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Prisonniers politiques |
Phuntsok Nyidron (ou Nyidrol)
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Ven. Phuntsok Nyidron est une nonne bouddhiste tibétaine de la région de Lhundup, qui
purge une peine de prison de 17 ans à la prison de Drapchi depuis 1989.
Le 14 octobre 1989, Phuntsok et cinq autres nonnes du monastère de Michungri ont manifesté pacifiquement à
Lhassa pour protester contre l’occupation chinoise du Tibet. Elles ont scandé quelques slogans et ont défilé pendant quelques minutes avant que la police
ne les arrête.
Phuntsok Nyidron est originaire de Phenpo Lhundrub (Comté de Gachoe, ouest de Lhassa). Elle allait à l'école de son village, mais dût partir en raison de l'absence de facilité d'éducation. Elle quitta le village en 1986 et rejoint le couvent de Mechungri (Comté de Toelung Dechen) pour devenir nonne. Elle apprit la philosophie Bouddhiste et parlait ouvertement des problèmes des Tibétains. Elle demandait la liberté de parole, une plus grande liberté de mouvement. Elle fut arrêtée le 14 octobre 1989 à l'âge de 20 ans, alors qu'elle menait depuis quelques minutes une marche de manifestation dans la région du Barkhor à Lhassa. Cette manifestation eut lieu 3 jours après que la nouvelle du prix Nobel de la Paix attribué au Dalai Lama arriva au Tibet. Phuntsog Nyidrol fut qualifiée de leader de la manifestation dans le quotidien officiel "Tibet Daily" (Chinois: Xizang Ribao, 18 octobre 1989). Elle fut probablement accusée en raison de sa fonction officielle au couvent. Selon le témoignage recueilli en janvier 1994, d'une autre nonne arrêtée -Tenzin Choekyi qui s'est enfuie en Inde-, Phuntsok Nyidrol et les autres femmes arrêtées furent battues pendant l'arrestation et reçurent plus tard des chocs électriques sur les mains, les épaules, la poitrine, la langue et le visage. Durant les interrogatoires, les nonnes étaient suspendues par les poignées maintenues en arrière par une corde accroché au plafond, les pieds ne touchant pas le sol pendant au moins quinze minutes, dans cette position, elles recevaient des coups de barre de fer.
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Phuntsog Nyidrol a été condamnée à neuf ans d'emprisonnement pour "incitation contre-révolutionnaire". Sa condamnation fut prolongée de 8 ans (17 ans au total) suivant sa participation à des chants et enregistrements à la prison de Drapchi en juin 1993 avec 13 autres nonnes. Le chant des nonnes parle de leur gratitude envers ceux qui ne les ont pas oubliés, des traitements brutaux dont elles
souffrent; elles prononcèrent une dédicace à la liberté du Tibet et au Dalaï Lama. Les chansons furent enregistrées sur un magnétophone obtenu en cachette, puis distribuées en secret au Tibet. Condamnée pour propagande contre-révolutionnaire, Phuntsog Nyidrol reçut la condamnation cumulative la plus longue des
nonnes.
La nonne Pasang Lhamo, ancienne prisonnière de la prison de Drapchi en visite en France
en 2001, nous a déclaré avoir travaillé avec Phuntsok Nyidron entre 1994 et 1997. Le 1er mai 98 à Drapchi, il y a eu un mouvement de protestation spontané. Suite à la révolte, certains prisonniers politiques ont été transférés dans des cellules d'isolement, d'autres ont vu leur peine allongée. II y a eu accroissement des coups. 5 nonnes et 2 moines sont décédés du fait de ces coups. Phuntsok Nyidron a été battue sévèrement de nombreuses fois durant sa détention, y compris suite aux manifestations de mai 98. Depuis ses événements, Pasang Lhamo n'a plus eu de contact avec Phuntsok Nyidron. Selon Pasang Lhamo, Phuntsok Nyidron avait de très graves problèmes de santé à l'époque, elle souffrait notamment de problèmes rénaux. Selon nos informations, elle n'a pas reçu l'attention médicale nécessaire à son état.
De nombreuses associations sont préoccupées par le cas de cette nonne. Le prix Reebok des Droits de l'Homme lui fut attribué en 1995.
En conclusion :
Phuntsok Nyidron a maintenant passé plus de 12 ans en prison sur sa peine de 17 ans. Condamnée à l'âge de 20 ans alors qu'elle menait depuis quelques minutes une marche de manifestation dans la région du Barkhor à Lhassa, elle a déjà passé plus du tiers de sa vie en prison, et a effectué plus des 2 tiers de sa peine.
France-Tibet demande la libération de Phuntsok Nyidron pour des raisons humanitaires et médicales. Sa peine d'emprisonnement est tout à fait disproportionnée par rapport à un délit qui relève du droit d'expression (une simple manifestation ayant duré quelques minutes, et
l'enregistrement de chants exprimant les souffrances de l'emprisonnement). Très malade, elle devrait pouvoir bénéficier d'une mesure de clémence en raison de la loi chinoise qui a permis la libération de Ngawang Choephel. Nous sollicitons les autorités chinoises pour qu'elles accordent leur clémence à la
nonne Phuntsok Nyidrol.
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Lobsang Tenzin
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Etudiant à l'Université de Lhassa, arrêté en 1988 et condamné à mort, puis à 18 ans de prison pour le prétendu meurtre d'un policier.
Lobsang Tenzin était un étudiant de l'Université de Lhassa. Il a été arrêté le 19 mars 1988, à l'âge de 22 ans et condamné à 18 ans de prison. Il est actuellement dans un état de santé très préoccupant. Il est incapable de réaliser ses devoirs à l'extérieur de la prison et incapable de se tenir debout. La détérioration de sa santé fait suite à des tortures, aux conditions de malnutrition et de travaux forcés en prison et à une absence d'attention médicale; selon un témoin, qui craint que Lobsang Tenzin souffre de dommages permanents à ses jambes et soit même estropié. Selon ce témoin, Lobsang Tenzin n'a jamais récupéré de la torture sévère à laquelle il a été soumis suivant sa participation à diverses protestations en prison.
Lobsang Tenzin, dont la condamnation à mort a été commuée à 18 ans de prison, "ne peut pas se tenir debout" la partie basse de son corps est partiellement paralysée selon un témoignage fiable non officiel. Lobsang Tenzin était accusé d'être le "coupable principal" pour le meurtre d'un officier de
la Police Armée, Yuan Shisheng, durant la manifestation pro-indépendance de Lhassa en mars 1988. Sonam Wangdu, 44 ans, qui était aussi accusé avec Lobsang Tenzin, est mort après avoir été paralysé de la taille par suite de torture. Suivant sa détention, Lobsang Tenzin fut détenu dans une petite cellule humide pendant 18 mois avec ses mains et pieds entravés. Il était soumis à des coups sévères après avoir pris part à des protestations politiques en détention, notamment un incident dans lequel il a été entraîné en essayant de donner une lettre à un ambassadeur américain, James Lilley, en 1991 à la prison de Drapchi à Lhassa. Il avait des bleus sur tout le corps et 4 larges blessures à la tête. Il a alors été transféré à la prison de Powo Tramo, pour travaux forcés malgré sa mauvaise santé. Quand un jeune étudiant Tibétain, Lhakpa Tsering, est mort à la prison de Drapchi en 1990 suivant des mauvais traitements, Lobsang Tenzin fut entraîné dans une manifestation conduite par des prisonniers politiques concernés par cette mort. Selon un précédent prisonnier politique, le moine Palden Gyatso (aujourd'hui libre), Lobsang Tenzin a écrit aux autorités de la prison un compte-rendu détaillé de ce qui est arrivé à Lhakpa Tsering ainsi que les coups qu'il avait reçus.
En conclusion, Lobsang Tenzin a effectué déjà 14 ans de sa peine de 18 ans. France-Tibet demande sa libération pour des raisons humanitaires et médicales. Très malade, il devrait pouvoir bénéficier d'une mesure de clémence en raison de la loi chinoise qui a permis la libération de Ngawang Choephel. Nous sollicitons
les
autorités chinoises pour qu’elles accordent leur clémence à Lobsang Tenzin.
A voir aussi : Choeying Kunsang et Pasang Lhamo, deux nonnes tibétaines en Europe début 2002
France-Tibet-GuChuSum s'occupe du parrainage d'anciens prisonniers politiques : Contacter Philippe Horellou, ou 06 81 46 56 40.
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