LE TIBET OCCUPE AUJOURD'HUI : TEMOIGNAGE

Voilà les témoignages bouleversants d'un voyageur occidental, qui a longtemps séjourné au Tibet, et qui a préféré rester anonyme.

Compte rendu politiquement incorrect de mon dernier voyage au Tibet, en août 2000

Matraque électrique
La matraque électrique, objet favori des chinois pour torturer
les "réactionnaires" tibétains réfractaires à l'idéologie
communiste.  Photo: KR Images Pierre-Yves Ginet

J'avais été prévenu qu'il y avait une banalisation du tourisme au Tibet et que les guides tibétains subissaient une importante pression des Chinois.
A l'aéroport de Kathmandu, je demande aux Chinois de la compagnie des places à gauche dans l'avion pour voir le Chomolungma (Everest, pour les touristes). Il me donne des places à droite mais je ne perds rien car c'est nuageux et j'aperçois quand même le lac Yamdrok à droite.

Ce n'est plus des petits Boeing qui vont au Tibet mais des gros Airbus (bravo Chirac). Sur la couverture du magazine de la compagnie on peut voir une belle icône de Tara blanche, alors que depuis la révolution culturelle jamais la pression n'a été aussi forte sur la religion bouddhiste. Les Chinois prennent les touristes pour des cons et ils n'ont pas complètement tort. Les Tibétains ne peuvent plus avoir de statues chez eux ni de photos du Dalaï Lama.
J'aperçois des Américaines en short au monastère de Samié.

Je me souviendrai toute ma vie d'un de mes amis à Lhassa, tête baissée, me disant: " there are so many Chinese, they are everywhere ". Son père me demande si le Dalaï Lama va revenir. Je suis gêné mais je leur montre des photos du Dalaï Lama et du drapeau tibétain (les Chinois ne fouillent pas au corps à l'aéroport). Le Dalaï Lama demande aux Tibétains de rester, mais mon ami souhaite quitter le pays. Il y a encore 5 ans, c'était supportable mais maintenant ils sont noyés par les Chinois. Une amie me demande de prendre ses deux enfants avec moi et de les amener en Inde. J'explique à mes amis que les maires de Briançon et de la Grave ont décidé (lors de la Transalpine Tibétaine, NDLR) de mettre le drapeau tibétain jusqu'à la "deuxième" libération du Tibet et que le Parlement Européen se bouge un peu.

A la télé à Shigatsé, le matin plus un programme n'est en tibétain. Les jeunes prostituées tibétaines ont quitté leur chuba, ont des talons hauts comme à Paris même si elles vivent à 3600 m. d'altitude, dansent la techno en fumant et en m'interpellant.
Je rencontre des guides qui effectivement vont perdre leur travail car ils ont vécu en Inde, et qu'ils racontent parfois aux touristes la vérité. Depuis l'année dernière Lhassa a changé : de nouvelles avenues, beaucoup de touristes étrangers (Chinois et Occidentaux), 50 000 colons en plus ? C'est comme la Tunisie l'été.

J'apprends que l'une des principales préoccupations de l'Ambassadeur de France quand il vient passer des vacances à Lhassa est la langue "françèze" de Corrèze (comme au Rwanda). Il veut que les Tibétains parlent la langue de Molière. Comme s'ils n'avaient pas d'autres préoccupations !

Engins de torture
Photo : Timothy Nunn

Je crois découvrir un énorme " allume-gaz " pour les cuisines du monastère de Drepung. Ce n'est qu'une matraque électrique, pour le vagin des nonnes et de mon amie, et la bouche de Palden Gyaltso.
Les missionnaires protestants sont toujours là, pignon sur rue au Pentoc Hôtel et vendent leur calendrier tibétain pour l'an 2001 pour récolter des fonds afin de traduire la bible en tibétain.
Partout il y a des "restes de débiles mentaux ", les raiders gaulois qui ont participé au raid Gauloises en avril et ont mis des autocollants sur toutes les voitures et vitrines des restaurants pour touristes (pas loin des prisons). En 1942 en France le tour de France n'a pas eu lieu à ce que je sache. Deux européens qui réhabilitaient le vieux Lhassa viennent de se faire expulser.
Certaines fêtes religieuses (sakadawa) n'ont pu se dérouler pour la première fois en 1000 ans d'histoire. Imaginez que l'on ne puisse plus fêter Noël en France.
Il y a 400 000 habitants à Lhassa dont 100 000 Tibétains et 8 000 prostituées. Les Chinois peuvent avoir 4 enfants.
Je suis un peu dur avec les "cons" que j'appelais ignorants, mais quand j'étais au Norbulinga, le palais d'été du Dalaï Lama, je me suis demandé si je retournerai au Tibet.

D'ailleurs au Norbulinga j'ai rencontré un ami qui sortait de prison. Il y avait passé quelques mois et pleurait en pensant à ceux qui y passent 20 ans. Son seul crime : être tibétain.

Merci d'aider mes amis à Lhassa qui n'en peuvent plus.

Octobre 2000

LA TERRE DES TRICOTEUSES

Prostituées tibétaines à Shigatse
La tenancière d'une maison close à Shigatse, à 700
mètres du monastère Tashilunpo, avec deux de ses
"protégées".  (Photo: Luca Pauti, août 99)

Je me suis rendu à plusieurs reprises au Tibet ces dernières années, ainsi qu’à Dharamsala au nord de l’Inde, siège du gouvernement tibétain en exil, ou j’ai rencontré des réfugiés tibétains. Lors de ces voyages, j’ai pu réaliser combien le peuple tibétain, depuis bientôt 50 ans, souffre de l’occupation chinoise.

Lha veut dire Dieu, Sa veut dire terre ou lieu. Aujourd’hui, la capitale du Tibet, Lhassa, ancienne "Cité interdite", la "Terre des dieux", est devenue la terre des prostituées, le plus grand bordel du monde par rapport a la population. Je reviens de Bangkok : il y a là des rues sans prostituées, ce qui n’est pas le cas à Lhassa.

La Chine a signé la Convention de l’ONU sur les droits culturels. A mon sens, une maison close n’est pas un centre culturel. Les prostituées chinoises sont "subventionnées" par le gouvernement chinois pour venir au Tibet (transport gratuit ou peu onéreux). En Asie, qui dit prostituées dit HIV, les premiers cas de séropositivité ont été détectés en 1997. Le HIV est au Tibet, les Tibétains n’utilisent pratiquement pas de préservatifs, car le fléau du Sida n’est pas connu sur le toit du monde, l’information n’est pas passée...

Prostituées chinoises à Shigatse
Groupe de prostituées chinoises devant un bordel un
peu plus loin sur le même trottoir.   (Photo: Luca Pauti)

Lhassa a été transformée en un grand karaoké chinois, avec des vidéos chaudes !

Tout au long du Lingkor, le chemin sacré qui entourait Lhassa, des bordels sont apparus. Les "mo-las", les grands-mères, longent les bordels tôt le matin quand les prostituées dorment. Elles les longent aussi la journée quand les prostituées tricotent en attendant le client. Sans comprendre, ces vieilles femmes déambulent devant huit kilomètres de bordels et se prosternent en face du Potala, l’ancien palais du Dalai Lama, aujourd’hui transformé en musée. La plupart des prostituées sont chinoises. Quelques prostituées tibétaines fument, boivent et vont passer l’hiver au chaud a Kathmandou.

Dans 10 ans, 40 % des Tibétains contaminés mourront du SIDA. Si vous allez a Lhassa, apportez des préservatifs. Dans 20 ans, un million de Tibétains seront morts du Sida. On peut imaginer qu’un jour des célibataires américains, allemands et français (dans l’ordre) viendront abuser de jeunes enfants tibétains comme ils le font en Thailande. J’espère me tromper.

D'autres infos sur la prostitution et la drogue au Tibet aujourd'hui

 

Dans un rapport du Tibet Initiative Network, d'après une enquête non-officielle effectuée par un Tibétain en 1998, il y a une estimation de 658 bordels dans les 18 rues principales de Lhassa. Pour une population supposée à 200.000 habitants, le ratio est de un bordel pour 304 personnes. En moyenne un petit bordel a 7 ou 8 filles et un grand bordel a 10 à 14 filles.
D'après l'AFP du 29 février 2000, Mr Sun Jiazheng, Ministre de la Culture chinois, a été consterné par la prostitution effrénée et a lancé une campagne nationale contre l'augmentation de la prostitution. Le ministre a aussi accusé des services du gouvernement de participer activement à cette industrie. "Un certain nombre de départements de gouvernements locaux prennent part et encouragent ces activités illégales", a dit Sun.
D'après un témoignage d'un Tibétain récemment arrivé de Lhassa, "la majorité des prostituées sont chinoises; elles sont partout dans la ville."
Source : TCHRD, 3 Mars 2000

LE CLERGE, LES MONASTERES ET LES TEMPLES

bombardier
Face au Potala, un touriste chinois pose pour une photo devant
un MIG qui a attaqué et bombardé des civils dans des villages
tibétains en 1957. (Source: Erlingso)


Les Lamas ne peuvent plus réellement donner d’enseignements traditionnels du fait d’une réeducation politique qui s’est intensifiée dans tous les monastères depuis trois ans. Partout où il y a un monastère, il y a un "Chargé des affaires religieuses". La plupart des monastères tibétains sont infiltrés par des moines espions chargés de dénoncer les vrais moines. Dans ces conditions, la vie monacale et la spécificité du bouddhisme tibétain a perdu son sens. Tout est controlé par les Chinois, qui considèrent les monastères comme des "Unités de travail".
En 96, les autorités chinoises ont organisé une course de fond pour les moines du Potala, en les obligeant à courir depuis le pied de la colline jusqu’au sommet du palais. Le premier prix était un thermos !
Les principaux monastères sont donc surmontés d’un drapeau rouge qui marque, menace, intimide et rabaisse les moines et les nonnes. On entre dans ces lieux sacrés en passant près d’une plaque dorée qui explique que l’on pénètre dans telle ou telle Unité de travail. Les moines doivent donc planter des arbres comme tout le monde, faire de l’exercice, payer des taxes et surtout obéir au parti.

Le parti communiste chinois, bien qu’athée par principe, a emprisonné Nyima, le vrai Panchen Lama, un enfant de 10 ans (le plus jeune prisonnier politique du monde), pour nommer à sa place un autre enfant tibétain qu’il contrôle.

"ILS NOUS ONT VOLE NOTRE SILENCE" (cf. le film Kundun)

La propagande et la musique chinoises braillent chaque matin les slogans du parti à travers les haut-parleurs proches des monastères. Quel réveil pour la Cité des Dieux ! Même dans les villages les plus reculés, les mêmes haut-parleurs braillent. Silence, on réeduque ! ou plutot, on hurle encore plus fort que les cris de douleur des nonnes torturées à quelques centaines de mètres.

"ILS NOUS ONT VOLE NOTRE CIEL BLEU"

Depuis 1997, le ciel de Lhassa est pollué l’hiver à cause du nombre croissant de véhicules et des cheminées de la brasserie construite dans la capitale. Alors que ce pays était absolument sans pollution il y a quelques années.

VIOLATION DES DROITS DE L’HOMME

Au Tibet, pendant que M. Chirac dit que "Les droits de l’homme sont universels, mais qu’ils peuvent être interprétés de différentes manières selon les cultures", mon amie a été empalée vivante dans une prison : un pieu dans l’anus que ses bourreaux lui enfonçaient davantage quand ils n’obtenaient pas les informations qu’ils cherchaient. Entre autres sévices, les tortionnaires Chinois ont mis des matraques électriques dans le vagin des nonnes, coupé des mamelons, forcé des nonnes à manger leurs excréments, certains enfants à tuer leurs parents.

A Lhassa, on prononce les sentences en public. Gyrophares allumés, sirènes hurlantes, les voitures de police suivent le cortège des camions qui transportent les prisonniers exhibés à la foule. Dans chaque camion, les militaires armés font une demonstration de force, en fixant les passants de chaque coté de la rue. Au-dessus de la cabine du chauffeur, une mitrailleuse est pointée sur la foule. Ils effectuent le tour de la ville. Puis ils s’arrêtent au centre ville et prononcent la sentence dans la rue au milieu de la foule.

LES SENTENCES PUBLIQUES A LHASSA: DES PHOTOS ELOQUENTES RAMENEES PAR UN VOYAGEUR

Sentence publique à Lhassa

Voici le quotidien des Tibétains : les sentences publiques, puis... les exécutions publiques. De nombreux prisonniers !!... chacun encadré par 2 policiers.
C'est l'humiliation publique avant l'assignation de la peine.

Un slogan du type "Bhod Rangzen !!" (=Tibet Libre), ou une photo du Dalaï-Lama dans la poche ? Et voici la sentence: plusieurs années de prison. Si c'est une récidive, ce peut être l'exécution...
Les exécutions sont également publiques. Elles ont lieu à la sortie de Lhassa dans un enclos, deux virages avant un Bouddha sculpté dans la pierre, sur la route de l’aéroport dans le flanc de la colline. L’été, les touristes s’arrêtent et prennent en photo le Bouddha, sans se douter de ce qu’il se passe parfois à 500 mètres de là.

Sentence publique

Exécution publique au Tibet
Exécution publique au Tibet

On a creusé dans la montagne la dernière demeure de certains prisonniers. Des "prisons-tunnels", car on ne s’en échappe pas : il n’y a qu’une entrée. On peut y exécuter sans témoin. Les cris se perdent dans les profondeurs du sol, de la montagne. Cette terre sacrée qui doit normalement rester inviolée pour les Tibétains.

Pendant le "Grand bond en avant" de Mao, la famine faisait rage au Tibet. Les prisonniers infectés par des vers étaient atteints de diarrhée : pour se nourrir, ils nettoyaient les vers et les mangeaient.


SELON LA CHINE, LES HOPITAUX TIBETAINS SONT MODERNES

Les chinois déclarent que l’accès aux soins est gratuit, alors qu’il faut un minimum de 750 F (caution) à Lhassa pour être admis à l’hôpital. La majorité des Tibétains ne disposent pas de cette somme et ne peuvent donc pas accéder à l’hôpital.

Depuis l'invasion du Tibet par la Chine nous avons entendu dire, par la Chine, que le Tibet était en pleine évolution et qu'il allait, grace à la Chine, sortir du temps médiéval...

D'autres photos des hôpitaux au Tibet d'aujourd'hui

Hopital au Tibet d'aujourd'hui
Un hôpital au Tibet  (Source: Suisse-Tibet)

La liberté baillonée

LA PEUR QUOTIDIENNE

Au Tibet, certains parents n’osent plus parler devant leurs enfants de sujets sensibles de peur qu’ils ne les dénoncent. Tout le monde se méfie, car il y a des espions partout et la délation est une pratique quotidienne.

Les villes sont quadrillées par l’armée et des policiers en civil. Il y a des caméras de surveillance sur les toits et même à l'intérieur des pièces du Potala, avec des micros, qui surveillent la déambulation des touristes.


UN VERITABLE GENOCIDE

Au Tibet, il y a encore des campagnes de stérilisation destinées aux Tibétaines. Bien entendu, toutes les méthodes contraceptives féminines sont vivement encouragées. Les femmes ont le droit d’avoir trois enfants dans les campagnes, deux à Lhassa et un si elles travaillent pour le gouvernement. Ces dernieres doivent donner le bon exemple. Si elles dérogent à la règle de limitation des naissances, elles doivent payer une amende de 400 F. Les enfants en sus ne sont pas enregistrés et ne peuvent obtenir aucun poste officiel.

Chaque mois d’hiver, lorsque les gardes frontière relâchent leur surveillance parce que les conditions climatiques deviennent extrêmement rudes, par centaines, des Tibétains tentent de fuir leur propre pays vers le Népal et l’Inde.

Au moment ou j’ai voulu quitter le Tibet, une tempête de neige s’est declenchée sur la region. Je suis resté bloqué dans un village. Un mois plus tard, j’apprenais que pendant cette tempête, à quelques kilomètres de là où j’étais coincé, six Tibétains âgés de trois à seize ans avaient péri, morts de froid à 5600 m d’altitude, sur un col situé à la frontière tibéto-népalaise. Leurs parents savaient qu’ils avaient peu de chance de les retrouver lorsqu’ils auraient rejoint le Népal ou l’Inde. Ils ne les retrouveront jamais. Ils espéraient que leurs enfants recevraient une éducation tibétaine derrière l’Himalaya. En vain.
Certains survivants de cette tragédie ont été amputés.


ET UN GENOCIDE CULTUREL.
Photo: Historia

Les Chinois disent qu’ils représentent 10 % de la population du Tibet. En fait, au rythme auquel arrivent les colons chinois, ils représentent déjà plus de 60 % de la population sur l’ensemble du territoire tibétain et même 80 % dans certaines régions de l’est du Tibet. Soit 99 % d’ici quatre ans.

Les écoliers tibetains sont obligés d’écrire des rédactions contre le Dalai Lama et d’apprendre le chinois comme première langue en primaire puis uniquement celle-ci dans le secondaire. S’ils n’ont pas une carte d’identité de Lhassa, ils ne peuvent pas s’inscrire dans les établissements scolaires à moins de payer ; avec de l’argent on peut tout obtenir.

Les écoliers ne peuvent plus s’habiller en costume traditionnel : ils ont des survêtements bleus et blancs.
Les jeunes écoliers dessinent d’un trait averti la calligraphie chinoise le soir à la maison. Ils savent que de leur connaissance de la langue de Mao et de leur application à reproduire les milliers de signes chinois, dépend leur avenir dans le Tibet chinois. Des centaines de jeunes Tibétains sont ainsi envoyés, chaque année, se former en Chine pendant des années à la medecine, la litterature, les langues pour les touristes. Ils reviennent avec un oeil et une oreille sinisée. Ils ne peuvent plus écrire le tibétain, ils s’expriment mieux en chinois. Qu’est-ce qui représente le plus une culture que sa langue ?

L'université est controlée. La télé est controlée. Les belles nomades de l’Amdo sont forcées de chanter en chinois. On mélange, on divise, on sême le trouble, on abrutit, on sinise. Les moines prisonniers doivent chanter l’hymne chinois chaque semaine pendant la montée du drapeau rouge. S’ils se révoltent, on les tue. Les touristes ne voient rien.

Lorsqu’un drapeau tibétain est montré en public, l’auteur de cet acte écopera d’au moins 7 à 12 ans de prison.

Aujourd’hui, si un Tibétain ne parle pas chinois à Lhassa il peut difficilement trouver du travail. Par ailleurs, 50% des jeunes sont au chomâge. Heureusement, les Chinois ont tout prévu pour les occuper : discothèques, cigarettes peu chères, alcool subventionné.

En 2001, tout le vieux village de Lhassa aura disparu. Les Chinois rasent une grande partie de la cité traditionnelle et remplacent les vieilles maisons tibétaines par d’horribles immeubles avec sanitaires et points d’eau sans réel progrès sur le plan de l’hygiène pour la population. La spéculation immobilière fait rage, les Tibétains sont expropriés de leurs maisons, laissant la place à de nouvelles constructions ou seront entassés des colons chinois ou des Tibétains nantis.
Tous les noms des rues de Lhassa ont ete sinisés : il y avait une route qui s’appelait Route de la Joie (happy road), elle s’appelle aujourd’hui Route de Pékin. Il y a aussi la Route de la "Libération de l’Est".
Soixante-dix guides touristiques tibétains ont été expulsés de leur agence de tourisme du jour au lendemain : à la place, les Chinois mettent des guides chinois.

Le Tibet meurt dans l’indifférence des nations. Depuis 1995, la situation s’est aggravée. On est revenu dans ce pays à une atmosphère similaire à celle de la "révolution culturelle".

Certaines informations contenues dans ce témoignage sont livrées sans précision de lieu, ni d’identité des personnes, afin de préserver la sécurité des Tibétains impliqués.

Juin 1998

P.S. Apres la campagne de 1996-1998 "Frappez fort" dirigée surtout contre les moines, la nouvelle campagne en vigueur depuis 1999 tente à présent de faire du Tibet un pays athée.

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