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Une mine chinoise contamine les fermes et les alpages tibétains, détruisant ainsi les fermes.


La carte montre la localisation de l'exploitation


DUN, KHARTSE (Tibet), 19 janvier 2012 : La pollution d'une mine chinoise chasse les bergers et les agriculteurs


L'exploitation minière chinoise contamine l'environnement dans un Comté dans la périphérie de Lhassa, la capitale, détruisant ainsi les champs des fermiers et forçant également les nomades à quitter une zone d'alpage traditionnelle.

D'après des sources locales voulant rester anonymes, les dégâts sur la forêt, les alpages et l'eau potable sont "très graves" :
"Les déchets miniers sont jetés dans la rivière locale et les activités minières ont impact sur la pollution de l'air."
"La pollution a empêché la croissance des herbages dans la zone et de nombreux animaux sont mort de faim.

"Beaucoup de champs situés sur un rayon de 7 à 8 kilomètres autour de la mine ne sont plus irrigués, et les plants ne peuvent plus pousser."
"En conséquence, les Tibétains de la région ont été forcés de migrer à la recherche de meilleurs herbages."
Les activités dans la mine située près du village de Dun, préfecture de Khartsé, ont commencé en 2005.
Les mineurs chinois extrairaient de l'or blanc qui sortirait, selon les observateurs tibétains, par dizaine de camions par jour.
"Beaucoup d'années se sont écoulées depuis."

Des plaintes rejetées

Les Tibétains de la région en ont appelé aux autorités locales et à la hiérarchie supérieure. Ils leur ont écrit une première lettre en 2006 en précisant que les alpages étaient pour eux "un biotope important pour 3 000 Tibétains et qu'ils étaient nécessaires pour la subsistance de leur bétail s'élevant à plus de 20 000 têtes."
"[De plus], différentes espèces animales sauvages qui étaient abondantes ont été poussées à fuir cette zone en raison de l'utilisation fréquente d'explosifs et d'autres méthodes de d'extraction " , précisait la lettre.
"Mais les officiels ont refusé de leur parler, commenta la source tibétaine."
"Au contraire, les autorités les ont accusés d'entreprendre des activités "politiquement motivées" et les ont menacés de conséquences, sans spécifier ces dernières, s'ils continuaient à se plaindre."

Parmi les 10 000 mineurs, estimation des villageois tibétains, seulement trois seraient Tibétains : "Tous les travailleurs chinois viennent tous de la métropole."
"Ils travaillent chaque année à partir de mars jusqu'au début de l'hiver."

Des protestations fréquentes


Les activités minières dans les régions du Tibet ont conduit à de nombreuses protestations de Tibétains qui accusent les entreprises chinoises de perturber les importants sites spirituels et de polluer l'environnement tout en extrayant la richesse locale.
En août 2012, des nomades tibétains ont écarté des mineurs chinois d'une montagne sacrée de la province du Qinghai convoitée pour son or.
Toujours en août 2012, les forces de sécurités chinoises ont tué un Tibétain et en ont arrêté six en dispersant un millier de Tibétains qui manifestaient contre la reprise des activités minières dans le comté de Markham (Tibet)

En 2011, les médias chinois avaient annoncé que les investissements dans l'exploitation des ressources minières de la Région Autonome du Tibet s'accélèreraient sur une période de 5 ans.
L'agence de presse officielle Xinhua avait publié que le Tibet avait un large potentiel en matière de réserves naturelles vitales.

Des études préliminaires montrent que la Région Autonome du Tibet possède les plus grandes réserves de Chine en chrome et en cuivre, tandis que le fer, l'or, l'argent, le potassium, le pétrole et le gaz restent encore inexplorés.
[Et pour information, en 2010, 2.433 mineurs sont morts en Chine, selon les statistiques officielles, soit plus de six par jour. Mais ces chiffres, déjà très élevés, sont probablement largement sous-évalués, selon des ONG. En fait d'après ce site, pour la seule exploitation du charbon, il mourrait 16 mineurs par jour en Chine ! NdT]
Enquête de Lumbum Tashi pour RFA’s Tibetan service. Traduit par Karma Dorjee. Ecrit en anglais par Richard Finney.
Copyright © 1998-2011 Radio Free Asia. All rights reserved.

Traduction France Tibet /GL

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Mine Ruins River, Destroys Farms

2013-01-18

A Chinese mine pollutes Tibetan farms and grassland, driving herders away.

RFA

Map shows the site of the development project.

Chinese mining operations are damaging the environment in a county outside Tibet’s regional capital Lhasa, destroying farmers’ fields and forcing herders to move away from traditional grazing areas, Tibetan sources say.

Citing local sources, an exile-based Tibetan described the impact on local forests, grassland, and drinking water as “severe.”

“Waste from the mines has been dumped in the local river, and mining activities have polluted the air,” the source told RFA’s Tibetan service, speaking on condition of anonymity.

“Many fields located at a distance of seven to eight kilometers [about four to five miles] from the mine have dried up, and crops cannot be grown.”

“As a result, Tibetans living in the area have been forced to move in search of better grazing sites,” he said.

Work on the mine, located near Dun village in the Khartse township of Lhundrub (in Chinese, Linzhou) county, began in 2005, the source said.

Chinese miners are said to be extracting “white gold” from the site, and local Tibetans have observed as many as 10 trucks moving materials each day from a blue-roofed building set up at the mine in 2006.

“Many years have passed since then,” the source said.

Appeals rejected

Local Tibetans have appealed both to local and to higher authorities to address their concerns, with one letter in 2006 calling the grassland “an important source of livelihood for 3,000 Tibetan residents and needed for the support of over 20,000 head of cattle.”

“[In addition], different species of wild animals and birds that were abundant in the area have been driven away by the frequent use of explosives and other kinds of demolition,” the letter said.

“But the officials refused to speak with them,” RFA’s source said.

“Instead, the authorities have accused them of engaging in ‘politically motivated’ activities and have threatened them with unspecified consequences if they continue to complain.”

Of the 10,000 miners believed by locals to be working at the mine, only three are known to be Tibetans, he said, adding, “The Chinese workers were all brought in from the mainland.”

“Work starts each year in March and goes on for the whole year, except for a few months during the winter,” he said.

Frequent standoffs

Mining operations in Tibetan regions have led to frequent standoffs with Tibetans who accuse Chinese firms of disrupting sites of spiritual significance and polluting the environment as they extract local wealth.

In August 2012, Tibetan nomads drove Chinese gold miners away from a sacred mountain in China’s Qinghai province, vowing to give up their lives if necessary to protect the site, the abode of a local god, according to Tibetan sources.

In the same month, Chinese security forces shot dead a Tibetan and detained six others as they dispersed a crowd of 1,000 Tibetans protesting the resumption of mining operations in Markham county in Tibet.

Chinese official media reported in 2011 that investment in the exploration of mineral resources in the Tibet Autonomous Region will be accelerated over a five-year period.

Tibet has large proven and potential reserves of vital deposits, the Xinhua news agency reported.

Initial studies show that the Tibet Autonomous Region has China’s largest chromium and copper reserves, while most of its iron, gold, silver, potassium, oil, and natural gas reserves remain unexplored, the report said.

Reported by Lumbum Tashi for RFA’s Tibetan service. Translated by Karma Dorjee. Written in English by Richard Finney.

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