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28/02/19 | 13 h 34 min par Laure Besnier

Australie : un livre sur l’influence chinoise trouve enfin un éditeur

En Australie, un ouvrage de Clive Hamilton est au centre d’une controverse. Abordant l’influence de Pékin sur Canberra, celui-ci a été refusé par deux éditeurs australiens avant d’être enfin accepté par une petite maison indépendante, Hardie Grant Books. 

lien de l’éditeur anglophone : https://www.hardiegrant.com/au/publishing/bookfinder/book/silent-invasion-by-clive-hamilton/9781743794807

Silent Invasion : How China Is Turning Australia into a Puppet State (L’invasion silencieuse : comment la Chine transforme l’Australie en marionnette d’État), écrit par Clive Hamilton, professeur d’éthique à la Charles Sturt University, a été refusé par deux maisons d’éditions australiennes : Allen & Unwin ainsi que Melbourne University Press.

L’intellectuel a déjà écrit une dizaine de livres, dont certains ont été publiés chez Allen & Unwin. C’était donc logique qu’il y fasse publier son nouvel ouvrage. Cependant, la maison refuse le manuscrit, craignant les conséquences légales — comme une attaque en diffamation — qui pourraient être déclenchées par la publication.

C’est la même crainte qui pousse Melbourne University Press à refuser de publier Silent Invasion. D’autant plus que l’Université de Melbourne accueille des étudiants chinois et ces derniers pourraient être dissuadés de venir par Pékin par la suite. Il faut rappeler que, ces dernières années, le nombre d’immigrants venus d’Asie a augmenté, surtout depuis que Canberra a mis fin dans les années 60 et 70 à la White Australia Policy qui privilégiait l’immigration européenne.

Finalement, c’est Hardie Grant Books qui éditera l’ouvrage détaillant l’influence du Parti communiste chinois sur l’Australie et ses institutions. Ainsi, selon Clive Hamilton, le gouvernement chinois aurait infiltré les partis et les processus politiques du continent, mais aussi les universités, les médias…

De surcroît, des anciens politiques comme Bob Carr (ministère des Affaires étrangères) ou encore Andrew Robb (ministère du Commerce) pourraient être inquiétés par les déclarations du professeur d’éthique publique. Du côté du pouvoir en place, le Premier ministre Malcolm Turnbull ne semble pas vouloir empêcher la publication.