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28/07/15 | 19 h 03 min par Virginie Apiou

Dimanche 2 août à 23h10 «Kundun» de Martin Scorsese sur ARTE

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Dans le cadre de la programmation Summer of Peace, Arte diffuse le dimanche 2 août

«Kundun» de Martin Scorsese

1937, dans un petit village dans l’ouest du Tibet. Le petit Lhamo, 2 ans, fils de paysans, est repéré par les membres d’une expédition qui reconnaissent en lui la réincarnation du dernier dalaï-lama, le Kundun… Quand Martin Scorsese s’attaque à la biographie du dalaï-lama : une oeuvre méditative qui ouvre les portes d’un monde à part.


Lhamo part pour Lhassa, où il vit au Potala, monastère et palais gouvernemental, pour se préparer à son futur rôle de chef politique et spirituel du peuple tibétain. À 15 ans, il devient officiellement souverain. Peu de temps après, Mao annexe le Tibet. Sous la pression de l’occupant chinois, le dalaï-lama doit s’enfuir. L’Inde lui accorde l’asile politique ; son exil commence…

On peut se demander quelle mouche a piqué le très nerveux, agité, et surtout très new yorkais Martin Scorsese, de tourner, en 1997, une histoire si loin de chez lui et de sa civilisation ?Alors évidemment le dalaï lama au cinéma, version italo-américaine speed, commence par une musique frappante et une séquence avec un jeune héros joliment insupportable, car intenable, mais surtout finalement bien vivant. «Kundun» (traduire : Océan de sagesse) est bel et bien un film de combat, une façon de montrer que faire la paix c’est : haletant, sérieux, certain, politique.

Pour cela, Scorsese fait simple. Il raconte l’histoire du dalaï lama (dont ce film est une adaptation notamment de son autobiographie) comme un conte moderne. Tout est expliqué, chronologique, avec juste ce qu’il faut de dialogues.

Loin des répliques pleines de crâneries des habituels petits mafieux scorsesiens, l’affranchissement à la vie de ce nouveau héros inattendu de Scorsese se fait, selon la facture du réalisateur qui parle comme une mitraillette, sans temps mort. Musique originale incessante, fondus enchainés à la pelle, dressent avec fluidité le portrait d’un homme dont on fabrique le destin dès sa toute petite enfance, pour prôner la non-violence.

Le but réel de ce film surprenant apparaît alors : maintenir la paix c’est écrasant et ça peut prendre du temps, beaucoup de temps, même plusieurs vies.

La paix chez Scorsese est ainsi, non pas un groupe d’êtres humains, ou d’idées proclamées dans le vent, ni même de gouvernements politiques signant des traités ; elle est incarnée, elle est un homme dont le seul devoir est de rester en vie.

Le cinéaste italo-américain a donc bien choisi à dessein la forme du conte, seul genre où une idée puisse sans contestation, prendre une forme tangible, et non pas rester dans le domaine de l’invisible. Jusqu’au bout, «Kundun» filme alors une paix comme un personnage principal au cœur d’un théâtre humain qui la brutalise, la conteste, mais qui heureusement échappe.

Rediffusion :

mardi 04.08 à 13h35
Générique
Image: Roger Deakins
Montage: Thelma Shoonmaker
Musique:Philip Glass
Producteur/-trice: Barbara De Fina
Production: De Fina-Cappa, Refuge Productions, Touchstone Pictures, Dune Films
Réalisation:  Martin Scorsese
Scénario: Melissa Mathison
Avec :
Tenzin Thuthob Tsarong,Gyurme Tethong,Tulku Jamyang Kunga Tenzin, Tenzin Yeshi Paichang, Tencho Gyalpo, Geshi Yeshi Gyatso, Sonam Phuntsok, Gyatso Lukhang