La lettre qui suit est proposée à toutes les personnes et Associations qui s'engagent pour la défense du Peuple du Tibet.
Nous y évoquons le droit à l'autodétermination, droit inaliénable du Peuple du Tibet, pour lequel France-Tibet avait engagé un travail conduit en 1991 avec des Juristes de Droit International et la Commission Internationale des Juristes (ICJ). Ce travail avait conduit à tenir à Strasbourg la session du Tribunal Permanent des Peuples pour l'autodétermination duTibet . (TPP) avec la Fondation Lélio Basso.
Ce droit à l'auto-détermination reste toujours à l'ordre du jour de nos échanges avec les ONG et les responsables tibétains.

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adresser à
Monsieur Bernard Kouchner
Ministère des Affaires Etrangères
37, quai d’Orsay
75 007 PARIS


Monsieur le Ministre,


Vous le savez, des évènements d’une exceptionnelle gravité se déroulent en ce moment au Tibet, non seulement à Lhassa la capitale, mais aussi dans les régions du Kham et de l’Amdo généralement réputées calmes où ce mouvement gagne rapidement de l'importance. Les informations, images et vidéos qui parviennent peu à peu prouvent s'il le fallait, l'exaspération des Tibétains malgré la volonté de la République Populaire de Chine de minimiser la gravité de la situation actuelle.

C’est avec tristesse que nous sommes témoins de violences commises par des Tibétains, et nous nous devons de condamner de tels actes, mais ces actions ne sont que le reflet du ressentiment, pour ne pas dire plus, des Tibétains, citoyens de seconde zone, envers la puissance colonisatrice. Depuis 58 ans, le Tibet a été rattaché de force à la Chine dans l'indifférence générale, et aujourd’hui plus qu’hier (sauf pendant les années de cauchemar de la révolution culturelle), l’identité et la dignité du peuple du Tibet sont bafouées.

Nous saluons la déclaration du Conseil Européen du vendredi 14 mars, et saluons votre intervention sur ce sujet. Nous vous remercions d’avoir établi un lien avec les Jeux Olympiques qui se dérouleront à Pékin dans quelques mois. En effet, si hier et encore aujourd’hui, la question d’un éventuel boycott ne peut être sérieusement posée, il n’en sera peut-être pas de même demain. Tout dépend de l’attitude de la Chine dans les semaines à venir.
La Chine a toujours à cœur de montrer au reste du monde la meilleure image d’elle-même; cette image vient d’être ternie profondément et nul n’en connaît encore les conséquences. Si la Chine devait persister dans la négation des libertés et droits les plus élémentaires des Tibétains et de ses propres citoyens, il conviendra de remettre en cause la participation officielle de la France à cette grande fête que sont les Jeux Olympiques, avec les valeurs de fraternité, de respect et de dignité qui y sont associées.
Ne nous rendons pas complices d’un massacre.

En 1991, vous écriviez : « Des cris étouffés s’élèvent de ces montagnes et de ces hauts plateaux. Une population hurle silencieusement vers nous : les Tibétains. Un homme nous tend la main : le Dalaï-Lama ».
Depuis si longtemps, cet homme tend la main aux dirigeants de la Chine ; l’ont-ils seulement noté? Aujourd’hui, le peuple du Tibet ne peut se contenter de notre silence : il crie, il hurle, il pleure ses morts.
Il est temps, comme vous le disiez il y a quelques années, « de voler au secours de la victoire » mais aussi de rappeler ce droit fondamental de tous les peuples, le droit à l'autodétermination qui doit s'appliquer sans tarder dans les circonstances actuelles au peuple du Tibet.
Nous comptons sur votre fermeté pour condamner les exactions chinoises commises au Tibet et signifier au gouvernement de la RPC que l'accueil des Jeux Olympiques est incompatible avec un tel déni des Droits de l'Homme.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre haute considération.

Madame Marcelle Roux, Présidente de l’Association France-Tibet
Monsieur Benoît Camard, membre du Comité de pilotage de l’ITSN & porte-parole de l’Association briançon05-urgence.tibet

Le 15 mars 2008