuant la responsabilité de l'accident à un "psychopathe".
Une écolière légèrement blessée dans le drame a précisé qu'on l'obligeait depuis quatre ans, avec ses camarades, à fabriquer des fusées d'artifice. Selon une dépêche de l'agence officielle Chine nouvelle, un villageois dérangé qualifié de "psychopathe" par ses voisins a déclenché l'explosion en faisant irruption dans la classe avec deux sacs de feux d'artifice qu'il a allumés, provoquant une explosion et l'effondrement de l'établissement.
Ces informations de l'agence de presse, qui cite des enquêteurs locaux, concordent avec les explications avancées par le Premier ministre Zhu Rongji.
Mais des responsables locaux ont reconnu que les écoliers étaient obligés de travailler en classe à la fabrication de feux d'artifice. Cette pratique dangereuse est commune dans la province de Jiangxi (est) et permet aux écoles de récolter des fonds et de compenser les bas salaires des enseignants.
Quant aux villageois, ils estiment beaucoup plus plausible l'explication selon laquelle l'école aurait servi parallèlement d'entrepôt de poudre et qu'un accident aurait provoqué le drame.
"Qui osera dire la vérité?" s'est interrogé un habitant.
Gao Yun, âgée de 13 ans, a raconté comment les élèves avaient commencé à fabriquer des feux d'artifice "une à deux fois par semaine" il y a quatre ans.
"Les élèves des grandes classes fabriquaient les cartouches et ceux des petites classes attachaient les mèches", a-t-elle dit par téléphone à
Reuters.
"Si on produisait plus, nos professeurs nous donnaient des récompenses, des stylos ou des cahiers. Mais si on ne remplissait pas les objectifs, on nous interdisait de rentrer chez nous."
Selon des responsables locaux, 39 enfants et quatre adultes ont été tués dans l'explosion.
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Ecole des Guides à Lhassa : Nuit de Chine
IL Y A ENVIRON quinze ans, Philippe Rochot, reporteur à France 2, avait été retenu plusieurs mois contre son gré dans un espace restreint par un groupe d'humanistes libanais. Aujourd'hui, correspondant de la chaîne publique à Pékin, il a une prédilection pour les sujets tournés dans ces grands espaces dont ne manque pas la Chine, notamment sur ses marches occidentales.
Celui présenté jeudi soir dans " Envoyé spécial " était consacré à une expérience de coopération franco-tibétaine de formation de guides d'alpinisme. L'ouverture progressive de la province au tourisme, et la venue prévue en nombre d'amateurs d'escalade de sommets de plus de 8 000 mètres a révélé une carence. Alors que les sherpas du Népal se sont mués de porteurs pour les expéditions occidentales en guides expérimentés pour les grimpeurs, les Tibétains, gens de la montagne, ne disposaient pas d'experts dans ce domaine pouvant se révéler lucratif. Le reportage de Rochot montre quelques moments de la formation d'un groupe d'une vingtaine de jeunes Tibétains par des guides français, enseignants à l'Ecole nationale de ski et alpinisme. L'opération semble se passer dans la détente et la bonne humeur, en dépit de la distance linguistique et culturelle séparant les élèves et les professeurs.
En ce qui nous concerne, et au vu des premières tentatives des aspirants guides de maîtriser d'éventuels " dévissages ", il nous semble urgent d'attendre, avant de leur faire confiance, que cette formation soit allée jusqu'à son terme. L'autorisation de tournage obtenue par l'équipe de France 2, dans ce Tibet étroitement surveillé, était liée à une stricte retenue concernant les autres aspects de le situation politique et sociale de cette province où les Hans, l'ethnie chinoise majoritaire, pèsent de tout leur poids militaire et démographique. Le reportage parvient néanmoins à montrer que cette situation n'est pas aussi simple que la présentent d'un côté le pouvoir de Pékin et de l'autre les Tibétains de l'exil. Face aux critiques de " collaboration avec les autorités chinoises ", qui sont parfois formulées à l'encontre de coopérations de ce type, leurs promoteurs, suivis par le reporteur, répliquent qu'elles servent en premier lieu des Tibétains à prendre en main l'avenir touristique de leurs montagnes. Vaste sujet...
Mille excuses pour le caractère austère de cette chronique. Nous aurions pu la consacrer à la soirée thématique d'Arte sur le pénis et la circoncision. Notre consoeur du " Monde radio-télévision " en a parlé avec tant de talent, que cela nous en a coupé l'herbe sous le pied.
par Luc Rosenzweig
LE MONDE 09.03.01 Chronique
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Tibet : Le réseau ferroviaire sera construit par les prisonniers politiques
C'est une grande première : Pékin a décidé d'ouvrir le Tibet au réseau ferroviaire national.
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La Chine veut relancer la croissance par un déficit budgétaire record
LE MONDE 07.03.01
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Le ministre des finances chinois a annoncé, mardi 6 mars, un déficit budgétaire record de 31,4 milliards de dollars destiné à doper une croissance essouflée. Jamais Pekin ne s'était autant endetté pour placer son économie en surrégime. Les autorités chinoises appellent à une mutation du système économique de nature à favoriser une meilleure intégration de la Chine à l'OMC.
PÉKIN de notre correspondant
L'inquiétude point à nouveau en Chine. Et si l'âge d'or de la croissance était bel et bien révolu? Alors que débute à Pékin la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP), le ministre des finances, Xiang Huaicheng, a annoncé, mardi 6 mars, un déficit budgétaire record de 31,4 milliards de dollars (près de 35 milliards
d'euros) destiné à doper une croissance essoufflée. Jamais Pékin n'avait consenti à laisser filer à ce point ses finances publiques. Le ratio du déficit budgétaire par rapport au produit intérieur brut (PIB) demeure certes modéré - inférieur à 3 % -, mais la tendance à l'alourdissement est constante depuis la crise asiatique de 1997. Cette politique budgétaire expansionniste reste plus que jamais à l'ordre du jour dans un contexte de croissance prévue à 7 %, soit le plus bas taux en une décennie. Le rebond de l'an passé (8 %) aura été de courte durée, victime du tarissement des débouchés commerciaux outre-Pacifique. "La croissance mondiale va connaître cette année quelque instabilité, a admis M. Xiang. Cela devrait affecter les exportations chinoises."
LE FOSSÉ VILLES-CAMPAGNES
A cette hypothèque pesant sur le commerce extérieur s'ajoute une inquiétude touchant à la faiblesse de la consommation des ménages. Celle-ci s'est certes redressée sous l'effet des mesures d'incitation (augmentation des salaires d'employés de l'Etat, allongement de la durée des congés, découragement de l'épargne bancaire) mais dans des proportions timides. Ces politiques de soutien peuvent produire de l'effet dans les villes, mais se heurtent à la morosité qui prévaut dans les zones rurales (trois quarts de la population), touchées par une baisse constante du prix des céréales. Les revenus paysans n'ont que légèrement augmenté (2,1 %) en 2000, soit trois fois moins qu'en milieu urbain. Le creusement du fossé entre villes et campagnes inquiète à ce point le pouvoir que le premier ministre, Zhu Rongji, a inscrit l'objectif d'une réforme agricole en tête de ses priorités, dans son allocution ouvrant, lundi 5mars, les travaux de l'ANP. Alors que la perspective d'une adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) devrait accélérer l'exode rural, le gouvernement fait le pari d'un développement volontariste des provinces les plus pauvres de l'Ouest, qui ont peu bénéficié du spectaculaire décollage des provinces côtières. Cette politique de mise en valeur de l'Ouest (kaifa xibu) est devenue une nouvelle cause nationale martelée dans les discours officiels. Une "nouvelle frontière" chinoise qui prendra la forme de gigantesques travaux: gazoduc de 4200 kilomètres reliant le bassin du Tarim au delta du Yangzi ; ligne de chemin de fer Qinhai-Tibet, etc. Aux impératifs du développement se mêle une stratégie plus politique: le désenclavement de régions périphériques travaillées par des ressentiments identitaires. Le premier ministre a réitéré l'impérieuse nécessité d'une "mutation pour affronter le défi de l'OMC, notant que "l'économie chinoise se trouve dans un état où elle ne peut poursuivre son développement qu'en procédant à une mutation de sa structure". Parmi les urgences figure la restructuration des sociétés
d'Etat dont la forme variera en fonction de la valeur stratégique des secteurs intéressés.
L'Etat continuera de contrôler les "entreprises importantes dont dépendent la survie et la sûreté de la nation", a-t-il déclaré, mais se "retirera des autres secteurs". En d'autres termes, le "cour" de la souveraineté économique (télécommunications, énergie, etc.) restera étatique, mais la "périphérie" pourra être privatisée. Dans cette tâche, les entreprises étrangères - "notamment multinationales" - sont invitées à jouer leur rôle au travers des "investissements à risques", "fusions-acquisitions" ou "fonds de placements".
PROTECTION SOCIALE A RÉFORMER
Les tabous s'érodent au point que M. Zhu propose une révolution culturelle pour les rémunérations des cadres ou dirigeants d'entreprises qui devront désormais bénéficier de "multiples formes de répartition". Les dirigeants et "techniciens d'élite de sociétés cotées en Bourse" pourront se voir proposer des. stock-options. Mais ce libéralisme se veut aussi social. Il reste, a souligné M.
Zhu, d'"une importance vitale pour la réforme" de refondre le système de protection sociale qui dépendait jusqu'à présent de danwei (unités de travail) vouées à disparaître. Les grandes villes - notamment Shanghaï - font déjà l'objet d'expériences pilotes. Ailleurs, et notamment dans les provinces rurales, les choses traînent. La Chine connaît ainsi, aujourd'hui, une réforme à double vitesse. Tant que la croissance perdure, le grand écart peut être amorti. Mais, en cas de ralentissement durable, les tensions seront plus difficiles à contenir. Cela vaut bien un dérapage des finances publiques en attendant la "mutation" que M. Zhu appelle de ses
voux.
Frédéric Bobin
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Pékin prêt à réprimer les séparatistes au Tibet
PEKIN (AFP) -
mardi 06 mars - Le vice-président chinois Hu Jintao a plaidé pour une répression sévère du séparatisme et des activités religieuses "illégales" au Tibet lors d'une rencontre avec des députés de la région autonome.
M. Hu, qui doit en principe succéder au président Jiang Zemin à la tête du parti communiste chinois l'an prochain, a jugé nécessaire, rapporte mardi l'agence Chine nouvelle, de "réprimer sévèrement les activités séparatistes et de renforcer l'éducation patriotique des adolescents". Il a ajouté que les "activités illégales menées sous le couvert de la religion devaient être résolument stoppées et sanctionnées conformément à la loi".
M. Hu a lui-même été numéro un du parti communiste au Tibet de 1988 à 1992, où il a notamment supervisé la mise en place de la loi martiale après des émeutes indépendantistes. Ses propos interviennent alors que les critiques se sont multipliées ces derniers mois sur la situation au Tibet, notamment de la part du Parlement Européen.
M. Hu a déclaré aux députés tibétains, qui assistent à la session plénière annuelle de l'Assemblée Nationale Populaire (ANP-parlement) que le Tibet traverse "une de ses périodes les meilleures en terme de stabilité et de développement" depuis "la libération pacifique" du royaume des Neiges par l'armée chinoise en 1951.
Il a également préconisé une accélération du développement économique dans cette région afin d'améliorer le niveau de vie des Tibétains et "renforcer l'unité ethnique et le maintien de l'unité de la mère-patrie". Plusieurs grands projets d'infrastructure, dont la construction d'une voie ferrée reliant Lhassa au reste de la Chine, doivent voir le jour ces prochaines années au Tibet, dans le cadre de l'ambitieuse politique de développement de l'ouest déshérité du pays lancée l'an dernier par les autorités chinoises.
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CHINE : Que peut-elle faire de plus contre le Tibet ?
La réponse est dans la bouche de Hu Jintao, le vice-président chinois. Sans le moindre malaise (ni psychologique, ni cardiaque), il explique au Parlement de son pays qu'il faudra "renforcer l'unité ethnique". En clair, poursuivre la politique de purification ethnique -plus fine que celle d'un Milosevic car elle ne s'annonce pas comme telle, et s'applique à des générations successives : jeunes Tibétains sont déportés en Chine tandis que cadres du régime chinois affluent au Tibet. Que faire de plus, maintenant que Lhassa est complètement sinis(tr)ée ?
Construire une voie ferrée entre la lointaine province et le centre de la Chine, puisque les seuls problèmes sont économiques !
Les activités religieuses, elles, sont qualifiées de "séparatistes"...
2good4me
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Le Tibet frappé par un fort tremblement de terre
PEKIN, 6 mars (Reuters) - Un
tremblement de terre de magnitude 6,4 sur l'échelle de Richter a frappé lundi
la région isolée de Nyima dans le nord-ouest du Tibet, rapporte l'agence Chine
nouvelle.
Le séisme s'est produit à 11h50 heure locale (1550 gmt), précise l'agence. On
ignore encore s'il a fait des victimes ou des dégâts matériels.
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Séminaire de presse sur la coopération entre l'OCDE et la Chine
Paris, le 19 mars 2001
La Chine
se trouve à un moment critique du processus d'ouverture de son économie au
reste du monde. Au cours des cinq dernières années, l'OCDE et la Chine ont
examiné ensemble comment cette dernière peut se donner les moyens de s'adapter
à la concurrence des entreprises étrangères qui résultera de l'ouverture.
Des progrès considérables ont déjà été accomplis, mais il reste encore
beaucoup à faire à l'heure où la Chine ambitionne de devenir membre de
l'Organisation Mondiale du Commerce.
C'est dans le but de dresser le bilan des résultats de sa coopération avec la
Chine et de présenter sa dernière publication intitulée « China's
Agriculture in the International Trading System » que l'OCDE tiendra le 19 mars
2001 à partir de 10h00 un séminaire à l'intention des journalistes qui aura
lieu au siège de l'Organisation, à Paris.
La coopération entre l'OCDE et la Chine s'est déclinée en de nombreuses
formules. L'OCDE a parrainé des ateliers, des conférences et des séminaires.
Elle a envoyé des experts en Chine pour y conduire des missions exploratoires
et des actions de formation. Elle a accueilli des fonctionnaires chinois à
Paris dont certains ont pu travailler plusieurs mois durant sur des thèmes tels
que la réforme des marchés financiers et le gouvernement d'entreprise. En
1997, la collaboration entre l'OCDE et la Chine dans le domaine de la fiscalité
a conduit à la création d'un Centre international de formation fiscale près
de Pékin, dont les stages ont été suivis depuis lors par près de 2000 agents
de l'administration fiscale chinoise.
L'OCDE a échangé des informations avec la Chine sur les industries fondées
sur le savoir et les petites et moyennes entreprises, et elle a apporté son
concours à l'organisation de forums internationaux consacrés à la politique
de la concurrence de la Chine. Elle poursuit sa coopération avec la Chine dans
les domaines de la sidérurgie, du transport maritime et de la construction
navale.
La Chine a souscrit aux Principes de gouvernement d'entreprise de l'OCDE et
recommandé aux entreprises chinoises, y compris aux entreprises d'Etat, de les
appliquer.
Figurent également au nombre des domaines de coopération entre l'OCDE et la
Chine l'éducation, l'agriculture, la politique de l'environnement et l'économétrie.
Le séminaire offrira l'occasion de présenter toute une série de publications
de l'OCDE exposant les résultats de cette coopération, parmi lesquelles «
National Accounts for China, sources and methods », « The Agro-Food Processing
Sector in China, Developments and Policy Challenges », « Current Issues in
Chinese Higher Education », « Reforming China's Enterprises » et « Programme
de dialogue et de coopération entre l'OCDE et la Chine, Résultats 1996-1999 ».
Le séminaire portera principalement sur trois grands domaines : l'économie, l'agriculture et les statistiques, mais des experts de tous les secteurs couverts par le Programme de coopération entre l'OCDE et la Chine seront également présents pour répondre à d'éventuelles questions.
Pour obtenir des informations complémentaires et confirmer votre participation au séminaire, veuillez contacter Meggan Dissly (tél. : 33 1 45 24 80 94) ou Helen Fisher, (tél. : 33 1 45 24 80 97), Division des Relations avec les médias. Les journalistes qui souhaitent écouter le séminaire par téléphone doivent composer le 33 1 56 78 90 57.
l'OCDE en
ligne - Communiqué de presse
Paris, le 6 mars 2001
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Pékin annonce une hausse record des dépenses militaires
PEKIN
(AFP) - Mardi 06 mars - La Chine a annoncé mardi une hausse record de 17,7% de
ses dépenses militaires cette année en arguant de "changements"
importants dans la situation militaire internationale, alors que la situation
reste tendue dans le détroit de Taiwan.
Devant la session plénière de l'Assemblée Nationale Populaire (ANP-parlement
chinois), le ministre des Finances, Xiang Huaicheng, a indiqué que les fonds
destinés à la défense s'élèveraient à 141 milliards de yuans (17 mds USD)
en 2001, soit 17,7% de plus que l'an dernier. Ce budget représente 1,47% du PIB
chinois. La hausse prévue est nettement supérieure à celle de l'ensemble des
dépenses du budget présenté par M. Xiang (+9,3%) et à celle du budget
militaire des deux dernières années, de l'ordre de 12%.
M. Xiang a précisé que la mesure était destinée à augmenter les salaires
des militaires, mais également à "s'adapter aux changements radicaux
intervenus dans la situation militaire internationale" et à "se préparer
au combat en utilisant des technologies modernes, notamment des technologies de
pointe".
Elle survient alors que Chine a très mal pris l'an dernier l'élection à
Taiwan du candidat indépendantiste Chen Shui-bian, dont le parti prône une séparation
définitive de l'île et du continent, gouvernés séparément depuis la
victoire des communistes à Pékin en 1949.
Pékin a averti qu'une proclamation d'indépendance à Taipei signifierait la
guerre et a également menacé de recourir à la force si l'île tarde trop à négocier
les termes de sa réunification au Continent.
Interrogé mardi lors d'une conférence de presse, le ministre des affaires étrangères
Tang Jiaxuan a démenti tout lien entre la hausse du budget militaire et la
question de Taiwan.
M. Tang a également rejeté tout lien entre la hausse des dépenses militaires
et le projet américain de bouclier anti-missiles (NMD). La Chine a lancé
depuis des mois des mises en garde contre ce projet qu'elle considère dirigé
contre sa propre force de dissuasion, avertissant Washington que le NMD risquait
de relancer la course aux armements.
La hausse du budget militaire chinois intervient alors que la Chine multiplie
les mises en garde contre de nouvelles ventes d'armes américaines à Taiwan.
L'administration Bush doit décider en avril de vendre ou non à Taipei des
armements portant sur plusieurs milliards de dollars. La presse taïwanaise a
affirmé jeudi que Taiwan avait demandé la fourniture de quatre
contre-torpilleurs équipés du système de combat ultra-moderne Aegis, de 24 hélicoptères
Apache, de 12 avions de lutte contre les sous-marins P-3, ainsi que de missiles
Harpoon et de torpilles MK48 ADCAP.
Forte de 4,2 millions d'hommes au début des années 1980, l'armée chinoise, la
plus nombreuse du monde, est passée progressivement à 2,5 millions alors que,
dans le même temps, l'armée a dû se séparer de son vaste empire commercial,
qui constituait une source importante de revenus.
D'après Le Point, "les tensions sont d'autant plus vives dans l'armée que le gouvernement a exigé depuis deux ans que les officiers se retirent des activités économiques (gestion d'hôtels, d'entreprises, de boîtes de nuit à hôtesses...)
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Le Tibet
meurt. Depuis 50 ans, les envahisseurs chinois commettent dans ce pays, les
pires des atrocités. Il n'est pas seulement question de viol des droits de
l'homme mais de la destruction totale d'un peuple et de sa culture. Aucune
sanction politique n'a été prise jusqu'à présent à l'encontre des
agresseurs. Seules quelques associations luttent pour informer l'opinion
internationale. Aux Etats-Unis, l'association Milarepa tenue par les membres des
Beastie Boys organise chaque année un grand concert de soutien aux réfugiés
tibétains. En France, l'esprit de la résistance non-violente prônée par le
Dalaï, plus haute autorité religieuse en exil, trouve un relais grâce à
l'initiative de 'Solidarité Tibet' qui lance le 27 mars 'Tibet Libre' un album
compilation du meilleur des talents hexagonaux.
Qu'ils soient funk, chanson, reggae, hip hop, rock indé, les artistes bénévoles
de 'Tibet Libre' (Silmarils, Matmatah, Shakti, Orange Blossom, Dead Pop Club,
Blankass, Burning Heads, Ethnician...) proposent 2H 30 d'une vision engagée,
des chansons pour que survive le toit du monde. Le design est signée par le
peintre Ben et l'intégralité des fonds récoltés par la vente de l'album
aidera l'association à poursuivre son oeuvre humanitaire. Pour en savoir plus
sur la situation du Tibet, rendez-vous le 10 mars prochain à Paris où se
tiendra une grande manifestation en commémoration du soulèvement à Lhassa en
1959.
Sincever 5.03.2001
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Un TGV reliera Pékin à Shanghaï
Le projet
colossal de train à grande vitesse (TGV) reliant Pékin à Shanghaï a été
inscrit dans le projet de Xe plan quinquennal (2001-2005) présenté lundi à
l'ouverture de la session plénière annuelle de l'Assemblée nationale
populaire (ANP, le parlement chinois).
La ligne TGV Pékin-Shanghaï, sera engagée au cours des cinq années qui
viennent. Pékin projette "de lever des fonds à partir de différentes
sources afin de couvrir un coût total d'environ 100 milliards de yuans (12
milliards de dollars)" a indiqua l'agence Chine nouvelle qui n'a pas précisé
si des partenaires étrangers seraient ou non sollicités pour participer à ce
projet dans les cartons depuis 1994 et dont la réalisation devrait prendre au
moins dix ans.
En décembre dernier, la presse officielle avait indiqué que la Chine avait
pris la décision de construire la ligne de 1.300 km, mais que la technologie
qui serait utilisée pour le matériel roulant faisait encore l'objet d'un vif débat
au sein des organes de décision.
Trois consortiums étrangers sont candidats : Eurotrain, émanation du français
Alstom et de l'allemand Siemens, Shinkansen, qui rassemble sept grands groupes
japonais, et Transrapid International, qui réunit Siemens et son compatriote
ThyssenKrupp. Ce dernier projet, qui porte sur la fourniture à la Chine d'un
train à sustentation magnétique volant à un centimètre au-dessus des rails,
a semblé prendre l'avantage en début d'année avec la signature d'un contrat
pour une ligne expérimentale de 30 km à Shanghaï.
Mais les experts n'excluent pas que la Chine se passe de partenaire étranger et
lance le projet à partir d'une technologie nationale dérivée de trains étrangers.
Parmi les autres projets ferroviaires, le plan prévoit la construction d'une
première ligne au Tibet, reliant Lhassa, la capitale de la région autonome, au
reste de la Chine, via Golmud dans la province du Qinghai (nord-ouest), sur
1.118 km.
Afin de lutter contre la sécheresse dans la moitié nord du pays, la Chine
compte par ailleurs engager "dès que possible" des travaux
gigantesques consistant à détourner vers le nord les eaux du bassin du Yangtsé,
le fleuve qui traverse la moitié sud du pays, a indiqué Chine nouvelle.
Le Xe plan, qui doit être adopté par les députés au cours de la présente
session, a également confirmé la construction d'un gazoduc de 4.200 km devant
relier le bassin du Tarim (région du Xinjiang, nord-ouest) à Shanghaï. La
première phase du projet, évaluée à 14,5 milliards de dollars, doit démarrer
cette année pour s'achever en 2003, selon Chine nouvelle. Dix-neuf grands
groupes étrangers sont sur les rangs pour participer à ce projet, a indiqué
le mois dernier la presse chinoise.
Le plan a en outre mentionné un projet de 12 milliards de dollars consistant à
acheminer de l'électricité produite dans l'ouest du pays vers les régions développées
de l'est de la Chine. Le plan mentionne aussi la construction d'aéroports et de
lignes de métro, mais reste assez vague sur l'énergie nucléaire. Le Premier
ministre Zhu Rongji n'a pas eu un mot pour le projet de barrage hydro-électrique
des Trois Gorges, dont la construction a été engagée par son prédécesseur
Li Peng. Le plus grand barrage du monde doit commencer à fonctionner en 2003.
Economie
Lundi, 05/03/2001
Tageblatt
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Les Chinois appelés à faire de nouveaux efforts en vue de l'OMC
Le
premier ministre chinois Zhu Rongji a appelé lundi les Chinois à de nouveaux
efforts pour préparer l'adhésion de Pékin à l'Organisation mondiale du
commerce (OMC), sur fond de ralentissement économique durant les cinq ans à
venir.
Dans un discours sans concessions prononcé à l'ouverture de la session
parlementaire, M. Zhu a reconnu que les réformes économiques se trouvaient
"dans une période très difficile".
"L'économie chinoise se trouve dans un état où elle ne peut poursuivre
son développement qu'en procédant à une mutation de structure", a martelé
devant les 2.870 députés le principal architecte de la restructuration des
entreprises d'Etat non-rentables.
Cette restructuration, lancée il y a quatre ans et qui a déjà coûté leur
poste à des dizaines de millions de salariés, fait partie des réformes menées
depuis 20 ans pour adapter l'économie collectiviste aux lois du marché.
Venus de tous les coins de Chine, les délégués ont convergé sur Pékin
durant le week-end pour la grand-messe annuelle du parlement, alors que
d'importantes mesures de sécurité étaient prises pour éviter toute
manifestation de protestation de la secte interdite Falungong.
Bien que leur rôle essentiel consiste à avaliser des décisions prises au préalable
par le parti, les députés ont au fil des années pris l'habitude de faire
entendre quelques récriminations sur des sujets populaires, tels que le chômage
ou la corruption.
Mais le Premier ministre a laissé peu d'espoir d'amélioration à court terme
de la situation sociale, en dépit d'une politique de relance de l'économie par
le biais de grands projets d'infrastructure.
Cette politique doit permettre à la Chine d'atteindre un taux de croissance
moyen de 7% par an pendant le Xème plan
quinquennal (2001-2005), contre 8,3% au cours des cinq dernières années.
"La création massive d'emplois ne sera certainement pas une tâche
facile", a reconnu M. Zhu, tout en appelant à mettre en place rapidement
un système national de sécurité sociale.
Selon le projet de plan soumis aux députés, le taux officiel de chômage en
zone urbaine ne devra pas dépasser 5% de la population active en 2005, contre
3,1% actuellement. Ce taux ne tient pas compte des salariés licenciés (qui
restent en théorie liés à leur entreprise pour le versement d'une allocation)
ni des 120 millions de ruraux précairement employés dans les villes.
Pour faire avaler la pilule de l'OMC qui se traduira par un afflux
d'importations meilleur marché, notamment agricoles, le chef du gouvernement
s'est efforcé de rassurer les 800 millions de paysans, dont une grande partie
vit sous le seuil de pauvreté défini par l'ONU.
Au delà du maintien des prix garantis pour leur produits, il leur a promis une
simplification de la fiscalité ainsi qu'une réduction du nombre de cadres
ruraux.
"C'est très important car nos paysans traversent une phase de transition
difficile", a commenté Pan Zhaokui, un député de la province du Liaoning
(nord-est).
En ce qui concerne la restructuration industrielle, le Premier ministre a assuré
que l'Etat resterait le principal actionnaire des "entreprises importantes
dont dépendent la survie et la sûreté de la nation", mais se retirerait
des autres secteurs.
Sur le plan politique, le chef du gouvernement a promis une lutte sans merci
contre tous les opposants au régime, même s'il a évoqué une vague réforme
du système politique par le biais de la mise en place d'un Etat de droit et d'élections
"démocratiques".
Il a en revanche apporté son soutien à la répression en cours contre la secte
Falungong, réclamant des sanctions sévères contre ses responsables et
l'accusant d'être un instrument des forces "ennemies" de la Chine.
Sur la question de Taiwan, M. Zhu a plaidé pour des échanges commerciaux et
culturels accrus tout en réitérant le souhait d'une réunification pacifique
avec l'île, séparée du continent depuis 1949.
Economie
Lundi, 05/03/2001
Tageblatt
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Chine : tapis rouge pour les JO
Les Jeux olympiques de 2008 sont devenus le nouveau cheval de bataille du
nationalisme chinois. Pékin est candidate pour l'accueil des compétitions,
face à Paris, Moscou et Istanbul. La Chine, qui n'a jamais accueilli de compétition
olympique, en fait une question d'honneur.
Contrairement à la France, où une majorité de Parisiens redoutent les
nuisances de tels rassemblements, 94,9 % des Pékinois et la totalité du
gouvernement chinois espèrent obtenir les Jeux, selon les sondages officiels.
La semaine dernière, le tapis rouge a été déroulé devant les membres du CIO
(Comité international olympique) chargés de la sélection. Pékin était d'une
propreté exceptionnelle : plus de 800 000 personnes avaient été mobilisées
à cet effet. L'air était particulièrement léger et la circulation fluide :
ordre avait été donné dans toutes les « unités de travail » de réduire au
minimum les déplacements en voiture. Les façades des immeubles avaient été
repeintes le long du parcours suivi par la délégation et les pelouses qui
bordent l'avenue de la Paix-Céleste (elle traverse Pékin d'est en ouest),
reverdies, en cette fin d'hiver, grâce à un produit chimique !
Néanmoins, Pékin n'est pas sûre de l'emporter. La question des droits de
l'homme reste un handicap aux yeux du CIO, même si des progrès ont été
accomplis au cours de la dernière décennie. La répression en cours contre la
secte Falungong ne joue pas en faveur de la Chine.
De leur côté, les intellectuels chinois critiquent les énormes
investissements envisagés (20 millions de dollars pour la candidature, 1,5
milliard de dollars si Pékin gagne), qu'ils verraient mieux utilisés en rénovation
de la capitale qu'en destruction des vieux quartiers. Ils redoutent une relance
de la corruption à cette occasion.
Les autorités, optimistes, font valoir ce que les Jeux apporteraient à la
ville en termes d'image, de tourisme et de recettes budgétaires (plus de 16
millions de dollars)
par Caroline Puel © Le Point - 02/03/2001 - N°1485 - Laser Monde
Trenton, 2 mars
2001- Reuter
Les autorités fédérales américaines ont déclaré jeudi qu'un des principaux
fabricants d'anneaux pour classeurs de bureau, est la première firme à être condamnée, selon les lois américaines, pour avoir employé des prisonniers
des camps de travail forcé.
Allied International Manufacturing Stationery Co. (AIMCO) basée à Nanjing (Chine) faisait travailler des prisonniers dans ce qu'on croyait être la
plus grande usine de fabrication d'anneaux pour classeurs au monde en 1990 et a exporté plus de 134 millions de ces anneaux de métal aux États-Unis
entre août 95 et juin 97.
Mercredi, AIMCO, plaida coupable d'avoir enfreint la loi de 1932 qui interdit l'entrée aux U.S.A de marchandises fabriquées par les prisonniers.
Un juge de la Cour Fédérale les a condamnés à payer une amende de 50.000 dollars.
Parmi les employés de l'usine, il y avait plus de 60 femmes, presque toutes condamnées pour prostitution et détenues dans une prison voisine. Les
représentants fédéraux disent qu'elles étaient forcées de travailler de longues heures, sans salaire, et jusqu'à ce que leurs doigts saignent.
" On peut difficilement imaginer les conditions dans lesquelles un prisonnier est obligé de produire des milliers d'anneaux pour classeurs "
déclara le Procureur Général, Robert Cleary.
Maintenant, et après enquête par les autorités douanières et celles des taxes, l'usine est fermée et un des propriétaires est accusé de détournement
fiscal, encourant une condamnation à 5 ans de prison.
La loi, enfreinte par AIMCO, a été conçue pour protéger les entreprises américaines et leurs ouvriers, d'une compétition injuste et pour combattre
les violations des Droits de l'Homme.
Se référant à la condamnation, le Procureur Général, James Mc Mahon déclara
qu'il ne connaissait pas de précédent concernant une usine chinoise, mais que l'entreprise américaine E.W Bliss Co, au Michigan qui importait des
presses à étamper fabriquées par des prisonniers chinois avait été condamnée
à une amende en 1992.
Entre temps, Peter Hua Chen de West Windsor, New Jersey, originaire du Taiwan, naturalisé citoyen américain et co-propriétaire d'AIMCO avec sa
femme, a plaidé coupable pour une fraude fiscale de 86.605 dollars aux États-Unis et des revenus issus de l'usine de Nanjing en 1996 atteignant
212.000 dollars. Chen était aussi propriétaire de la compagnie Edison, située au New Jersey, "Officemate International Corps" qui importait les
anneaux pour classeurs. Le Juge Fédéral, Mary Cooper lui signifiera sa condamnation le 13 juin prochain, il encourt 5 ans de prison et 100.000
dollars d'amende. " Officemate " a déjà payé 500.000 dollars aux Services des Douanes américaines afin de régler des accusations civiles potentielles.
Le New York Times qui, le premier, fit état des plaidoyers de culpabilité, écrit qu'AIMCO contrôle le tiers du marché américain en fourniture d'anneaux
pour classeurs, lesquels se retrouvent récemment dans tous les bureaux aux États-Unis.
Selon un document de la Cour Criminelle Fédérale, AIMCO a commencé à utiliser les travaux forcés pour l'assemblage de ses anneaux pour classeurs,
au printemps 1995, alors que ses clients principaux faisaient pression pour augmenter le volume de production. Les représentants fédéraux refusent de
nommer les clients en question.
L'usine de Nanjing a utilisé les travaux forcés pour assembler, en tout, plus de 150 millions d 'anneaux pour classeurs, dont 134 millions qui
entrèrent aux USA dans 140 conteneurs de la taille d'un camion, par différents ports américains.
Quand les Douanes américaines prirent conscience de la situation, ses agents saisirent et détruisirent 24 millions d'anneaux fabriqués par AIMCO, à
Newark, Chicago, Savannah et Los Angeles, obligeant ainsi l'usine de Nanjing à fermer ses portes. Les autorités fédérales rapportent que c'est un
concurrent d'AIMCO, Peter Lévy, de Mount Vernon, New York, qui découvrit le pot aux roses lors d'un voyage en Chine et qui rapporta le film vidéo d'un
chargement d'anneaux pour classeurs qui quittaient la prison de Nanjing.
Lévy, PDG de Labelon/Noesting Co. soupçonna AIMCO lorsqu'il constata la chute de sa propre production. Plus tard, il témoigna devant le Congrès, et
au cours du programme de télévision "Nightime".
Traduction France-Tibet
Quatre adeptes de la secte Fa Lun Gong arrêtés
LE MONDE 01.03.01
Quatre adeptes de la secte interdite Fa Lun Gong ont été arrêtés pour avoir organisé l'immolation par le feu collective de janvier à Pékin, a-t-on appris jeudi 1er mars. Selon un porte-parole du Parquet populaire de Pékin, les quatre personnes sont soupçonnées "d'avoir utilisé une secte hérétique afin de perturber l'application de la loi".
Elles n'ont toutefois pas encore été
inculpées. Trois des personnes qui ont été arrêtées samedi 24 février sont
présentées comme les "cerveaux" de l'incident: Liu Yunfang, Xue
Hongjun et Wang Jindong. La quatrième est Liu Xiuqin, une Pékinoise accusée
d'avoir hébergé chez elle les adeptes de la secte et de leur avoir fourni
l'essence utilisée pour l'immolation.
AFP
[NDFT: Le mouvement Falun Gong n'est qualifié de secte que depuis qu'il dérange le pouvoir chinois... D'autres infos sur http://tussier.multimania.com/falun.htm]
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Droits de l'homme : Chirac veut renforcer le rôle de l'Onu
PARIS, 1er mars (Reuters) - Jacques
Chirac a fait savoir jeudi qu'il plaiderait pour une revalorisation du budget du
Haut commissariat de l'Onu aux droits de l'homme et un renforcement de son rôle.
Le président français s'exprimera en ce sens lors d'une intervention, le 30
mars, devant la Commission des droits de l'homme des Nations unies à Genève, a
fait savoir l'Elysée.
Dans cette perspective, Jacques Chirac a rencontré jeudi à l'Elysée des représentants
d'organisations de défense des droits de l'homme ainsi que des experts français
spécialisés dans ces questions au sein de l'Onu.
Au nombre des participants figuraient notamment la Fédération internationale
des droits de l'homme, Amnesty International, Reporters sans Frontières, Human
Rights Watch ou encore ATD Quart Monde.
Jacques Chirac a souligné lors la réunion que les ONG étaient "un fer de
lance" pour la défense des droits de l'homme et qu'elles remplissaient
"une mission irremplaçable d'alerte, d'expertise, de vigilance et de
propositions", a rapporté son entourage.
Le président a déploré "les violations massives" des droits de
l'homme, qui perdurent dans "trop de pays", en dépit des progrès
enregistrés notamment en Europe de l'Est, en Russie et en Amérique latine.
Au chapitre des avancées, Jacques Chirac s'est plus particulièrement félicité
de la ratification par la Chine de la convention internationale des Nations
unies sur les droits économiques, sociaux et culturels. C'est un pas important,
qui conforte l'universalité des droits de l'homme, a-t-il estimé.
Le président a par ailleurs insisté sur la nécessité de lutter contre l'extrême
pauvreté, qui est, selon lui, "la forme la plus cruelle d'atteinte à la
dignité humaine".
"Il faut renforcer notre esprit de solidarité", a-t-il déclaré.
Jacques Chirac a indiqué qu'il aborderait également à Genève la question des
droits de l'homme dans les pays francophones, ainsi que les atteintes aux droits
de la personne, dont sont porteurs les développements industriels - comme
internet - et scientifiques (recherches génétiques, etc).
"Il y a une prise de conscience insuffisante sur ces sujets", a-t-il
dit.
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La Chine ratifie le pacte des Nations unies sur les droits économiques et sociaux
LE MONDE 01.03.01
Les autorités chinoises ont annoncé,
mercredi 28 février, la ratification, par l'Assemblée nationale populaire, de
la convention des Nations unies sur les droits économiques, sociaux et
culturels.
La communauté internationale demandait depuis quatre ans à la Chine de faire
entrer ce texte, qu'elle avait signé, dans sa législation. Pékin n'entend pas
pour autant appliquer les dispositions sur la liberté syndicale.
PÉKIN, de notre correspondant
Les commentaires des diplomates et
des organisations des droits de l'homme étaient à la satisfaction prudente,
jeudi 1er mars, au lendemain de l'annonce par Pékin de la ratification du pacte
des Nations unies sur les droits économiques, sociaux et culturels. Approuvée
par le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire (ANP), cette
ratification survient quatre ans après la signature du document par l'exécutif
chinois. Elle intervient surtout très opportunément dans le calendrier
diplomatique, alors que la situation des libertés civiles en Chine fait à
nouveau débat: rituel des travaux de la commission des droits de l'homme des
Nations unies à Genève, prise de fonctions d'une nouvelle administration présidentielle
à Washington et examen de la candidature de la ville de Pékin à
l'organisation des Jeux de 2008 par le Comité international olympique (CIO).
La direction de l'ANP a toutefois pris soin d'évacuer la disposition la plus
sensible du document, celle touchant à la liberté syndicale. "Les Etats
s'engagent à assurer le droit qu'a toute personne de former avec d'autres des
syndicats et de s'affilier au syndicat de leur choix" énonce l'article 8
du pacte.
Dans une "déclaration", le comité permanent de l'assemblée précise
que le gouvernement chinois appliquera cet article "conformément aux
stipulations de la Constitution, de la loi sur le syndicalisme et la loi sur le
travail" - ce qui revient à le vider de sa substance puisque la Chine ne
compte qu'un seul syndicat reconnu, émanation du Parti communiste. Les
syndicalistes libres, en revanche, sont embastillés sans faiblesse: ils
seraient plusieurs dizaines dans les geôles du régime. La maîtrise du champ
ouvrier reste pour le pouvoir une tâche de la plus haute importance. De source
officielle, on a enregistré près de 120 000 conflits sociaux ces derniers
temps, et ce chiffre pourrait enfler encore avec l'entrée de la Chine dans
l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et l'accélération de la
restructuration des entreprises d'Etat, qui devrait conduire inévitablement à
une augmentation du chômage.
De passage à Pékin, Mary Robinson, haut-commissaire des Nations unies aux
droits de l'homme, a déclaré voici quelques jours qu'elle trouverait "décevante"
l'hypothèse que Pékin formule des réserves au pacte. Elle devrait donc être
"déçue". Cependant, l'organe suprême de l'ANP n'a émis aucune
objection à un autre paragraphe du même article 8 concernant le droit de grève.
Ce détail est d'autant plus intéressant que la référence au droit de grève
avait disparu de la Constitution chinoise en 1982. "Le pacte des Nations
unies va donc redonner au droit de grève une base juridique qu'il avait
perdue", a commenté un diplomate. Là est le véritable enjeu de la
ratification de ce pacte: il ne force rien, n'impose aucune obligation mais il
fournit un argumentaire juridique supplémentaire à ceux qui luttent pour faire
prévaloir des droits. Il reste maintenant à Pékin à ratifier un autre pacte,
celui relatif aux droits civils et politiques. Mais cette affaire-là est
autrement plus périlleuse.
Frédéric Bobin
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Tendances : Les Chinois conquis par la culture tibétaine
La Chinoise Zhu Zheqin est une star de la pop en Chine depuis qu'elle a pris comme nom de scène Dadawa - de dawa, "lune", en tibétain - et qu'elle chante des morceaux comme La Ballade de Lhassa .
Son dernier clip, qui passe continuellement à la télévision chinoise, la montre vêtue de robes tibétaines et conduisant des troupeaux de yacks. Son premier concert à Pékin, en janvier, a fait salle comble. Le public ? De jeunes Chinois ayant les moyens de payer 50 dollars la place... et un lama qui craignait d'assister à une grossière exploitation de l'héritage culturel du Tibet. En fait, Dadawa était accompagnée par des musiciens tibétains qui jouaient des airs religieux traditionnels. "On ne nous laisserait pas célébrer notre propre culture comme ça", a remarqué le lama.
La Chine s'est entichée du Tibet. De plus en plus de Chinois pratiquent le bouddhisme tibétain, remplissent leurs verres d'alcool tibétain et partent en balade sur le plateau. En singeant les coutumes tibétaines, ils peuvent être aussi ringards qu'un Occidental dansant la danse de la pluie. Mais quand on sait que la propagande officielle a accusé pendant des décennies la culture tibétaine de maintenir les habitants dans la pauvreté, l'ignorance, voire le cannibalisme, ce soudain intérêt montre l'indépendance croissante des prescripteurs de tendances chinois face au discours des autorités.
Les manuels scolaires ne font aucune mention du bouddhisme et enseignent que, avant la "libération pacifique" du Tibet par l'armée chinoise, les Tibétains "pratiquaient l'esclavage le plus sinistre, le plus barbare de l'histoire de l'humanité" . Des films comme Serfs (1963), que presque tous les Chinois ont vu dans leur enfance, montrent des bonzes vénaux qui fabriquent des caisses de tambour avec la peau de serfs morts pour régler leurs dettes. La propagande communiste condamne le dalaï-lama en exil. Qualifié de "séditieux", il est accusé de chercher à restaurer le féodalisme.
Le changement est venu de gens comme l'artiste Li Bing, dont le père était chargé de superviser la programmation des voyages du président Mao. Parcourant la Chine sac au dos, elle tombe sous le charme du Tibet. En 1998, après avoir étudié le tibétain pendant un an, elle passe six mois sur le plateau, puis expose des polaroïds de Chinois et de Tibétains rencontrés pendant son voyage. Depuis, on ne compte plus les artistes qui se rendent sur le Toit du monde et de nombreuses galeries exposent des portraits de paysans tibétains à l'air fier.
"Les Chinois qui vont au Tibet sont obligés de constater que c'est un pays étranger", observe Li. Il en va de même pour les consommateurs quand ils découvrent les produits tibétains, dont la plupart sont fabriqués par des entreprises d'Etat chinoises. Parmi les produits phares de l'an dernier figuraient un jus de ginseng vendu sous la marque "Herbe du Tibet" et une liqueur de sorgho baptisée "Printemps odorant du Tibet".
Non contents d'importer la culture et les produits tibétains, les Chinois font de plus en plus souvent du tourisme au Tibet. L'an dernier, quelque 420 000 Chinois sont allés respirer son air pur, soit près de 50 % de plus qu'il y a deux ans. Cet intérêt pour le Tibet tombe à un moment critique : le dalaï-lama est âgé de 65 ans et nul ne sait s'il y aura quelqu'un après sa mort pour rassembler la communauté tibétaine exilée à l'étranger. L'identité du deuxième dignitaire religieux du Tibet, le panchen-lama, est contestée. Le Parti communiste chinois a désigné un garçon de 10 ans et placé en captivité celui que le dalaï-lama avait choisi, faisant de lui le plus jeune prisonnier du monde. Le karmapa - le troisième personnage de la hiérarchie - est un adolescent de 15 ans qui a stupéfié Pékin l'an dernier en franchissant la chaîne de l'Himalaya pour se rendre en Inde, où il a proclamé que "les traditions et la culture tibétaines [étaient] menacées d'une totale disparition" . Ce jeune Tibétain représente le plus grand espoir pour la communauté en exil, qui voit en lui son prochain chef spirituel.
La foi dans le communisme a décliné avec les massacres de Tian'anmen, et, pendant la dernière décennie, les Chinois se sont lancés dans une quête de spiritualité. Wang Ze, 52 ans, consultant auprès de fabricants de produits surgelés, s'est converti au bouddhisme tibétain il y a quatre ans, au sortir d'une méditation sur le mantra de la compassion, "om mani peme hum" (dont Dadawa a fait entre-temps une chanson). Sa femme et lui ont transformé en temple leur logement de quatre pièces. A l'époque, ils ne connaissaient aucun autre pratiquant, mais récemment ils ont célébré une cérémonie d'initiation pour 17 Chinois.
Un vieux lama qui vit à Pékin raconte comment des groupes d'étudiants des établissements les plus prestigieux de la capitale ont commencé à venir le trouver il y a deux ans pour lui poser des questions sur sa religion. Tout en admettant que presque tous les Chinois considèrent le Tibet comme faisant partie de la Chine, il note un changement : "Ils sont de plus en plus favorables, non pas à l'indépendance du Tibet, mais à une plus grande autonomie."
Cependant, le "bon chic tibétain" n'est pas toujours bien accueilli. Quand Dadawa a sorti son premier album au Royaume-Uni, en 1995, elle a soulevé la colère des Tibétains et des Chinois. Les militants en exil l'ont accusée d'exploiter leur culture et certains ont même protesté devant le bureau londonien de Warner, sa maison de disques. L'album a déclenché un tollé chez les Tibétains de Chine, qui ont été furieux d'entendre, en musique de fond de son single, la voix d'une femme invoquant, en tibétain, le dalaï-lama. Le gouvernement a eu vent de l'affaire deux jours après avoir remis à Dadawa l'équivalent du Grammy. La chanteuse a dû demander le retour de tous ses disques, rééditer son album, et ses clips sont encore interdits au Tibet. La fièvre tibétaine est, semble-t-il, devenue trop élevée pour Dadawa. Son prochain CD, assure-t-elle, "n'aura rien à voir avec le Tibet".
Matthew Forney
Time Asia, Hongkong
Courrier International 01/03/2001, Numero 539
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Ecole des Guides : business, vous avez dit business ?
Autour de Maurice Herzog et Francis de Noyelle, seuls membres survivants de l'expédition de l'Annapurna de 1950, une cinquantaine de décideurs de la finance et de l'entreprise ont participé à la première rencontre organisée par le tout nouveau club Montagne-Entreprise de la FFME. Pour Serge KOENIG, initiateur et responsable de ce club à la FFME, " ce club va permettre à de nombreuses sociétés de se retrouver autour de projets ayant pour trait commun la montagne. La FFME va ainsi faire partager son savoir faire et sa connaissance des peuples montagnards du monde entier à ces partenaires d'un nouveau type ".
FFME + KOENIG = business, vous avez dit business ?
Lu dans Alpi-Rando N° 229 de MARS
2001 page Actualités
Nouvelles Tendances / Club Montagne Entreprise
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Ecole de guides à Lhassa
On nage en plein aveuglement
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Le projet d'ouverture d'une école de guides à Lhassa alimente de nombreux débats, que les moyens modernes de communication comme Internet rendent accessibles au plus grand nombre. Inévitablement, cela génère une dérive, certains intervenants ayant tendance à se prononcer sur des sujets qu'ils ne connaissent pas toujours bien. Patrick Gabarrou, très sensible à la cause tibétaine, s'en émeut et apporte des précisions.
Je réponds à l'article d'Isabelle Rat-Morris (On nage en plein paradoxe) paru dans VerticalRoc n° 10, page 109. Le projet initial d'école avait été présenté dans un dossier intitulé : "Soutien au Tibet", dont la première phrase est proprement incroyable : " Le Tibet a ouvert ses frontières avec celles de la Chine depuis 20 ans "(1). Il faut rappeler la vérité. La Chine a envahi le Tibet en 1950, accompli un véritable génocide, détruit la quasi-totalité des 6 000 monastères (à une dizaine près) et de la ville de Lhassa à l'exception du Potala, du temple du Jokhang et de quelques maisons. Elle a également initié une formidable catastrophe écologique en détruisant l'essentiel des forêts, et en entreposant par ailleurs dans ce pays ses déchets atomiques.
En fait, la Chine a ouvert en 1992 au monde extérieur les frontières d'un pays détruit, pillé, torturé, et sinisé de force afin de promouvoir sa propre économie, principalement touristique comme l'indique la deuxième phrase du dossier : "priorité faite au tourisme permettant une expansion du tourisme d'aventure, de l'éco et de l'ethno-tourisme". Bonjour l'écologie comme nous venons de le voir et bonjour les Tibétains devenus "curiosité ethnique".
Il faut savoir qu'il n'existe pas l'ombre de l'amorce d'un pouvoir autonome au Tibet, si ce n'est au niveau de la propagande officielle. Comme l'ont reconnu Amnesty International et d'autres organisations, le peuple tibétain n'a aucune possibilité de s'exprimer à quelque niveau que ce soit. Tous les leviers du pouvoir politique, économique et religieux sont entre les mains de la bureaucratie chinoise et des quelques Tibétains qui collaborent avec ce régime.
Le directeur de l'école est chinois
L'été passé, les guides de tourisme tibétains qui avaient appris l'anglais à Dharamsala (c'était leur seule possibilité) en Inde où réside le Dalaï-Lama, et donc soupçonnés de sympathie proche ou lointaine envers celui-ci, ont été renvoyés et remplacés par des guides chinois. A noter que le directeur de l'école de guides n'est pas un Tibétain comme l'écrit Kimberly Roberson, mais un Chinois, Gao
Maoxing, également secrétaire général de la TMA (Tibetan Mountaineering Association).
Mais est-ce seulement pour cela que le CAF, d'abord favorable au projet, s'est retiré lorsqu'il a eu connaissance du dossier ? Il écrit à ce propos dans Montagne et Alpinisme n° 4/2000 : " En fonction des informations actuellement en sa possession concernant le projet d'école de guides à Lhassa, le CAF considère qu'il n'y a aucune assurance que les conditions nécessaires pour venir en aide efficacement au peuple tibétain soient aujourd'hui réunies. Le CAF décide donc de ne plus poursuivre sa collaboration. Il continue toutefois à rechercher, seul ou en partenariat avec d'autres associations, à étudier les aides possibles pour le développement de ce pays dans le strict respect des libertés et traditions culturelles du peuple tibétain. "
A priori bien sûr, participer au soutien au Tibet est plus que louable et nécessaire, et Dieu sait si les associations d'aide au Tibet font tout ce qu'elles peuvent, mais évidemment de manière très discrète vu l'omniprésence policière. Dès lors, comment pourrait-on ne pas adhérer avec enthousiasme à une belle initiative humanitaire ? Et forcément, on parle et on écrit un peu vite. " Pour une fois qu'une aide concrète de développement peut être apportée sur place, pourquoi hésiter ? "(2). " Et quand on voit l'enthousiasme et le dévouement bénévole (comme partout ailleurs heureusement) de quelques personnes dans le cadre de cette école... " (3).
Un leurre grossier
D'ailleurs, comme l'écrit Kimberly Roberson qui travaille à l'ONU, mais qui "n'est pas experte en questions tibétaines", au responsable de la Compagnie des guides de Chamonix : " Pour situer le projet, il est important de le connaître comme une assistance humanitaire et non comme un projet aux ambitions politiques. " C'est ce qu'écrit Isabelle Rat-Morris au Dalaï-Lama : " Je voudrais connaître votre opinion quant à la création de cette école dont les objectifs sont avant tout humanitaires."
Mais voila la question : ce projet est-il réellement humanitaire comme ceux, par exemple, de Médecins sans frontières ou de l'école pour enfants aveugles créée par Project for the Blind à Lhassa ? Ces ONG s'efforcent d'apporter aide, réconfort et mieux-être de manière gratuite et sans arrière-pensée de contrepartie économique, touristique ou autre. La suite du dossier va nous montrer que ce projet n'a d'humanitaire que l'apparence, et qu'il s'agit en fait d'un leurre grossier que K. Roberson et I. Rat-Morris ont refusé de voir pour des raisons que j'ignore, peut-être simplement par aveuglement.
En dehors du texte de présentation à contenu variable comme nous l'avons vu, mélangeant faits exacts, désinformation, approximations et omissions, il est une évidence qui apparaît dans le seul texte sérieux, non modifiable celui-là et réellement établi : l'accord entre la FFME et la non plus TMA mais CTMA (China Tibet Mountaineering Association). C'est le texte de l'annexe 5 du dossier. Il s'agit là de l'accord entre les instances françaises et chinoises qui révèle les véritables buts de l'opération au niveau des dirigeants. On lit :
En B : " La CTMA offrira un grand choix de sommets vierges de plus de 7000m aux équipes de haut niveau de la FFME en accordant des facilités d'organisation pour des expéditions sous toutes formes. "
En D :
Programme pour l'année 2001 :
1. Poursuite des programmes d'enseignement.
2. La FFME envisage l'invitation en France d'une délégation tibétaine de Lhassa, composée de responsables de la CTMA (bravo le double langage !) et d'un responsable du tourisme et du développement du Tibet.
Les objectifs de la délégation : " étudier le développement des activités autour de la montagne et de l'escalade, à savoir tourisme, secours, protection de la nature, aménagement (architecture, téléphérique) et autres aménagements économiques. "
Un troc malsain et sordide
Ce qui est présenté comme une initiative humanitaire sympathique et courageuse entraînant a priori l'adhésion naturelle et spontanée, est en réalité I'objet d'un troc non seulement malsain, mais sordide, où l'on retrouve sous une autre forme les objectifs déjà poursuivis il y a quelques années par Serge Koenig dans le cadre du projet de Directissime franco-chinoise en versant tibétain de l'Everest. Avec au programme à l'époque, la fameuse poignée de mains franco-chinoise sommitale qui devait sceller l'amitié entre les deux peuples sur la dépouille du Tibet et inaugurer une ère de grande collaboration industrielle entre les deux pays.
Et maintenant une école avec 20 jeunes des hauts plateaux que l'on prend pour alibi pour obtenir de nombreux grands sommets vierges destinés à certains alpinistes français. Mais surtout, bien au-delà, dans le cadre d'un grossier subterfuge où l'on proclame faire de l'humanitaire de manière mensongère et éhontée, on travaille à un très important et lucratif projet de gros accords industriels et commerciaux ayant pour cadre les montagnes du Tibet, au service des intérêts économiques français et chinois. Vous avez dit colonialisme?
Quant à l'argument universellement utilisé selon lequel la FFME est "prête à se retirer du projet à tout moment", on aimerait savoir comment elle compte faire quand on lit au paragraphe 3 du programme pour 2001 : "La CTMA coopérera avec la FFME pour une première expédition de haut niveau sur un 7000 m encore inexploré de l'Himalaya tibétain. La CTMA fournira des commodités et son aide auprès de la FFME."
Voila donc malheureusement la vérité sur ce projet. Elle n'est pas sortie de l'imagination débridée des "fanatiques" occidentaux pro-tibétains comme on se plait à les appeler en privé. Elle est tout simplement écrite noir sur blanc dans le document officiel. Il suffit seulement de savoir lire et d'accepter d'avoir des yeux pour voir.
Patrick Gabarrou
Vertical Roc Mars 2001
1. Rappelez-vous, depuis ce temps, grâce aux interventions d'Isabelle Rat-Morris, le texte s'est modifié dans un sens plus "franco-politiquement correct" : "Les écoles de l'Himalaya. Le Tibet s'est ouvert au monde extérieur il y a 20 ans."
2. Citation d'Isabelle Rat-Morris dans VerticalRoc n° 10
3. Article d'Olivier Balma dans la revue de la FFME n° 13.
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Participez à la grève de la faim de 365 jours pour le Tibet !
10 mars 2001-10 mars 2002 (en souvenir de l'insurrection du 10 mars 1959, à Lhassa)
Objectifs :
Témoigner de façon engagée sa solidarité face à l'agonie du Tibet et de son peuple.
Déclencher un orage médiatique visant à ébranler le " colosse aux pieds d'argile ", afin d'obtenir l'ouverture de négociations entre le Dalaï-Lama et le gouvernement chinois sans conditions préalables.
Comment participer :
S'engager à un jeûne ferme d'un jour ou plus, ou d'un jour par mois, selon ses possibilités physiques et morales.
Pour s'inscrire :
Téléphoner au Comité de Soutien
au Peuple Tibétain Suisse (CSPT-Suisse), qui coordonne et établit le calendrier du jeûne :
+41.79.361.87.41, ou +41.21.601.43.45
Le peuple du Tibet souffre, étouffé, marginalisé, victime d'un génocide programmé : " LA SOLUTION FINALE " !
Devant l'urgence de la situation, nous sollicitons votre engagement et vous en remercions du fond du cœur.
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Internet Police 110, un logiciel qui traque les sectes et le sexe en Chine
Décidément,
le gouvernement chinois n'arrête plus de prendre des décisions concernant
l'Internet. Le ministère chinois de la Sécurité Publique vient de diffuser un
logiciel destiné à empêcher la fréquentation de sites à caractère cultuel,
pornographique ou violent. Notons au passage que le culte et le sexe sont mis
dans le même panier en Chine. Un responsable de la police a expliqué que le
logiciel Internet Police 110, du nom du numéro téléphonique à composer en
cas d'urgence en Chine, empêchera l'accès à des sites contenant de
l'information étrangère jugée «malsaine». Il est donc clair que cette
initiative est surtout mise en place pour empêcher l'opposition politique de
communiquer librement avec l'extérieur ; la lutte contre les mouvements
sectaires en Chine est aussi une priorité pour le gouvernement chinois.
lesinfos.com
01/03/01
La police chinoise lance un logiciel "purificateur" d'internet.
PEKIN,
27 février (Reuters) - Le ministère chinois de la Sécurité Publique a mis en
circulation un logiciel conçu pour empêcher la consultation des sites ayant
trait "au culte, au sexe et à la violence", a déclaré un
responsable de la police.
"Le logiciel, Internet Police 110, (...) empêchera l'accès à des
informations malsaines provenant de sites étrangers ou chinois", a expliqué
celui-ci à Reuters.
"Je pense que cela aidera à purifier l'internet chinois", a-t-il
ajouté, sans préciser si l'installation du logiciel serait obligatoire.
Le logiciel, dont le nom est tiré du numéro téléphonique d'urgence de la
police chinoise, est proposé en trois versions, prévues respectivement pour
les particuliers, les cybercafés et les écoles.
Il sert également à surveiller la navigation sur le web et à bloquer les
courriers électroniques provenant de sources jugées dangereuses, a précisé
le responsable.
Le gouvernement chinois tente par tous les moyens de bloquer l'accès aux sites
web des médias occidentaux, des opposants politiques ou du mouvement
spiritualiste Falun Gong.
Il a publié l'an dernier une réglementation stricte visant à renforcer son
contrôle sur le réseau, qui prévoit notamment de lourdes sanctions pénales
pour la publication en ligne de contenus illégaux et une limitation des
investissements étrangers dans les sociétés internet chinoises.
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