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21/08/15 | 15 h 46 min

Sortie du livre de l’avocat Chen Guangcheng : « L’avocat aux pieds nus »

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Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Lucie Delplanque
Format : 15 x 22,5 cm
Pages : 352 environ
Prix : 24,50 €
ISBN : 978-2-211-22350-8
Epub : 978-2-211-22707-9
Parution : 27 août 2015

 

Aveugle, illettré jusqu’à l’âge de 20 ans, Chen Guangcheng est la figure emblématique du mouvement de promotion du droit en Chine.
Depuis 2005, il dénonce les abus des cadres de sa région, et mène une véritable croisade contre les excès de la politique de l’enfant unique, ses avortements et ses stérilisations forcées. Devenu aveugle suite à une maladie infantile, Chen a appris le droit sur le tas. Il est un « avocat aux pieds nus ». Un avocat sans diplôme assoiffé de connaissance et épris de justice dont les compétences et la force sont au service des laissés-pour-compte de la nouvelle économie chinoise
Après quatre ans de prison, il a vécu en résidence surveillée sous la menace constante de représailles physiques. En avril 2012, le corps meurtri de multiples fractures, Chen Guangcheng a déjoué la surveillance de ses gardiens et s’est échappé de sa résidence surveillée. Après un bras de fer politique entre la Chine et les États-Unis, il a quitté la Chine de façon spectaculaire.

Tout à la fois récit d’aventures et mémoires poignants, L’Avocat aux pieds nus se lit comme un thriller haletant au cœur de l’injustice et des inégalités de la Chine contemporaine et de son économie de marché.

« J’espère que la Chine saura trouver une place pour des personnes aussi inspirées et motivées que Chen Guangcheng ou Liu Xiaobo, car des gens comme eux on un rôle important à jouer. »
Le dalaï-lama

Extrait

À l’époque – et c’est encore le cas aujourd’hui –, les avocats étaient rares à la campagne ; seuls quelques paysans avaient appris le droit en autodidacte, mus par un puissant désir de se défendre eux-mêmes en justice. Ces paysans déterminés ont fini par être connus sous le nom d’« avocats aux pieds nus », version moderne d’un terme datant de la révolution culturelle, quand le gouvernement permettait à des paysans d’acquérir des compétences médicales de base afin de soigner les habitants de leur région. En contrepartie de cette activité, ils ne recevaient aucun salaire, mais gagnaient des « points » qu’ils pouvaient ensuite échanger contre des céréales ou de l’argent, comme cela se faisait dans toutes les communes populaires. Et puisqu’ils passaient le plus clair de leur temps aux champs, sans chaussures, on leur a donné le surnom de « docteurs aux pieds nus ». Plus récemment, les gens ont commencé à appeler « avocats aux pieds nus » ceux qui avaient acquis une certaine connaissance de la loi et s’en servaient pour aider leurs semblables, en qualité d’avocats. La différence fondamentale, cependant, est que le gouvernement n’a jamais soutenu ces avocats ; au contraire, il les persécute sans relâche.