Action devant le siège du PS

 


Enchaînement


COMMUNIQUE DES ASSOCIATIONS SUR PLACE

Cinq membres d'associations de solidarité avec le Tibet se sont baîllonnés et enchaînés de 11h à 12h30 le 23 septembre 1998 aux grilles du siège du Parti Socialiste rue de Solférino, à Paris. Ils entendaient ainsi montrer aux Français ce que le premier Ministre qui partait le jour même pour la Chine ne verrait pas au cours de son voyage : le peuple Tibétain et les militants démocrates bâillonnés et enchaînés.
François Hollande, Premier secrétaire du Parti Socialiste, est venu en personne s'entretenir avec les manifestants et leur a réaffirmé le soutien du Parti Socialiste aux militants démocrates chinois et au peuple Tibétain.
Rappelant que le Dalaï Lama avait été reçu par Lionel Jospin, alors Numéro 1 du PS en 1996, ainsi qu'en Juin 1998 par Jack Lang à la commission des Affaires Etrangères de l'Assemblée Nationale, il a exprimé son soutien à une solution pacifique et négociée de la question tibétaine.
Les manifestants lui ont réclamé une prise de position claire et publique du PS à ce sujet. François Hollande s'y est engagé.

Association France-Tibet,
Comité de Soutien au Peuple Tibétain,
Solidarité-Tibet, et
Association des étudiants Taiwanais en France

LE COMMUNIQUE EN REPONSE DU P.S.

"Le Parti socialiste, à l'occasion du voyage en Chine du Premier Ministre, tient à rappeler combien il est attaché à la protection des Droits de l'Homme dans ce pays, et à cet égard il note avec satisfaction que Lionel Jospin a abordé cette question lors de son entretien avec son homologue Zhu Rongji. Le PS n'a jamais considéré comme contradictoire le développement des relations économiques avec le rappel que la démocratie est la forme supérieure de toute organisation politique.

En outre, le souci d'entretenir de bonnes relations avec la Chine n'empêche en rien de souhaiter que les autorités chinoises reprennent le dialogue avec les représentants de la région autonome du Tibet conformément aux engagements qu'elles ont pris devant la Communauté Internationale".


Hollande


Commentaire de France-Tibet : Raison d'Etat et Droits de l'Homme

Nous avons appris avec plaisir que le Premier Ministre Lionel Jospin avait transmis un message du Dalaï Lama à Jiang Zemin. Nous déplorons cependant qu'il ne se soit pas exprimé publiquement sur la question du Tibet. Cela nous semble être en effet le seul moyen de faire avancer efficacement ce dossier.

Nous saluons l'engagement du PS et de François Hollande pour la protection des Droits de l'Homme. Nous avons particulièrement apprécié que François Hollande ait rejoint les manifestants enchaînés aux grilles du PS. Nous comprenons que le PS se situe sur une même longueur d'onde que le Premier Ministre Lionel Jospin sur l'absence de contradiction entre les relations économiques et la réaffirmation de l'intérêt supérieur pour la démocratie.

Nous souhaitons seulement rappeler qu'il existe en Chine un système de Goulag (les Laogaï), où 10 millions de personnes travaillent dans des conditions inhumaines, y perdant leur santé et fréquemment la vie. Il existe à nos yeux des restrictions aux relations économiques, qui passent par l'examen scrupuleux des conditions de travail dans le pays avec lequel les relations économiques sont engagées. Rappelons également que Wei Jingsheng disait récemment que les gouvernements occidentaux ne perdront pas la face s'ils se montrent fermes par rapport aux règles démocratiques d'un état de droit, bien au contraire...

Il est malheureux qu'un faux sens se soit logé dans le communiqué du PS : il ne s'agit pas que la Chine renoue le dialogue avec "les représentants de la région autonome du Tibet" qui sont nommés par le pouvoir central de la Chine, mais avec le Gouvernement Tibétain en exil et le Dalaï Lama qui représentent toutes les aspirations de la très grande majorité des Tibétains en exil et au Tibet même. Espérons que les diplomates français sont, eux, plus au fait des affaires du monde que ne le sont les auteurs de cette déclaration.

Nous souhaitons que les intérêts commerciaux à court terme ne se transforment pas en fiasco du fait de la récession qui arrive en Chine, sur fond de crise asiatique et d'inondations catastrophiques, et nous réaffirmons notre souhait d'entendre une déclaration en faveur d'intérêts à long terme prenant en compte les conditions de vie des personnes, et qui seuls sont susceptibles d'entraîner une stabilité économique durable.

Enchaînés
Photos : France-Tibet

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